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par les recettes des douanes marocaines. Au surplus, l'Espagne se réservait d’occuper Tétouan jusqu’à complète libération de son débiteur.
Seulement, à cette époque, l'Angleterre, qui avait stipulé le maintien de l’intégrité territoriale du Maroc, fit entendre de véhémentes protestations contre cette dernière clause. L'Espagne donna satisfaction aux représentations britanniques en évacuant la place, et aussitôt le cabinet de Londres consentit au Maroc une avance destinée à désintéresser plus rapidement le gouvernement espagnol:
Ce fut l’emprunt 5 0/0 de 501.200 livres sterling (soit 12.531.000 francs), contracté en 1862, à Londres, avec MM. Robinson, Fleming et Philip P. Blyth. L'émission eut lieu à 85 0/0 et on obtint ainsi 426.000 livres sterling, soit 10.650.000 francs. Cet emprunt était amortissable à raison de 5 0/0 l’an ; l’amortissement, ainsi que les intérêts, étaient garantis par la moitié des revenus douaniers des ports marocains, qui devaient être perçus par des commissaires spéciaux au choix du Maghzen. Ceux-ci acquitteraient semestriellement envers les banquiers anglais le paiement des intérêts et de l’amortissement, qui serait effectué par tirages au sort et remboursement au pair. Les excédents disponibles reviendraient de droit au gouvernement marocain. Mais, d’autre part, la contribution de guerre due à l'Espagne étant aussi gagée sur le produit des douanes marocaines le
Hs 302 gouvernement de Madrid nomma, de son côté, des commissaires, afin de percevoir 50 0/0 de ces re- cettes.
Il en fut ainsi jusqu’en 1882, date à laquelle l’emprunt contracté à Londres fut complètement amorti. Le contrôle espagnol se prolongea également jusqu’au paiement intégral de l’indemnité en 1887. Cette double immixtion européenne dans l’administration des douanes eut pour conséquence un accroissement énorme du rendement des taxes douanières.
Ayant recouvré aisément la contribution de 1860, l’Espagne ne se fit pas faute, après l’expédition du Rif de 1894, d’en imposer une nouvelle au Maroc et force fut alors à Moulaï-Hassan de verser une indemnité de 20 millions de pesetas, maïs il stipula très énergiquement que l'Espagne ne pourrait s’ingérer, en aucune façon, dans la perception des douanes chérifiennes.
Si le recouvrement de ces droits s’opérait avec toute la régularité désirable, la somme des recettes grossirait dans des proportions remarquables. Mais Abd-el-Aziz, n’ayant jamais rien fait pour améliorer l’organisation douanière, s’est toujours trouvé gêné. En 1903, ce sultan ayant de pressants besoins d’argent pour réprimer le mouvement de Bou-Hamara, il fut contraint de négocier un emprunt par l’intermédiaire de la maison Gautsch, de Tanger.