Amendement n° 1 au projet, exposé sommaire
«Art, 2.— La caisse nationale agricole pourra par ses réserves sous: crire pour partie au Capital de la caisse foncière agricole d'Algérie, faciliter les opérations et ultérieurement dans la mesure de ses disponibilités, consentir des avances, notamment pour développer lescultures. intéressant le ravitaillement national, »
2. Cf. L’Economiste Européen, supplément colonial 18 mars 1927.
qu'il y a danger d’affecter à des avances à long terme. L'Algérie, ayant ‘son autonomie financière, possède sur les avances et redevances de sa banque d’émission, des ressources propres pour organiser son: crédit agricole, comme la métropole en a obtenu de la Banquede France, pour satisfaire aux besoins du sien,
Et 1l est du devoir de l’Algérie de ne pas absorber les ressources de la Caisse foncière, qui, si elles sont excessives, pourront servir à alléger les charges du Trésor.
Ces raisons ont convaincu le gouvernement, et le Président du Conseil, ministre des Finances, fit savoir dans une lettre publique au début de mars, qu'il déclarait ne pas accepterices amendements. Mais en vérité, la Caisse Nationale n’était surtout pour les parlementairesqu’un moyen d’évincerles banques. [lsconcédaient bien qu’elles seraient appelées, le cas échéant, à con: sentirdes prêts à la caisse, maisils ne les estimaient pas. qualifiées pour prendre part à sa constitution ni à son administration. Ne peut-on penser,en outre, qu’une. raison plus intime, et propre à l'Algérie, devait éloigner. les colons de la Caisse Nationale : savoir, la crainte de la mainmise des agriculteurs métropolitains {et surtout des vignerons du Midi), sur la distribution, ou plutôt. l'arrêt de la distribution des crédits en Algérie ?
En Algérie, on tenait surtout au Crédit Foncier, moins pour son argent qu’à cause de son organisation bancaire et de son service d'inspection utile à la caisse. En dehors de lui, d’ailleurs, ces établissements, y compris la Compagnie Algérienne, ne s’intéressaient plus
à la caisse foncière, bien que tous pressentis. Devant les