V. Bonifay, op. cit., pp
2: Il faut noter que la banque ne payait pas deredevance sur les bil lets émis en représentation de ces avances.
ramené à 0.60% par la convention du 12 décembre 191 7, art. 3, pour couvrir les frais d'impression et manipulation des billets; le produit en a été affecté à un compte spécial destiné à rembourser la banque, et c’est en effet ce qui eut lieu, puisque les avances montées à 360.900.000 fr. le 30 novembre 1918, étaient soldées au bilan du 31 octobre 1920, grâce à la politique de remboursement du gouvernement d'alors.
La banque prêta aussi à l’Algérie.
Celle-ci avait été autorisée par la loi du 30 décem- - bre 1915 à émettre, pour couvrir le déficit de l’exercice 1915, 50 millions de bons à 4 % à un an, escomptables à la banque de l'Algérie; la loi du 30 décembre 1916 renouvela pour 6 mois la durée de ces bons et permit de les remplacer par des avances de la banque, sur les valeurs constituant le fonds libre de la colonie; en somme c'était une avance sur titres, à 4 ve * La loi du 15 juin 1918 permit à l'Algérie d'emprunter à la banque 20.500.000 fr. à 4% remboursables en trois ans, pour l’acquisition de cargos destinés au ravitaillement en combustible des chemins de fer algériens de l'État. ue Enfin, la loi du 25 avril 1919 autorisa une nouvelle avance sur titres à 4 %, de 15 millions, remboursables dans les deux ans. Le 31 octobre 1918, les avances de la banque à l'Algérie se montaient ainsi à 46 millions; le 31 octobre 1920, à 43 millions; et elles étaient intégralement remboursées l’année suivante.
Malgré tous ces remboursements, l'émission ne di-
minuait, pas, au contraire, depuis la fin de la guerre
Duménil \ 3
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elle fut portée par des décrets de mars 1919 à Janvier 1920, de 1 milliard à 1.300.000.000 fr. 5 La circulation fut portée au maximum le 15 octobre 1920 : 1.228 millions, puis elle se résorba un peu. 31 octobre 1921 : 1.025 millions; = * 1922: 802 millions,
pour augmenter de nouveau;
31 octobre 1923 : 1.034 millions ; — 1924 : 1.173 millions; de dt.
alors que le numéraire en caisse est ‘passé de 68 millions en 1913 à 90 en 1995. :
Cependant nous venons de voir que la banque d’Algérie n'avait plus comme la banque de France une lourde dette de l'Etat à traîner. Mais, par le système du compte-courant du Trésor, la valeur du franc algéro-tunisien est liée à celle du franc français. «Celui-ci tuera celui-là » disait un Algérien lors de la crise de juillet 1926. pe
Le * irecteur Général de la Banque disait, à l'assemblée générale du 27 novembre 1924 : «(Ni le Gouvernement Général de lPAlgérie, ni notre Etablissement ne sont responsables de cette situation. Le budget algérien est en équilibre et les avances que nous avons consenties à l'Etat depuis la guerre ont été remboursées intégralement depuis longtemps. La Banque n’émet aucun billet dont la sortie ne soit réellement, motivée par une opération commerciale, industrielle ou agricole. On sait
d’autre part que la balance des comptes entre la Co-
otre
lonie, la Métropole et les pays étrangers a été pendant ces dernières années favorable à l'Algérie, comme en témoignent les disponibilités que celle-ci avait et possède encore en France. »
Voici en quelques mots l'explication de ce phénomène! : En temps normal, quand le cours forcé n’existe pas, et quand la balance des comptes fait ressortir -une créance d’un pays sur un autre, le pays débiteur s’acquitte, à défaut de marchandises, par un envoi d’espèces métalliques. Mais dans la période de cours forcé où elle se trouve, la Banque de l’Algérie ne peut échanger ses disponibilités métropolitaines contre de l'or ou des écus; elle est obligée de les laisser en France: une partie importante de son émission n’est pas utilisable pour la distribution des crédits dans la colonie et a pour contre-partie dans son actif des valeurs du Trésor.
La Banque doit donc, selon les cas, ou disposer de francs français pour régler une balance de comptes favorables à la métropole, ou émettre en Algérie-Tu-
nisie autant de billets qu'il est nécessaire pour régler une balance favorable à l'Afrique du Nord.
« Toule limitation de la faculté d'émission qui ne lient pas compte de ce fait ne peul êlre qu’arbilraire el se heurter, un moment donné, à la réalilé ».
Bien des Algériens ont considéré d’un œil indifférent
les brusques sautes de cours du franc français : ils
1. Cf. Le mécanisme du compte-courant que nous avons précédemment exposé.
avaient bien tort, puisque rien de ce qui touche celui-ci n’est étranger au franc africain.
Le cours des deux francs est donc identique; mais s’ensuit-il ipso faclo une inflation en Afrique du Nord comparable à celle de la France? Nous avons vu que déjà une portion importante de billets était représentée par des valeurs du trésor; mais il faut tenir compte en outre de deux faits : la richesse de l’Afrique du Nord s'accroît, donc aussi ses produits échangeables: et les signes monétaires (billets de banque), en admettant que leur valeur ne varie pas, devront augmenter en nombre. (C’est par exemple ce qui s’est passé entre 1900 et 1911 où la circulation a été portée de 150 à 300 millions):
Mais d'autre part, la baisse du franc diminue la valeur de ces billets, il en faut plus pour acheter le même objet qu'avant; donc il faut pour cette seconde raison encore augmenter leur nombre. On remarquera que depuis la guerre, c’est en 1922, où le cours du franc s’est quelque peu ressaisi, que l'émission a été la moins forte.
Voilà donc la banque coincée dans cette situation paradoxale: le gouvernement, par ses méthodes financières, la force à faire croître sa circulation, et le même gouvernement juge d’une bonne méthode politique de limiter cette circulation.
La banque a donc été forcée de mesurer ses crédits et de limiter ses escomptes.
Pour éviter tout effet douteux qui n’aboutit qu’à une émission correspondante de billet, elle a particu-
lièrement veillé à la fluidité du portefeuille, malgré
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le cours forcé, et au respect de l'échéance: elle a refusé
tout crédit pouvant favoriser la hausse des prix en
facilitant des opérations spéculatives ou entravant la
libre circulation des grains ou marchandises warrantes (ainsi elle a longtemps refusé les warrants agricoles provenant de docks à céréales qui ont pu paraître d’origine spéculative); elle n’accorde pas de concours aux personnes ayant notoirement des placements à l’étranger,
D'un autre côté, pour restreindre le plus possible l’emploi du billet, elle s'efforce de lui substituer le plus possible des chèques et virements, habituant ses bons clients à domicilier chez elle leurs échéances, qui sont réglées par la remise de bordereaux ou des prélèvements à leurs comptes sans mouvement de billet; à vrai dire, cela transforme une inflation de billet en inflation de crédit! qui ne fera pas diminuer le coût de la vie, mais empêchera au moins d'augmenter la circulation des signes monétaires.
Enfin la banque s'efforce de développer le placement des épargnes en bons de la l'éfense Nationale; 1l faudrait que le Trésor dispose en Algérie-Tunisie de ressources suffisantes pour n'être pas obligé d'yaugmenter son compte par virements de la Métropole, virements portés au débit de son compte-courant à la Banque de fi RTA et qui augmentent la dette de l'Etat vis-à-vis de celle-ci, provoquant un supplément d'émission.
Mais toutes ces mesures, Si excellentes soient-elles,