Comme en Grande-Bretagne pendant la guerre
ne sont que des palliatifs, et ne guérissent pas l’incurable plaie : la dette de 40 milliards de l'Etat à la Banque de France.
Les besoins de l’escompte augmentent done, et la banque est contrainte de les comprimer.
Cependant le 20 novembre 1925, le bilan faisait ressortir brusquement que, malgré ses efforts, la circulation s'élevait à 1.242 millions, né laissant qu'une disponibilité de 58 millions pour atteindre le plafond: de 1.300 millions; or, elle n’était même qu'apparente. 24 .millions avaient déjà été mis à la disposition des comptables publics en vertu d’aécréditifs régulièrement émis par le Mouvement général des Fonds, et les dé-: pôts à vue en compte-courant étaient de 42 millions, il n’y avait donc en réalité aucun disponible.
Le : irecteur général fut donc obligé de prescrire à ses services de limiter la sortie des billets au chiffre des rentrées et avisa le Ministre des Financest, le Gouverneur général et le Fésident général.
Mais la malechance voulut qu’à ce moment même le Trésorier payeur général d'Alger fût à court de fonds. Le ministère des Finances demanda à la banque de fermer les yeux provisoirement et de payer au ‘irésorier 20 millions, bien que cela dût «crever le plafond ». La banque refusa par intégrité financière : il ne restait à l’administration qu'à obtenir du Conseil d'Etat un décret élevant le maximum de la faculté d'émission de 1.300 à 1.700 millions. Le décret fut pris très rapide-
1, Alors M. Loucheur,
ment, après deux jours de discussions, sans que les parlementaires algériens en fussent avertis, car ce n’était pas la peine.
Mais la rapidité avec laquelle fut pris le décret du .D décembre avait servi les colons algériens dans la Campagne qu'ils menaïent contre la banque, prétendant qu’elle refusait à tort tout papier agricole, et que cette élévation de son émission constituait pour elle un véritable « ‘cadeau » sans contre- -partie.
Cette dernière ‘absurdité n’en eut pas moins une conséquence : décider que désormais la fixation de l'émission serait réglée non plus par un décret, mais par une loi. | Les colons firent observer que la loi du 5 août 1914 qui avait permis au Gouvernement d'augmenter les émissions des Banques de France et d'Algérie par décret en Conseil d'Etat ne s’appliquait plus à la première .depuis 1919, etquela seconde ferait bien de repasser au même régime. C'était évidemment très juste : la banque ne fit d’ailleurs pas d’objection, et n'avait pas à en faire puisqu'il s'agissait d'opération de politique administrative qui sont au-dessus d’elle. Un projet de loi fut donc déposé dans ce sens qui devint, sans réservès des rapporteurs ni délais aux Chambres, la loi du 30 juin 1926.
L'epuis le décret du 5 décembre 1925, les, ide de la banque pour ralentir le développement de l inflation ne se sont pas atténués. À plusieurs reprises, la circulation dépassa, pendant le premier semestre de 1926, 1.300 millions, mais au 30-avril le montant de la cireu-
lation n’était encore que 1.296 millions.-
Cependant, la banque continuait à limiter le plus possible ses escomptes et crédits divers, à tel point que les Algériens étaient désorientés par cet accroissement des facultés d'émission d’une part (menace à leurs yeux de hausse des prix) et la distribution des crédits Cau COMPte-gouttest ». Mais cette politique de réserve de la banque n’empêchait pas la crise du franc français dont le: Comité des Fxperts essayait de sauver les destinées.
Le même que la circulation de la Banque de France augmentait et que la livre bondissait à plus de 200 fr. de même la Banque de l'Algérie voyait Ss’enfler son portefeuille de Bons du Trésor, ainsi que les demandes d’escompte.
Au mois d’août, l'émission s'élevait à 1.612 millions et les dépôts à vue à 114 millions : en supposant que ces dépôts fussent retirés brusquement, le « plafond » était crevé... Lès le mois de juillet, il fallut donc penser à faire élever de nouveau le maximum de l'émission : cela! fut admis sans débat par le Parlement, et promulgué par la loi du 6 août 1926 élevant la faculté de circulation de 1.700 millions à 2.100 millions; en même temps, la banque élevait le taux de son escompte ordinaire de 6 % à 7,50 %,. |
Avec la stabilisation provisoire du franc, la Banque a pu abaisser sa circulation : elle fétait, au bilan du 31 octobre 1926, de 1.483 millions.
| epuis la fin de la guerre, les Algériens désirent ar-
1. C’est ce que la Dépêche Tunisienne appelait le «chantage à la panique » dela Banque,
es Arr
demment rendre leur monnaie indépendante du franc français, pour échapper à toutesles épreuves de l’inflation.
Prévoyant les troubles économiques, financiers ét politiques qui en sont la conséquence, le ? irecteur général écrivit officiellement le20 décembre 1923 aux Gouverneur général, ministre des Finances! et Président du Conseil, une lettre appelant leur attention et déclarant que si le Gouvernement le désirait, la banque pouvait assurer l'indépendance du frane algérien; le Gouverneur général, par lettre du 12 février 1924, fit savoir qu'il n'entendait pas rompre les errements suivis. La Banque s’inclina : on sait l’inflation qui dut suivre; mais elle ne s'arrêta pas de signaler les difficultés résultant de la compression des crédits par des lettres au ministre des Finances, quise succédèrent de juillet à octobre 1924, et d'octobre à novembre 1925, où l’on dut permettre l'émission d’une nouvelle tranche de billets, 8 mois après suivie d’une autre.
Comment la banque pouvait-elle couper les liens unis-
sant les deux monnaies ?
| Tout simplement en arrêtant le compte-courant du
Trésor : dorénavant, la balance des comptes se solderait par des envois d’or ou plus simplement de devises étrangères, dollars ou livres sterling.
Il faudrait prendre en outre quelques mesures ac-
éessoires : ainsi la banque ne pourrait plus échanger aux