‹ La banque libre; exposé des fonctions du commerce de banque et de son application à lChapitre 10 sur 30 · XIII. Ars;aineiits dent défenseiirs du prlTilég^e · texte numérisé non relu

XIII. Ars;aineiits dent défenseiirs du prlTilég^e

Lorsque le privilège et le régime de l'autorisation, après quarante ans environ d'existence, ont été attaqués, ils ont naturellement rencontré des défenseurs habiles prêts à expliquer et à vanter cette grande dérogation au droit commun.

1"* On a dit d'abord que le privilège de la Banque de France avait eu pour objet d'abaisser le taux de l'escompte et de le fixer à 4 p. 1 00.

T M. Thiers a dit : « Deux banques à côté l'une de l'autre sont entraînées à s'entre-détruire; c'est une rivalité mortelle. L'expérience et la science ont condamné cela comme une folie. »

3° Rossi a dit : <( Les inconvénients de la concurrence ne sont qu'un abus de l'intérêt particulier contre l'intérêt général, un moyen d'enrichir d'habiles spéculateurs aux dépens de la communauté, et surtout des classes laborieuses. »

W" Rossi a dit encore : « La libre concurrence, en matière de banque est un danger que ne peuvent tolérer * les lois d'un peuple civilisé. »

5° M. Wolowski a dit : « Le droit de battre monnaie appartient au gouvernement ; émettre des billets au por-

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leur et à vue, c'est battre monnaie; donc, l'émission de ces billets ne doit avoir lieu que par délégation du gouvernement. »

M. Wolowski a réuni et cité à l'appui du privilège et de l'autorisation préalable tous les témoignages, de quel-, que poids et de quelque valeur qu'ils fussent, contre la liberté, et ces témoignages ont accusé les banques libres : « 6° d'inonder le marché de leurs billets, de telle manière qu'elles altéraient la valeur de la monnaie ; T" de causer des crises commerciales, de manière à ruiner les pays où elles existaient. » Quelques-uns ont ajouté : 8" que les banques privilégiées, dominant les opérations du commerce, savaient et pouvaient modérer ses excès.

Voilà, si nos souvenirs sont exacts, tout ce qui a été dit en somme, soit contre la liberté des banques, soit en faveur du privilège et du régime de l'autorisation préalable. On peut remarquer dans tout ceci plus d'affirmations gratuites que de véritables arguments, plus d'exclamations sentimentales que de raisonnements. Cependant, il est nécessaire de répondre, même aux phrases vaines, parce que le public, habitué à un long régime de privilège, s'effraye volontiers à la seule idée de concurrence pour l'émission des billets. Il redoute cette liberté, comme ces anciens navigateurs qui , voyant, à l'aspect de l'horizon, la convexité de la terre, sans la comprendre, s'imaginaient qu'en marchant toujours à l'Ouest ils tomberaient infailliblement dans un abîme.

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