‹ La banque libreChapitre 10 sur 34 · XIV. Discussion dis promiei* argniiient · texte numérisé non relu

XIV. Discussion dis promiei* argniiient

On ne peut guère soutenir que le privilège de la Banque de France ait été établi pour donner un taux d'escompte fixe de 4 p. 1 00, depuis que ce taux est devenu variable et s'est élevé jusqu'à 10 p. 100. Mais cet argument a exercé une grande influence et joui d'une incontestable autorité pendant quarante ans, lorsque la Banque maintenait les escomptes au taux fixe de 4 p. 1 00.

On aurait pu demander pourquoi il était nécessaire de déterminer un taux d'escompte indépendant des fluctuations de l'offre et de la demande. On aurait pu ajouter que cela était impossible, teUeinent qu'on avait vu à Paris l'escompte au-dessous et au-dessus de 4 p. 1 00, tandis que la Banque escomptait à 4 p. 1 00.

On pouvait dire encore qu'il convenait et était juste de laisser le taux de l'escompte se régler librement par les fluctuations de l'offre et de la demande. Quand le prix de tous les services et de toutes les marchandises varie incessamment au gré de cette loi; lorsqu'on trouve bon ((ue tous les mouvements de la production et de la consommation soient réglés souverainement par elle, pourquoi voudrait-on établir une exception pour le taux de l'escompte, et dans quelques localités seulement? Lors-

que toute l'industrie vit dfe mouvement, pourquoi chercherait-on à immobiHser les conditions de la négociation des effets de commerce? On ne le pourrait pas d'ailleurs, car le privilège, n'ajoutant ni ne retranchant un centime à la somme des capitaux offerts sur le marché, ne saurait avoir sur ce taux nulle influence directe, et n'exercerait tout au plus qu'une influence d'opinion.

On pouvait dire aussi que le taux de l'escompte était chose accessoire. Ce qui importe, c'est d'utiliser le plus possible tous les capitaux et toutes les capacités qui existent sur le marché, et il est clair que, sous ce rapport, la liberté est très-supérieure au privilège, puisqu'elle met en jeu une somme de capitaux plus forte et un personnel de banque plus nombreux, agissant en toute indépendance et responsable de ses actes.

N'insistons pas davantage sur un argument qui, en son temps, eut beaucoup de force, et qui ne peut plus être mvoqué aujourd'hui. Il reste seulement comme un témoignage de l'inconsistance des défenseurs du privilège.

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