‹ La Barbe d'un marié, comédie en 1 acteChapitre 9 sur 16 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LEONTINE, CHABANON.

Léontine, le dos tourné à la porte de sortie , se bourre de petits fours qu'elle ne cesse de prendre dans l'assiette qu'elle a placée sur le biiOet avec la bouteille et le verre. A ce moment, parait Chabanon, portant sons son bras un panier dont le contenu est caclié par un journal. Chabanon a le sourire aux lèvres ^ le visage rayonnant de calme et de sérénité. Il reste au fond aana manifester aucun étonnement , mais au contraire satisfait à la vue (le sa femme I qn il surprend mangeant des g&teaux.

LÉONTINE

Ces petits fours sont excellents I

CHABANON, à («rt.

Le docteur avait raison.

JÜ

LA BARBB U UN MAKifC

C’est léger, n’importe. Chère tante !

CHABANON, i part.

Elle veut dire chers petits fours.

LÉONTINE, se versant à boire.

J'étouffe !

CHABANON , à part.

Les petits fours aussi.

LÉONTINE, a bu.

Je sens que ce Xérès me récohforte.

Elle reeommence i manger CHABANON, descendant A droits , à part.

Comme il avait raison le docteur !

LÉONTINE, apercevant Cbabanon.

Ah!...

Elle a ponssé un peSt cri et se place de h<;on à ce que Cbabanon n’aperqoive pat l’assiette vide.

CHABANON, légèrement gc^oanard.

Bon appétit !

LÉONTINE

Je ne mange pas , monsieur 1

CHABANON

Vous ne mangez pas ?

Non.

CHABANON

Il me semblait.

LÉONTINE

Je voulais... j’essayais, mais je ne puis.

CHABANON, goguenard.

Oh ! c’est fâcheux ; n’importe , vous avez bien fait d’essayer.

LÉONTINE, à part.

11 n’est pas possible qu’il soit déjà de retour.

8CÈNK CINQUIÈME

• CHABANON , à part.

Oui, oui , le docteur avait raison.

LÉONTINE, i part.

Et mon départ. (Haut.) Vous n’êtes pas allé chez le docteur?

CUABANON.

Si, si.

Rue de la Paix?

CHABANON s’est assis à droite , le panier sur ses genoux.

Non, parce que je vais vous expliquer, il y a dans la maison...

LÉONTINE , descendue i gauche.

Voilà, parce que monsieur ne veut pas 'se donner la peine. . .

CHABANON

Mais, non.

LÉONTINE

Parce que c’est trop loin.

CHABANON

Je vous assure...

LÉONTINE, criant.

Ab ! d’abord, moi, je veux mon médecin... mon médecin ! (Se laissant tomber sur une chaise.) Que je SUis malbeureuse ! Maman? maman?

Elle feint une nouvelle crise nerveuse et , comme k la scène troisième, joue des bras et des jambes.

CUABANON, sans bouger, la regarde avec un bon gros rire. — A part.

Je la c.onnai3 celle-là !

LÉONTINE, uièine jou.

Ab ! mes sels !

CHABANON, à part.

C’est une farce.

LÉONTINE, même jeu.

Mes sels ! mes sels !

CHABANUN, à p*rt.

Allons donc, Je sais bien que c’est une farce.

LÉONTINE

Je meurs.

CHABANON, à part.

Avec un teint frais et rose comme ça, il n’y a pas de danger.

LÉOftTINE, Inerte.

AhI je suis morte.

CHABANON, i part.

C’est-à-dire qu’elle a assez de cette gymnastique. (Après un temps,

Léontine regarde Chabanoo, et voyant que lui-méme la regarde arec un bon gros sourire, elle se lève trépignant de rage.) Mais VOUS et^ donC SOUrd,

monsieur ! Mais vous n’entendez donc pas que je demande

mes sels ? (Avec rage.) Maman ? (Elle s'enferme dans sa chambre.)

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