‹ La Barégine: Des Eaux Sulfurées Sodiques De BarègesChapitre 24 sur 45 · EN DISSOLUTION DANS L'EAU · texte numérisé non relu

EN DISSOLUTION DANS L'EAU

Avant d'aborder l'étude chimique et micrographique de la Barégine concrète, étudions ce que les anciens hydrologues ont appelé « matière organique en dissolution dans l’eau ».

Toutes Les eaux minérales sulfurées laissent déposer, par évaporation, un résidu. Ce résidu peu abondant, « offre une teinte jaune et une odeur sensible de bouillon. » Quelle est sa nature ?

Ce résidu, nous enseignent nos prédécesseurs, est dû à une « matière azotifère » que l’on n’a encore pu obtenir dans son état de pureté et isolé des autres produits des eaux. Il se rattache, disent-ils, par ses réactions, aux substances animales ou mieux végéto-animales.

Lambron est étonné de lui voir donner des précipités avec les différents sels : blanc, avec les sels de plomb (présence de sulfates) ; blanc, avec l'argent (chlorures) qui devient ensuite rosé ; il pense alors à la présence possible de l’acide crénique (de Jacob et Wilm, qu’on n’a, du reste, jamais vu).

Nous sommes donc portés à considérer la Barégine dissoute et la barégine concrète comme deux substances différentes.

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Depuis Anglada, nous savons que les deux sortes de matières organiques décrites par ces auteurs, « si différentes, «sous le rapport de leur solubilité, ne forment qu’une « seule et même substance, qui se modifie seulement, soit « par l’action des dissolvants, soit par son adhérence avec « les divers ingrédients de l’eau. Cette nature unique serait « démontrée par les phénomènes, identiques que présentent « quand on les chauffe dans un tube de verre, soit la « substance organique dissoute dans l’eau, soit celle restée « insoluble. » re

Anglada considère encore ce produit comme d’origine essentiellement tellurique déposé d’après des modifications particulières de l’eau minérale.

Pour Kilhol, la Barégine dissoute a la même origine que celle qui se concrète. « J'ai remarqué, dit-il que les glaires recueillies dans les conduites, ou réservoirs, sont peu solubles dans l’eau à la température ordinaire : mais en les faisant chauffer avec’ de l’eau, dans le digesteur on obtient un liquide clair qui laisse déposer pendant le refroidissement, une matière d'apparence gélatineuse, entièrement semblable aux glaires que l’eau sulfureuse abandonne au Contact de l’air. Il ne faut donc pas s'étonner que cette substance organique, en apparence insoluble, soit pourtant dissoute dans l’eau minérale ; car il est possible qu'elle l'ait été dans les profondeurs du sol à une température supérieure à 100° et que la matière se sépare de l’eau pendant le refroidissement au contäct de l'air, absolument comme elle se sépare de la dissolution obtenue en la faisant chauffer dans le digesteur. » Ces considérations sont le résultat des opinions de Filhol sur les eaux minérales qu’il considère comme ayant toutes une origine superficielle, et sur les Barégines qu’il considère comme étant un produit amorphe, simple résidu des eaux. :

- Pour Fontan, l'identité de la Barégine dissoute et de la Barégine déposée, ne fait aucun doute ; «j'ai tout lieu de penser, que la substance en dissolution dans les eaux, et la

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substance gélatineuse, sont analogues, sinon identiques ; » et faisant un pas de plus, il pense à une origine végétale probable, mais n'ose encore l’assimiler aux produits végétaux.

« Je ne rechercherai pas quelle peut être l’origine de cette substance, quoique je sois porté à admettre qu’elle se forme dans les eaux. Tout ce que l’on m'a dit à ce sujet, me paraît complètement hypothétique et je n'aurais qu'une nouvelle hypothèse à ajouter à celles qu’on a faites avant moi. Je veux seulement établir que cette substance ne peut être le résultat de la décomposition de conferves, ou substances organisées azotées qui pourraient vivre dans le sein de la terre, dans les points où passent ces eaux avant d'arriver à la surface du sol. Si cette substance était le résultat de la décomposition des conferves, on trouverait sans doute, quelques unes de ces plantes dans les tuyaux, ou conduits verticaux qui amènent ces eaux à la surface et l’on devrait en trouver dans toutes les eaux. Or, j'établirai plus bas, que la conferve qui se développe dans les eaux sulfureuses, ne se forme qu’au contact de l’air, et seulement dans les eaux d’une certaine température, inférieure à 55° ou 60° centigrades : pour moi, je ne l’ai jamais rencontrée au dessus de 5o° centigrades. »

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