‹ La Barégine: Des Eaux Sulfurées Sodiques De BarègesChapitre 23 sur 45 · APR · texte numérisé non relu

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promettre l'équilibre. Ces cailloux ne doivent leur propriété glissante qu'à un enduit d’une substance, en dissolution dans les eaux, qui se dépose sur ces cailloux, en formant des couches plus ou moins épaisses qui les enveloppent. L'origine de cet enduit n’est pas plus connue que celle de la substance gélatineuse des sources sulfureuses. Plusieurs

auteurs l’ont attribuée à la décomposition des divers ani- P

malcules qui existent dans toutes les eaux ; mais, dans ce cas, comment se fait-il que cette substance gélatineuse soit si abondante dans les eaux sulfureuses et si rare dans d’autres eaux de même température, mais d’une différente constitution. IL existe encore sur cette question, un mystère aussi impénétrable que dans la première. Je crois qu'il faut se contenter d'étudier les circonstances dans

lesquelles ou trouve cette substance, d'étudier ses pro-

priétés ; mais qu'il faut abandonner, jusqu'à ce que la science ait de nouveaux faits la recherche de son origine ; Il n’existe que des hypothèses sur ce point, et je me garderai bien d’en ajouter une autre qui serait aussi inutile que les précédentes.

« Gette substance déposée, organique, non organisée et qui ne se retrouve presque que dans les eaux sulfureuses naturelles des Pyrénées, doit être considérée véritablement comme un dépôt de la substance en dissolution, et porter comme elle le nom de Pyrénéine. Les dépôts de cette substance laissent quand on les calcine, des traces de silice, comme celles qu’on observe dans le résidu de l’évaporation,

€ J'ai donné le nom de Pyrénéine à la substance qu'on nommait Barégine, ou Glairine, parce que ce nom me parait plus convenable. Je n’attache pas cependant une très grande importance à cette dénomination, si ce n’est pour établir qu’on la trouve dans toutes les eaux sulfureuses naturelles des Pyrénées et qu’elle ne se trouve presque que là. »

Filhol s'explique d’une manière très simple cette origine ;

Bye

« Il semble naturel dit-il, de penser que ces matières, prises à la surface du sol, ont été entraînées dans les profondeurs, d’où elles sont ramenées à la surface par les éaux minérales ; on s’expliquerait ainsi pourquoi la source de ces matières organiques semble intarissable et pourquoi leur quantité varie dans les mêmes eaux à différentes époques. » Malheureusement Filhol part de premisses fausses et il a l’air de confondre dans une même origine, les eaux dites vierges et les eaux météoriques de résurgence. Nous avons vu en effet, dans notre premier article, que ces eaux vierges n'ont aucune relation avec les eaux de surface (profondes ou superficielles), qu’elles apparaissent dans le sein de la terre et s'élèvent sous l'influence de la vis à lergo jusque sur la surface du globe. Les variations de température subies par l’eau thermale et dues à des infiltrations périodiques seraient impuissantes à militer en faveur de l'hypothèse de la résurgence des eaux thermales, qui dès lors, ne couleraient que pendant une partie de l’année. Ces infiltrations existent cependant, et peuvent même se faire profondément ; mais, dès lors, où l’eau de surface prendrait-elle la Barégine pour la porter au contact de l’eau sulfureuse ? Pour Filhol, comme pour tous ses devanciers, la Barégine n’est pas considérée comme entité vivante, mais comme un produit chimique vulgaire qui s’est déposé ; il n’y a de vivant pour eux, que « la sulfuraire », ou autrement dit «les beggiatoa », qui vivent à son contact et qui seront étudiés plus loin. Cette Barégine concrète, n’est donc qu'un précipité de la Barégine soluble, ou matière organique en dissolution, alors que précisément, c’est celle-ci qui dérive de la première.

Lambron reprend les théories de ses devanciers et faute de mieux, décrit les différents aspects d'algues d’eau douce et sulfurée qu’on trouve dans la Barégine, Il compare la Barégine à « l’espèce d’enduit gras que les eaux potables et celles des rivières laissent déposer sur le fond des vases dans lesquels on les renferme et surtout sur la terre, les pierres, ou toutes autres substances qui forment le lit des rivières. »

DUR SRE

«€ J'ai proposé à l'appeler « Hydrose » dit.il et O. Henry fils lui a donné la sanction dela scienceen l’adoptant ». Ignorant la nature de cet « enduit gras » aussi bien que celle de la Barégine, il les assimile ; et persuadé comme Filhol, que la Barégine a une provenance tellurique, il va baptiser cette Hydrose nouvelle : et en raison de la minéralisation {sulfurée de l’eau qui la renferme, il l’appelle « Sulfurose » : « mot qui a pour but de rappeler les liens de parenté qu'elle a avec l’'Hydrose des eaux ordinaires ».

Suivant Anglada, Fontan et O. Henry, la matière organique concrète est également un dépôt de la substance en dissolution. Lambron cependant, non satisfait de son hypothèse, et tandis que Bouis et Soubeiran soutiennent toujours que la Barégine est un simple dépôt de matières en dissolution, émet cependant l'hypothèse d’un rapport entre la Barégine et la sulfuraire. « La substance gélatineuse est elle «le simple support de la substance filamenteuse, ou est-elle « au contraire le rudiment de la conferve ». Filhol prétend que la conferve provient du développement de sporules et que la Barégine peut tout au plus lui sérvir de nourriture.

Après les expériences de Séguier (1836), du Docteur Alibert, (1853) et de Ramon, Lambron conclut, d’après ses expériences, propres à la transformation de la sulfuraire en Barégine. Il se base, pour cela, sur les faits suivants :

« 1° Qu’en général, sulfuraire et Barégine, coexistent dans les mêmes endroits. ;

« 2° La Barégine est bien plus rare dans les eaux, dont la température dépasse le degré auquel la sulfurairé ne peut prendre naissance, que dans les eaux tièdes où le contraire devrait avoir précisément lieu, car le pouvoir dissolvant de l'eau est généralement en rapport avec son degré de température ; or, on les rencontre surtout dans les eaux qui ont la température la plus convenable au développement de la sulfuraire (15° à 4o°). Ex, : les sources mal captées, mélangées à de l’eau froide. .

« 3° Réactions chimiques identiques.

C’est donc une indication ; l’origine vivante dela Barégine est faite et il s’agit d'en étudier les facteurs. Nous verrons plus loin que si la sulfuraire produit la Barégine, elle en produit fort peu et que le principal rôle est joué dans cette formation par une infinité d'agents microscopiques, adaptés aux températures élevées.

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