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des carbonates de Ca, de Mg, du manganèse, de la silice, et du sulfure de fer.

La silice se rencontre dans la Barégine sous forme de silicates alcalins ou alcalino-terreux. Ces sels sont solubles dans l’acide fluorhydrique ; on peut du reste les isoler en traitant les autres sels par un solvant approprié tel que l’acide chlorhydrique ; de cette manière Henry a montré que la silice entrait pour une large part dans la composition de ce résidu.

La silice peut cependant exister sous d’autres formes dans la Barégine et constituer alors une partie importante de la zooglée ; elle se trouve interposée en nature entre les mailles de la matière organique, comme il est facile de s’en assurer au moyen de l’acide fluorhydrique étendu qui la dissout à l’état de fluorure de silicium hydraté ; l'acide chlorhydrique la dissout également. Cette silice se trouve ici à l’état de précipité gélatineux, en solution colloïdale. Henry explique l’interposition de cette substance de la manière suivante : « le silicate de soude contenu dans l’eau

est décomposé sous l'influence de l’acide carbonique de l'air et la silice est mise en liberté. Au fur et à mesure que la Barégine, se concrète dans les eaux sulfureuses, elle emprisonne dans ses mailles, la silice qui tend à augmenter cet aspect mucilagineux, qu'elle doit à la matière organique » ; par le chauffage, ce précipité de silice gélatineuse, se transforme en anhydride silicique amorphe : (Si O?), et cette perte d’eau, ajoutée à celle subie par la Barégine, explique la grande variation de volume entre la Barégine naturelle et sèche. Gette transformation nous explique également que de la Barégine séchée et reprise par l’eau, ne reproduise plus le volume qu’elle occupait primitivement. Il reste au fond du ballon, une petite quantité de graviers constitués par cette silice gélatineuse, transformée en anhydride silicique amorphe insoluble dans l’eau et inattaquable dans les acides sulfurique, chlorhydrique, azotique. Pour Henry, la Barégine en contient 35°/,.

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Lorsqu'on examine un fragment de Barégine au micros- Cope, on constate la présence d’une foule de corpuscules très

réfringents, jaunûtres, cristallisés, en prismes obliques à base

rhomboïdale, en octaëdres allongés, quelquefois mâclés, ou sous forme de magmas amorphes. C’est du soufre réduit par la Barégine et contenu dans les mailles de sa zooglée. Traité par la benzine ou le sulfure de carbone, les cristaux disparaissent, les particules amorphes demeurent. Si on traite par ces solvants une assez grande quantité de Barégine séchée, ceux-ci enlèvent 33 °‘/, de son poids de soufre et brülent avec une flamme bleue en produisant un dégagement d'anhydride sulfureux. Ce soufre peut dans certains cas, faire partie intégrante de la substante même de la Barégine, c'est-à-dire qu’il entre dans sa composition à l’état d'élément ; dans d’autres cas, ce métalloïde fait tout à fait défaut.

Si la Barégine contient de l'iode, ainsi que le prétendent Filhol, Bouis et Henry, ce métalloïde doit exister à l’état de traces ; les réactions qu’il nous donne, si elles sont posilives, sont peu sensibles.

Réveil et Cazin, ont trouvé de l’arsenic dans les dépôts de matières organiques. Filhol et Henry, n’ont pu en démontrer la présence d’une maniére précise.

Nous avons également trouvé dans la Barégine du bore ; nous l’avons décelé en produisant la flamme verte de l’éther méthyl-borique, (Troost).

La Barégine traitée par de la soude, puis chauffée au chalumeau, sur un fragment de porcelaine, nous à donné la coloration verte du manganate de potasse, ce qui nous a permis de relever des traces de manganèse dans son magma.

Nous avons dit, plus haut, que la Barégine, présentait par places, des traces noires dues à la présence de sulfure de fer. Ce sulfure de fer se dépose de préférence, dans les parties de la masse à l'abri de l’air, alors que les parties de Barégine qui surnagent restent toujours parfaitement blanches : cela est dû à la putréfaction de la gangue mucilagineuse à l'abri

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de l’air, sous l'influence d’anaérobies. Aïnsi que l’a constaté Lonchamp. « La Barégine, qui est presque inodore lorsqu'on la met dans un flacon, acquiert en noircissant, une odeur fétide, dans laquelle celle d'hydrogène sulfuré prédomine et lorsque la substance noire est redevenue incolore, elle a perdu complètement touteodeur ». Lorsqu'on traite la substance noircie par un acide, l’odeur d'hydrogène sulfuré mis en liberté devient encore plus vive, et le dégagement de ce gaz sulfhÿdrique est assez considérable pour se pro- duire avec affervescence. Que s'est-il donc passé pendant tous ces changements ? L'eau qui imprègne en grande quantité la Barégine puis qu’elle yÿ existe dans la proportion de 98 °/,, conlient du sulfure sodique, du sulfate de soude et des traces de fer; en outre, les cendres de la Barégine, quand on la brûle, contiennent une assez forte proportion d'oxyde de fer. Il se produit une réaction, par laquelle tout le sulfate de l’eau passe à l’état de sulfure de sodium, par la décomposition de la substance organique qui s'empare de son oxygène. Ce sulfure cède son soufre au fer, pour former du sulfure de fer noir. Ce sulfure de fer, en présence de gaz carbonique, peut donner du gaz sulfhydrique, des carbonates et des oxydes.

Ge gaz sulfhyÿdrique peut être à son tour oxydé et donner du soufre, du gaz sulfureux, de l’anhydride sulfurique suivant le stade d’oxygénation.

Le soufre subit donc ici un métabolisme perpétuel et son action sur le fer produisant du sulfure noir insoluble est l'indice de fermentations anaérobies empruntant l’oxygène des sulfates et fixant les sulfures ainsi formés sur le fer, qui est un des éléments existant à l’état organique dans l'être vivant. Lorsque la Barégine est morte et désorganisée, il se peut aussi que l’eau sulfurée agisse par ses sulfures et transforme le fer en sulfure de couleur noire (Filhol).

L'identification de ce sel est d’ailleurs des plus simples : la Barégine séchée et réduite en poudre dans un ballon, est traitée comme le dit Fontan, par un acide fort (acide chlo-

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hydrique par exemple) ; il se produit une violente effervescence : l'acide carbonique des carbonates se dégage en même temps que l'hydrogène sulfuré ; nous recueillons l’hydrogène sulfuré sur un papier imbibé d'acétate de plomb, qui noircit fortement -par la production de sulfure de plomb. Comme réaction complémentaire, nous avons fait barboter le gaz dégagé, dans une solution de nitroprussiate de soude : coloration bleue, révélant l'hydrogène sulfuré. Nous traitons le contenu du ballon par le ferrocyanure de potassium : la couleur bleue classique, nous traduit l'existence d’un persel de fer.

Matières organiques

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