‹ La Barégine: Des Eaux Sulfurées Sodiques De BarègesChapitre 8 sur 45 · TOPOGRAPHIE, OROGRAPHIE MINÉRALOGIE · texte numérisé non relu

TOPOGRAPHIE, OROGRAPHIE MINÉRALOGIE

de la Vallée de Barèges ou du Bastan

La Vallée de Bastan orientée est-ouest (exactement 19° nord) s'étend sur une longueur de 10 kilomètres, depuis le Col du Tourmalet, jusqu’au bassin de Luz.

Tributaire de la Vallée de Barèges proprement dite (qui s'étend des glaces du Marboré à Pierrefitte), elle est parcourue par le torrent redoutable qui lui a donné son nom et qui se jette à Luz dans le Gave de Pau.

Barèges (bourg des bains de Labatsus) n’est donc qu'une dépendance restreinte de la vaste contrée qui a nom Vallée de Barèges.

La haute vallée qui nous intéresse, à Thalweg très relevé, draîne par son torrent une foule de «rious», petits gaves qui descendent des vallons tributaires : sur la rive droite, ceux d’Oncet, d’Aouda, d'Ourdegons et de Sers. Sur la rive gauche, ceux d'Ourdiz, de Caou Bère, d’Aygues Cluses, d’Escoubous, de Glaire, de Bolou et de Lise.

Ce vaste réseau orographique prend naissance sur les crêtes qui délimitent la haute vallée de Barèges et la séparent des vallées limitrophes de Villelongue, Lesponne, Cam-

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pan, Aure, Campbieilh. Cet immense amphithéâtre qui n’a pas moins de 5o kilomètres carrés d’étendue, est appendu sur sa gauche aux flancs du massif granitique de Néouvieilhe, centre géologique de la chaîne, et de l’autre, au massif schisteux du Pic du Midi et du Léviste. La vallée de Barèges, qui est d’ailleurs une des rares vallées allant dans le sens de l’axe des Pyrénées, est donc située entre deux massifs minéralogiquement dissemblables. D'un côté, un massif de terrain primitif qui souleva au moment de son éruption la couche sédimentaire composée de schistes carburés, rouillés, plissés, maclifères qui s'étend de l’autre côté, au nord de la vallée de Bastan.

Nous reviendrons ultérieurement sur l'importance de cette constatation, Barèges étant, comme les autres stations thermales sulfureuses des Pyrénées, située en pleine zone de contact entre les roches massives et éruptives et les terrains passifs et stratifiés qu’elles ont soulevés. Dans ce point où les révolutions sismiques ont dû être particulièrement violentes, il nous est permis de penser que l’apparition des eaux à coïncidé avec le mouvement d’ascension et de dislocetion de l'écorce terrestre, par formation de failles et de diaclases, dans un terrain métamorphique résultant de la combinaison de roches ignées en éruption avec les couches sédimentaires qui les recouvraient. La couche solide du globe s’est donc disloquée, fracturée : aussi leur origine ignée nous permetelle de rapprocher les sources thermales de Barèges des éruptions volcaniques.

[ci l’éruption est constante : les déjections prennent naissance dans les profondeurs du sol, près du noyau en fusion qui forme le centre de la terre, soit par condensation in situ de la vapeur d’eau émise par le feu central, soit par formation immédiate due aux combinaisons variées de roches différentes entre elles. L’eau minérale de récente formation peut donc, ainsi que nous l'exposeront plus loin, être considérée comme un minéral à l'état naissant.

Le sol de la vallée étant éminemment volcanique, il est

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