LES MÊMES, PHILIPPE, BRESCHARD
Philii>j)e est entré pendant que Langouè't prononçait sa dernière phrase . Il l'a laissé parler. Puis, lui inettanl la main sur l'épaule.
PHILIPPE
Ne le croyez pas, Louise, il se calomnie luimême, et la preuve qu'il ne pense pas cela, c'est que nous sommes une paire d'amis, lui le contremaître de papa, et moi le fils de son patron... Et depuis combien de temps? J'avais
douze ans quand il est entré ici, comme apprenti du père Gaucherond. J'en ai vinçtquatre. (Riani.J Ça fait une paye, ça... LA^'GOUET, bourru.
Tu ne sais pas seulement de quoi nous parlions, Louise Mairet et moi.
PHILIPPE
Vous discutez sur cette éternelle question des rapports entre ouvriers et bourgeois, qui sera toute résolue quand les bourgeois sentiront, ce que je sens si bien, mol, que le patronat doit être une association de l'employeur et de l'employé. Il en est de la guerre des classes comme de toutes les autres. De la bonne volonté de part et d'autre, et l'on s'aperçoit qu'il n'y au fond qu'un malentendu, et, le plus souvent, dans les mots... Ah! les mots! les mots! Les ouvriers? Les bourgeois? Les classes? Qu'est-ce que cela signifie? Je suis bien socialiste, moi, quoique j'aie reçu une éducation bourgeoise.
LOUISE
Mais vous n'admettez pas, comme lui, monsieur Philippe, que les syndicats déclarent des grèves qui bouleversent toute une industrie et ruinent des centaines de gens, ni qu'ils m'empêchent de travailler, moi, si j'ai envie et besoin de le faire?
PHILIPPE
La faute en est à ceux qui acculent les ouvriers à ces procédés.
LANGOUET
Je ne disais pas autre chose. Mais le bouleau me réclame.. . D'ailleurs, on vient, et je ne suis pas en tenue.
// va pour sortir, pendant qjie Mme Derivière et Cécile Tardieu entrent.
PHIUPPE
Ce n'est que ma sœur, avec Mlle Tardieu. Langouët sort.