‹ La barricade; chronique de 1910Chapitre 27 sur 78 · SCENE VIll · texte numérisé non relu

SCENE VIll

LES MÊMES, BRESCHARD BRESCHARD

lionjour, mon clier Tardieu.

TARUIEU

Bonjour, mon cher Breschard.

BRKSCIIARD

Bonjour, ma petite Cécile. Comment? Vous partez déjà? Vous n'êtes pas si pressés que cela... Vous allez rester à déjeuner avec nous, tout simplement, à la fortune du pot.

TARDIEU

Vous êtes trop aimable, Breschard. Mais on m'attend au mag-asin. Et vous savez, l'œil du maitre!... Surtout à l'époque où nous sommes...

BRESCHARD

A qui le dites-vous?... Et encore, vous êtes heureux, vous, dans l'orfèvrerie... Vous n'êtes pas sous le coup d'une {jrève générale, comme nous, dans le meuble.

TARDIKU

Vous n'êtes pas sur de vos ouvriers?

BRESCHARD

J'en étais sur. C'était une famille ici. La preuve : mon contremaître et mon fils se tutoient. Ils ont été presque élevés ensemble.

Gomment les choses ont-elles changé? Je n'en sais rien. Elles ont bien changée. Je ne suis plus sur de personne... Et, cependant, jamais mes hommes n'ont gagné davantage...

TARDIEU

C'est comme les miens : semaine anglaise, journée réduite, augmentation de salaire, et jamais je ne les ai moins eus dans ma main. Autrefois, à l'atelier, c'était le bûcheur qui entraînait les autres, qui les poussait à en abattre...

BRESCHARD

Et maintenant, l'entraineur, c'est celui qui travaille le moins.

TARDIEU

C'est notre faute, Breschard. Nous ne nous défendons pas assez, nous autres, les patrons. Quand nous ferons bloc contre les ouvriers, comme ils font bloc contre nous, ils sentiront notre force, et nous aurons leur estime, à défaut de leur affection, — et la paix!

T,A BARRICADE 3t

BRESCHARD

Je STiis tellement de votre avis que ma résolution est prise, et je n'ai pas perdu une occasion de la déclarer. Il n'y a jamais eu de grève ici. A la première, je ferme mes ateliers plutôt que de reprendre un seul des hommes qui m'auront lâché.

J'aime à entendre un patron parler ainsi. Soyons de notre classe, Breschard. C'est la vérité et la seule... Mais je m'attarde... Encore pardon. Viens, fillette.

// emmène Cécile.

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