‹ La barricade; chronique de 1910Chapitre 45 sur 78 · LES OUVRIERS · texte numérisé non relu

LES OUVRIERS

Oui! Tous! Tous!

BRESCHARD

Eh bien! Puisque vous vous associez tous à lui, je vous préviens, moi, d'une chose. Tout à l'heure, je vais passer dans l'atelier. Tous ceux que je ne trouverai pas au travail, je les considère comme ne faisant plus partie de ma maison. Et jamais, je vous en donne ma parole d'honneur, jamais je ne les reprendrai. (Il tire sa montre de nouveau.) Vous avez dix minutes pour vous décider. Quant à toi, Lang^ouët, tu as été le meneur, je te renvoie.

LANGOUET

Je vous demande pardon, monsieur Breschard, vous renverrez peut-être d'autres ouvriers, si la maison Breschard survit à cette grève à laquelle vous nous forcez. . .

BRESCHARD

Moi ? c'est moi qui . . . ?

Oui, VOUS, en ne prenant même pas connaissance de nos revendications. Quant à ces ouvriers-ci, eux et moi, vous ne nous renvoyez pas. C'est nous qui vous quittons.

Les ouvriers sortent.

THUBEUF, resté en arrière.

Au revoir, monsieur Breschard. Je vous ai dit que je n'y mets pas d'amour-propre, quand il s'agit de l'intérêt des camarades. Voici toujours mon adresse, pour le cas où vous changeriez d'idée.

// lui tend sa carte.

BRESCHARD

Gardez votre carton, monsieur, je ne changerai pas d'idée. Si je reçois jamais votre visite, ce ne sera phis à titre de délégué. Quand on aime tant les beaux cigares, on doit aimer à les fumer dans de beaux meubles.

THUBEUF

Vous m'espérez comme client?... Vous en

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avez de bonnes quand vous vous y mettez. (Regardant autour de lui et changeant de ton.) En effet, je reviendrai peut-être un jour faire mon choix parmi ces merveilles, mais ce ne sera pas comme vous croyez. Au revoir, monsieur Breschard. (Il sort.)

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