SCÈNE vm
ROSINE, III l'.l.l: I .
m BERT
Enfin, nous sommes seuls. Ah ! ma petite Rosine, que je suis heureux <l<' voua revoir... je suis tout à fait heureux. El voua ?
ROSINE
Moi aussi; mais, sans reproches, c'esl un bonheur que vous auriez pu voua procurer plus toi. Vous disparaissez tout à coup. vous restez cinq ans sans donner de vos
nouvelles; c'est uu rude plongeon, vous m'avouerez, cinq ans! Qu'êtes-vous donc
devenu pendant ce temps-là?
Elle va r près de la petite table.
HUBERT, s'asseyant auprès d'elle.
.rétais absent de Paris... je n'ai pas fait des choses bien intéressantes..; J'ai perdu mon temps, somme toute. Mais vous, vous n'avez pas perdu le vôtre. Diable!... vous ave/ fait du chemin. Vous aviez déjà beaucoup de talent ; mais vous êtes maintenant une grande artiste.
ROSINE
C'est vrai ?Çame l'ail plaisir, ce que vous me diles là.
(/est très sincère... vous le savez bien.
ROSINE
Je n'en doute pas ; mais enfin dites-moi : comment èles-vous là ce soir?
Mais je suis tous les soirs an théâtre.. . j'ai
l.\ BAS Cl LE
listé à la première, el vous m'avez tellement enchanté que, depuis, je suis revenu tous (es soirs, Voua oc m'avez pas \ u Je suis toujours «Lui- les premiers rangsde l'orchestre.
ROSIN1
.le ne regarde jamais dans la sall<
Je l<i regrette.
ROSINE
Et vous n'avez pas eu plus lot l'idée de venir frapper à la porl<- de ma log<
Si, j'en ai bien eu l'idée, mais je n'osais
pas.
ROSIM
Pourquoi ?
Je ne savais pas comment vous me recevriez.
ROSINE
Vous saviez bien que je recevrais avec la plus grande joie un vieil ami comme vous.
Sans doute; mais... comment vous dire ça ?... Ce n'est pas un vieil ami qui revient ce soir, et c'est précisément ce qui me faisait hésiter; ce n'est pas un ami, c'est un amoureux... et je ne savais pas comment vous recevriez un amoureux, un amoureux fou!
ROSINE, riant aux éclats.
Ah! ah! ah ! que vous ôtes drôle..,
Je ne le savais pas, mais maintenant je