SCENE V AMÉDÉE, HUBERT
AMÉDÉE
Vous avez froissé Chavresac?
Aussi, on n'est pas chauffeur à ce pointlà. (Il lit la lettre de Rosine.) Parbleu ! c'est U11C
femme outragée; olle m'écrit que c'est fini.
I7fl LA BASCl LE
Wll'hl' I
Toui es( pour 1<- mieux. . . vous <!< être contenl ?
III l'.l .1: 1
I Ionien I ?
Wll'.hl' l.
Sans doute... D'est-ce |»;i^ ce que vous
vouliez?
I);is du tout.
AMKhl'l
Comment ? Vous ne m'avez pas «lit toul à l'heure ?...
Oui, oui, tout à l'heure, mais maintenant...
AMÉDÉE
Regret teriez-vous vos sages résolutions ?
Non," non, mais enfin, il n'en est pas inoins vrai que cette femme a raison... ma conduite envers elle es! inqualifiable. J'ai agi, disons le mol, comme un eall'al ; je n'ai rien à lui reprocher... car enfin, celle dépêche... c'est 1res gentil ce qu'elle a l'ail là, c'est tout à fait délicat... c'esl (Tune amoureuse, il n'y a pas à dire... cl c'est au moment où elle me donne cette preuve d'amour (pie, moi, je lui écris cette lettre brutale... Gomment doit-elle méjuger?
amedée
Il vaut mieux quelle vous juge mal, puisque vous voulez rompre, elle vous regrettera moins.
C'est égal, on peut rompre avec délica-
178 LA BASCULI
lesse, loul au moins avec courtoisie. I sjne n'es! pas une Femme qu'on lâche
connu. . Un Bilrae VoUS tl< /. pas
ce que i 'ai <-ii\ ie de faire
Non, <•! pourtanl je suis rempli de crainte.
EttJBBftT
J'ai envie d'aller là-bas.
1MÉDÉE
Oh ! mais, vous ne pouvez pas Paire Quel prétexte d'abord, pour vou^ absenter,
donnerez-vous à voire femme?
IIIBERT
La dépêche... je lui montrerai la dépêche... je dirai que je viens de larecevoir,
queBlaneas es! un vieil ami que j'ai perdu de vue et que, s'il me demande de venir
le trouver en des termes aussi pressants, c'est qu'il s'agit de quelque service à lui rendre et que je ne peux pas me dérober.
AMÉDÉE
Et vous me dites ça, victorieusement..,
comme si vous veniez de l'inventer vousmême.
Où donc est-elle, cette dépêche? Vous ne l'avez pas? •
A.MÉnÉi; Non ! Je vous I ; i î rendue.
Non... vous ne me l'avez pas rendue.
AMÉDÉE
•Je suis eerlain, pourlanl ...
180 LA BAS* i LE
ll( Bl Kl
Cherchez bien dans toutes \<>- poches.
A.Ml'.hl' I.
.le ne 1 ai |»;i^ ,
( >ù peut-elle être... c'esl qu'il ne faudrail pas laisser traîner ça... Ah ! la voilà Elle étail sur la table... sur la tabl< Quelle imprudence!... •!<' vais la montrer à ma femme.
WIKDÉE
Écoutez, Hubert, vous niiez déchirer celle dépêche. Donnez-la-moi d'ailleurs.
ru u déchire.) Je vous avertis que, si vous revoyez jamais Rosine Bernierel qu'il vous eu arrive des ennuis, comme c'esl in<*\ itable, il est inutile <le venir nie trouver pour vous tirer d'embarras*.. Vous me faites
l'effet du joueur qui court après sou argent... vous courez après votre émotion.
D'abord, vous vous méprenez... il n'est pas question de recommencer avec Rosine; seulement je considère que je lui dois des excuses, des explications.
AMEDÉE
II n'est pas nécessaire de la voir pour
ça-
Vous avez raison... je lui écrirai... oui... je sais ce que je lui écrirai. Pourquoi souriez-vous ?
AM É I > i I
Connaissez-vous ce jeu d'enfants qui consiste à placer une planche en équilibre sur
un tronc d'arbre ou une grosse pierre?
l.\ BAS< i II.
Deux galopins cnfourchenl la planche, un à chaque bout et, quand I un esl en haut, l'autre es! en bas.
ll( hl.i:i
Oui j'appelle une bascule... Il une très jolie gravure du xvin ... j<- l'ai à Paris dans mon cabinet.
Wll'.hl.l.
Vous me paraissez être la planche H la grosse pierre d'une bascule sentimentale où il y aurait, une à chaque bout, votre femme et Rosine Bernier. Où es! votre femme en ce moment? Kn haul ou en bas '
En haut ! en haut !
AB1ÉDEE. se retournant et apercevant Marthe et àfargfl qui reviennent.
Évidemment, puisque la voilà