HAVRES M
Dans son esprit, cane Bouffrail aucune difficulté: vous auriez dil ;'• votre femme < j u<* Blancas était un de vos amis que vous ai perdu de vue el que, s'il vous envoyai! une dépêche en des termes aussi nets i qu'il
avail un service à vous demander H que vous no pouviez pas vous dérober..., ou autre chose dans ce goût-là... elle avait compté sur votre présence d'esprit.
\MÉDÎ:E, » Hubert.
Elle a eu le plus grand tort... elle ne vous connaît pas encore à fond... Je pensais bien que cette dépêche avait une tout autre signification que celle que vous lui altri-
huiez. C'est moi qui avais raison, cl il n'y avait pas lieu de vous affoler.
Oh! affolé... je n'étais pas affolé. Evidemment j'étais très ennuyé. Gomment n'ai-je pas deviné que la dépêche était d'elle... ça lui ressemble1 tellement ! Je nous l'ai dit : c'est une fantaisiste. J'avoue que j'étais parti dans une direction tout opposée.
AMEDEE
El bien parti.
Ainsi ce n'était que çaî Mais alors, ditesmoi, elle a dû être très (donnée de vous voir?
CHAVRESAC
Très étonnée... et, quand elle a su dans
I7u l.\ i; \.-u LE
quel étal sa dépêche voua avail mis, < h ri <lr bon cœur.
< '. '< -si très drôle, en effet... maintenant parbleu! je trouve «.;;| 1res drôle. El voua, Amédé<
amkih'.i;. t • .- froid
Moi, j<i trouve ga tordant.
lit lu.iii
Ah !... alors, elle a ri ?
CHAVRBi \<
Oui, mais pas longtemps... et, quand je lui ai remis votre lettre...
HUBERT, avec explosion.
Vous lui avez remis ma lettre?
CHAVRESAC Mais oui, puisque vous m'aviez chargé...
Mais c'est idiot, mon cher, il ne fallait pas.
CHAVRESAC
Pourquoi idiot? Vous m'aviez dit de lui remettre cette lettre à tout prix.
Sans doute; mais, du moment qu'il n'y avait rien, que le mari n'était pas là ei que c'est elle qui avait envoyé la dépêche, il ne fallait pas remettre la tel Ire, ça tombe sous le sens... c'est vrai, un enfant de trois ans aurait compris ça... c'était une lettre de rupture !...
< Il \ VRE8 \<
Est-ce que je savais, mo
HUBER1 . mi-voix.
Est-ce que je savais .' Quelle bruù
CHAVRES iC
Vous dit
AMl'.l»'
Voyons... voyons.
CHAVRES \<
l "no autre fois, vous ferez vos commissions vous-même, d'autanJ plus que n'es! pas agréable de porter vos mess Dan^ ces cas-là, c'est toujours lr 1 1 a « * — — - « — qui reçoit le premier choc... ça n'a pas manqué: j'ai essuyé la mauvaise humeur de Madame Dernier; j'arrive ici. jVs^ui*' la
vôtre. Et encore, pour arriver plus vite, je dévore les kilomètres...
IITRERT, avec aigreur.
Vous y avez mis le temps, cependant, mon cher.
CHAVRESAC
Parce que, en traversant un village, j'ai manqué d'écraser une vieille femme, mon cher.
AMÉDÉE
Vraiment ?
CHAVRESAC, à Amédée.
Oui, une vieille femme qui s'est littéralement jetée sous mes roues, une malheureuse mère de famille qui voulait se suicider en assurant l'avenir de ses enfants, elle comptai! sur une indemnité; heureusemenl, j'ai déjoué ses projets, je ne l'ai
171 I \ BASl i LE
pas écrasée : mais" il ;> fallu <\\\<' je m'arrête... les villageois * oulaienl me Ij ncl on ;> dressé des procès-verbaux A n'en plus finir... I î'esl toul ça <pii m'a mis en retard.
Enfin, ce qui esl fail esl fait; qu'est-ce qu'elle a <lil ?
GH WRBSAC
La vieille femme .'
Hé non, Rosine I
( II a\ RESAC
G'esl vrai... ce que je raconte là ne vous intéresse pas... Quant à Rosine Bernier, ell<> m'a chargé de vous remettre ceci, (il lui remet une lettre. Maintenant., vous permettez
LA BASCULE I7fi
que j'aille changer de vêtements.». A tout à l'heure... Au revoir et merci.
Mais c'est moi qui vous remercie.
CHAVRESAC
C'est bien ce que je voulais dire !
Il sort.