RO^IM
Oli ! c'esl insupportable !
Ecoutez-moi.
ROSINE
Non... non... laissez-moi, vous me faites mal d'abord.
HUBERT, se mettant résolument devant la porte.
Vous ne passerez pas.
ROSINE
Comme vous voudrez... vous comprenez que je ne vais pas faire le coup de poing avec vous, (a mi-voix.) (la par exemple, c'est trop fort, tu vas me le payer.
Elle s'assied.
IIURERT
Ou'est ce que vous dites?
ROSINE
Rien... rien,
*H I \ BASCl LE
lli BBR1 . wt
Je considère que j'ai de* droits sur vous et, -i vous avez cru me les faire abandonner en nvannonçattt impudemmenl que voua aimez Monsieur Lorsay, vous vous êtes trompée. Ça sérail trop commode, Comment, il y a (juin/*' jour- encore, vous étiez dans mes bras, et vous me signifiez mon congé! Vous n'espérez pourtant pas que je
vais vous laisse!" liler le parfait amour avec
ce gigolo, ce poète de Montmartre, cel auteur de rien du toul ? 11 n'a eu qu'è présenter, celui-là. Alors, quoi? On entre dans voire coeur connue dans \\n moulin. .Mais c'est un auteur] Ah! tenez, vous avez vraiment une âme de cabotine.
ROSINE
De cabotine î
Eh bien, je le provoquerai, s'il le faut, votre Monsieur Lorsay, je ne reculerai pas devant un scandale. Ah ! vous ne me connaissez pas... je suis un impulsif, moi.
ROSINE, très douce.
Bien, bien. Ça n'est pas la peine de tant crier... du moment que vous le prenez ainsi... je ne savais pas que vous m'aimiez à ce point-là.
HUBERT, s'asa -saut auprès d'elle.
' Mais si... vous savez bien que vous n'êtes pas une femme qu'on puisse oublier ainsi, du jour au lendemain et, lorsqu'on a goûté* à vos lèvres, à vos caresses, on ne peut plus s'en passer... nous avons déjà vécu des heures enivrantes, dont je garde l'ardenl souvenir.
Etosn
Ah ! vous savez parler aux Femmes, suis mut que mes bi tveris de
bleus.
Elle retrousse h;» mam HUBERT
( )h ! je vous demande pardon., oui, j'ai été violent, brutal, toul à l'heure; maïs aussi, vous m'aviez dil des choses cruelli Ça n'esl pas vrai, n'est-ce pas? Vous n'aimez pas Lorsay? Vous ne pouvez pas l'aimer.
ROSINE
.Mais non... mais non... von- avez raison, je ne peux pas le sentir.
Ce n'est pas lui qui a pris du thé avec vous?...
ROSINE
Mais non, c'est Louise Guemy qui sortait d'ici dans le moment que vous entriez.
Ah ! je respire.
ROSINE
Vous pouvez...
IIURERT
Alors, pourquoi m'avez-vous dit ça?
ROSINE
C'était une épreuve.
Ah ! mon Dieu ! c'était bien la peine de dire tant de paroles pour en arriver là. Et c'était l'a lai. Au fond, nous pouvons, nous devons être très heureux. Sans doute, nous aurons encore quelques alertes, mais je finirai bien
LA BASCl LE
par in'\ habil uer, Bientôl . je vous étonm par mon sang-froid H ma présence <l '< I » i- î l dans les circonstances les plus «lifli-
<il<
ROSINE
Nuii^ allons voir.
D'autant plus que j'ai pour principe que, dans la vie, tout fini! par B*arranger.
Parbleu!
Ali ! ma chère petite Rosine.
Il ta serre dan- a ROSINE
Ah! mon chéri.
Tu m'aimes ?
rosi m:
Il le faut bien.
HUBERT, tirant sa montre.
Résumons-nous.
ROSINE
OU ! oui.
En somme, il n'y a eu que deux incidents fâcheux : la dépêche, <;a c'étail votre faute .. . el l'autre jour, rue La fontaine... c'était la mienne. Nous sommes doue quittes. Recommençons.
ROSINE
( )ui... taisons la l.cll<\
252 LA BAS* i il.
Ça ne vous sera pas difficile.
ROSINE
M;iis cet le fois-ci, vous savez bien ce que vous faite*
Ne vous occupez pas de ça.
ROSINE
Quoi qu'il arrive, c'esi vous qui l'aurez
voulu.
Comme vous me dites ça... Vous avez un air singulier.
rosim:
Pas du tout, je vous mets en garde : vous
ne me ferez pas de reproches... vous ne vous en prendrez qu'à vous-même.
Ou'à moi-même.
Il est encore temps... si vous voulez, je vous rends votre liberté.
Jamais de la vie... je n'en ai que faire.
ROSINE
Vous n'en voulez pas?
IIUBEBT
Non.
rosi m;
Une fois ?