‹ La basculeChapitre 7 sur 84 · LA BAS( I I I · texte numérisé non relu

LA BAS( I I I

madame, que je l'ai suivie «mi tournée, en l»r<>\ ince, h l'étranger, partout... el elle ;i eu, des su Mais jamais un pareil ;'■

celui-là. Tous les soirs, elle reçoil des lettres de félicitations haul comme ça. .. el des déclarations... et des fleurs

HASS1 l

< Hi ; 1rs fleurs, ça ne prouve rien, S vous voyiez la loge de Blanche de Mortagne, à Lutetia.

Al(.l STINE

Oui, mais ce qui prouve quelque chose, c'est que tous les anciens amis de madame rappliquent. Ils voudraient bien recommencer, vous comprenez, on parle tellement de madame... alors les succès, lés articles de journaux, ra leur monte à la tête,., ils en veulent, quoi, ils en deman-

LA BASCULE y

dent... Et puis, ce qui prouve quelque chose, c'est que la personne qui joue clans le théâtre à côté et qui est pourtant la meilleure amie de madame... vous savez qui je veux dire...

MASSUT

Oui... Eh bien?

AUGUSTINE

Eh bien ! imaginez-vous que, depuis le soir de la première, elle n'a pas donné signe de vie, pas un mot... rien...

MASSUT

Ça, c'est une preuve... Ça ne m'étonne pas... tenez, à propos, ce matin, j'étais chez Blanche de Mortagne...

AUGUSTINE

Qu'est-ce que vous me chantez avec

i" i S BAS! i il

voire Blanche de Mortagnè i une

grue.

MASSI I

-' une artiste : elle joue la pantomime.

AI 101 BTINE

Avec ses buiss<

Attendez, laissez-moi finir. J'étais donc chez elle, en train de Ion du 1er... elle se fail onduler à table, pendant qu'elle déjeune; il y avait là Suzanne Grégeois H deux messieurs que je ne connais pa

AUGUSTINE, chineuse.

Elle ne vou> ;l |>a> présenté?

MA8SUT, bref.

Non, elle n'y aura pas pensé.

AUGUSTIN K

Alors ?

MASSUT

Alors, on esl venu à parler de la pièce el de Madame Bernier, naturellement, et Suzanne Grégeois a eu l'imprudence de dire que, pour elle, Madame Bernier était la première actrice de Paris; qu'elle avait un talent incomparable. Là-dessus, imaginez-vous, voilà Madame de Mortagne qui crie : « Suzanne, je vous défends de dire devant moi qu'une autre femme a du talent! » L'autre insiste, si bien que Madame de Mortagne commande au maître d'hôtel : « Enlevez le couvert de madame ! »

AUGUSTIN E

Pas possible !

MASSUT

Nous croyions tous à une plaisanterie;

1S LA DASGULI

mais !»■•- du tout, c'était sérieux. Alo quand Madame < îrégeoia a i u le larbin procher |><»ni enlever son couvert, elle n'a J";iil ni une ni deux : «'II*- ;> <lil : Si je ne déjeune |»;i-. personne ne déjeunera. Kl elle o tiré la nappe ;i elle, comme i e( i<>ui

i\ iiclui le <;iiii|» par terre, les assiel 1*^ carafes, rargenterie, les seaux h Champagne. Si vous aviez vu \*- coup <!«■ Trafalgar, il y avail de quoi payer sa pla

AUGUSTINE

Vous devez en voir »!<■ drôles dans votre métier.

I4ASSUT

Ah ! oui, j'en vois <l<i drôles. Vous comprenez, on no se gêne pas devant moi... Ainsi, tenez, il y a des clientes que j'ondule dans leur lit... Alors, je sais comment elles sont fait

la bascull: 13

AUGUSTIN E

Dites-donc, vous qui aimez les idées, ça doit vous en donner.

MASSUT

Oh! ma foi non... pas plus que de voir voire figure.

AUGUSTINE

lié bien ! je vous remercie. Et puis, ça vous ferait quelque chose, ce serait le même prix.

MASSUT

Mais ne croyez donc pas ça... Plus crime fois, si j'avais voulu...

AUGUSTINE

Vous... (Elle se tord.) Ah î laissez-moi rire.

MASSUT, piqué.

Certainement, moi. Oh ! je ne me fais pas d'illusion, je sais bien que ce n'est pas

M I \ BAS* l II

pour moi. Seulement, quand je présente ma noir, vous comprenez, ces femme*

n";i |»;i^ d'ordre, ça I umuler...

Mois. <»u me fail comprendre... parfaitement ... mais je ne marche i n'esl pas avec cette monnaie-là que j< nourri] ma femme el mes enfants... Q'empôche que l»;i^ | >1 us tard qu'a van t-hier...

Al GUBTQVE

Taisez-vous! voilà madame qu'elle remonte... Vous me raconterez vos saletés un autre jour.

Klle passe dan» le rabinet de toilette B rnier

entre a\ ■ <luerny. Toutes Jeux sont e

tûmes L«'uis XV.

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