‹ La basculeChapitre 8 sur 84 · ROSINE BERN1ER, LOUISE GUERNY · texte numérisé non relu

ROSINE BERN1ER, LOUISE GUERNY

MASSUT.

ROSINE

Ah ! vous (Mes là, Massut... Vous m'avez

apporté le nouvel arrangement pour la perruque?

MASSUT

Oui, Madame, si vous voulez l'essayer?

ROSINE

Tout à l'heure... atiendez-môi là, à côté... Je vous appellerai.

MASSUT

Bien, Madame.

Il passe clans le cabinet de toilette.

ROSINE, s'asseyant devant sa roiiTeuse.

Qu'est-ce que tu avais à me dire?

LOUISE

Je voulais te demander un petit service.

ROSINE

Mais certainement... de quoi s'agit-il?

16 LA BA8( i I l.

LOI I8E

Voilà : .I'mm m .1 donné une bague pour notre anniversaire, parce qu'il j a aujourd'hui un an que nous non- sommes connus.

Ah ! ça fail un an déjà !

LOUISE

Oui. Alors, il m'a donné cette bague.

ROSINE

Elle esl très jolie... la pierre es! magnifique H très l»icn mon!'

LOUISE

Seulement je ne peux pas la porter.

ROSINE

Pourquoi ?

LOUISE

A cause d'Alfred.

ROSINE

Ah ! oui.

LOUISE

Il me demandera qui me l'a donnée, et je ne peux pas lui dire que c'est Jean. Alors, j'ai pensé... si je disais que c'est toi... Tu veux bien ?

ROSINE

Mais oui... mais oui...

Merci... tu es bien gentille.

ROSINE

(Test bien la moindre4 des choses. (On frappe.) Entrez !

Entre Victor, le garçon de bureau du Directeur. VICTOR

Bonjour, Madame Bernier.

l.\ BAS* ! LE ROSINI

Bonjour, \ i < • l « » i* . i

en va. C'esl 1<- Directeur <|ui m'envoie la recette,

LOUISE

I! me semble que Brucarol es( rempli d'attentions pour l«>i. Combien fait-on

soir? Rosine lui montre le papier. C esl bien.

ROSI NE

. < l'es! très bien;

LOUISE

Dis donc, je voulais te demandèrent un petit service.

ROSINE

Va donc... va donc

LOUIS

Je déjeune domain avec Jean : alors, je

LA BASCULE TJ

(lirai à Alfred que je déjeune chez toi, n'es l -ce pas ?

ROSINE

(Test entendu. Mais comme ça doil t'ennuyer d'être obligée <lc trouver toujours des prétextes... tu as l'air d'une femme mariée.

LOUISE

Oh ! ne dis pas ça, ma chère, c'est dégoûtant! J'en souffre assez, mais que veuxtu ?

ROSINE

Evidemment... Moi, je ne pourrais pas avoir deux hommes comme ça en même temps. Tu connais ma devise : Pas tous à la fois!

LOUISE

Toi, tu es indépendante.... Tu gagnes cent mille francs par an.

l.\ BAS< i l i ROSINE

Mais, même lorsque je ne que

deux cents francs par mois, je n'ai jam pu. ( )li ! ce n'esl pas qu< >is plu

tueuse qu'une autre : j'ai eu des amants, mais successivement.

An fait, si lu venais déjeuner avec nous demain?

ROSINE

Merci, ma chérie; mais ça vous générai! beaucoup et <;;> ne m'amuserait guère. Il n^y a rien de triste comme le spectacle de

gens qui s'aiment, lorsqu'on n'est pas amoureux soi-même.

LOUISE

C'est Lien vrai ! Tu n'aimés personne en

ce moment ?

ROSINE

Personne.

LOUISE

Comme je te plains! Mais aussi, c'est bien parce que tu ne veux pas.

ROSINE

Il ne s'agit pas que de vouloir.

LOUISE

On te fait beaucoup la cour pourtant. Je crois que notre auteur est très amoureux de toi.

ROSINE

Lorsay?

Oui, Lorsay... lu t'en es bien aperçue d'ailleurs.

LA BAS< I I l.

Il ne m'a jamais rien dil .

LOI ISE

Pcndanl les répétitions, il ne le quittait pas des yeux: il teregardail comme un pèlil garçon à qui on a promis des pomn de terre frites. Il est gentil, Lorsay.

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