ACTE PREMIER CLÉMENT
Hélas î non, ce n'est point la vanité qui me guide.
LÉVBILLÉ
Qu'est-ce donc?
CLÉMENT, tristement
Le besoin.
LÉVBILLÉ
Comment ?
CLEMENT
Tu oublies un des privilèges attachés au titre que j'ambitionne.
LÉVEILLB
Celui?
CLÉMENT
De frapper monnaie.
LÉVBILLÉ, avec mépris.
Peuh ! monnaie de Basoche, une monnaie en plomb 1
CLÉMENT
Ayant cours auprès des fournisseurs du Parlement, auprès (lu barbier, du papetier (Montrant l'enseigne de Guillotavecun soupir), du rôtisseur.
LÉVBILLÉ
En es-tu là ?
CLÉMENT, frappant sur son gousset.
J'en suis là...
LEVEILLE
OÙ donc passe tout l'argent que tu gagnes à recopier ies grimoires de ton procureur ? Le jeu ?
CLÉMENT
Fil
LÉVEILLÉ
Une maîtresse ?
CLÉMENT
Mon cher LéveillÔ (Après avoir regardé autour de lui avec précaution), je me suis marié...
LÉVEILLÉ, bas.
lA^... Avec la gente pastourelle dont parle ta chanson ?
CLÉMENT
^ui. Elle a nom Colette, et habite au bourg de Chevreuse ^vec sa mère.
LÉVEILLÉ
Tu t'es marié, toi?... un clerc de la Basoche?
CLÉMENT
Mon Dieu, oui...
LÉVEILLÉ
Mais, malheureux, ta as donc oublié que, pour faire partie de notie corporation, il faut être célibataire... célibataire., entends-tu?... sous peine de radiation...
CLÉMENT
Aucun danger. Colette ne quitte jamais Chevreuse, elle ne connaît ni ma profession, ni ma demeure, et je me privç mo-