François Ravaisson, Archives de la Rastille, XII, 29G
LE FOR l/ÉVÈQUE 299'
inexacte, et le registre des Archives de la Préfecture de police, qui note les incarcérations d'ordre du roi, donne l'identification précise ^
« Rameau fréquentait le monde des théâtres, écrit M. Monval, ou pour le moins celui de l'Opéra, et naturellement apportait dans ses relations avec les artistes toute la fougue de son esprit et de son caractère. » On ne sera donc pas surpris en lisant cette note des Registres des ordres du roy de 1747 à 1757, à la date du 7 novembre 1748 :
Le sieur Rameau, neveu du sieur Rameau de l'Académie royale de musique, d'un caractère peu sociable et difficile à dompter, a insulté sur le théâtre de l'Opéra les directeurs.
Cette date du 7 novembre est celle de l'ordre du roi qui ne fit que régulariser Técrou de Rameau le neveu. Celui-ci avait été conduit en prison dès le 5 novembre ; ainsi qu'en témoigne la note suivante de l'exempt Villemard au lieutenant de police :
A. Paris, ce 5 novembre 1748.
J'ai l'honneur de vous rendre compte. Monsieur, que, vers les quatre heures et demie, le neveu du sieur Ramaux étant sur le théâtre de l'Opéra, a fait plusieurs extravagances et insulté l'un des directeurs, qui, m'étant venu prier de le
1. Archives de la Préfeclure de police, registre des ordres du roi de i"<47 à 1757, à la date du 7 novembre 1748.
faire arrêter, je m'y suis transporté et l'ai fait conduire au For l'Évêque par une escouade du guet.
J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
ViLLEMARD *.
Apostille de la main du lieutenant de police Berryer :
M. de Ghaban, 6 novembre 1748.
Ce qui veut dire que le lieutenant de police renvoie l'affaire à l'examen de son secrétaire Ghaban.
Berryer approuva l'incarcération de Rameau par l'exempt et fit rédiger, par son secrétaire Rossignol, une lettre au ministre de la Maison du roi ayant le département de Paris — c'était à cette date Maurepas — pour obtenir l'ordre du roi en forme, ordonnant l'incarcération. Voici la minute de la lettre ; elle est de l'écriture de Rossignol :
M. LE c[OiITE] DE M[aUREPAs],
Le s. Ramaux.
C'est le neveu d'un acteur de l'Opéra qui, s'étant trouvé sur le théâtre, a fait plusieurs extravagances et insulté l'un des directeurs, ce qui a causé du désordre.
Je l'ay fait arrêter et conduire dans les prisons du Fort l'Évêque, par ordre du roy, le 5 novembre 1748.
M. le [comte] de M[aurepas] est supplié de faire expédierun ordre en forme, de la même date 2.