Sauvai, III
PLAN dit DE TURGOT (1734-I739
par Mathurin Gauquelin, oommis voyer de l'évêque^ On y voit que le For l'Évêque avait deux tourelles sur « riîostel de devant », c'est-à-dire sur la rue Saint-Germain-rAuxerrois, deux tourelles couvertes d'ardoises. Les fenêtres des chambres, où demeuraient les prisonniers, étaient fermées par des barreaux de bois : Gauquelin en fait ressortir le peu de solidité. Le bâtiment tout entier est dans un état lamentable. Les murs en sont « bouclés, cassés et rompus » ; les poutres, qui soutiennent les solives, toutes vermoulues, et les planchers menacent de s'effondrer « d'heure en autre ». L'un des pignons latéraux était fendu ; mais voici que la maison adjacente s'est écroulée et le pignon s'en est v( ouvert de beaucoup davantage ». L'état des cachots est tel que « pourroient aisément les prisonniers rompre et arracher les pierres pour sortir hors ». Le bâtiment est divisé à l'intérieur par deux cours, la petite et la grande. Elles sont l'une et Tautre transformées en bourbiers, « parce que les eaux qui tombent du ciel, dos corps d'hostels, gouttières et esgoûts, n'ont point de cours et ne se peuvent vuider, qui est cause d'endommager grandement les fondemens des murs, dont vient la cause en partie des périls éminens ». Un grenier, délabré comme le reste de l'immeuble,
'. Arch. na.t., Z, 2/3190.
règne sur l'ensemble du bâtiment. M* Gauquelin énumère l'un après l'autre les salles, les chambres et les cachots. Il parle d'une chambre « de la sonnette », qiH se trouve au-dessus de la « chambre de l'auditoire » ; ce dernier nom en indique Ja destination. « En la chambre de la sonnette, dit Gauquelin, il est besoing de renduire et recrevire les gros murs au pourtour et refaire le plancher, parce qu'il est tout pendant, cassé et corrompu et en péril évident ; en tombe ordinairement grande quantité de plâtras, parles entrevoues des planches, lesquels sont tombés en l'auditoire et en danger de blesser d'heure en heure les personnes qui y assistent ». Il y a une « chambre noire » et une « chambre des Italiens » joignant la Grand'Ghambre; une pièce appelée « la salle » tout court, puis la « chambre de la question » qui a une cheminée avec (( âtre, jambages et contrecœurs ». Le tout, d'ailleurs, selon M' Gauquelin, dans un pressant besoin d'être réédifié. 11 est ensuite question de la chambre du conseil et d'une petite « sallette » d^en bas qui a vue sur la cour. Ces pièces ont presque toutes des cheminées.
Le commis du voyer épiscopal passe aux cachots. Ils ont des noms pittoresques : le « cachot des femmes » s'appelle « les rats » ; puis il y a le (( cachot de la souri », le cachot « de la brune », celui « du lièvre », celui « des marmouzets », auprès
duquel est « le privé ». Ces cachots ont des planchers. « Item, avons trouvé au cachot du lièvre, qu'il est besoing et nécessaire de refaire les entrevoues du plancher et refaire plusieurs trous et réparations au pourtour du gros mur, ensemble remettre un corbeau de pierre de taille dessoubz la poultre pour la porter et la soutenir, parce que ladite poultre échappe de dedans le gros mur. «
Enfin, sous les chambres et les cachots, il y avait des caves.
Cet édifice fut presque entièrement reconstruit par les soins de Jean-François de Gondy, premier archevêque de Paris, ainsi qu'en témoignait encore au xv!!!*" siècle une inscription gravée sur la façade du quai de la Mégisserie et que Piganiol nous a conservée ^ :
FORUM EPISGOPI SECULARE
nimia aedium vetustatc collabens a fundamcntis exitavit