‹ La Bastille des comâediensChapitre 22 sur 122 · Arch. mil., Terrier du roi, Q, 1/1099/4, texte · texte numérisé non relu

Arch. mil., Terrier du roi, Q, 1/1099/4, texte

LE FOR l'ÉVÊQUE 47

d'y circuler, ni de la purger des miasmes putrides qui s'exhalent nécessairement d'un aussi grand nombre d'hommes réunis ^ »

Ce qui fit singulièrement défaut à l'architecte de P'rançois de Gondy. quand il rebâtit le For l'Evêque, ce lut la place. En étudiant le cadastre, dressé au commencement du xix^ siècle, où se distingue nettement le terrain précédemment occupé par la prison, on demeure étonné de son exiguïté 2. Si les dimensions données sont exactes, et elles ne peuvent avoir été faussées d'une manière notable, le For TEvêque s'élevait sur un rectangle irrégulier de 9 mètres de large en moyenne et 35 mètres de long 3.

Aussi l'auteur de la Fradine écrivait-il d'un ton indigné :

1. Publié par Dauban, les Prisons de Paris sous la Révolution^ p. 4.

2. Arch. nat., plan cadastral dressé vers 1800, quartiers de la Banque et du Louvre, îlot 22.

3. Ces dimensions d'une exiguïté extrême sont confirmées par le magistrat, qui écrit, en 1776, le Projet concernant l' établissement de nouvelles priso7is, publié par Dauban, dans les Prisons de Paris sous la Révolution (p. 3). « Le F'or TEvêque, écrit-il, peut avoir 40 à oO pieds de profondeur sur à peu près autant de largeur ; encore cette largeur n'est-elle pas égale dans toutes les parties, celle qui donne sur le quai n'a guère que 15 ou 20 pieds ». Le pied avait û',324. Le magistrat donne ces dimensions au jugé. Elles ne sont exactes qu'a l'extérieur, sur le quai, où l'appréciation était facile, 20 pieds correspondent aux 7 mètres du plan cadastral. En mètres carrés, l'estimation du magistrat est encore inférieure à celle du plan cadastral, celui-ci donnant à l'emplacement du For l'Evêque, '31o mètres carrés environ, et le magistrat environ S23.

Sîir les lugubres bords du Phlégéton bourbeux^ S'élève dans les airs un palais ténébreux-. Entre les fers croisés^ qui servent de barrière^ Le soleil glisse à peine un rayon de lumière Et craint de se salir dans vingt infâmes trous, D'où, pour y loger r homme, on chasse les hiboux'^'.

La Fradine ou les Ongles rognés, est un poème héroï-comique en trois chants — le siècle qui produisit le Lutrin aimait fort ce genre littéraire — oii un écrivain, qui ne se fait connaître que par ses initiales « D. L. P. », et qui fut détenu au For FEvêque, raconte les exactions du concierge Jean Fradet^. La rédaction s'en place postérieusement à 1673^, antérieurement à 1680. Le hourreau Guillaume, de qui il est question dans le poème, était mort avant cette dernière date.

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