‹ La Bastille des comâediensChapitre 33 sur 122 · Bibl. de V Arsenal, ms. 3307, f. 114 verso · texte numérisé non relu

Bibl. de V Arsenal, ms. 3307, f. 114 verso

2. Dans la suite, les exactions de Fradet reçurent cependant leur châtiment. Les concierges étaient civilement responsables des prisonniers pour dettes. Le 8 juillet 1687, un certain Armand Presle, dit Duhuisson, chargé de plus de 500.000 livres de dettes, s'évada en perçant l'un des murs de la prison. Fradet mourut peu après, et son fils, François Fradet, lui succéda dans son office. Il fut attaqué par les créanciers de Dubuisson. « Bien que M. le premier président, alors procureur général (du Harlay), n'eût jamais présumé son père coupable de l'évasion pour laquelle il a été néanmoins condamné, comme héritier, à la Tournelle, à rendre exigible des dettes qui montent à plus de 600.000 livres, et qu'au contraire il ait toujoTM-s conclu à le renvoyer quitte et absous de l'accusation. » [Bihl. nat., ms. 21712, f. 304. Cf. les factums pour François Fradet, Bibl. naL, recueil Thoisy 115, f. 65-70). — Il est probable que le souvenir laissé par les exactions de Jean Fradet contribua à la condamnation.

rédigé pour le Parlement au momenl de la retraite du concierge Legris :

Si le sieur Legris et sa femme, fille Naulin, se retirent du For TEvôque, il est essentiel de s'assurer de lui donner un successeur dont la probité soit parfaitement en état de répondre à la confiance publique. Il passe peut-être 6.000 francs d'aumônes par an par les mains de ce concierge. La plupart des personnes charitables apportent sans se faire connaître, s'en rapportant au concierge seul pour la distribution, sans même l'assujettir à en justifier. Un sujet, tant soit peu équivoque priverait de ce secours les prisonniers. La probité de MM. Naulin frères, qui se sont succédé, et de leur gendre (Legris) a été le soutien de cette bonne œuvre. L'expérience doit aussi être jointe, pour la sûreté du

lieu, à la probité On proposerait le sieur Jean-Hubert

Dinant, ancien sergent, âgé d'environ trente-six ans, marié, qui a rempli cette fonction à l'armée et qui, suivant les lettres ci-jointes, avec son congé absolu de sergent de son colonel et de M. le duc de Ghoiseul, a été fort regretté en quittant le service K

Jean-Hubert Dinant du Verger, de qui il est question dans ce mémoire, fut nommé concierge du For rÉveque le 1''' juin 1768, succédant à Legris. Il conserva ses fonctions jusqu'au jour de sa mort, survenue en décembre 1779. Le 23 décembre, on lui donna pour successeur Claude de Laure, qui demeura en place jusqu'à la suppression de la prison

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