‹ La Bastille des comâediensChapitre 39 sur 122 · Ibid., f · texte numérisé non relu

Ibid., f

On est étonné que, dans ces conditions, les révoltes n'aient pas été plus fréquentes au sein de la prison. Il s'en produisit une le 6 décembre 1751, qui semble avoir été réprimée énergiquement. Trois des « rébellionnaires», Ghefdeville, Gassavant et la femme Vistôt, furent tués dans la mêlée; trois autres, Claude Marie, soldat au régiment de Normandie, Guillaume Lemosnier et Elisabeth Valadon, furent blessés. Le Parlement instruisit le procès des survivants. Jean-Glaude Desnoyers, Guillaume Modave, soldat aux gardes, et Glaude Marie furent condamnés en trois années de galère, à être préalablement marqués au fer rouge des lettres GAL, et attachés au carcan durant deux heures, dans le préau du For l'Evêque, ayant un écriteau sur la poitrine et un autre sur le dos, avec ces mots : (( Prisonnier rébellionnaire », de manière à servir d'exemple aux autres détenus et à les intimider. Elisabeth Valadon fut condamnée en trois années d'internement à la Salpetrière^

Une autre tentative de rébellion du nommé Ghéret ne fut pas moins énergiquement réprimée. Il s'était armé d'un couteau et d'une fourche. Il fut tué dans la bagarre, mais procès n'en fut pas

1. Arj'ét de la Cour rendu en la Grand' Chambre au sujet de la rébellion arrivée au For VEvêque le 6 décembre 17.^1 (Extrait des registres du Parlement du 5 juillet 1752). [Bibl. de la Ville de Paris, 14532, in-4».)

moins fait à son cadavre par le lieutenant criminel au Gliàtclet.

« Pour réparation de quoi, dit la sentence, son cadavre tiré de la basse-geôle des prisons du Chàtelet et mis sur une claie, la face tournée contre terre, pour être traîné en la place de Grève et y être pendu par les pieds à une potence qui sera plantée en ladite place, son cadavre y demeurer vingt-quatre heures et ensuite jeté a la voirie'. »

Il n'y avait pas d'infirmerie au For TEvêque. Aucun chirurgien ny était spécialement attaché. Les soins étaient donnés aux malades par le chirurgien du Ghâtelet- ou par celui de la Prévôté de THôtels.

Les prisonniers étaient tenus d'assister à la messe tous les jours, et les dimanches et fêtes à tout le service divin, a Défense aux prisonniers de se tenir à la porte, sous les galeries ou sur le préau durant les services, prône, sermon, prières, à peine d'être enfermés dans un cachot noir; ils seront obligés de laisser fermer les portes de leurs chambres et cachots aux heures marquées, sous peine, contre ceux de la pension, d'être mis sur le préau, et contre ceux du préau d'être mis au cachot noir''. » S'il

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