‹ La Bastille des comâediensChapitre 64 sur 122 · Bibl. nal., ms. Joly de Flcury 1293, f · texte numérisé non relu

Bibl. nal., ms. Joly de Flcury 1293, f

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Saint-Louis écrivait, en signant I^egrand, à ]';inihassaJeur de Modène :

Monsieur,

Comme un Monsieur de vos amis m'a fait un récit de vous comme d'un aimable homme, à qui je puis me conlier pour lui présenter une jeune demoiselle qui sort du couvent, des plus aimables de Paris, âgée de quinze ans : l'on ne vous demande que la discrétion par rapport à ses parents. Je ne signe pas de mon nom, crainte que ma lettre ne tombe en d'autres mains que la votre. Vous aurez la bonté de me marquer où vous souhaitez que l'on fasse trouver la petite demoiselle K

A ces offres, Saint-Louis recevait des réponses dans le genre de la suivante qui émane d'un « riciie anglais », type classique :

Monsieur,

Je vous suis sensiblement obligé de l'offre que vous me faites. Je ne suis guère en intention de voir de jeunes demoiselles. Toutefois, si la jeune personne, dont vous me faites une description si avantageuse, voudra venir vendredi prochain, environ sur les cinq heures de l'après dînée, je la verrai avec plaisir, et je suis, etc. {sic).

D'autre part, Saint-Louis écrivait, en se servant

1. Bibl. de l'Arsenal, Arch. de la Bastille, ms. M2G9, f. 94-95,

d'un pseudonyme de valet de chambre, aux demoiselles :

Mademoiselle,

Je suis très mortifié de vous être si importun par mes lettres; mais, si vous vouliez cependant me faire l'honneur de me parler, j'espère que vous n'en seriez pas fâchée; car je puis vous assurer que vous m'en voudrez du bien, et que je ne désire rien tant que de vous faire plaisir. Faites-moi seulement avoir l'honneur de vous dire deux mots en particulier, vous serez persuadée que je suis avec fidélité et tout le respect possible, Mademoiselle, votre très humble et

très obéissant serviteur.

La Forest.

En post-scriptum : C'est de la part de mon maître que jo vous demande cette grâce ^

Aux mères, Saint-Louis e'crivait comme suit:

Madame,

Je me vois encore obligé de vous importuner par une lettre. C'est que j'en ai été chargé par ce Monsieur dont j'ai eu l'honneur de vous parler. C'est M. de Bontemps, fils aîné, qui est si touché du mérite de Mademoiselle votre fille. Vous n'ignorez pas qu'un seigneur de cette sorte ne soit en pouvoir de rendre service. C'est lui-même qui m'a dit que je pouvais vous le nommer. Mademoiselle votre fille ne sera pas dérangée de sa place pour cela, puisqu'elle pourra être toujours près de vous. Son honneur, ni sa ré-

1. Bibl. de l'Arsenal, Arch. de la Bastille, ms. 11269, f. 96.

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pilla tion ne seront pas au hasard puisqu'il en aura luimême soin. Ayez la bonté de mo faire une réponse.

Je suis avec respect, Madame, votre très humble et très obéissant serviteur :

La Planche.

Adresse : M™*' Berrichon, marchande, au coin de la rue de Grenelle, près la barrière des Sergens.

Qu'un pareil individu ait été mis au For TEvcque nul n'en sera étonné ; mais se gardera-t-on de toute surprise — aujourd'hui du moins — en lisant la note du commissaire Doucet au lieutenant de police, demandant, que Saint-Louis soit transféré à Bicêtre « attendu qu'il continue son infâme métier dans la prison meme^ ». Et ce métier au profit de qui le continuait-il dans la prison? — au profit des prisonniers. Or le concierge, malgré son bon vouloir, était impuissant à y mettre obstacle. Le lieutenant de police écrit donc au ministre de Paris, le comte de Maurepas, pour le prier de signer un ordre en vertu duquel on transférera à Bicêtre Saint-Louis, dit Legrand, ainsi qu'un nommé Maurice Allain, son associé dans ce fructueux commerce - — que le régime du For l'Evêque ne permettait pas de contrarier.

1. Bibl. de l'Arsenal, Arch. de la Bastille, ms. 11269, f. 83.

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