‹ La Bastille des comâediensChapitre 95 sur 122 · BibL de VAnenal, Arch. de la Bastillr ms. 12240, f · texte numérisé non relu

BibL de VAnenal, Arch. de la Bastillr ms. 12240, f

LE FOR l'ÉVÈQUE 241

la fameuse a (Ta ire du Siètje de Calais, dont il a été question. De Belloy et Du Rozoy se disputaient le sujet de la pièce, doiit la grande et sensationnelle nouveauté était dans le fait que, pour la première fois, on voyait sur la scène des personnages historiques français. On lit à ce sujet dans les Mémoires secrets, à la date du 6 février 1765 :

« M. Du Rozoy vient de faire imprimer une tragédie ayant pour titre les Decius français ou le Siège de Calais.U rendcompte, dans une préface assez longue, des raisons qui l'ont déterminé à devancer M. de Belloy. Il affirme que sa pièce, présentée aux Comédiens dans le temps que celle-ci était encore au berceau, resta longtemps entre leurs mains et, qu'après avoir été rendue, sans qu'on lui donnât aucune raison du retard ou du refus, il apprit qu'die avait été dans les mains d'un ami du comédien à qui il l'avait confiée, lequel ami était fort lié avec M. de Belloy. Il insinue qu'il se pourrait trouver une ressemblance entre les deux et qu'il veut éviter d'être accusé de plagiat. » La critique ajoute : « Du reste, la pièce est mal écrite et le canevas ne présente aucun trait de génie. » De Belloy avait des protecteuïs puissants; il prit mal l'accusation de plagiat et Du Rozoy fut conduit en prison.

le

2i2 LA BASTILLE DES COMÉDIENS

Voici enfin la aélention de Beaumarchais, dans la Bastille des Comédiens, du 24 février au 8 mai 1773: suite de sa violente querelle avec le duc de Ghaulnes Celui-ci s'était irrité de ce que le fils d'un horloger s'était permis de conquérir sur ses terres les bonnes grâces de la jolie M"' Ménard de la Comédie-Italienne. Des injures, les deux rivaux en étaient venus aux coups. Les épées étaient sorties du fourreau. Le duc s'en fat au donjon de Vincennes et Fhomme de lettres rue Saint-Germain-FAuxerrois. Charles de Loménie a publié dans Beaumarchais et son temps de nombreux documents relatifs à cette détention qui ne paraît pas avoir été cruelle. Le ministre La Vrillière avait autorisé le prisonnier à sortir chaque jour, pourvu qu'il fut accompagné d'un oflicier de police et qu'il rentrât pour prendre ses repas et pour coucher. C'est dans ces conditions que Beaumarchais fit ses fameuses visites à M""' Goëzman.

Le 22 mars 1785, Beaumarchais fut écroué une seconde fois, mais à Saint-Lazare. Il avait comparé Suard à une punaise et le comte de Provence avait pris celle image pour lui. M. Maurice Tourneux*

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