VOUS VOYEZ LES DEBRIS TRANSFORMES EN HOCHETS
„ temps il convoque, dans sa maison de la rue des Fossés-
PulSSENT-ILS , EN SERVANT AUX JEUX DE VOTRE ENFANCE , r 1 '
Du peuple vous prouver l'amour et la puissance ! Sainl-Bernard , pour la même cérémonie, «le club des
Jacobins, les patriotes-piques du faubourg Saint-Antoine,
Par une heureuse coïncidence, la réintégration en a les volontaires de Varennes, les citoyens et citoyennes
eu lieu cent ans, jour pour jour, après la destruction de qui se sont distingués à la prise de la Bastille, les com-
ce précieux souvenir. (Cf. V Intermédiaire du 10 août pagnons d'armes du chevalier d'Assas, la société frater-
1792, col. 20-27 ^es Nouvelles.») ntlle des Minimes, les Amis de la Constitution en-
W Le dossier io,/i/ii de la Bibliothèque delà Ville de uemis du despotisme»?. (Bibl. nat. ras. nouv. acq. franc.
Paris contient,. en très grand nombre, les lettres d'envoi 3i2,fol. 391.)
ou de remerciements écrites à propos de ces dons. . M Voir ci-après, pages 226-228.
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Héhoô Dujardm
Imp, Chardon Wittman
PLAN DRESSE PAR PALLOY ET OFFERT PAR LUI À L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE POUR LES ARCHIVES DE LA NATION
(A nchives Nationales j
du 16 juin 1795, avait voté L'article suivant : « L'Assemblée Nationale, voulant donner à Palloy un témoignage de la reconnaissance publique, lui accorde une portion de terrain qui formait l'emplacement de la Bastille ; cette portion sera déterminée par un décret particulier, sur le rapport des Comités réunis des domaines et d'instruction publique, d
Il est vrai que cette donation ne fut jamais effectuée; bien longtemps après, en 1819, Palloy présentait à la Chambre des députés une pétition «pour obtenir l'effet de la concession à lui faite à titre de récompense nationale, par la loi du 27 (sic, pour 16) juin 1792, d'un terrain à prendre dans l'ancien emplacement de la Bastille « , et il la reproduisait de nouveau, au mois d'août i83o, sans réussir davantage'1'.
Palloy était encore dans la période des jours heureux, lorsque, le 20 vendémiaire an m, il écrivait r aux maires des communes d'Emile, ci-devant Montmorenci, Ermenonville et Groslay», à propos de la translation des cendres de Rousseau, cette lettre autographe, aussi burlesque pour le fond que pour la forme :
Quel beau jour pour les habitants de la commune que celui où la Convention nationale a accordé les honneurs du Panthéon et décerner une statue à J.-J. Rousseau
Il n'est pas de fête nationale où mon cœur ne nage de plaisir; mon enjouement pour les fêtes populaires sera toujours le même ; ma générosité n'aura pas de borne ; toutes les économies que je fais dans le cours de l'année sur mes vettemens et ma nourriture me facilitent les moyens de faire des hommages à chaque époque des fêtes nationales pour perpétuer à l'infini les heureux évènemens de l'insurrection française. Aimer mon pays, propager ses principes, voilà ma tâche.
Soit mon organe auprès de tes concitoyens. Previent-les que je leur offre la déclaration des droits de l'homme incrusté sur l'une des pierres de la Bastille, premier palladium de la liberté. Elle ait chez moi. Je fait le même offre aux communes qui ont accompagné les restes du souvenir du Père de la Nature et de la Vérité.
Je t'attend demain matin pour te la remettre. Beçoit pareillement de moi un plan de la Bastille qui a tombé le 1 k juillet, jour de l'aurore de la liberté des Français, et une médaille de fert qui servoit de chaîne à nos frères, qui, purifié par le feu, devient un signe d'aliance et de liberté
Tu voudras bien me foire réponse aujourd'hui (2).
Les mauvais jours étaient proches : peu avant le 9 thermidor, Palloy fut incarcéré à la Force , sous l'accusation d'avoir dilapidé les biens de la nation, mais en réalité parce que sa popularité gênait Robespierre; il n'y resta pas longtemps, au reste, et son premier soin, lorsqu'il fut délivré, fut de solliciter rrla concession d'une barre de fer de son cachot pour la formation de médailles qui transmettront à la postéritéle souvenirde la glorieuse révolution du 9 thermidor (3N.
Tant de préoccupations l'empêchaient de s'acquitter de ses devoirs civiques : le 16 mars de l'an iv, le procureur de la commune de Paris lui rappela qu'il devait payer patente, qu'il s'y était soustrait jusque-là et qu'on le poursuivrait s'il ne s'y résignait; «mais, comme il seroit d'un très mauvais exemple qu'un patriote tel que vous parût se refuser au payement des contributions publiques, et qu'il seroit très affligeant pour moi de diriger des poursuittes contre celui qui a démoli la Bastille, j'ai cru devoir vous prévenir en bon frère (*) »
Ce prestige d'avoir démoli la Bastille, Palloy ne put le mettre à profit quand la Révolution fut terminée. Retiré à Sceaux, il ne cessa désormais d'implorer les gouvernements qui
(1) Cette pétition , qui forme une plaquette de 9 1 pages in-8°, est précédée d'une note, datée du -20 août i83o, faisant connaître que, rédigée en 1819 par M. Macarel , avocat à la Cour royale de Paris et gendre de M. Champion-Villeneuve, auquel Palloya sauvé la vie pendant la Révolution de 1789, elle n'a jamais pu devenir l'objet
d'un rapport à ta Chambre, quoiqu'elle ait été présentée à plusieurs reprises. Palloy ose espérer qu'elle recevra enfin son effet.
(2) Bibl. nat. ms. nouv. acq. franç. 3ia, fol. 2.^9.
<3> Bibl. de la Ville de Paris, dossier io,44i.
« Ibid.
se succédèrent, et la misère réelle dans laquelle il était tombé n'est pas une excuse suffisante aux platitudes dont il fit preuve jusqu'à sa mort. A Barras il écrivait que trtous les 21 janvier, il a contracté l'habitude de manger une tête de cochon farci», en souvenir de l'exécution de Louis XVI. Pour Napoléon Ier, il composa un médaillon symbolique en l'honneur de cr l'Incomparable Napoléon Ier, empereur des Français et roi d'Italie», puis de nombreuses lettres ou pièces de vers à l'occasion de la naissance du roi de Borne'1'. En 1823, il envoyait «ses hommages r au duc de Bordeaux, alors âgé de trois ans, et le 25 août de la même année, il écrivait en vers un «bouquet pour la fête du roi de France».
Le icr janvier 1 833 , en tête d'une épître à Louis-Philippe, il inscrivait cette dédicace :
Bon roi , bon père , au Trône
Longlems Philippe restera ,
Car aux Français il doit sa couronne
Et sur le peuple il s'appuiera.
Toujours accessible, il préfère
A tout la popularité.
Aussi , pour nous commence une ère
Et de gloire el de prospérité !
11 mourut à Sceaux, le 19 janvier 1 83 5 , ayant mérité seulement à cette date la qualité d'octogénaire qu'il revendiquait, deux ans auparavant, dans la pièce dont nous venons de parler, et qui fut la dernière de ses innombrables suppliques au pouvoir.