‹ La Bastille. Histoire et description des bâtiments.--Administration.--Régime de la prison.--Événements historiquesChapitre 37 sur 78 · EXERCICE I79O · texte numérisé non relu

EXERCICE I79O

Dépenses, du 1" mai au 3i décembre 1790, suivant compte rendu par M. Dufresne, lesquelles sont retirées et déduites de l'état des dépenses diverses à ladite époque 36,o56

Idem, du i"janvier 1791 au 3o juin dit, suivant compte par le même io4,5i6

Total 188,572

Certiffié par nous Commissaires de la Trésorerie nationale. A Paris, le 17 septembre 1791. — (Signatures.)

Peu après, le corps des vainqueurs fut dissous et réparti, suivant l'âge des hommes, dans les troupes de ligne et de gendarmerie ou de police. M. Fournel l'a consciencieusement suivi dans ses nouvelles destinées '6'.

Quarante années s'écoulent sans qu'on retrouve mention de ceux qui s'étaient signalés à la prise de la Bastille. Aussitôt après la Bévolution de i83o, et lorsqu'il était déjà question d'élever sur l'emplacement de la Bastille, un monument aux victimes des journées de Juillet, les anciens

M Répertoire, etc., de M. Tuetey, t. I, n° 370. (2) Ibid., n° 37i.

<3> Procès-Verbal de l'Assemblée Nationale, 7e livraison, t. XXIII, p. 7-8.

w Répertoire, etc. Voir notamment les numéros 376, 377' 379, 389, 397, 399, A07. Il faut dire que l'on

LA UVST1LLE.

avait commandé 870 baudriers et banderoles, mais ces objets étant de moindre valeur et, pouvant plus aisément s'égarer, on avait dû en prendre quelques-uns en excédent, par précaution.

<5) Arch. nat. D. VI, 17, n° 17726.

{6) Les Hommes du là juillet, ouv. cité, p. 307 et ss.

llIPI\IH£IUt ISAriONALE.

vainqueurs se liguèrent de nouveau pour obtenir du roi, non plus des honneurs, mais une pension. Ils eurent assez de crédit pour y réussir.

L'ordonnance royale du 8 mai i832 accorda «un secoursannuel decinq cents francs, à partir du icr janvier i832, à tous les citoyens qui justifieront de leur coopération active à la prise de la Bastilles. Elle prescrivit en même temps la nomination d'une commission chargée d'examiner les titres des postulants. 604 demandes furent présentées, mais hoi seulement accueillies. En conséquence, le Moniteur du 3 novembre i832 publiait la liste des quatre cent un citoyens qui jouiraient à l'avenir de la pension annuelle de cinq cents francs. Si l'on était curieux de comparer ces noms avec ceux que nous venons de publier, on aurait la surprise d'en trouver beaucoup de nouveaux, quelque invraisemblable que soit le fait, et de n'y pas rencontrer ceux que la prise de la Bastille avait surtout illustrés, bien qu'encore vivants : Arné, Cholat, Bonnemère, Hullin, Elie, Maillard, Thuriot, Santerre, etc. En revanche Pierre-François Palloy y figure, lui qui n'avait pu se faire inscrire sur la liste de 1790. C'est une preuve de plus que, pour bien des cas, on avait cédé à d'incessantes suppliques ou voulu récompenser d'autres services. Les rivalités entre gardes françaises et civils qui avaient éclaté lors de la confection de la première liste se retrouvèrent vivaces encore pour l'obtention de la pension promise; il existe une pétition autographiée des « Gardes-Françaises vainqueurs de la Bastille» , non datée, mais qui ne peut être antérieure à i832, où ces anciens militaires réclament les mêmes faveurs que les «bourgeois vainqueurs de la Bastille ^ « ; il ne parait pas qu'il y ait été donné suite, mais l'ordonnance de i832 avait donné lieu à de telles protestations qu'elle subit, l'année suivante, une modification considérable; par la loi du 23 avril 1 833 , le chiffre de la pension était réduit à 260 francs, et le nombre des vainqueurs définivement fixé à 93.

Page 1