‹ La Bastille. Histoire et description des bâtiments.--Administration.--Régime de la prison.--Événements historiquesChapitre 53 sur 78 · Item, ung chesnet sans crosse · texte numérisé non relu

Item, ung chesnet sans crosse

162. Item, ou retrait de ladicte chambre, avoit deux huys, en chascun desquelz avoit une serrure sans ciefC2'.

163. Item, ou premier huys de la deuxiesme chambre de ladicte vis et tour, avoit une serrure plate et ung verrou! fermant à clef, avec la clef.

16/1. Item, ou second buys de ladicte chambre, avoit deux serrures plates el deux verroulx avec deux clefz.

1 65. Item, en ladicte chambre, avoit une couche de boys à mi piez, enfoncie'e, de vi piez de long ou environ.

166. Item, une petite couche de boys qui se boute dessoubz le lit '3).

1G7. Item, ung banc à perche à quatre pommeaux, de six piez de long ou environ (4>.

168. Item, une petite table de chesne, de cinq piez de long ou environ, avecques deux'tresteaux et une scabelle (5>.

169. Item, ung coffre de noyer, de trois piez de long ou environ, ouquel avoit une serrure et une clef '6).

170. Item, ung buffet enfoncié à deux guische's, esquelz n'a point de serrures '7).

171. Item, en la 111e chambre de ladicte vis et tour, fu trouvé ung huys, ung verroul et une serrure à bosse sans clef, non attachée audit huys, et dedens ladicte chambre ne fu aucune chose trouvée (8).

172. Item, en une alée au dessus de ladicte chambre, laquelle est en façon de garde-robe, lu trouvé ung huys auquel avoit une serrure à bosse, sans clef.

173. Item, en l'huys de la 1111e chambre de ladicte vis et tour, n'avoit aucune serrure, et aussi n'avoit aucune chose dedens.

(1> ung buys ouquel avoit deux serrures

plates, l'une desquelles fermoit à ung verroul et clef, et en l'autre n'avoit point de clef.

Item, ou second huys d'icelle chambre furent trouvées deux serrures plates , fermans à deux verroulx et à clef.

Item, dedeus ladicte chambre, fu trouvé ung banc sans perche de six piez de long ou environ.

Item, ung dressouer, à quatre piez et à fons.

Item, une couche de chesne, d'environ six piez de long.

(2) Une serrure plate . . .

3) Manque.

w Manque.

(5) Manque.

(6) Manque.

(7) Manque.

t8) Item, en la 111e chambre de ladicte vis et tour, fu trouvé ung huys ouquel avoit ung verroul et une serrure à bosse, sans clef, lesquelz estoient attachés à clos audit huys.

Item, dedens ladicte chambre, fu trouvé une couche de chesne , d'environ six piez de long.

Item, ung gros tresteau à trois piez.

17 h. Item, en la cinquiesme chambre de ladicte vis et tour, fu trouve' ung huys ouquel avoit une serrure sans clef, et n'avoit autre chose dedens ladicte chambre.

175. Item, Ès terrasses dudict chastel, ung vuglaise enchacillie' en boys, gectant pierre de vi livres pesans ou environ, et à deux chambres M.

176. Ilem, un petit vuglaise d'une pièce, à toute sa chambre, gettant vers la porte Saint- Anthoine des Champs, gettant pierre de mi livres pesans ou environ, enchacillie en boys.

177. Item, ung pareil vuglaise, vers le chemin et chausée de l'église Saint-Anthoine des Champs gettant.

178. Item, ung autre pareil vuglaise, vers la tour de Billy gettant.

179. Item, ung autre pareil vuglaise, gettant vers l'Ostel-Neuf.

180. Item, en la court dudict chastel, fu trouve' ung vuglaise à deux chambres de cuivre ('2).

■181. Item, souz l'auvent de taille estant ou millieu de ladicte court dudict chastel, fu trouvé ung vuglaise à deux chambres, de cuivre enfuste' en boys, gettant xx livres de pierre pesant, ou environ ^.

182. Item, ung autre vuglaise, garny d'une chambre et d'un coing de fer, enfuste' en boys, de vr pouces de pierre ou environ, gettant'4'.

1 83. Item, ung autre vuglaise, enfuste en boys sans chambre, de cinq pouces de pierre ou environ , gettant ^\

186. Item, une boite de fer enchasiliée en boys, gettant sept plommées à une fois'6'.

1 85. Item, ung coffre de noyer ferré, à vi paires de charnières et de liens tout autour, et quatre cornez et quatre liens aux deux bouts, et à longueur cinq piez ou environ, et estoit fermé à deux serrures plates et à deux clefz de diverses sortes et façons (7).

186. Item, sur la porte de ladicte court faisant front en la rue Saint-Anthoine, fu trouvé ung vuglaise cnchasillié en boys, sans chambre, gettant piei*re d'environ cinq pouces.

La basse-court dudict chastel de la Bastide Saint-Anthoine :

187. Premièrement, soubz la porte de ladicte basse-court en alant aux champs, fu trouvé ung vuglaise enchassillé en boys à toute sa chambre , gettant pierre de cinq pouces de tour ou environ <8'.

11 Item, ès terrasses dudit chastel, furent trouvez trois wulglaires enfustez en boys de neuf.

Item, furent trouvées neuf chambres de wulglaires.

(2) Manque.

(3) souz un auvent couvert de treille, estant eniny ladicte court. . .

w Manque.

(5) Manque.

(6) Manque.

(7) Item dessoubz ycellui auvent, fu trouvé ung coffre, de cinq à six piez de long, ouquel n'avoit point de couvercle, et est- enlretaillié ycellui coffre.

Item, dedens ycellui coffre, tu trouvé environ

trois cens et demi de pierres de canons et de vulglaires de plusieurs sortes et grosseurs.

Item, une table de chesne faicte de deux ays, barrée, et a de ix à dix piez de long ou environ, et souloit estre en la sale basse.

Item, joingnant d'icellui auvent, fu trouvé ung banc sans perche, de deux piez de long ou environ.

Les autres articles manquent.

(8) Premièrement :

En ladicte basse-court sur les allées d'icellui , fu trouvé une boete de fer en façon de canon enchassillée en boys, gettant sept plommées à une fois.

Item, ont estez trouvé quatre vulglaires et cinq chambres de vulglaires.

Item , en une chambre estant sur la porte de la-

188. Item, dessus ladicte porte, fu trouvé un autre pareil vuglaise sans chambre, et gette pareille pierre que le prochain précèdent.

Lamy. De Conflans.

Item, le douziesme jour dudit moys d'octobre oudil an mil cccc vint huit, par l'ordonnance et commandement de très-hault et puissant prince monseigneur Jehan, regent le royaume de France, duc de Bedford, relaté à messeigneurs les gens des comptes du Roy nostre sire par honorable homme et sage sire Regnault Doi'iac,l'un des conseillers et maistre desdiz comptes, les dessus nommez maistre Guillaume Lami et Girard de Conflans se transportèrent au chastel de la bastide de Saint-Anthoine à Paris, pour illec reddiger par escript les noms et surnoms des prisonniers estans ledit jour oudit chastel, desqueulx prisonniers lesdiz noms et surnoms et les lieux où ils estoient s'ensuivent :

Premièrement, la 11e vis et tour dudit chastel, à la main senestre à commencier du costé estant par devers les Celestins : en la seconde chambre et estage de ladicte vis et tour furent trouvez :

Frère Jehan Cartier, de l'ordre des frères Prescheurs du couvent de la Rochelle. Frère Robert Le Maistre, de l'ordre des frères Prescheurs du couvent de Rouen. Thomas Bionnet, de l'aage de xvm ans ou environ, natif du royaume d'Angleterre.

La 111e vis et tour, à la main senestre à commencier par devant les Celestins : En la cave ou cellier de ladicte vis et tour furent trouvez :

Jacquin Chamin, jeune enfant natif de Saint-Marcel lez Paris, de l'aage de xm ans ou environ.

Nicolas Damport, natif du pais d'Angleterre, de l'aage de xvn ans ou environ. Jehan Mormant, natif dudit pays et royaume d'Angleterre. Guillot Trotin, ) .

Mahiet de La Rue, j V1&ner0ni5'

Messire Estienne Du Pont, preslre, curé du Val-Reffroy, ou diocèse [de] Meaulx, natif de Chastillon de Dombes ou pais de Bresse, ou bailliage de Mascon. Richard Norton, natif du royaume d'Angleterre.

La 1111e vis et tour à la main destre, à commander du costé de la tour de Billy. En la première chambre de ladicte vis et tour, contremont, furent trouvez :

Messires Symon David, ] Yvonet de Helenvilliers et [ chevaliers, Gilles des Ourmes, )

Prison de Cotignv \ ) tous nostages et admenez d'Yonville en Beausse.

t k d Bretons Jehan Petit,

et Jehan Le Boursier,

escuiers.

dicte basse-court, fu trouvé ung banc sans perche, Item , unes vieilles almoires de boys à deux es-

de neuf piez de long ou environ. tages.

Item, ung dressouer, de sept piez de hault ou en- De Conflans.

viron , et de quatre à cinq piez de large, auquel (Arcb. nat., P n89, ori,. s„r papier, cahier de

n avoit point de guichet. l5 feuillets-)

Item , en la seconde chambre de ladicte vis et tour : Messire Arnault-Guillem de Barbazan, chevalier.

Lamy. De Conflans..

(Arch. nat., P 1189; orig. sur papier; cahier de 2(1 feuillets, coté i5 dans le registre.)

Inventaire de la Bastille, dressé le 5 mars iâ35. (1 636 , n. s.)

Inventoire fait Tan mii quatre cens trente et cinq, le lundi cinquiesme jour de mars, par sire Begnault Doriac, conseiller et maistre des comptes du Boy nostre sire, et Adam Deschamps, clerc desdiz comptes, des artilleries, habillemens de guerre et autres biens utencilles estans ou chastel et bastide Saint Anthoine à Paris et en la basse court d'icellui, appartenant au Boy nostre Sire, par l'ordonnance et commandement de messeigneurs des comptes du Boy nostredit seigneur à Paris. Iceulx biens montrez par Bicbard Couyngeston, lieutenant et serviteur de monseigneur de Talbot, chevalier, nagaires cappitaine de ladicte bastide, lesquels artillerie, biens meubles et habillemens ont este' par nous inventoriez en la manière qui s'ensuit, pour iceulx bailler à noble et puissant seigneur monseigneur Bobert, seigneur de Wylluby, conte de Vendosme, à présent ordonné cappitaine dudit lieu de la Bastide :

Et premièrement s'ensuit la déclaration des artillerie et biens appartenans au Boy nostre sire, qui baillez avoient este' audit monseigneur de Talbot par messire Guillaume Bonegton, chevalier, auparavant capitaine de ladicte Bastide, c'est assavoir :

Trois canons fournis de chambres, c'est assavoir chacun de deux chambres, qui estoient là pour asseoir en hault, dedens le donjon.

Item, deux canons de cuivre espringal.

Item, six piez de chièvre, que grans que petiz.

Item, mi couleuvres ou canons de fer.

Item, deux arbalestes d'acier.

Item, vin arbalestes d'if, entières, dont il y en a m grosses, dictes haussepiez.

Item, xii arbalestes rompues.

Item, dix ars d'arbalestes, sans arbrier, rompues.

Item , ung petit canon en boys.

Item, dix arbriers sans ars, que grans que petiz, dont il y en a ung rompu comme de nulle valeur.

Item, cinq engins de bois à tendre arbalestes, dont les trois sont entiers et les autres non. Item, cinq wuidas de fer, que grans que petiz, à tendre arbalestes. Item , deux pièces de bois d'un engin à coullart. Item, deux cros de fer pour une eschelle de corde. Item, ix pavaiz, que grans que petiz, telz quelz.

PIÈGES JUSTIFICATIVES. 253 Item, xLim coffres de trait à arbalestes, que grans que petiz, tant à empenner'1' et ferrez et à ferrer.

Item, ung nombre d'espaingalles sans coffres. Item, une quantité de cordes à coullart pour ung ou deux. Item, m engins de cuir à chargier les pies du coullart. Item, deux douzaines de fondes sans baston.

Item, m livres de fil d'Anvers, avecques ung nombre de cbausse trappes. Item, ni vielles selles de jouste, avecques ung vieil heaulme. Item, une grant aumoirc à mettre barnois, à six cloaus. Item, ung baril et demi de pouldre à canon, ou environ.

Item, ung gros canon en fuste, en boys, appelle' le canon de la Bastide, à deux chambres de cuivre.

Item , ung autre grant canon ou bombarde de fer, de vi pie's de long ou environ, à m chambres de fer.

Item , deux falloz à esclairier sur les murs.

Item, ung canon à sept trouz, sans chambre, estant en la basse court, d'un espans de long ou environ.

Item, cinq canons, que grans que petiz, dont il y en a trois chacun à deux chambres, seans en la basse-court.

Item, mi tables, que grandes que petites, avecques mi Ireteaux.

Item, xv bans à perche, tnnt d'uns que d'autres.

Item, xvi, tant aumoires que dressouers.

Item, xn, que couches que chalis.

Item, une grande aumoire estant en la tour rompue, qui souloit estre en la garde-robe. Item, ung moulin à bras, entier.

Item, en la cuisine, ung grand mortier, avec le pestail, et deux dressouers à despecier chair.

Item, au four, une huche à pestrir, sans couvescle.

Item, deux chaières à doz, avecques ung benoistier à eau benoiste.

Item, ung dressouer estant ou lardier, à despecier chair.

Item, ung long chable.

Item, ung grand coffre, bendé de fer.

Item, deux chaiennes de fer.

Item, une paelle de fer à charbon.

Item, ung chariot à charbon.

Item, une huche pleine de pierre à canon.

Item, m grosses pierres à bombarde.

(1) Sic, pour : tant empennez que à empenner.

Item, s'ensuit la déclaration d'autre artillerie estant en ladicte Bastide, appartenant au Boy nostre sire, qui baillée avoit esté audict monseigneur de Talbot, par Guillaume de Troyes, garde des artilleries du Boy nostre sire :

Premièrement, six couleuvres, dont l'une est rompue.

Item, vu quarterons de pierre à vuglères.

Item, vu quarterons de tampons pour lesdictes vuglères.

Item, xii pavaisines.

Item, xx livres de fil d'Anvers.

Item, une forge fournie de deux soufflez, une enclume, une croisie, une bigorne, ung marteau à main, deux marteaux cotterez, mi paires de tenailles et généralement tout ce qui y appartient, excepté la trière.

Item, iic l tourteaux à falloz.

Item, vi tréteaux à couleuvres.

Item, deux lances rompues.

Item, vint et cinq maillez de plonc.

Item , xv hoeaux.

Item, dix esquipars.

Item, vi marteaux à maçons.

Item, vi coignies.

Item, xii hotlereaux.

Doiuac. Deschamps.

(Arch. nal., P. 1189; orig. sur papier.)

Inventaire de l'artillerie du Roy et la déclaration des lieux où elle est de présent , faict en aoust mil cccc u ni.

A la Bastille Saint Anthoine :

Deux canons de fer nommez les connilz, garniz de leurs chambres et de pierres.

Huit couleuvrines, les 1111 pesans chacune 11e, et les autres quatre chacune lx livres; leurs chevaletz.

Item, trois milliers de grosse pouldre à canon. Item, ung millier de pouldre à couleuvrine. Item, une douzaine de pavais et pavaisines.

Ilem, xn arbalesles d'acier, garnies de signolles, qui furent prinses en l'ostel feu Jehan Àubry et ne furent point paiées.

PIÈCES JUSTIFICATIVES. 255 Item, xn autres arbalestes grosses , d'if de Romcmente (??), qui furent gaignées à Rouen. Item, deux milliers de demi-dondaines et traict commun. Item, environ 11e livres de plomb à fère plombles (?).

Item, y a, de ce qui y fut laissé par les Anglois, ung gros vuglaire de fer, fuste en boys, aiant deux chambres de fonte.

Item, ung autre vuglaire de fer, moindre et plus court, et sa chambre de mesme en fuste en boys.

Item, encore ung autre vuglaire de fer, moindre mais plus long, aussi en fuste en boys. Et v autres petits vuglaires de fer.

Au boys de Vinciennes

(Bibl. nat. , mss. fonds français, 20,4<j2, original, fol. îC, r° et v\)

Documents relatifs au « renforcement n de la Bastille. (i556-i5Go.)

Du xme jour de may mil vc lvi :

Au jour d'uy, après avoir oy la complaincte et remonstrances faictes au bureau de la ville de Paris par le cappitaine de la Bastille, et en considération de ce que le duc d'Ascol a rompu les prisons du boys de Vinciennes, dimenche dernier, et s'en est fuy comme ung villain, a este' ordonne' que lettres seroient faictes et porte'es par la poste à Monseigneur l'admirai, donl la teneur ensuit :

Monseigneur, depuis vostre partement, nous avions faict la meilleure dilligence qui nous a esté possible de procéder à la taxe des maisons pour la fortiffication en ceste année, et sont les astelliers pour les ouvrages si bien encommencez que nous espérons que le Roy et vous en auriez contentement. Au surplus, Monseigneur, ce jour d'uy, le lieutenant de monseigneur le connestable en la Bastille nous a priez, pour la seureté de ses prisonniers, faire faire, au lieu où estoit la courtine du pourtour de la Bastille, qui a esté desmolye par vostre ordonnance, ung pan de mur depuis le coillon de la pointe de ladicte Bastille, traversant le fossé, jusques à l'endroict où doibt finir la courtine de ce coslé, tant pour retenir l'eaue dedans le fossé dudict lieu que pour la garde et seureté des prisonniers, ce qui nous semble raisonnable. Toutesfoys, Monseigneur, nous n'en avons riens voullu ordonner sans préalablement vous en advertir, pour nous mander sur ce vostre voulloir, lequel mettrons peyne d'accomplir tant en resl endroict que en tout autre où vous plaira nous commander, Monseigneur, après nous estre très bumblement recommandez de vostre bonne grâce, nous prirons nostre créateur vous donner en santé bonne et longue vie. A Paris, ce xme jour de may mil vclvi. Voz très humbles serviteurs, les prevost des marebans et eschevins de la ville de Paris.

Du xxiue juillet m vc lvi :

Aujourd'huy a esté apporté par Hardouyn Corrinault le toisé dont la teneur ensuit : Ensuivent les ouvrages de maçonnerie et pierre de taille faietz au petit boullevert dressé

contre le terre-plein et platte-forme de la basse-cour de la Bastille Saint Anthoine, pour la fortiffication que le Boy a entendu et voullu faire pour sa ville de Paris, par Hardouvn Corrinault, maistre maçon tailleur de pierres.

Et premièrement, le mur de circonférence au pourtour du coullon du coste'du moyneau faict dedans le fosse' contient dix neuf toises de pourtour, comprins les deux aelles directes qui se ferment contre ladicte basse court sur ladicte Bastille, sur xn piedz d'espoisseur par le meilleur et rapporte' l'espoisseur d'embas à celle d'en bault, et v toises ung pied de bault, comprins le fondement du libage jusques à la haulteur du dessus du cordon, vallent iiciin toises et demie m pieds.

Les deux espérons derrière le cercle de ladicte circonférence, depuis icellui cercle jusques au mur de la basse-court, contient ensemble x toises v pieds de long sur vi piedz de large, et mi toises m piedz de hault à prendre jusques à la haulteur dessusdicle du cordon, vallent xlix loises xxvn piedz.

Ung petit massif par bas, entre l'esperon du coste' du pont de ladicte Bastille et Telle du coullon dudict coste', contient xv piedz de long sur vu piedz d'espoisseur et ix piedz de bault, vallant v toises.

Le pan dudict boullevert faict en poincte le long du fosse' depuis le coullon dessusdict, du costé de la Bastille, jusques à l'autre poincte tirant vers le coullon du costé de la porte Saint- Anthoine, contient xxxm toises m pieds m quars de long sur ix piedz de large, et v toises un pied de bault, à prandre à la haulteur du dessus du cordon et comprins la fondation, vallent iic lx toises et demie, xx pieds.

Le massif en forme de triangullaire ou demyc lozenge, à rencongneure de ladicte basse court, du coste' de la porte Saint Anthoine, contient xxvi piedz de long sur x piedz demy d'espoisse par le meilleur et xxvn piedz de bault comme dessus, vallent xxxim toises xxvn piedz.

Les deux espérons en manière de patte d'oye aux deux coslez du gros esperon cornier faict à l'endroict de la poincte contient ensemble v toises n piedz et demi de long sur xxvn piedz de bault et v piedz d'espoisseur, vallent xx toises lxxvii piedz et demi.

Le gros esperon cornier contient xxi piedz de long sur xxvn piedz de hault et vm piedz d'espoisseur vallent xxi toises.

Les quatre espérons par voye entre le pan de mur le long du fosse et le mur de ladicte basse cour contiennent ensemble xi toises n piedz de long sur xxvn pieds de hault, comme dessus, et vi piedz d'espoisseur, vallent li toises.

Le massif triangullaire appelé' demye-lozenge, à l'encoignure de ladicte basse court du coste' du pont de la Bastille sortant aux champs contient un toises nu pieds de long sur vi pieds de large, rapporte la grosse espoisseur à la moindre, et xxvn pieds de hault, à prandre comme dessus à la haulteur du dessus du cordon et depuis la fondation, vallent x.xi toises.

J\'0U3, Guillaume Guillain el Charles Le Conte, maislres des euvivs de maçonnerye el charpenterye de la ville de Paris, Claude Amauldry et Guillaume Challon, jurez du Boy noslre sire en l'office de maçonnerye, certifiions à qui il appartiendra que, en la présence de maistre Bobert de Beauvais, contrerolleur des deniers communs, dons et octroys de ladicte ville, nous avons veuz et visitez, toisez et mesurez les ouvraiges de maçonnerye et pierre de taille faietz de neuf au petit boullevert dressé contre le terre-plain et plate-forme de la basse-court de la Bastille Saint-Anlhoine, pour la fortiffication que le Boy a entendu et voullu faire pour sa ville de Paris, par Hardouvn Corrinault, maistre maçon tailleur de pierres, et avons trouve' lesdiclz ouvraiges avoir et contenir les mesures, longueur et espoisseur declaire'es aux parties cy dessus escriptes, montans ensemble, comme apert par la somme toute d'icelles parties, à la quantité de six cens soixante six toises demye, trente six piedz trois quars, qui, à raison de quatre

livres douze sols tournois la toise, vallent la somme de irois mil soixante six livres, treize solz huit deniers tournois; tesmoingz noz seingz manuelz cy mys, le samedy vingtiesme jour de juing Tan mil cinq cens cinquante six.

Du xxiiii0 juillet v° lvi :

Ce jour d'huy matin, Monsieur Paluau, eschevin delà ville de Paris, estant sur les astelliers de la fortifiîcation avec le contrerolleur et maistres des euvres, ensemble me Baptiste Porsel, ingenieulx du Roy, seroit comparu le cappilaine de la Bastille, lequel a dict et remonstre' que plusieurs foiz il a adverty la compaignie suivant ce qui cy devant a esté faict, savoir de la part de messeigneurs les connestable et admirai , que, pour la seureté des prisonniers qu'il a en garde de par le Boy audict lieu de la Bastille, il est de nécessité de faire ung pan de mur traversant le fossé depuis la basse-court de ladicle Bastille jusqucs au lieu où doibt finir la courtine du costé de ladicte Bastille, de largeur et baulteur suffisante, tant pour arrester les eaues et par le moyen d'icellcs empescber que l'on n'entre alentour de ladicte Bastille, que pour retenir les terres de celluy fossé, d'autant que icelle Bastille n'est fondée si bas que les maçonneryes de ladicte fortiffication et l'aire du grant fossé. Oye laquelle remonstrance, et pour satisfaire au voulloir du Boy et desdicts sieurs connestable et admirai, a esté ordonné cpie ledict pan de mur se fera le plus promptement qu'il sera possible, et pour ce exécuter, a esté faict marché par les dessusdicts avec Guillaume Le Biernoys, maçon, entrepreneur de la maçonnerye de ladicte courtine, de faire et parfaire ledict pan de mur selon la largeur, baulteur et structure à luy verballement donné à entendre sur le cbamp, et qui sera plus amplement declairé par le marché par escript qui en sera faict selon le devis ordonné estre faict par ledict Baptiste et les maistres des euvres, moyennant la somme de xn livres tournois pour chascune toise en carré de peyne d'ouvrier, et en ce faisant, a esté enjoinct audict Le Biernoys de commencer dès ledict jour de lundy prochain venant, et y mettre tel nombre d'ouvriers que l'astelier pourra porter.

Remonstrances du cappitaine de la Bastille :

Estât et memoyre de ce que je requiers à Messieurs de la Ville qu'ilz facent et à quoy ilz sont tenuz pour le service du Boy, conservation de ladicte place et seureté des prisonniers qui y sont et pourront estre par cy après envoyez, et affin que moy ou les autres cappitaines qui viendront par cy après, puissent seurement et sans crainte de la surprinse à la porte, sortir et entrer dedans le fosse' pour remédier et surprandre ceulx qui pourront venir, comme jà on a faict, parlementer et donner advertissement aux prisonniers qui sont en ladicte place, et recepvoir quelque prisonnier s'il advenoyt qu'il se sauvast par lesdicts fossez, comme il se prouvera, ont tousjours esté ès mains et soubz la puissance des cappitaines de ceste place, en ayant tousjours joy, et que les deux aisles de mur qu'ilz ont faictes sont si prochaines des deux principales tours de céans et plus accoustumées à mettre prisonniers, et si bas que par là on pourra aysément parler et communicquer ausdicts prisonniers. Au moyen de quoy je supply monseigneur le connestable, là ou lesdicts sieurs de la Ville ne vouldroyent satisfaire aux articles cy dessoubz en voulloir ordonner, ou bien en advertir Le Boy, pour n'avoir estez jamais tous les cappitaines de céans que soubz l'obeyssance de Sa Majesté, et moy, représentant céans sa personne, ne seroys pas seulement en peyne de garder le dedans de ceste place et les prisonniers, mais fauldroyl que je feusse contrainct à mettre guet dehors, autour du fossé, qui ne s'est jamais acoustumé; et ayant le fossé comme mes prédécesseurs, je pourray aysément y remedyer; \oulant dire encores ce mot davantaige que quant ceulx de la Ville en auroyent joy, ce qu'ilz n'ont point faict, estant, comme je suis, retranché, le Boy m'en doibt donner la poces-

Li B1STILLE. qq

IMPRIMERIE NATIONALE

sion, attendu que les mesmes fossez que je demande pour son service et seurelé desdits prisonniers, ce sont les fossez d'entour la poincte et basse-court de céans, par laquelle mes prédécesseurs entroyent dedans le fossé et sortoyent hors la ville, et en laquelle basse-court et poincte, fortiffiée comme elle est, ilz ne pourraient entrer ne s'en prevalloir que par le dedans de ceste place, et ne peuvent ne feroyent deffendre le fosse' que par là, qui est chose assez apparente pour congnoistre que la pocession ne leur en apartient point; et quant la fortune arriveroyt que l'enemy y vînt, comme ilz allèguent, je m'y trouveroys avec les armes pour faire le service du Roy, et comme je luy doibs, sans y espargner ma vye, m'asseurant qu'ilz ne s'empescheront guères d'y venir en ce temps.

Et premièrement :

Le cabinet d'emprès de la porte, que de long temps ilz avoient délibéré et desseingné fère, duquel, depuis quinze jours en ça, ont esté rompues les attentes qu'ilz avoient laissées pour le parachever, par le commandement du contrerolleur de la ville et maistre Charles Le Conte, comme il se prouvera aysémenf , requérant qu'ilz ayent à faire leclict cabinet et à enfermer dedans la porte du grand fossé, ou bien faire dedans ledict cabinet une allée pour aller dedans iadicte porte à couvert, la nuict, se besoing est, sans ouvrir la porte de la place pour les dangers cy après déclarez. Ce qui me faict requérir l'entrée par céans est, oultre ce que dessus, pour éviter que, la nuict, on ne crochetast Iadicte porte pour entrer dedans le fossé, ce qui serait aizé à faire sans que mou guect les puisse découvrir, et semblahlement ayant céans dedans prisonniers de conséquence, comme ordinairement ils sont, où leurs parens et amis vouldront faire une entreprise pour les sauver ilz le pourront faire aizémenl, et s'embusquer dedans Iadicte montée de fossé et surprendre ma porte par force, ainsy que je viens à l'ouvrir, à raison que Iadicte montée est joignant icelle , et enfermée comme je requiers; tous les inconvénients en sont hors, et quant à ce que Messieurs de la Ville demandent l'entrée de Iadicte porte pour y mettre les ouvriers quant ilz vouldront faire besongner aux fossez et réparations, combien qu'ilz n'en sçauroient prevalloir de Iadicte montée pour passer pierres ne hoster, je leurs ay de long temps offert et offre davantaige que, toutes foys et quanles qu'ilz y auraient affaire et vouldroient entrer pour le faict des fortiflications et auitre chose qui concerneroyt le service du Roy, garde et deffence de la Ville, ainsi que je leur ai donné passage toutes et quantes foys qu'ils veullent entrer en la basse-court de céans, je leur [ai] baillée au semblable. Et à ce qu'ilz nous dient de condamner Iadicte porte, il n'est licite ny raisonnable, pour ce qu'elle est en lieu commode poui le service du Roy et conservation de ceste place. Et pour avoyr la possession de Iadicte porte à euK seulz, pour y entrer à toutes heures qu'il leur plaira et soir, jour et nuict et hors i!e ma congnesçance, oultre ce que dessus, il n'est raisonnable, par ce qu'advenant il pleust au Roy par cy après envoyer aulcuns d'eulx prisonniers céans, comme aultrefoys il a pieu au Roy en envoyer, ilz se pourraient prevalloir de Iadicte porte, ou bien pour aulcuns de leurs amys oii alliez y pourraient estre sans que y pousse remédier; et mesmement Iadicte porte me servira toutes foys et qualités qu'il plaira au Roy voulloir tirer de céans quelque prisonnier, segrettement, la nuict, et envoyer en aultres lieux hors la ville, comme aultres foys Sa Majesté a laict faire, sans que personne en aict congnoissance de la ville, aultres que ceulx qu'il plaira à Sa Majesté, ou bien en faire amener céans de dehors, n'ayant auitre entrée ny sortye aulx champs (jue celle là, pour ce n'avoir par eulx esté condamné l'ancienne.

Item, qu'ilz ayent pareillement à faire parachever la montée pour descendre aux petitz fossez de céans, à raison de ce que je ne puys ne ne sçauroys entrer dedans sans qu'elle soyt faitte, pour remédier à ceulx qui entrent toutes les nuict dedans, par le petit mur qu'ilz ont

faict, pour essayer de parler aux prisonniers qui sont céans, ne nie pouvant ayder d'aultre chose que de les faire assommer à coups de pierres, dont les marques en sont bien souvent apparentes.

Scmblablement, je requiers qu'ilz ayent à rendre au devant de la porte de céans pour empescher et éviter aux grandes pluies et lavaige d'eaulx qui entrent dedans madicte porte, comme elles ne peulvent faillir de faire à cause du rehaussement du rempart qu'ilz ont faict, qui est troys ou quatre piedz plus hault que n'est l'entrée de ladicte porte, et que ladicte eau venant céans empeschera pas seullement de saillyr, mais gastera et pourrira les arches du pont de l'entrée de céans, et est chose qui à peu de frais, faisant ledict cabinet, on pourra remédier. Est de besoing aussi y faire ung conduict par lequel s'ecoulle l'eaue de dedans les fossez, aflin qu'elle ne croubisse et entre dedans la maçonnerye et revestement du fossé du coslé de la ville près ladicte porte.

Plus, j'ay requis qu'ilz ayent à faire faire, devant que les eaulx viennent, la bonde et escluze qu'ilz doibvent faire pour tenir l'eaue dedans le petit fossé, au moyen de laquelle ilz disoient qu'ils me rendront autant d'eaue qu'il en soulloyt avoir, pour la seureté de ceste place, qui estoyt de huit à dix piedz; et combien que je ne m'asseure, comme il se prouvera par gens à ce congnoissans, que à mesure que l'eaue s'en retournera, aussy fera celle dudict fossé, tant pour ce que le grand fossé du Roy est plus basque le petit de cinq ou six piedz, et comme ilz disent qu'ilz veullent encore baisser d'aultant ou environ, ou pour le moings aussy bas que les deux aisles de mur qu'ilz ont faict, qui sont fondeez sur sable, les constinuer par où l'eaue prend son cours. Sy est-ce que pour ne voulloyr les choses, quand juste et raison, je me remetlray pour ceste année à voir sy l'eaue demourera dedans ledict fossé, la bonde et escluse faicte, les requerans faire faire ladicte bonde et escluze pour ce6te année, et mettre gensdedans les fossez pour remettre la terre qu'ilz ont vidée pour cet esté d'auprès des tours, pour chercher les fondemens d'icelles, et aultres endroietz, affin d'éviter que lesdictes eaues ne facent domaige ausdietz fondemens de céans; et advenant que ladicte eau, par la bonde et escluze ne peust demourer céans de la haulteur qui y soulloyt estre, je requiers qu'ilz ayent à faire vuider lesdietz fossez, c'est assavoir contre les murailles de céans de la haulteur d'ung à deux piedz venant à profondeur jusqu'au milieu des fossez tournant vers le revestement d'iceluy de mesme haulteur, et par ce moyen je pourroys avoir et me demeureroit en cest endroicl l'eau assez profonde pour la seureté de ceste place; aultrement, je n'ay nulle espérance d'y en avoir, pour les causes que dessus, et aultres qui seroyent trop longues à réciter.

Plus, je les requiers, pendant que les eaues sont encores basses, à faire curer et mettre les sièges au puys que leur maistre ès œuvres avoit unne foys commis un maçon à revisiler ledicl pavé de la basse-court, affin d'y ravoyr l'eau comme on avoyt de coustume, lequel luy faict raport en ma présence de ce qu'il estoit bessoing cy faire, et dont ledict maistre des euvres me proniist qu'il seroyt faict, pour estre chose très nécessaire céans et dont je [ne] me puis passer, parce qu'ils onteouppé les sources au moyen des fondemens de l'edifficeM; aussy que je n'ay poinct d'eau bonne pour boire, et la me fault toujours achapter, ainsi que j'ay faict voir à messieurs les commissaires fie la court, ausquelz les médecins ont dict les maladies survenues estre à cause de l'eau du puys de céans provenante de celle qui est dedans les tranchées des murailles qu'ilz ont faicles, pour ce qu'ilz onteouppé les sources et de besoing de creuser ledicl puis pour y ramener l'eau, requérant qu'il y soit semblablement besoigné, remettant à nous le trésorier ce qui est à faire au Roy et à la ville.

'' Tout ce passage présente évidemment quelques incorrections de transcription, assez fréquentes, au reste, clans tout le registre, mais qui n'altèrent pas le sens général de la requête formulée.

Item, je requiers qu'ilz ayent à faire faire quatre feneslres pour fermer les basses canonnières, affin d'éviter que, ia nuict, on n'entre par là, car sans cela il est aysé avec une petite [échelle?] y venir parlementer, la nuict, aulx prisonniers par plusieurs endroictz de ladictc basse-court.

Semblablement, qu'ilz ayent à remédier, comme ce jour d'huy ilz ayent dict qu'ilz feront, aux amas de pluyes qui peuvent entrer dedans les voultes au desoubz et au droict desdictes canonnières, car aultrement l'eau croupiroyt là dedans, qui engenderoit puanteur et maulvavs air; semblablement, à faire dresser les passaiges et montée par où il fault aller tant sur la grande plate-forme que sur deux pettites, et les sommer de ce qu'ilz ont ordonné au jour d'huv, présent nous, le trésorier Groslier, leur maistre des euvres, de faire vider les pierres quy ne servent de riens sur la platte-forme, et sy ledict maistre [est] aussy songeux de le fère qu'il a esté à faire employer toutes les pierres et bonnes matières qui appartiennent au Roy et au cappitaine de ceste place à leurs réparations, je me tiens pour certain qu'elles seront bien tost vu idées.

Quant au reste de ce qui reste à faire en ladicte basse-court pour le faict de leurs réparations, je les renietz à leur bonne voulenté, ne tendant à autre chose qu'à estre bien cloz et éviter aux fortunes, affin de rendre bon compte [au Roy] et à Monseigneur le connestable de la cbarge qui leur a pieu me donner, ne pouvant estre par culx ingnoré que plusieurs foys je n'aye esté en leurs maisons pour les prier de ce faire, et, partout où je les ay trouvez, les ay suppliez bien humblement comme je fais encore, et, combien que mondict seigneur le connestable leur en avt envoyé ung memoyre pour ce faire, d'abondant il a bien voullu faire cestuy cy, signé de ma main et le bailler à Monsieur le trésorier Groslier comme député de mondict seigneur le connestable, pour. entendre le differand, affin de le voir et, s'il luy plaist, prendre responce pour l'envoyer à mondict seigneur le connestable avec ces presens articles, pour là dessus me condamner à ce qu'il luy plaist que je face, ou, sy ne luy plaist, en ordonner l'envoyer au Roy pour en ordonner comme il luy plaira, comme estre chose concernant son service et seurté des prisonniers qu'il plaira à Sa Majesté y envoyer, dont je me charge sur ma vie et honneur, desquels je ne luy pourroys rendre sy bon compte que je désire, sy ceste place, esloyt comme aultre que moy eust pouvoir d'en approcher et e\iler aux lieux suppectz de la place qu'il en pourroit advenir inconvénient, à quoy Sa Majesté aura esgard, pour ne pouvoyr estre responsable que des choses qui seront en ma puissance, et non de celles qui seroyent soubz la main d'aultruy, et playra à Sa Majesté avoyr souvenance des previlleges, auctorité et pouvoir qu'il luy plaist de mettre à ces places roialles, et que nul n'a pouvoir commander que Sa Majesté. Faict en son chasteau de la Bastille, le lundy xvi° jour de novembre mil cinq cens cinquante neuf.

Responccs aulx articles présentés par le lieutenant de monseigneur le connestable sur ce prehembule d'eslal.

Dientles prevost des marchans que, de tout temps, les cappilaines de la Bastille ou leurs lieutenants n'ont jamais riens entrepris sur les lymites de l'enclos de la Bastille, sepparées de l'enclos des fossez de la ville, et ont esté les deux murs servans de closture et faisant sepparation desdictz fossez de la ville et fossé de la Bastille faictz par ordonnance du Roy et de monseigneur le gouverneur, de la haulteur et distance des tours qu'il leur a pieu commander pour fermer et 1ère retenue d'eau au pourtour de ladicte Bastille sur les divers lieux pour la nouvelle fortification.

Nyent lesdietz prevost des marchans et eschevins avoyr commandé ne ordonné ledict cabinet

qui n'est, au faictde ladicte fortiffication, désigné ne commande' par ie Roy estre faict, et aussy ledict cabinet seroyt hors du circuit de la Bastille et des fossez d'icelle; se doibt complenter le lieutenant de ladic te place d'une montée qui a esté faicte aux despens du public pour descendre du bout de son pont et herse dans les fossez de ladicte Bastille, où ne reste seullement que à mettre les marches, que lesdictz prevost eteschcvins feront asseoir en continuant ladicte fortiffication, et, au demourant estre vigillant de se garder de surprise, sans taxer lcsdicts prevost et eschevins de voulloir faire aulcune entreprise pour saulver les prisonniers par une moulée droicte, qu'ilz ont faict ferc des deniers levez pour ladicte fortiffication, hors le fossé et pourtour de ladicte Bastille pour entrer dedans le grand fossé de ladicte ville et par là se servir tant aulx ouvraiges de ladicte fortiffication que aultres choses qui pourroient intervenir pour l'utilité d'icelle ville, et, soubz correction, a tort le lieutenant de ladicte place de la Bastille de voulloyr faire entendre par son rescript cy dessus que le Roy se doibt plus fier en luy que ausdietz prevost des marchans et eschevins et habittans de ladicte ville, car ledict seigneur sçait de combien l'ung luy est et importe plus que l'autre, qu'il n'a esté loisible audict lieutenant de s'emparer des clefz de ladicte descente faicte à ladicte fortiffication nouvelle pour descendre ausdiclz fossez hors le circuyt et pourtour des fossez de ladicte Bastille, comme de force il a faict, et ne pense que monseigneur le connestablc, cappittaine de ladiclc place, le voulsist de ce advouer, et dont lesdictz prevost des marchans et eschevins requièrent leur faire restituer ladictc clef. Et a esté faict response cy dessus.

Continuant ladicte fortiffication, sera donné ordre de retirer les eaues qui pourroient venir vers le pont de ladicte Bastille et icelles gecter parles canaulx et gargouilles qui sont jà mises et assises aulx murs de ladicte courtine de ladicte forliffication , et aullres que l'on y mettra cy après, sy besoing est.

Ne se peult commodément faire bonde pour retenir les eaues des fossez de ladicte ville jusqu'à ce que les grans fossez de ladicte ville soyent parachevez de vider, mais trop bien estouper de terre délaissée au travers du mur pour poser icelle bonde, attendant icelle vidange, et quand à rendre l'eaue dedans ledict fossé de la Bastille de la haulleur portée par l'article, il n'est à la puissance des hommes, parce que croissant ou descroissant la rivière, elle rend le lieu plein ou aride, et quand il y demeure quelque, c'est par le moyen des herbes et lymon qui la retiennent; et au regard de la vidange de terre mentionnée audict article, n'a esté faict de la part de la ville que ung petit trou de deux piedz en carré, au piedz de l'une des tours, pour voir et congnoistie la quantité de sable sur lequel la dicte tour est fondée; aussy, pour le regard de ce qu'il requiert que ladicte ville aict à faire vider et curer ledict fossé de la Bastille de deux piedz de long le long des murs, de v piedz pour son milieu, ce n'est à la ville à faire ceste vidange, et ne sont à ce les deniers destinez.

Le curement et renfoncement dudict puys n'est aux charges de la ville et, comme dict est cy dessus , l'eaue de la rivière faict croistre et dimynuer celle dudict puys quand elle croist ou diminue, et n'ont esté aulcunes sources couppées en faisant les fossez et fortiffication de ladicte ville, car la Bastille est close de ses fossez auparavant que 1ère ladicte fortifiication, lesquelz fossez de la Bastille avoient couppé lesdictes sources, joinctes les sécheresses qui ont esté ès années passées.

Acordent lesdits prevost et eschevins qu'ilz ayent à parachever ce que reste à parachever aux quasemattes et forteresses de la Bastille, et y faire des fermetures et feneslres.

Et en continuant ladicte fortiffication, sera donné ordre de faire escouller lesdictes eaues et dresser les chemins, ainsin qu'il sera advisé pour le mieulx, et quand aux pierres qui esloyent demourées sur la plate forme, elles ont esté ostées aux despens de la ville.

L'octroy et exécution de cest article deppent de la bonne volonlô du Roy, et n'y gist aulcune

responce de la part desdicts prevost et eschevins, fors qu'ilz supplient humblement la majesté' dudict sieur les estimer ses très humbles, obei^sans et fidelles subjectz M.

De par le Roy.

Très chers et bien amez, vous savez ce que dernièrement vous avons escript pour faire achever et rendre parfaict le corps de garde par vous commencé en noslre chasteau de la Bastille, et le besoing qu'il es!, pour la seureté dudict chasteau qu'il y soit avisé prompte fin; et pour ce que nous avons sceu que vous en faictes peu de dilligence, voiant le danger qui y pend, nous avons bien voullu vous en escrire de rechef, vous mandant et ordonnant très expresement que sans plus remettre ceste affaire en longueur vous ayez à y faire besoigner le plus dilligemment que faire ce pourra, de sorte que, par la perfection dudict œuvre, ladicte place demeure en la seureté qu'il appartient au bien de nostre service. Donné à Orléans le xve jour de novembre, fan mil cinq cens soixante. Signé Francoys, et au dessoubz, de L'Aubespine.

(Bibl. nat. , mss. fonds franc., 11,732, fol 25G2 r° ot 281 r1; 11733, fol. 24 r°.)

èglemenl des dépenses occasionnées par le séjour h Paris des ambassadeurs d'Angleterre et le festin que le Roi leur offrit dans la cour de la Bastille.

(12 décembre j 5 1 8 — i5 janvier 1 5 1 g. )

Pour les parties de panelerie, eschançonnerie, cuisine, fruiterie, fourrière et autres parties de dépenses de bouche et fraiz contenuz et déclarez par le menu, en un cayer de pappier signé cl arresté par lesdicts maistres d'ostel du Roy nostre sire, auxquelz il en avoit baillé la charge, lesquelles parties ont esté par luy fournies, baillées et délivrées complant parle commandement et ordonnance verballe du Roy noslredict seigneur aux personnes nommées audit cayer poulies causes y contenues, et ce, pour la despence des ambassadeurs du roy d'Angleterre depuis le douziesme jour de décembre mvcxviii, qu'ilz viendront devers le Roy, en son palais royal à Paris luy faire la révérence, jusques au xvc jour de janvier ensuivant audict an, auquel jour ilz deslogèrent de ceste ville de Paris, en ce comprins ung festin que ledict seigneur leur feist à son devis et progect en la Bastille de Sainct-Anthoinc, laquelle despense et fraiz le Roy nostredict seigneur a l'aict veoir, calculler et getter et arrester par sesdietz maislres d'ostel, et a monté à la somme de sept mil huit cens dix huit livres trois solz huit deniers tournois, en ce non comprins deux cens cinquante livres tournois qui seront couchez cy après ou chapitre des gaiges et sallaires, laquelle somme de sept mil huit cens dix huit livres trois solz huit deniers tournois le Roy nostre sire, par ses lettres patentes signées de sa main et de M? Nicole de Neul'ville, secrétaire de ses finances, données à Paris le xnc jour de février oudict an mcVxviii, veriffiées et expédiées par messeigneurs les generaulx des finances le xinc jour dudict moys, a mandé auxdietz generaulx des finances souffrir, permettre et consentir eslrc alloué ès comptes et rabatu de la recepte dudict maistre de la chambre aux deniers par nosseigneurs des comptes, auxquelz il a mandé ainsi de faire sans difficulté, en rapportant lesdictes lettres avec ledict cayer y attaché soubz le contreseel de la chancellerie, sans qu'il soit tenu rapporter quittance des parties

(l' Ici se trouve un mandement du roi, relatif à la prompte construction du corps de garde avancé du château de Vincennes, et, à peu de mois près, semblable à celai qui a trait à la Bastille.

contenues oudict cayer, que de celles qui montent cent solz tournoiz et au dessus, ainsi qui! est plus à plain contenu et déclairé en icelles lettres patentes et expédition de mesdicts seigneurs les generaulx cy rendues, par vertu desquelles ce présent maistre de la chambre aux deniers reprent cy en despence ladicte somme de vn'n vuicxviutt, nis vmd'" qu'il a paye'e, baillée et distribuée aux personnes denomme'es oudict cayer, et dont il a recouvert les quittances des grosses parties et somme de deniers. Et des autres menues parties au dessoubz de cent solz tournois n'en a reouvert aucunes quittances, pour ce qu'il n'est accoustumé d'en recouvrer pour le fait

de ladicte chambre aux deniers, et sont cy rendues lesdictes quittances. Pour ce vnm vin0

xvmtt vmd *".

(Comptes de l'hôtel. Ai-cli. nat. KK <)'i, fol. 80 v°-85 v°.)

Retrait, par ordre du Roi, d'une somme d'un million déposée à la Rastille.

Louis, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut. Le (eu roy nostre très honoré seigneur et pere, que Dieu absoille , ayant fait mettre en reserve dans nostre chasteau de la Bastille par son espargne quelque notable somme de deniers, pour y avoir recours lorsqu'il en seroit besoing pour le bien du royaulme, nous n'y aurions voulu toucher depuis son deceds, et la Reync régente, nostre très honorée clame et mère s'en seroit abstenue, quelques dépenses extraordinaires qu'elle ayt été contrainte de supporter pour conserver nostre authorité et l'obéissance qui nous est due, jusques à présent que, pour opposer la force aux mouvemens qui se préparent dans le royaume et tendent à exciter une guerre civille, il est nécessaire de recourir à cesle épargne : à ces causes nous avons, par l'advis de notreditte dame et mere la reyne régente, résolu et ordonné que des deniers qui sont dans nostredit chasteau de la Bastille il en sera tiré la somme d'un million de livres pour la mettre ès mains du trésorier de nostre espargne, maistre Vincent Poucher 23 février 161/1.

(Arcb. nal. Mémoriaux de la Chambre des comptes, P a 3 i 7 , p. 753. A la suite est transcrit l'enregistrement par la Chambre.)

Lettres patentes par lesquelles Louis XIV accorde aux religieuses de la Visitation certains terrains voisins de la Bastille.

( Septembre iG43.)

Louis, par la grâce de Dieu roy de France et de Navarre, à tous présents et à venir, salut. Voulant gralifier et traiter favorablement nos chères etbien amées les religieuses de la Visitation Sainte Marie, du couvent sis en la rue S' Antoine de nostre bonne ville de Paris, en considération de leur bonne vie, piété et dévotion, pour ces causes et autres à ce nous mouvant, de l'avis de la reine régente, notre très honorée dame et mere, nous avons, en confirmant notre brevet du douze juin dernier et conformément à l'avis à nous donné par nos amés et féaux conseillers les presidens, trésoriers généraux de France au bureau de nos finances établi à Paris. . . fait et faisons don, par ces présentes signées de nostre main, auxdites religieuses de deux places

qui se rencontrent, Tune à prendre depuis ie long et angle proche la porte de l'entrée de la Bastille jusqu'au premier angle faisant corps du portail de l'église dudit couvent de Sainte Marie, contenant quarante quatre toises de longueur, compris le derrière du jardin de l'hostel de Lesdiguières, où il y a une porte et la porte de nostre chasteau de la Bastille; l'autre à prendre à vingt pieds dudit angle de ladiie porte se continuant le long du mur bâti de neuf sur la contrescarpe du fossé de notiedit château de la Bastille jusqu'au premier corps de garde faisant face sur l'angle de ladicle contrescarpe, contenant aussi vingt trois toises quatre pieds, qui avec les vingt pieds cy dessus font vingt sept toises de longueur; pour en icelles places faire bastir par lesdites religieuses : sçavoir en celle estant le long des murs de ladite Bastille, des maisons d une même simétrie de trois toises de profondeur seulement et de la longueur de vingt et une toises, le surplus se relressissant en pan coupe', pour recevoir les premières angles dudit corps de garde, sur vingt quatre pieds de hauteur, y compris les combles qui seront couverts en croupe et pavillons en forme basse, sans y pouvoir faire aucuns jours ni ouvertures du côte' des fossés dudit château de la Bastille, et en l'autre place faisant retour depuis l'angle de ladite porte de la Bastille de vingt pieds de profondeur pour finir à rien au premier angle faisant corps de l'aile du portail de ladite église Sainte Marie, faire pareillement construire par lesdites religieuses des maisons et édifices, ou avancer leurs bastimens sur ladite rue Saint Antoine, et ce d'une même décoration et simetrie, suivant les plans et figures d'eslevations qui en seront arrêtés et paraphés par les commissaires qui seront à ce députés par lesdits presidens, trésoriers

de France

à la charge de payer par lesdites religieuses par chacun an, à la recelte de notre domaine de Paris, demi écu d'or de rente pour chacune maison qui sera bâtie sur la longueur du mur du fossé dudit château de la Bastille, lesquelles porteront lods et ventes, saisines et amandes quand le cas y échoira, et en outre, de faire rebâtir par lesdites religieuses à leurs frais et dépens l'entrée du jardin de l'hôtel de Lesdiguières, comme aussi de faire faire de neuf un portail de belles pierres de taille servant d'entrée et de décoration à notredit château de la Bastille, orné de collonnes et pillastres d'ordre d'architecture dorique, trophées d'artillerie et de guerre avec nos armes, ensemble une porte de menuiserie garnie de ses ferrures, le tout suivant ledit plan, et de rétablir la pierre qui aura été arrachée en faisant lesdits bastimens.

Et en outre, du même avis de la Beine régente, notredite dame et mère, nous avons par ces mesmes présentes fait et faisons don auxdites religieuses d'une place contenant vingt trois toises de long à prendre depuis le corps de garde pour y bâtir des boutiques et édifices, de six pieds el demi de profondeur seulement et de vingt pieds de hauteur y compris la couverture d'iceux, qui sera faite en appenty d'une même simétrie et décoration suivant les plans qui en seront pareillement arrêtés et paraphés ainsi qu'il est dit cy-dessus, sans que lesdites religieuses puissent faire aucun jour ni ouverture du côté des fossés de ladite Bastille, ni faire aussi aucuns auvents, saillies, avances, comptoirs, tableau, ni mettre aucunes marches ni bornes le long desdils bàtimens, et à la charge de payer pour chacune desdites boutiques et édifices douze sols parisis de rente annuelle

Si donnons en mandement

Donné à Paris au mois de septembre l'an de grâce mil six cent quarante trois et de notre règne le premier. Signé : Louis, et sur le repli : Par le Boy, la reine régente sa mère, présente, Le Tellier, et scellées. Le quatorze juillet lesdites lettres ont été enregistrées.

Extrait et collation né par nous, greffier du bureau des finances de la Généralité de Paris. . . en l'année mil six cent quarante quatre.

(Bibl. de l'Arsenal , ms. ia,6o3.)

ft Estât des prisonniers qui sont au château de la Bastille, n ( i663?)

M. le maréchal de Bassompierre, j" (L).

M. le marquis d'Assigny, condamné à mort et change' en prison perpétuelle. Le sr de Troie , f .

Bovrenault de Paris, capucin, sorti pour une relacion particulière.

Le sr de Goville, j". Monsieur.

Le sr des Fontaines Boir (sic).

Le sr d'Ouaille, garde de Monsieur.

Le sr Silvestre, serviteur de la B[eine] m [ère].

Le sr de Beaumont-Longueval , accuse' de beaucoup de crimes, maison d'Haraucour.

Le sr de Montault, prison perpétuelle; religieux; reçue [?].

Le sr Beveillon, laquais de Marillac; vouloit tuer M. le Cardinal.

M. le comte de Cramail, "j- .

M. le chevalier de Lorraine, fol.

Le sr de Béarnais. Beyne m.

Le sr de Borin, archer des gardes du corps, qui a este' soupçonné par M. de Gerdes de vouloir entreprendre.

Le sr Simon. B. m.

Le sr de La Pierre, soldat; accusé d'avoir quelques mauvais desseins contre M. le C.

Le sr de Pleinville, "f", espion double.

Le sr de La Ganière, sorti.

Le sr de La Boche Bernard, meschant diable.

Le sr de La Terrade, prestre extravagant.

Le sr de Lezinasque, capitaine de vaisseau qui a piraté; marine. M. le conte de Vigneul, accusé d'avoir tué sa femme.

Le sr Collin, capitaine liégeois; accusé d'avoir voulu prendre (?) avec M. le conte.

Le sr de Chatillon, croquant.

M. le maréchal de Vitry, j".

Le sr de Fonteine, accusé de faulse monnoie.

(Sortir) le sr Simon, valet de deux Allemans sortis.

Le sr Gendron, croquant.

Frère Pierre Antoine, hermite, accusé d'avoir attenté sur la personne du duc (?) de Nevers. Le sr de Placi, sorti; chambre de justice. Le Pere Sequenaut.

Le sr Charpentier, sorti par la Chambre de justice. Cristeman, prisonnier de S1 (?).

Le sr Noiron, fils de M"c Noiron.

(1> Il est assez difficile d'expliquer pourquoi cer- rurenl à la Bastille; nous inclinons à penser que tains noms <!e prisonniers sont ainsi suivis d'une la croix désigne le personnage qui a ordonné la croix. On ne peut supposer que ce signe indique détention, — et ce serait sans doute le cardinal — le décès des détenus, puisque ni le maréchal de mais cette interprétation n'a rien d'absolument cer- Bassompierre, ni le maréchal de Vitry ne mou- tain.

Le sr de Scanevelle.

(Sortir) M. de Beauregard. B. mère.

Frère Louis Alais, hermite, ]

Frère Antoine Biaise, hermite, > Van (sic).

Frère Guillaume, hermite, )

Le sr de La Bivière, soldat qui garde le chevalier de Lorraine. (Sortir) le sr Du Jardin. B. m.

Le sr de La Brière, seigneur de Pontchasteau , volleur. Lafemas luy fait le procès.

Le sr de Baignaut, idem.

Le sr de Beausoleil.

Le sr Jean Baptiste, liégeois.

Pere Marris, moine qui s'est opposé à l'élection de Cluni.

Le sr d'Ourdie, accusé d'avoir porté les armes avec le duc Charles.

Le sr Noury, orfèvre, mis par M. le P.

Le s1' du Chatelet, fds de Beausoleil.

Le sr de Plenevaut, liégeois; espion.

Le sr Lamori, fou de Beauvais.

Le sr de Moissan, fou que M. le Chancelier a fait mettre. Le sr Bellenger, orphèvre; fausse monnoie.

(Archives des Affaires étrangères, France, vol. 8^7, fol. 20/i , r° et v°. — Rien ne permet d'affirmer que celte liste de cinquante-trois noms se soit arrêtée là à l'origine, et que d'autres noms ne se trouvent pas sur un feuillet suivant celui-là, et qui aurait aujourd'hui disparu. La date 1 643 , mise en haut du folio ao/i, est d'une écriture de notre siècle.)

Prisonniers de la Bastille en 1661.

(Paris, 2 septembre 1661 .)

Monsieur, puisque vous voulez avoir la bonté d'avoir un peu de soin de mes intérêts, et que vous avés désiré un rolle des prisonniers, comme le sieur Bareilh m'a dit, je prens la liberté de vous l'envoyer et de tout soubmettre à vos générosités. Je vous attendrai à Fontainebleau avec impatience, estant en estât d'y aller dans sept ou huit jours

Mémoire des noms des prisonniers qui sont présentement dans la Bastille.

Le comte de Pagan, accusé de s'estre vanté qu'il feroit mourir le Boy par magie. M. le duc d'Orléans en donna l'advis.

M. de Laonnière, sous prétexte d'impiété.

M. de La Baumerie, prestre ; son procès est fait au Chastelet pour avoir escrit contre la Vierge et contre la religion; dit cent choses contre feu S. Em. qui, pour le scandale, a fait cesser l'exécution de sa condamnation.

M. l'abbé Dorât; donna une lettre au clergé de M. le cardinal de Betz.

M. de Gondonvillier, capitaine dans Picardie, oncle de la Haie; fou; demande force pensions et vouloit tuer feu S. Em. s'il ne lui faisait paier ce qu'on en dit.

M. de Besuier, méchant à sa mère et à ses frères, et veut tout tuer.

M. le vicaire de Clichy est fol et extravagant, et crioit dans les rues pour exciter sédition.

M. Jues'1', prestre breton, fol achevé; étoit prisonnier à Pontoise; vouloit tuer feu S. Em. et ne bougeoit de chez Broussel.

Le sieur de Saint Martin, fol; il dit que feu M. de Servien lui vouloit faire tuer M. le duc d'Orléans.

Le sieur Didier, fol; M. de Noailles l'envoia ; il tourmentoit le Roi et i'appeloit son compère.

Le sieur Duchesne, complice de Ricous, qui lui avoit donné de l'argent pour tuer feu S. Em.

M. Charpentier, prestre anglois. M. l'abbé de Montaigu l'a fait mettre, pour des intrigues en Angleterre pour descouvrir les prestres et religieux. Il a grand esprit et meschant.

M. de Remuzat. M. le surintendant, pour mille friponneries et affaires de finances, l'a fait mettre.

M. Duchemin ; a eu la question pour avoir contrefait les sceaux. M. le Chancelier l'a fait mettre.

Le sieur Pierlon, affaire de famille; la reyne-mère l'a fort recommandé.

M. de Cluzelles, a espousé trois femmes; la reyne-mère l'a fort recommandé.

M. Lefébure et le chevalier Lefébure, deux frères meschans à leur père et mère; le Roy, je croy, les tient prisonniers par charité, à cause des importunités de leur mère.

L'abbé de Gassion, à la prière du confesseur de la reyne-mère, qui couroit risque de la vie à la Conciergerie.

M. de Maluant, gentilhomme de Poitou, pour sa mauvaise conduite et intrigues.

Tous les suivans est le reste des gazettiers qui ne trouvent personne qui veuille respondre d'eux : les sieurs Thevenart, Neruize, Fleury, Bousquet, Desnoyers, Dupruel, Ducaux, Stermy, Caseaux, Léché, libraire; M. de Villars, prestre; le marquis de Saint-Aunays.

M. Hubert. Le chancelier l'a mis; a fait des faulcetés.

M. Bracqhais, l'intendant général de la vicomté de Montiviliers, a contrefait les sceaux; mesme affaire.

M. l'abbé de Sainte-Croix.

M. de Lagrange-Montmor, moine; M. de Lagrange, frère du susnommé; M. Platellet, Me Platellet. Ces quatre sont pour une affaire de M. le comte Charnot, pour le testament de feu l'abbé de Lenoncour.

M. Petit. Je ne sçay pourquoi, si ce n'est qu'il ayt parlé contre M. Ratabon, à ce qu'il dit. M. de Villarseau et M. Leclerc, affaires de famille; ils paient leur despence, comme il est porté dans l'ordre du Roy.

M. de Saint-Ange. Le Roy donne cela à son père et frère. M. Bardon a fait mille friponeries aux finances.

(Lellre de Besmaux à Colbert, ap. Depping, Correspondance administrative de Louis XIV, t. Il, p. 567.)

Doléances de du Junca sur ses fondions ("2>. Du 11e du mois d'octobre 1690 que je pris possession à la Bastille par ordre du Roy, Mon-

(,) Il faut lire : Ives. Cf. Ravaisson, I, 3o8. d'avoir pris le parti d'élaguer du texte de ce docu-

(s) Nous espérons que le lecteur nous pardon- ment les innombrables et surprenantes fautes d'ornera d'avoir manqué pour une fois à la règle, et thographe dont du Junca émaillait ses écrits. En

sieur de Besmaux, à mon arrivée, me fît l'honneur de me dire pour ma réception qu'il avoil deux officiers à luy, qui étaient de fort honnestes gens, que je devois bien vivre avec eux en bons camarades ensemble et que je devois prendre de leurs conseils.

Sur ce bon avis on en doit juger que Monsieur de Besmaux a bien voulu me confondre dans le nombre de ces officiers de charge et du service et de rouler avec ces prétendus messieurs, comme il y a paru en toutes les fonctions que j'ai esté obligé de faire parle peu d'application et le mépris qu'ils fout de s'attacher au service de la Bastille.

Au surplus je n'ai pas eu de peine W à surmonter tous les dégoûts qu'il a pieu à Monsieur de Besmaux de me donner en favorisant et protégeant en tout messieurs ces officiers contre moy et le service.

Depuis plus d'une année que je suis entré à la Bastille, j'ai esté obligé de faire le service qui s'ensuit :

Comme de se lever tous les matins le premier et le dernier couché;

Faire monter la garde bien souvent, eu l'absence de messieurs les officiers de Monsieur de Besmaux ;

Faire la ronde et la visite tous les soirs, dans l'incertitude que ces messieurs la fassent; Fermer les portes fort souvent, ne pouvant compter sur personne;

Prendre tout le soin de la garde du château, ne pouvant me fier ny reposer sur les deux officiers de Monsieur le gouverneur, lesquels ne font que ce qu'il leur plaist et ne rendent compte de ce qu'il s'y passe qu'à Monsieur de Besmaux;

Quand Monsieur de la BeynieC2) ou d'autres commissaires viennent pour interroger des prisonniers, il faut les aler prendre dans leur chambre et mener les prisonniers dans la salle de Monsieur de Besmaux en traversant toutes les cours, et il faut attendre dehors, à la porte, le plus souvent jusques à des huit heures de temps pour reprendre et ramener le prisonnier où on l'a pris;

Les prisonniers auxquels on a permis de voir du monde, il faut aussi les aller prendre dans leur chambre pour les mener, au travers de toutes les cours, dans la salle à l'ordinaire où les parents ou amis les attendent, et il faut, le plus souvent, rester avec eux tout aussi longtemps qu'ils veulent, estant obligé de les garder à veue, et ensuitte les ramener;

Il faut avoir le mesme soin et application pour quelques gens de la religion, lesquels sont veus et entreteneus par le Père Bordes, Monsieur La Tour d'Allier et Mme Chardon pour les convertir;

Suivre et garder les prisonniers qui ont la permission de s'aller promener au jardin et sur la terrasse de soir à autre;

A tous les prisonniers malades il faut les aller visiter souvent et en prendre du soin;

A ceux qui ont besoin du médecin et de l'apothicaire, il faut les aller mener où les malades sont, pour estre plus assuré de ce qui s'y passe, et des remèdes qu'on leur ordonne de prendre ;

Il faut estre présent quand on leur apporte;

Le prisonnier qui se trouve fort mal et en danger de mort, il faut redoubler tous ses soins pour le faire confesser, recevoir tous ses sacremens, et quand il en meurt, il faut satisfaire à tous les devoirs d'un bon chrestien;

A l'arrivée d'un prisonnier qui doit estre renfermé, il faut commencer à le visiter, le fouiller partout, sur luy et toutes ses hardes, et le mener dans la chambre qu'on luy donne; au sur-

voici quelques exemples, pris dans les premières lignes : cr Monsieur de Besemaux a mon arrivée me Ol l'oneur de me dire. . . qu'il avet deux ofisiers

à luy qui estetde fort honestes jeans. . . » etc.] etc. (l) Sic, bien que la négation ne s'explique guère. (i) Le lieutenant de police.

plus, il faut prendre le soin de lui faire donner et apporter tout ce qui lui est nécessaire pour la garniture de sa chambre, en paiant bien chèrement au tapissier de Monsieur de Besmaux, ou bien à la maislresse d'hostel ;

Les prisonniers renferme's qui obtiennent leur liberté entière, il faut aussy les fouiller tous, et visiter leurs hardes avant que de sortir, à cause de la grande communication qu'il y a entre les prisonniers, les uns aux autres;

Il faul aussi avoir le mesme soin de fouiller le prisonnier qu'estant enferme', pour le mettre dans la liberté de la cour, ce qui arrive assez souvent;

Messieurs de Lausillon et de Gray viennent quelquefois pour parler à des prisonniers renfermés; Monsieur de Besmaux, qui le trouve bon sans aucune précaution, il faut avoir l'honneur et le plaisir de conduire ces Messieurs dans la chambre des prisonniers, et le plus souvent, pour l'intérêt que le sieur de Gray y trouve, faire des visites dans toutes les chambres et fouiller partout, mesme tous les prisonniers, et dans leurs hardes; comme aussy il faut visiter tout ce qui vient du dehors pour les prisonniers renfermés, et ce qui en sort pour raccommoder ou blanchir leurs hardes ;

Dans le nombre qu'il y a de prisonniers, quelques uns, journellement, se trouvent en nécessité ou besoin de quelque chose, ou bien pour quelque plainte de leur nourriture ou mauvais traitement du porte-clefs qui les sert; lesquels prisonniers, dans leur malheur, sont obligés de heurter à la porte pour advertir de leurs besoins; ce sont des occasions qui arrivent souvent et d'un grand bruit, où il faut aller rendre de fréquentes visites;

Il faut prendre garde à la nourriture que l'on donne aux prisonniers, estant fort souvent mauvaise, du mauvais vin et du vilain linge;

Visiter souvent toute la vaisselle dont on se sert ordinairement pour les prisonniers renfermés, lesquels escrivent sur les plats et les assiettes bien souvent, pour se donner de leurs nouvelles les uns aux autres;

Il y a à prendre garde et de bien observer sur toutes les personnes qui entrent dans la Bastille, surtout pour les femmes et fdles, qui viennent pour voir des prisonniers qui sont dans la liberté de la cour ;

Aux bonnes festes de l'année, il faut prendre tous les soins de faire confesser, entendre la messe et communier les prisonniers auxquels il est permis, par ordre, de le faire;

Aler plusieurs fois le jour et le soir sur les planches en dehors du chasleau, pour contenir les prisonniers qu'ils ne se parlent les uns aux autres d'une tour à l'autre, et d'envoyer des soldats dans les environs de la Bastille pour prendre des gens qui font des signes aux prisonniers qu'ils connaissent; et bien souvent, ce sont des prisonniers qui ont eu la liberté, voulant rendre service à ceux qui restent, la communication estant partout et [toujours] la cause de tous ces desordres;

On doit aussy aporter un grand soin à prendre garde à tout ce qui se passe dans le dedans du chasteau pour les prisonniers de la liberté, leurs valets et pour tous les domestiques qui servent la maîtresse d'hôtel et d'autres gens qui viennent, estant un grand abord de monde;

Depuis trois mois qu'il y a qu'on travaille aux reparacions, il ne faut pas quitter les ouvriers d'un moment, travaillant dans les tours où il y a des prisonniers au dessus et au dessous, à quoy il faut prendre bien garde où pas un de ces messieurs ne paraissoit ;

Dans les saisons où il y tombe de la neige, il faut soigneusement la faire oster de dessus la terrasse et sur les- planches du colidor, quoyque le travail ne soit pas approuvé: à tout cela messieurs les officiers de Monsieur le Gouverneur sont dispensés de ces soins, que quand bon leur semble, et approuvés de ce qu'ils font.

On apprendra par d'autres que par moy la conduitte que je tiens à mon obéissance pour le service du Boy.

Le revenu du dehors de la Bastille, en maisons, les herbes des fosses et un bateau pour passer le petit ruisseau, le tout se montant à plus de trois mille livres de revenu, naturellement dans toutles les places les dehors appartiennent au lieutenant du Roy, major et aide-major; s'il plaist à S. M. de faire une augmentation de ces deux officiers, major et aide-major, le revenu fera une partie des appointemeus qu'elle voudra leur donner, qui luy servira de recompense, comme aussy pour les trois capitaines des portes.

Il y a encore à représenter à Vostre Majesté qu'ayant un médecin et un apothicaire en charge à brevet pour le service de la Bastille, qu'il plaise à Vostre Majesté de faire la mesme chose pour le chirurgien , estant comme les autres sur Testât de cent quatre vingt livres d'apointemens par an, en la mettant à charge à brevet, aux mesmes honneurs du médecin et de l'apothicaire; il s'y trouvera d'iionnestes gens et fort habiles dans le mestier, qui seront bien aises d'en donner quatre à cinq mille livres, laquelle somme je prie Vostre Majesté de m'en faire le don, celte charge estant à présent exercée par le valet de chambre de Monsieur de Besmaux sans aucun titre.

Dans toutes les rejouissances que l'on fait, qu'il faut faire tirer du canon, il faut que j'en prenne tous les soins, ces messieurs ne voulant pas s'en donner la peine; du moins, ils croient que je suis obligé de le faire, comme bien d'autres choses.

Par un prompt remède à tous ces abus, il est avantageux pour le service du Roy, et d'un grand bien pour le bon ordre qu'on doit tenir dans la Bastille, que Sa Majesté fasse une création de deux officiers en charge de major et d'aide-major, faisant le choix de ces deux officiers dans les gardes du Boy, en prenant un brigadier et un sous-brigadier; et déplus, il est très nécessaire de créer aussy trois capitaines de portes, par trois gardes du Boy, lesquels seront chargés de toutes les clefs du chasteau et du soin de tous les prisonniers par eux mesmes, en leur donnant sous eux trois bons et fidelles hommes, qui seront soldats, pour servir les prisonniers; lesquels trois capitaines de portes et les trois valets pourront trouver leur nourriture sur la depence et le fonds de tous les prisonniers.

(Bibl. de l'Arsenal, Cahier in-i° annexé au second volume du Journal de du Junca, n° 5i3i.)

Bâtiments de l'hôtel du Gouverneur.

Mémoire pour le gouverneur du château de la Bastille à S. A. R. M9' le duc d'Orléans ,

régent du royaume.

Le gouverneur du château de la Bastille remontre très humblement à V. A. B. que les gouverneurs, ses prédécesseurs, ont toujours logé dans un corps de garde proche la porte de la première cour de la Bastille; que ce petit logement consistoit en une petite salle, une chambre dessus en galletas et un petit cabinet, et à l'autre bout de la cour il y avoit un petit logement de bois où couchoienl leurs domestiques.

Le Boy ayant fait la grâce au sr de Bernaville de luy donner le gouvernement, il logea pendant doux ou trois ans dans ces deux petittes maisons; mais voyant qu'elles menaçoient ruine, et qu'ils estoient tous en danger d'être écrasés, il pria Mr le Pelletier, lors directeur des

Fortifications, de les faire visiter; lequel ordonna à M. de Montagny, commissaire pour la direction des fortifications de la Bastille, et au sr Bullet, arcliitecte du Roy, d'en faire la visite. Ils en dressèrent leur procès-verbal, lequel ayant été porté au feu Roy, S. M. ordonna de faire un bâtiment capable de loger le sr de Bernaville et ses domestiques. L'adjudication en fut faite au rabais à 8,Goo livres, mais, s'etant rencontre' des difficultés dans l'exécution de cet ouvrage, qui en augmcntoient la dépense, les srs de Montagny et Bullet jugèrent à propos, ainsy qu'il est porte' dans leur procès-verbal, que, sans avoir égard à ladite adjudication, on continueroil l'ouvrage suivant les ordres qu'ils en donnoient au sieur Loir, entrepreneur; ce qui a augmenté la dépense des bâtiments jusqu'à 10,886 livres, sur quoy le sr Loir, entrepreneur, n'a reçu du trésorier des fortifications, suivant le certificat du sieur Guicbon, que 4, 000 livres; le surplus a été avancé par le sr de Rernaville audit Loir, dont il représente la quittance du 1 3 janvier 1716, sans quoy son bâtiment n'auroit point été acbevé et n'auroit point trouvé à se loger, et pour recevoir les personnes de condition qui viennent voir leurs parents et amis détenus par ordre de S. M. dans le château de la Bastille, où il ne convient pas toujours que les étrangers entrent, à cause des prisonniers qui y sont et à qui on donne quelquefois la liberté de se promener dans la cour, ou de ceux même qui n'en ont aucune.

Je supplie V. A. B. d'ordonner son remboursement de la somme de 6,886 livres, en argent ou en billets d'Etat, dont il est en avance, n'étant pas juste qu'il fit à ses dépens un logement pour ses successeurs.

(Arsenal, ms. ia,6o3.)

Ordonnance du Roy pour la formation d'une compagnie de bas-officiers invalides destinée à servir à la garde du château de la Bastille.

(3i décembre 1 7^9.)

De par le Roy,

Sa Majesté ayant jugé à propos de faire licencier la compagnie franche qui servoità la garde du château de la Bastille et voulant qu'elle soit remplacée par une compagnie de bas-offiriers. tirée de son hôtel royal des Invalides, Elle a ordonné et ordonne ce qui suit :

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