LES TROIS CENTS
EUX qui ont entendu parler des 300 combattants de Châteaugua;, et qui se rappellent leurs classiques, imaginent que O’Svllivan, un garçon très lettré, n’a rien trouvé de mieux que de dire : ‘ Nous étions trois cents,” comme aux Thermopyles, ce qui constituerait une vantardise dans la bouche du soldat historien ; mais nous allons établir d’une manière raisonnable ce chiffre de trois cents.
Le gouverneur Prévost, dans sa dépêche du 30 octobre, dit positivemert que Salaberry n’engagea pas plus de trois cents hommes dans le combat.
Michel O’Sullivan, aide de camp de Salaberry, affirme avec force qu’ils étaient trois cents hommes faisant le coup de feu, et que le reste était en réserve en arrière.
M. John McKenzie, de Terrebonne, bourgeois de la compagnie du Nord-Ouest, qui s’occupait activement des affarres de milice à l’époque en question parce que les voyageurs de sa compagnie avait été placés presque tous sous les ordres de
Salaberry, possédait un exemplaire du dictionnaire topogra-
phique de Bouchette, et, dans la marge de l’article Château-
quay, il écrivit cette note :
Une compagnie Fencibles
Une compagnie Dal... ss ss Une compagnie Chasseurs... sus sense oossssse à Une compagnie ler bataillon...
Deux compagnies Voltigeurs........... CRPEETE
SAUVALOS.. 00. s00 000 00000 000000 vo0v00 00 À POU Près, ss. CEPPTETE TETE
Dans tout le volume, M. McKenzie n’a fait que cette note ; on peut en conclure qu’il y attachait de l'importance. C’est M. Alfred Garneau, fils de notre historien national, qui m’a fait connaître cette aunotation avec la remarque que, vis-àvis le chiffre 590, il y a le mot “ about ” ce qui veut dire “ à
peu près certain.”
Le lieutenant Pinguct dit que la compagnie des Fencibles était de 72 hommes, et de Salaberry affirme que Daly n'avait avec lui que 50 hommes. Comme nous avons la preuve que Lamothe employa seulement 22 sauvages, il faut donc défalquer du chiffre 590: 8 Fencibles, 20 compagnie Daly, 128 Sauvages ; total, 156.
Ce qui nous permet de dire qu’il y avait sur le terrain :
Fencibles
Daly soso see
Chasseurs ....,.,....., écarennse sa sndsen na css tentes es acc. SÙ VOItINOU TS és resée irons odasiissnecese ones ss ooses sescsss ss eevise 140
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note ; C’est i m'a vis-à-
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Les deux cert vingt-six hommes, dont 128 sauvages tenus en réserve, ont pu envoyer durant la journée, des petits détachements pour éclairer la situation, mais on ne les qualifie vas de combattants.
Il est donc certain que de Salaberry avait plus de 300 hommes au feu, muis pas jusqu’à 400.
William James (Military Occurrences of the war of 1812), dit que six cents des hommes de Salaberry étaient postés dans les 2°, 3° et 4° lignes des abatis, où commandait le lieutenant-colonel Macdonell, C’est beaucoup de monde accordé à la réserve. W.-D. Lighthall, évidemment mieux renseigné, place deux cent quarante hommes en première ligne, et ajoute que Salaberry n'avait en tout que quatre cent quatre-vingt-dix hommes—par conséquent, la réserve était de deux cent einquante hommes.
Lorsque le gouverneur Prévost dit que les Canadiens luttèrent contre une force de vingt fois leur nombre, il double le chiffre des Américains car 590 multiplié par 20 donne 11,800, alors que Hampton ne comptait guère plus de 6,000 soldats sous ses ordres. Le même gouverneur dit avoir entendu les prisonniers Américains lui affirmer que le nombre de leurs troupes s’élevait à 7,000 hommes d’infanterie, 200 cavaliers et 10 pièces de campagne. O’Sullivan met pour les Américains 7,000 hommes de pied, 400 cavaliers et 10 ou 12 <anons.
Dans un autre endroit, il dit qu’il avait en face de lui 3,000 à 3,500 hammes d'infanterie, 3 escadrons de cavaleri? et 3
canons, puis il ajoute que Purdy du côté droit ou sud de la rivière, commandait une autre colonne de 1500 hommes, ce
qui, en fin de compte, nous donne 5,200, On est cependant
d'accord à admettre que Hampton avait bien avee lui 7,000 hommes et que Salaberry ne commandait que 450 hommes,
à part 150 sauvages.
Pinguet dit que l'ennemi a perdu environ 500 hommes tant tués que blessés et manquants. Il dit aussi que les Américains étaient 2,000 d'infanterie et 200 de cavalerie. Salaberry met 1,500 d’infanterie et 250 dragons, mais il observe
que ses hommes trouvaient cette estimation trop basse.
Ailleurs, Pinguet dit que dans les bois, à Châteauguay, trois cents hommes ont combattu contre cinq mille, de dix heures et demie du matin à deu’, heures et demie de l’aprèsmidi, tandis que en plaine, à Crysler Farm, huit cents se sont mesurés contre quatre mille. Dans les deux cas, ses chiffres sont acceptables. Citons un autre passage de Pinguet.
‘# Nous avions à combattre contre deux mille hommes de pied et deux cents hommes de cavalerie.” Cet officier, de même que Salaberry, ne semble pas tenir compte des quinze cents hommes de Purdy.
La bataille de Châteauguay a eu lieu à coup de carabines, sans l’usage du canon, du sabre ou de la baïonnette ; la cavalerie américaine a exécuté une seule charge et cela contre le capitaine Lamothe qui lui a promptement fait tourner bride,
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