‹ La bataille de Châteauguay [microforme]Chapitre 17 sur 18 · A CAVA · texte numérisé non relu

A CAVA

contre:

ourner:

“ Nous ne perdions pas de temps: nos soldats ont tiré entre trente-cinq À quarante cartouches, et en si bonnes directions que les prisonniers que nous fîmes le lendemain disaient que uos balles passaient À l'égalité soit de la tête soit de la poitrine. Notre compagnie seule s’est battue là environ trois quarts d'heure avart que de recevoir du renfort, La perte de l'ennemi a été d'environ cinq cents, tant tués que blessés et manquants. Nous en avons enterré environ un cent. Notre perte n’a été que de trois hommes faits prisonniers et quatre blessés, dont trois seront bientôt prêts À faire

le service.”

Sur la principale ligne de bataille qui formait un angle (ou

un coude) il y avait avec Salaberry à peu près 240 hommes ;

si vous admettez que de l’autre côté de la rivière la compa-

gnie Daly et la milice de Beauharnois formaient 120 hommes, nous avons une distribution à peu près exacte des combattants. En arrière de ceux-là se tenait la réserve prête à être appelée au premier ordre,

On s’étonnera peut-être des précautions que je prends pour établir ces chiffres, mais comme il n’y a rien de positif sur ce sujet je crois nécessaire d’argumenter, er attendant que les archives qui concernent cette partie de notre histoire (si toutefois il en existe) aient été ouvertes au public. Il n’est pas possible de reconstitner les événements de la campagne

de Châteauguay à l’aide des récits des historiens,

O’Sullivan dit qu’il y avait dans les Fencibles trois hommes

qui n'étaient pas Canadiens ; il ajoute que trois officiers du,

détachement de Salaberry étaient Anglais.

Prévost explique que Salaberry n'avait avec lui que des Canadiens.

On aura beau faire et beau dire, ce fut une victoire unique-

ment due aux Canadiens-Français.

Il y a des noms anglais parmi ceux des officiers qui ont pris part à la bataille : Daly, O’Sullvan, Ferguson, Schiller, Johnson, Macdonell, maïs tous parlaient le français aussi

bien que l’anglais, quelques - uns même ne savaient que le

français. La plupart des Fencibles étaient Canadiens-Françeis. Le lieutenant-colonel William Coflin a eu raison de dire que la bataille de Châteauguay fut gagnée par la milice canadienne-française. Il ajoute que les Canadiens-Français ont peu fait pour répandre la renommée de cette victoire, ce qui explique pourquoi elle est inconnue de presque to”'s les

historiens.

Un devoir qui incombe aux Canadiens-Français d’aujourd’hui, c’est de mettre sous les yeux des lecteurs la narration détaillée et concluante de la campagne de 1813 sur la rivière Châteauguay, afin qu’il ne vienne plus personne nous dire que ce fut un événement sans valeur et que, du reste, s’il faut en parler, les Anglais y ont eu leur large part. Notre peup'e se montre très fier de la victoire du 26 octobre, parce que ses pères lui ont appris à s’en énorgueillir, mais il est incapable de répondre à ceux qi veulent l’amoindrir ou la faire oublier, J’ai plus d’une fois gémi de cette déplorable ignorance et ‘2 fais mon oossible pour qu’elle disparaisse. I] y a soixante ans, toute l’ancienne histoire du Canada était

que des

unique-

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traitée avec mépris par les étrangers ; faute de livres nous ne pouvions pas plaider sa cause. Garneau s’est mis à l’œuvre et, à présent, il ne s'élève plus une seule voix honuête pour dénigrer ce passé glorieux. Faisons la même chose pour Châteauguay et, encore une fois, nous resterons vainqueurs dans cette lutte qui ne recommence sans cesse que parce que nous ne savons pas toujours nous défendre à propos.

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