INAUGURÉ A CHAMBLY
SSI
à la place d'honneur sur le monument de Châteauguay. C’est pour le coup que la phalange entière des braves du 26 octobre se lèverait pour flétrir de nouveau “le maudit homme ” qu’elle méprisait tant !
Les Cauadiens-Français ont négligé d’écrire le récit de cette guerre, tout en conservant son souvenir au coin du feu, dans les conversations familières ; c’est ce qui explique pourquoi l’histoire imprimée en français attache si peu d'importance à cette bataille. Garneau en parle mieux que tous les écrivains canadiens-français.
Le Témoin Oculaire et Pinguet sont notre seule ressource, à peu près ; sans eux nous ne pourrions presque pas retracer les faits et gestes des héros de 1813, encore moins démêler les évènements de la bataille de Châteauguay. Les écrivains anglais du Canada n’ont pas fait valoir en Angleterre l’importance de ces évènements. Pour ce qui est des dépêches officielles, comme celles du gouverneur Prévost, elles sont à la fois insignifiantes et inexactes. A certains égards, elles sont
criminelles.
Il est évident que le gouverneur voulait assumer après : coup la responsabilité et l'honneur d’avoir repoussé l’ennemi dans des conditions qui, militairement parlant, ne pouvaient produire un succès que par des actes d’audace et grâce à un commandant sûr de son monde.
Sir George Prévost, livré à lui-même, ou de Watteville laissé indépendant, eussent reculés devant Hampton, mais de
Salaberry, qui connaissait mieux sa besogne, arrêta le général américain juste à l’endroit où il pouvait le défaire plus faci-
ment et briser le plan d’invasion du Bas-Canada.
Joignons à cette remarque les procédés que Prévost et Watteville employèrent pour étouffer l’affaire ou en soutirer le mérite. M. Joseph-Françoïis Perrault écrit dans son Abrégé de l'Histoire du Canada :
‘ On fut informé par un ordre général daté de la Fourche, sur la rivière Châteauguay, du 27 octobre 1813, du succès
brillant d’un engagement entre l’armée américaine sous le
général Hampton et nos piquets avancés, où le lieut.-colonel
de Salaberry repoussa la principale c-lonne de l’ennemi, avec
une poignée d'hommes du corps de Voltigeurs et des Cana-
diens fencibles n’excédant pas trois cents hommes, quoique
Al
l'ennemi revint plusieurs fois à la charge. Ces avantages
furent dus à la sagesse des dispositions du général de Watteville et à l’intrépidité du lieutenant-colonel de Salaberry et à
la bravoure des Canadiens sous ses ordres.”
M. Perrault ne pouvait que répéter ou analyser l’orûre
général qui venait d’être promulgué. Or voici la réponse
vigoureuse et noble à la fois, que Salaberry opposa au dire de Watteville et de Prévost. C’est une lettre adressée au
colonel Baynes, adjudant-général :
‘ Aux Avant-Postes, le 1er nov. 1818.
# Monsieur— Au sujet de l’ordre général du 27 du mois dernier, qui parle de l’action dans laquelle j’ai repoussé l’armée
général us faci-
vost et soutirer ns son
'ourche, a sUCCÈs sous le -colonel mi, avec es Canaquoique antages | Watterry et à
l’orûre réponse au dire issée au
u mois ’armée
du général Hampton, j'observe avec regret que le choix des différentes positions que j'ai défendues ne m’est pas attribué, non plus que la disposition que j’ai faite de mes hommes ne paraît comme si elle était de moi ; il résulte de cela que la plus grande partie du mérite d’avoir combattu toute une armée m'est enlevé.
“ Pour éclaircir ce sujet il est nécessaire que je dise que le 21 octobre, lorsque l’on rapporta à l’église de Câteauguay, durant la nuit, que l’ennemi avait surpris le piquet placé à Piper’s Road, on m’envoya avec mon corps vers la rivière des Anglais, et une fois arrivé à cet endroit m’apercevant que l’ennemi paraissait plutôt descendre lu rivière Châteauguay pour marcher sur Montréal, je ne perdis pas de temps et poussai avec mes troupes pour prendre les trois positions avancées et commencer à les fortifier de mon mieux (je n’avais que quelques haches en ce moment).
“Je distribuai les hommes selon le besoin de la défense, J’ordonnai aussi la construction du fameux abatis situé deux milles en avant des trois positions ici mentionnées, et j'y marchai le 26 pour reconnaître l’armée américaine, que j’aperçus approchant de nous. Je fis aussitôt compléter les travaux de défense sur les deux rives de Châteauguay où, après un engagement obstiné qui dura quatre heures, je réussis à renverser son projet qui consistait à pénétrer dans le cœur du pays, et je l’obligeai à se rendre dans son ancienne position à cinq milles plus loin ; elle a perdu à peu près 70 hommes
tués et 16 prisonniers à part un graud nombre de blessés ; à
peu près 150 fusils, 6 tambours etc., sont tombés entre nos
maivs. J'ajoute que depuis lors, l'ennemi s’est retiré dans son propre pays. [Il est vrai que le général de Watteville a inspecté mes positions et ies a approuvées, ainsi que les ordres que j'avais donnés pour leur défense, Les préparatifs pour recevoir l’ennemi ont été faits par moi-même ; personne n’est intervenu dans ces arrangements et aucun officier supérieur ve s’est montré avant que l’action ne fût terminée. Il est vrai que j’ai été habilement secondé par le lieutenant-colonel Me. Donell des Glengarry Fencibles, qui avaient pris la quatrième position deux jours avant la bataille, et aussi par tous les
officiers sous mes ordres.
J'ai le regret de voir en lisant l'ordre général du 27, que le lecteur peut supposer que j'avais été envoyé en avant pour couvrir les partis de travailleurs. Cette idée est fausse en ce qu’il n’y avait pas de travaux en voie d'exécution et je n’ai fait faire des abatis et autres ouvrages de défense que ceux qui m'ont paru nécessaires pour empêcher que mes positions ne fussent tournées ou forcées ; ces ouvrages je les ai ordonnés moi-même, n’ayant point d'ingénieurs avec moi. Je m'étais placé en avant de l’abatis dans l'intention d’y commencer la défense, et je trouvai cette position avantageuse, parce que je voyais très bien les colonnes ennemies qui s’approchaient à pleine m'iche. Tout ceci je l’ai fait de ma propre décision. C’était ‘re entreprise désespérée. Elle a réussi, et l'ennemi, au lieu d aller jusqu’à Montréal, est retourné à Four-Corners. Les intentions de l’ennemi se sont fait connaître par des ci:constances qui concourent les unes avec les autres et par le rapport des prisonniers. L’ennemi n’était certainement pas en marche avec armes et bagages et toute
é dans ‘ville a sordres 8 pour 1e n’est périeur est vrai nel Meatrième
ous les
du 27, n avant t fausse
ion et je
son artillerie, pour le simple objet d’aller attaquer quelques bûcherons.
“ Tels sont les vrais événements qui concernent l’engagement du 26, et je suis chagrin au fond de mon cœur de voir qu’il me faut partager le mérite de cette action avec d’autres personnes, et que me voilà réduit à n’avoir fait que couvrir quelques ouvriers. Je pense que si l’on attache du mérite À cette opération je dois l’avoir tout entier.
“ Je ne puis terminer sans vous prier de mettre devant Son Excellence le gouverneur-général le présent exposé, car j'en appelle avec confiance À sa justice.”
On a vu, plus haut, que cette justice n’existait pas.
L’historien William Kingsford (qui vient de mourir), a écrit. : “ Sir George Prévost n’avertit pas le général Brock de la déclaration de guerre en 181%. mais ce dernier officier le sut par des amis qui avaient des renseignements sûrs. .... En ce qui concerne Châteauguay, je ne connais dans l’histoire militaire rien qui égale les ruses de sa dépêche du 31 octobre 1813 au ministre. Tout d’abord, pourquoi l’a-t-il écrite? C'était à Salaberry que ceia appartenait, et le gouverneur devait transmettre le rapport aux autorités impériales, mais celui-ci est relégué en arrière et ne compte pas. La
‘conduite de Prévost à Sackett’s Harbour (avant Châteauguay) est blâmable À tous égards ; pourtant, cette fois, il fait écrire la dépêche par l’adjudant-général, et il se borne à la transmettre. Il s’est approprié la gloire de Salaberry à laquelle il n’avait pas l'ombre d’un droit.”
C’est à nous de faire entrer dans l'Histoire cette page que l’on nous a dérobée, que dis-je ! cette page que l'Histoire ne connaît pas encore !-—-et pour cela il faut écrire, il faut planter des monuments de g@nit, il faut répandre par la gravure le souvenir de ce jour à jamais mémorable, (C’est une revendication. Aussi, lorsque le parlement fédéral a affecté quelque six mille piastres pour venir en aïde aux dépenses de la construction de monuments sur les champs de bataille de Lundy’s Lane, Crysler Farm et Châteauguay, avons-noùüs été heureux de joindre notre concours aux Anglais de la Société Historique de Châteauguay qui offraient de prendre la direction de la ‘ colonne de Falaberry”, comme on s’exprima tout d’abord. Aussitôt surgirent des réclamations de la part d’un petit nombre de faiseurs d’histoire pour que le département de la milice inscrivit sur la pierre commémorative les noms de 1° Prévost, 2° Watteville, 3° Herriott, 4’ Salaberry, 5° Macdonell. Ceci fut cause que l’on ne mit ancun nom sur la colonne. Prévost et Watteville n’était pas dignes de cet honneur ; Herriott n’était pas à la bataille ; Macdonell y était, mais ne s’était pas battu. Les auteurs de ce mensonge historique ne mentionnaient aucun des officiers qui avaient combattu. Je proposai alors de graver sur la base cette simple phrase : ‘ Ce lieu a -a l’armée d’invasion marchant sur Montréal repoussée et mise en déroute par la milice du Bas-Canada.” On ne vôulut pas de cette vérité ! Eh bien ! je donne ici les noms de ceux que l’histoire acceptera comme ayant droit au souvenir de la postérité pour avoir été au feu durant la bataille de Châteauguay :
| page que
Listoire ne ut planter rravure le ne revenecté quelnses de la ataille de s-nous été la Société > la direcrima tout part d’un artement les noms 7, 5° Macm sur la a de cet cdonell y aensonge i avaient ase cette aarchant lice du &h bien !
comme 6 au feu
Lieuteuant-colonel Charles-Michel] d’'Irumberry de Salaberry ;
Capitaines : G.-R. Ferguson, Jean-Baptiste Juchereau- Duchesnay, M.-I Juchereau-Duchesnay, C. Daly, G.-M. La Mothe, J.-B. Bruyère, B. L
‘Ecuyer, P.-D. Debartzch, J.-M. Longtin, L, Levesque ;
Lieutenants : Michel O’Sallivan, W.-D. Jounson, Pinguet, J, Hebden, B, Schiller, Louis Guy.
Charles
RENE PES Cr
APN NÉE AT Re