‹ La bataille de Châteauguay [microforme]Chapitre 7 sur 18 · CH:4: SALABERRY.C.B · texte numérisé non relu

CH:4: SALABERRY.C.B

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Ordonnez à vos soldats de faire un feu roulant, et vive la vieille Angleterre ” !

La coutume de haranguer les troupes en abordant l’ennemi date de la révolution française, c’est-à-dire qu’elle était toute nouvelle en 1813. Elle est restée essentiellement française. Nous ne comprenons pas que Salaberry ait eu l’idée de s’en servir.

Les narrations si complètes et si précises des deux témoins oculaires, Miche! O’Sullivan et Charles Pinguet, ne disent. mot de ce prétendu discours. Remarquons aussi que les cinq cents hommes de Saleberry étaient dispersés sur un mille de profondeur avec un demi mille de front. La forme de la bataille écarte toute idée d’une improvisation de ce genre.

Napoléon, qui se montrait prodigue de ces sortes dexercices oratoires, adressait ses paroles aux troupes par le moyen de papiers imprimés que chaque colonel, quelquefois un sergent, lisait dans les corps avant que d’ébranler ceux-ci pour le combat.

L'existence du morceau littéraire ci-dessus (assez ampoulé d’ailleurs) semble d’une origine fort douteuse. Nous aurions besoin de bonnes preuves pour croire à son authenticité historique. C’est évidemment une composition de collège, mais elle a pu être faite par un vieillard tout aussi bien que par un enfant.

“ Voltigeurs !...”” Pourquoi les Voltigeurs plutôt que les autres qui dépassaient huit fois leur nombre? L'auteur

inconnu du discours tombe dans l’erreur populaire qui donne aux seuls Voltigeurs le gain de la bataille. Salaberry n’aurait pas commis cette bourde car il y avait en première ligne les Fencibles, les Voltigeurs, la milice de Beauharnois et d’autres qui méritent toute notre attention. “ Mon sabre lui fera sauter la tête...” Tout cela pour avoir manqué un coup de fusil ! Tamerlan parlait de la sorte, s’adressant à des barbares. Les chrétiens n’ont pas de ces allures.

“ Clairons ! faites un bruit d'enfer...” Ces paroles nous remettent en mémoire le bon nègre Soulouque I, empereur d'Haïti, commandant d’une voix sonore : Tambours, roulez ! Pas de roulement. Le tambour-major, interpellé, répond en son langage naïf :

— Ti dis tambou oulez...pouquoi ti dis pas : tambou oulez si ou plait ?

À la finarrive le bouquet : Vive la vieille Angleterre” ! Ces quatre mots signifient peut-être : ‘“ Hourrah pour les Canadiens ” !

J'ai connu plusieurs des combattants de Châteauguay qui appartenaient aux Voltigeurs et aux Fencibles, soit les deux compagnies près desquelles de Salaberry s'est tenu le plus longtemps toute cette journée. Ils m'ont fourni d’abondants détails sur l’affaire et cela est consigné dans mes notes prises au fur et À mesure de nos conversations. Aucun d’eux n’a fait allusion à un discours quelconque, mais le sergent Charles

Burke (Canadien-Français) m'a raconté, en 1°60, ce qui

suit :

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“ Le colonel avait l’œil partout. En voyant un soldat qui épaulait son arme, il se plaça derrière celui-c1 pour juger du tir. Le coup partit. L'homme visé resta debout.

—C'est-y pour ça que tu es venu ici, Jérôme? lui ait le colonel d’un air bourru.

“ Il savait nos noms par cœur. Lorsque Izard monta par le chemin pour nous prendre en fianc, le colonel passa tranquillement derrière notre compagnie et on l’entendait dire tout haut} comme s’il était agacé :

— Bravez, mes damnés! bravez! si vous ne bravez pas vous n'êtes pas des hommes !

“ Ensuite, lorsqu'il monta dans un arbre pour voir ce qui se passait à la rivière, il criait à nos gens :

—Tirez pas tous ensemble... laissez avancer le capitaine Daly...Bon ! C’est mieux... continuez ” |

Combien plus cette description est naturelle ! À quoi sert d'imaginer des phrases qui ont l’air de dire :

— Soldats ! contemplez les pyramides pendant quarante 8 cles!

On a souvent parlé de trois stratagèmes que nos gens

employèrent pour tromper l’ennemi en cette circonstance et

qui produisirent l’eflet désiré. Le premier consistait à se

montrer à l’orée du bois en habits rouges puis de disparaître, de retourner l’uniforme, qui était doublé de flanelle blanche, et de revenir ainsi ayant les apparences d’une troupe nouvelle. Secondement on envoy: une vingtaine de sauvages

pe

s’éparpiller sous les arbres pour faire retentir la forêt de leurs cris ordinaires et se montrer, de place en place dans leur costume national avec des figures bigarrées de rouge, de noir et de bleu, en brandissant la hache de guerre et le casse-tête. Bon nombre de soldats de Hampton étaient de la Virginie (il y avait même des nègres) et redoutaient les sauvages à légal du malin esprit, peut-être plus encore. Dans son imagination, Hampton multipliait chaque guerrier ou Abénakis par le chiffre vingt. La troisième ruse fut, pour le moins, aussi efficace, sans être tout à fait nouvelle emrelle-même. Elle consista à envoyer dix ou (louze trompettes au milieu du iaärais qui s’étendait à la droite des retranchements d'arbres abattus et de leur faire sonner la charge avec rage comme pour indiquer à des troupes (imaginaires) la route qu’elles devaient prendre. Ceci eut lieu lorsque MeCarty voulut attaquer de Salaberry sur son flanc droit, après dîner, comme

nous le verrons.

Qui avait inventé ces tours ? Personne ne le dit. Ce fut probablement une idée de nos gens et elle s’exécuta d’en-

thousiasme sans rien gâter à la défense, au contraire !

Lorsque de Salaberry s’avança au plus près du camp ennemi pour voir ce qui s’y passait, il aperçut les soldats américains prenant leur dîner. 1] devait être en effet midi.

Les Canadiens suivirent cet exemple.

Hampton se demandait déjà, sans doute, sil abandonnerait la partie.

Salaberry s'attendait au contraire à une chaude attaque. I ne se tromvait pas.

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Purdy étant repoussé, Izard reculant pour revenir avec

plus de forces, O’Sullivan nous décrit la situation :

“ Dès que le lieutenant-colonel de Salaberry eut entendu le feu, il partit du front de l4 première ligne et prit avec lui trois compagnies : celle du capitaine Ferguson, du régiment canadien (F'encibles) qu’il déploya à la droite et à l’avant de l'abatis, celle du capitaine J.-B. Duchesnay, à qui il ordonna d'occuper la gauche, en s'étendant en même temps du côté de la rivière, et celle du capitaine Juchereau-Duchesnay qui, avec environ cinquante ou soixante miliciens de Beauharnois, fut placée derrière, en potence, à la gauche de Pabatis, de manière à pouvoir prendre l’ennemi en flanc, s’il avançait contre la milice de Beauharnoiïs, sur la rive droite de la

rivière.

“ Il y avait environ une vingtaine de sauvages avec les hommes de la compagnie du capitaine Ferguson, sur la droite,

Le lieutenant-colonel se plaça au centre de la ligne de front.

‘ Ces sauvages, sous les ordres du capitaine La Mothe, étaient placés à la droite de la souche où se tenait Salaberry

en premiere ligne.

“Il voyait alors devant lui un ennemi avec lequel il s'était deux fois efforcé d’en venir aux prises depuis le commencement de cette campagne ; l’occasion tant désirée se présentait, et l'événement a montré comment il a su en profiter. Entre l’abatis et la première ligne étaient placées les compagnies de Voltigeurs du capitaine L’Ecuyer et la compagnie légère du capitaine Debartzch du 5° bataillon de la milice

incorporée, ayant leurs piquets de flanc sur la droite. Un

gros corps de sauvages, sous le capitaine La Mothe, était

répandu dans le boïs, à la droite du capitaine Debartzch.

‘“ Sur ces entrefaites, l'ennemi commença à se former dans une grande plaine qui aboutissait presque à une pointe, en front de l’abatis ”.

Cet abatis c’est la première ligne, à la crête du ravin. Hampton, en face, dans l’une de ces clairières assez fréquentes après les feux de forêts ou produites par la mauvaise qualité d’un sol qui ne pousse point d’arbres. Arrivé là, il avait en travers de son front la coulée Bryson et de l’autre côté de cette coulée La Mothe, Ferguson, Duchesnay, le blockhaus

en première ligne, Salaberry était au milieu de cette ligne. gne, y 5

C’est l'endroit où se dresse aujourd’hui la colonne élevée

le 26 octobre 1895.

Un peu en arrière d’eux, se trouvait le premier abatis.

Le général Hampton commandait en personne sur la rive gauche de la rivière ; il avait avec lui le 10°, le 31° et autres régiments, faisant environ trois mille ou trois mille cinq cents hommes, avec trois escadrons de cavalerie et trois pièces d'artillerie. Néanmoins l'artillerie ne fut pas employée dans

l’action.

Il y avait cinq semaines que Salaberry cherchait l’occasion

qui s’offrait à lui en ce moment.

D’après la carte cadastrale actuelle, Hampton était placé sur le lot de terre numéro 35, Salaberry sur le numéro 34 ;

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la coulée passait entre eux; le lot 33 est la propriété de M. Cullen ; le village Allan est aur le lot 32,

Rendons la parole au Témoin :

“ Le reste de l’armée américaine se formait derrière la force qui étaient sur la rive gauche. Peu après que M. de Salaberry eut fait ses dispositions, une forte colonne d’infanterie s’avança par la plaine au-devant de lui, et le colonel, voyant que cette colonne s'était exposée à être prise en front et en flanc, avantage qu’il avait attendu quelque temps, il tira le premier et l’on s’aperçut que son feu avait jeté bas un officier à cheval; c'était un bon augure. Alors, il ordonna au trompette de sonner la charge et, aussitôt, les compagnies du front firent un feu vif et bien dirigé qui arrêta quelques instants la marche de l'ennemi. Il demeura quelque temps en repos puis, faisant un tour à gauche, il se forma en ligne et, dans cette position, lâcha plusieurs volées. Par ce mouvement le feu de la gauche de la ligne ennemie porta entièrement sur la partie du bois (le marais) qui n’était pas occupée par nos troupes ; mais le feu de sa droite (près du chemin public) fut assez fort pour obliger nos piquets de venir chercher un abri derrière l’abatis. L’ennemi prit ce mouvement pour le commencement d’une retraite et fut bien trompé car il ne put s'emparer d’un pouce de l’abatis. Les huzzas retentissaient d’un bout à l’autre de son armée mais nous ne lui cédâmes pas même dans le combat de cris. Nos compagnies de front crièrent à leur tour et les Auzzas furent répétés par celles de la queue et, ensuite, par les troupes de la première ligne, qui firent jouer les trompettes dans toutes les

directions, pour porter l'ennemi à croire que nous étions en grand nombre. Cette ruse de guerre eut leftet désiré, car nous avons ensuite appris des prisonniers qu'ils estimaient

notre force à 6 o: 7000 hommes.

‘“ Après ces clamenrs, on tira pendant quelques temps des volés de part et d’autre. L’ennermi n’essaya pas une fois de pénétrer dans l’abatis. Il continua cependant son feu, qui fut rendu à propos, particulièrement par ceux de la gauche. Peu après, il commenca À se ralentir, comme si l'attention de l'ennemi eût été dirigée de l’eutre côté de la rivière. Là les trompettes qui étaient au front, donnèrent Le signal d'avancer en conséquence de quelques manœuvres, et le lieutenantcolonel Macdonell, curieux (désireux) d’ajouter de nouveaux lauriers à ceux qu’il avait déjà cueillis à Ogdensburg, vint de la première et seconde lignes avec la compagnie du capitaine

Lévesque, comme je crois, et une autre.

‘ Ver, ‘a fin de l'engagement sur ja rive gauche, l'ennemi qui, sur la droite, avait fait reculer les milices de Beauhar-

nois, commença...

Ii était alors deux heures de l'après-midi. La rencontre dans laquelle les miliciens de Beauharnoiïis avaicat perdu leur terrain s'était passée À dix heures de l’avant-midi, de l’autre côté de la rivière, comme on l’a vu. Toutefois, Purdy n'avait pas cru devoii occuper ces endroit dangereux et il était rentré dans les bois, d’où il sortit de nouveau à deux heures, au moment où [zard, sur la rive gauche, cessait d'attaquer Sala.

berry. Le Témoin manque de détails sur tout cela.

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‘,,, L’ennemi commença sur notre gauche un feu vif qui lui fut rendu par la gauche de la compagnie du capitaine J.-B, Duchesnay et la droite de celle de Juchereau-Duchesnay. Alors, le lieutenant-colonel de Salaberry ordonna au heutenant-colonel Macdonell, qui avait pris sa position, d’empêcher l’ennemi d'avancer. Le capitaine Daly, qui fut choisi pour ce service, traversa an gué, emmena avec lui les restes de la milice sédentaire de l’autre côté, et s’avanca avec rapi-

dité le long de la rivière.

“ Le feu de l’ennemi ayant presque cessé à l’abatis, le lieutenant-colonel de Salaberry voyant que l’action allait devenir sérieuse sur la droite (droite de la rivière) laissa sa situation

au centre du front et se plaça sur ia gauche (de sa propre

position) avec les troupes jetées derrière en potence”.

Michel-Louis Juchereau-Duchesnay et le capitaine Longtin, qui bordaient la grève gauche de la rivière en s’étendant vers le gué, se trouvaient ainsi en potence relativement au front

de bataille que venait de quitter Salaberry.

Là, il monta sur un gros arbre et, quoique très exposé au feu de l’ennemi, l’examina de sang-froid avec la longuevue, Alors, il donna ses ordres en français au capitaine Daly et lai enjoiguit de répondre dans la même langue afin de ne pas être entendu (compris) de l’eunemi. Le capitaine Daly poussa vaillamment les ennemis devant lui pendant quelque temps, mais (ceux-ci) se ralliant sur leurs troupes de derrière,

one avec la force de la rive gauche,

qui étaient presque en lig

118 attendirent sou approche et le reçurent avec un feu bien

entretenu. Il fut blessé dès l’abord ; nonobstant sa blessure, il continua de pousser en avant avec sa compagnie, et, dans le temps qu’il encourageait ses hommes et par ses paroles et par son exemple, il fut blessé pour la seconde fois et

tomba.

“ Le capitaine Bruyère, de la milice de Beauharnois, fut “aussi blessé dans le même temps, mais légèrement. Leurs hommes n'étant plus en état de résister à une force si supérieure, furent contraints de reculer, ce qui se fit dans un fort bon ordre, sous le commandement du lieutenant Schiller ; et l’on entendit encore une fois les cris joyeux des ennemis, mais leur joie fut celle d’un moment, car ils ne furent pas plutôt arrivés vis-à-vis de la potence que, par l’ordre du lieu: tenant-colonel de Salaberry, les troupes qui se trouvaient là firent sur eux un feu vif et bien dirigé qui les arrêta tout À coup dans leur marche hardie et les mit dans la plus grande confusion, Vainement tâchèrent-ils de résister, ils se dispersèrent et retraitèrent avec précipitation. Il était alors environ deux heures et demie de l’après-midi, et le générai Hampton, voyant que ses troupes sur la rive droïte ne réus-

sissaient pas mieux que celles de la rive gauche, ordonna À

ces dernières de retraiter, après être demeurées inactives pen-

dant près d’une heure, bien qu’eiles fussent assaillies, de temps à autre, par nos escarmouncheurs, qui étaient parfaite-

ment à couvert dans l’abatis.

‘ Nos troupes restèrent dans leur position et couchèrent cette nuit-là sur le terrain av’elles avaient occupé durant la

journée”.

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Le Témoin oublie de dire que Purdy avait compris l’avantage qu’il y aurait pour lui à serrer la grève de plus près,. tant en vue de faciliter sa marche que de rejeter Daly dans. le bois, aussi lorsque Schiller se mit en retraite, | Américain n’eut-il rien de plus pressé que de passer entre lui et la rivière. Comme Schiller se tenait derrière ses hommes, il vit arriver: au pas de course un officier évidemment déterminé à le preudre mort ou vif. La scène se passait sous les yeux de deux cents Canadiens qui devaient frémir du darger auquel était exposé le jeune lieutenant, mais celui-ci se retourna, fit briller son sabre, décrivit un cercle avec vigueur, et d’un coup de revers fermement appliqué, fit sauter la tête de son agresseur. Cet exploit était à peine accompli que la colonne de Purdy recevait dans le flanc la décharge des hommes de Duchesnay et de Longtin, embusqués de lautre côté de la rivière. Ils tourbillonnèrent un instant sur eux-mêmes et prirent la fuite.

Schiller passa capitaine d'emblée.

Comme une apparition de théâtre survinrent alors le gouverneur Prévost et le major-général de Watteville, n’amenant aucun renfort mais venant faire des compliments aux:

vainqueurs.

La journée s’était divisée en quatre phases : 1” Hampton: forçant l’abatis à un mille en avant des lignes de Salaberry; 2 Purdy essayant de surprendre la rive droite; 3° [zard et MëCarty sous la direction de Hampton, tentant de pénétrer: dans les lignes de Salaberry ; 4 Purdy revenant à la charga:

sans pouvoir passer outre. Les dernières balles furent lan-

cées par les compagnies de Michel-Louis Duchesnay et Long-

tin, le long de la rivière.

Le gouverneur Prévost ne semble avoir vu dans tout cela qu’une suite d’escurmouches, comme de Salaberry en avait donné plusieurs à Hampton depuis un mois. Il eut donc le soin de faire un chaleureux appel aux troupes qui venaient de combattre parce que, disait-il, la lutte allait reprendre avec plus de vigueur que jamais. De Watteville envoya avertir les habitants jusqu’à Sainte-Martine, d’empaqueter leurs effets, de descendre la rivière et de laisser quelqu'un pour mettre le feu aux maisons à l’approche des Américains. Cet

ordre sema partout la terreur.

Hampton, qui était demeuré une heure immobile, délibérant sur ce qu’il devait faire, leva lc camp et opéra sa retraite sans se presser, sans avertir Purdÿ de sa démarche et ne laissant derrière lui que des traïînards. Chose étrange, cet ensemble de faits porta le gouverneur et de Watteville à croire que les Américains reviendraient dès le lendemain, plus forts en nombre et mieux préparés. Salaberry affirmait que Hampton retournait à Dewitteville ; il ne se trompait pas.

Les deux officiers supérieurs reprirent le chemin de Sainte- Martine, à la nuit tombante, promettant des renforts pour le lendemain, mais défendant d'exercer aucune poursuite contri lennemi. Ce singulier ordre venait de ce qu’ils se figuraient les Américains très rusés et habiles à toux les stratagèrnes de

la guerre—tandis que c’étaient des lourdauds, les soldats les

moins débrouillarde du monde.

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Purdy aurait bien voulu avoir des instructions pour sa gouverne, ne se doutant nullement qu’il était abandonné. Ce sont là des situations étranges. Ses douze ou quinze cents hommes étaient sacrifiés jusqu’au dernier dans le cas où Salaberry devinerait leur isolement, car rien n’était plus facile aux Canadiens que de les faire périr dans ce bois marécageux ou de les recevoir prisonniers. Vers cinq heures, à la nuit tombante, Purdy apprit que l’arrière-garde de Hampton était à deux milles plus haut sur la rivière et que les

têtes de colonnes arrivaient à Ormstown. (C'était une fuite.

Con ons PTS —.

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