GÉNÉRALE
25 août, sans heure.
Commandant en chef à ministre Guerre
La situation sur notre droite ne s'est pas modifiée. Nos troupes ont contre- attaqué dans la région de Nancy- Charmes, et dans celle de Longuyon. L'échec de notre offensive dans le Luxembourg belge a eu pour conséquence de permettre à l'ennemi de disposer d'une partie des forces opérant dans cette région pour leur faire passer la Meuse en aval de Givet et lui permettre ainsi de développer son mouvement sur notre gauche. J'étudie les moyens d'arrêter ce mouvement en abandonnant le terrain nécessaire et en montant une manœuvre nouvelle qui s'opposera à la marche de l'ennemi sur les routes de Paris.
L'échec de notre offensive principale est due aux causes suivantes :
Armée du général Ruffey (3 corps 1/2). Cette armée qui devait se porter en direction de Longwy, a vu son offensive arrêtée ■dès le début, en raison de surprises subies par deux divisions de ses corps de gauche (7e et 9e divisions). Par son énergie et son coup d'œil, le général Ruffey a rétabli les affaires. Le 6e corps a eu une conduite superbe. Hier encore il tentait de repasser à l'offensive. Bref, cette armée n'a pas progressé, mais n'a pas
cédé devant l'ennemi. Elle est étayée à sa droite par l'armée d< Lorraine (général Maunoury).
Armée du général de Langle de Cary (6 corps). Cette armée qui devait attaquer en direction de Neufchâteau a vu, dès ses débuts, tout son effort enrayé par suite d'une surprise de la 33e division. Le 17e corps tout entier s'étant replié par suite de cet échec, toute la ligne s'en est trouvée disloquée. Peu après le Corps colonial, puis le 12e corps étaient violemment attaqués. Le Corps colonial qui a beaucoup souffert cédait du terrain. Malgré tous ses efforts, le général Langle de Cary n'a pu repasser à l'offensive. Il reconstitue son armée derrière la Meuse et la Chiers. Mais la majeure partie de cette armée n'est pas sérieusement entamée.
Joffre.
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