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( d'après V.Kluck: Der Marsch auf Paris und die Marneschlacht. ) Echelle: % 8 ‘0 5 20 *
es > LA MANŒUVRE 0e V.KLUCK
L'ordre général de Moltke pour le 5 septembre ne pouvait ps être exécuté à l’aile droite parce que, déjà, il ne correspondait de à la situation pour laquelle il avait été rédigé. Et voilà que, maintenant, Joffre attaque. Si Moltke n’était plus maître de ses ordres, . les troupes allemandes ne sont plus, de leur côté, maîtresses de À leurs mouvements. |
. Von Kluck n’a donc rien autre chose à faire qu’à suivre sa propre inspiration et créer sa manœuvre sur le terrain, Ce n’est pas chose facile de se « retourner », en quelque sorte, sous le feu » et de choisir ce qui vaut le mieux, soit l’attaque pour se défndnes $ soit le repli pour attaquer. La première pensée de von Kluck est … bien de se replier derrière la Marne. Puisque la faute a été d'avancer, | le remède est de reculer. Mais dans quelle direction? Et jusqu'où? C’est à ce sujet que l’on délibère dans le camp allemand, tandis que, dans le camp français, on agit. Ë
Élevons-nous encore un peu plus haut et considérons, dans l'ensemble, la situation des deux armées à cette minute décisive. # L'armée allemande, par un absurde mépris de l’adversaire, s’est avancée profondément sur le territoire français. Dirigeant sa pointe extrême au sud de Paris, elle est arrivée au delà de Meaux. Son objectif, son double objectif est, à la fois, de menacer Paris et. d'en finir avec l’armée de Joffre. Quoique le dessein nouveau de Moltke vise à rompre le front français dans la région de Sézanne- Mailly-Vitry, l'ordre de marche générale, suivi jusqu'ici, porte le poids de l’armée allemande plutôt à sa droite, c’est-à-dire vers le sud-ouest. Von Kluck l’a entraînée encore de ce côté, par son mou vement si risqué.
L'armée allemande tend, si j'ose dire, la pointe de son museau vers la forêt de Crécy et elle fouille dans ce sens pour pénétrer plus loin encore : c’est avec ses griffes de devant qu’elle attaquera « Franchet d’Esperey, Foch et Langle de Cary; et c’est avec son train de derrière qu’elle tentera de rejeter Sarrail, Castelnau et. Dubail dans l’est. | +
Mais Maunoury l’attaque et il s’en prend à la tête. Le premier instinct est de replier celle-ci entre les épaules. Cependant, la « réflexion vient : si le mouvement se fait trop brusquement, le resté du corps peut en être paralysé ; par contre, si on laisse le cou trop tendu, il est exposé aux prises les plus dangereuses de l’ennemi.
D’autres considérations aussi se présentent en foule : la ligne des communications de l’armée, qui assure l’arrivée des ravitailles ments et des renforts, est grandement exposée par le débouché de
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Le E. AE française en direction de Soissons et de Château- Thierry. À tout prix, il faut la sauver.
11 faut encore songer à cette proximité de la capitale française,
qui est d’une si grande tentation et un espoir si réconfortant pour . l'armée allemande tout entière. Paris ! S’éloigner trop radicale- » ment de Paris au moment où l’on est à ses portes, ce serait, pour . la troupe, un aveu de défaite, un désastre moral peut-être irré- 4 parable.
- Toutes ces considérations sont pesées à ce moment par von Kluck, par Bülow, par tous les chefs des armées; elles le sont aussi par Moltke, mais seulement le 7, sans doute, et il sera trop . tard. Il y va, cependant, du salut non seulement d’une partie de - l’armée, mais de toute l’armée, non seulement d’une phase de la - guerre, mais de toute la guerre. Or, au moment où de si lourdes » responsabilités s’accumulent, les résolutions vont être prises dans - le camp allemand par des chefs qui, au fond, se jalousent et se … détestent et non par un chef unique et obéi par ses subordonnés. … Entrons dans la conception générale allemande à la minute où - il faut parer à l'initiative de Joffre.
- Je comparais tout à l’heure l’armée von Kluck au museau - projeté en avant d’un animal dont les pattes seraient aux marais . de Saint-Gond et sur l’Argonne. La tête, étant prise à partie, se » replie d’instinct. On en est là, le 5 dans la nuit. Mais le mouvement rétrograde ne peut s’accentuer sans un risque extrême ; il faut, à tout prix, montrer les dents et distribuer des coups de boutoir à droite et à gauche si on veut assurer le salut de la tête - elle-même et, surtout, de l’ensemble de l’armée engagée partout, LL 6 au matin, dans une lutte atroce.
Les états-majors allemands comprennent que, par suite de l’ini- … tiative française, la bataille de gauche n’est rien autre chose que % Ja lutte pour Je massif de Seine-et-Marne. Kluck et Bülow se . ramassent sur ce massif, 1ls s’y cramponnent et ils en font le réduit de la bataille de gauche. L’imprudence de von Kluck avait con- sisté à vouloir, en dépit des ordres donnés, sortir de cette position si forte pour se lancer prématurément vers la Seine : cette « sortie » est ramenée dans la place et toutes les forces disponibles vont être concentrées pour y tenir le plus longtemps possible et s’y appuyer en vue du décrochement général s’il devient indis- pensable.
La citadelle forme un tout parfaitement délimité : c'est l’ensemble des hauteurs constituées, au sud et au nord de la Marne, par les collines qui la bordent entre Château-Thierry et Meaux.