MONTCEAUX-LÈS-PROVINS, ESTERNAY ET SÉZANNE
Franchet d’Esperey et l'offensive de la 5° armée, le 6.
Le général Franchet d’Esperey prenait ainsi, dès la première heure, lasituation éminente qu’il devait occuper jusqu’à la fin de la guerre. Le nouveau commandant en chef de la 5€ armée avait, d’abord, commandé le 17 corps. Ce corps avait été toujours heureux. A Charleroi, il avait sauvé l’armée Lanrezac en contenant l’armée de von Hausen au pont d’Hastières ; sa vigilance constante à droite .. de la 5° armée avait assuré le sort d’une retraite si risquée. Nous … avons vu, à la bataille de Guise, Franchet d’Esperey déboucher à l’heure opportune sur le champ de bataille, seconder le beau succès du général Hache (3e corps), ramasser en un écheveau les fils de la manœuvre et en faire le nœud qui faillit étrangler deux des corps de Bülow. C’est que Franchet d’Esperey est un vrai soldat. Le champ de bataille l’inspire. Il est en pleine possession de lui-même quand il s’agit de décider et d’agir. Le front haut, le nez droit, l’œil perçant, le teint hâlé des hommes de sport, — les lèvres minces, le visage barré d’une fine moustache noire, —. Franchet d’Esperey respire la volonté et la décision. Il ne laisse | rien à la traîne. On le voit partout où il faut être ; sa vigilance —…. n’admet ni la lenteur ni la confusion; elle sème l’ordre et la — lumière. Franchet d’Esperey sait, comme tous les coloniaux, le prix —. du temps et de l’assiduité. Plutôt que de rien négliger, il ramasserait les épingles. Nous avons dit, déjà, quelle part il a prise — consulté par Joffre — au déclenchement de la bataille; nous allons le voir, dans le commandement si important qui lui est confié à la minute suprême, provoquer la victoire, la talonner, la presser et, finalement, la saisir au collet ; car c’est la récompense de ces ardents : ils recueillent le succès parce qu’ils le devancent.
Deux fois, l'intervention du général d’Esperey sera décisive dans la bataille de la Marne. Il a su se prononcer quand d’autres eussent hésité, peut-être. En plus, il a été subordonné loyal, voisin excellent et « bon camarade ». Le maréchal French n’a cessé de proclamer combien il avait eu à se louer de lui et Foch à en a dit autant. C’est beaucoup d’être estimé de ses pairs ! Les , hautes vertus militaires s’accompagnent volontiers de ces solides qualités morales : et, de tout cela, se fait un caractère.