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à l’ouest : ainsi commencera, en quelque sorte, 8 sous nos yeux, le mouvement de bascule qui va transformer la « victoire » allemande en une défaite allemande et la retraite française en une victoire « incontestable ».
Les ordres de Joffre dans la journée du 7.
Dès le 6 au soir, Bülow, qui est au centre de la bataille de l’ouest, … à Montmort, ne se fait plus d’illusion sur l'importance de l’affaire : il télégraphie par radios à droite, à gauche et en arrière, c’est-à-dire « au grand quartier général, et répand, de tous côtés, son émotion : … à Moltke, il télégraphie le 6, 18 h. 10, qu'il est engagé « dans un = combat opiniâtre à la coupure du Petit Morin. Il est urgent que 4 la IIIe armée attaque bientôt à l’est de Fère-Champenoise ». Ainsi, » il réclame du secours à von Hausen quand il lui en est réclamé, à lui-même, par von Kluck, lequel, à 22 h. 45, retire le IX2 corps à jusqu’à l’ouest de Montmirail, en liaison avec le IT corps, vers Boitron (nord de Rebais). Et Bülow, dont l’action est gênée par ses deux collègues dont l’un n’attaque pas (von Hausen) et Pautre (von Kluck), pour attaquer à fond sur l’Ourcq, se désintéresse de … lui, Bülow, pris à la gorge par Franchet d’Esperey et Foch, se voit … forcé, dès minuit 30, d’aviser Moltke : « Je me replie derrière la coupure du Petit Morin en raison d’une attaque venant de Rozoy contre les IIIe et IX® corps. » Attaque bien éloignée encore cependant et imaginée sans doute par von Kluck, qui tient avant tout à rappeler ses 80 000 hommes sur l’'Ourcq. + A Luxembourg, on n’a pas attendu ces télégrammes pour être anxieux. Dans la soirée du 6, on télégraphie aux chefs d'armée « D’après un ordre d'armée de Choffre (sic) trouvé aujourd’hui, une | bataille décisive pour toute l’armée française est ordonnée pour 7 aujourd’hui. » C’est comme si l’on disait : « Prenez garde ; l’armée française engage la lutte; il ne s’agit plus d’une marche, mais … d’une bataille, » 4 Or, cette bataille se livre sans que l'intervention du G. Q. G. allemand puisse se produire. Von Kluck agit en maître absolu. Il = a décidé seul le rappel des IIIe et IXE corps. Rendra-t-il compte? On ne sait. Von Lochow et von Quast quittent donc, au cours de la nuit du 6 au 7, la région de Montceaux-Esternay pour rejoindre … les trois autres corps de la [re armée (IVe, Ile et IVe de réserve) qui « livrent un combat difficile à l’ouest de l’Ourcq inférieur » Cependant l’armée Bülow est à bout de soufile et on l’expose, sans appui, aux coups de ses adversaires | Après avoir télégraphié, -
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37, « qui est engagé du un combat te sur le Petit Morin, S ecteur Montmirail-Normée », Bülow écrit : « Mes pertes sont consi dérables et mon armée n’a Xe que la valeur de trois corps... pee c'est le moment que von Kluck choisit pour découvrir sa droite de plus en plus ! Marwitz, qui commande le rideau de cavalerie, se sent obligé de céder et de se replier ] Jets à la Marne. Il ble la gravité de la situation, car il s'engage, dès ce jour, à défendre les ponts de la Marne jusqu’à la dernière extrémité cet à les rompre en se retirant. Mais nous allons voir, par l'exposé des faits, que sa situation devient de plus en plus critique, malgré ses Lénine intentions.
Tels sont les résultats des deux premières journées dans le camp allemand. Alerte générale, directions incertaines : le chef s’alarme ; le soldat pâtit !
É Essayons maintenant de nous rendre compte de ce qui se passe, au même moment, dans le camp français et du jugement que le . haut commandement porte sur l’ensemble et les détails importants de ces deux premières journées.
Nous avons l'expression des pensées du chef dans l’ordre général - n°7 qui est adressé, le 7 septembre, sur les comptes rendus parvenus au début de l'après-midi, à l’ensemble des armées combattantes, depuis le camp retranché de Paris jusqu’à l’Argonne. C’est un . modèle de précision savoureuse et forte :
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Ne, GRAND QUARTIER 7 septembre 1914, 15 h. 45. GÉNÉRAL . ÉTAT-MAJOR ue -3& bureau 4 No 4151 | ORDRE GÉNÉRAL N° 7
La Ire armée allemande semble se replier vers le nord-est devant les efforts combinés des armées alliées de gauche.
Celles-ci doivent suivre l’ennemi avec l’ensemble de leurs forces, de manière à conserver toujours la possibilité d’enveloppement de l’aile droite allemande.
La marche s’exécutera donc, d’une manière générale, dans la direction du nord-est, dans un dispositif qui permette d'engager la bataille si l'ennemi marque un temps d’arrêt, et sans lui laisser le temps de s'organiser solidement.
A cet effet, la 6° armée gagnera successivement du terrain vers le nord, sur rive droite de l’Ourcq.
Les forces britanniques chercheront à prendre pied successivement au delà du Petit Morin, Grand Morin et Marne.
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La 5° armée accentuera le mouvement de son aile gauche et emploiera ë ses forces de droite à soutenir la 9° armée. ë
Cette dernière s’efforcera de tenir sur le front qu’elle occupe, jusqu’au moment où l’arrivée des forces réservées de la 4° armée, sur sa. droite, lui permettra de participer au mouvement en avant. ù
Limites des zones d’action entre la 5° armée et l’armée britannique Dagny, Saint-Remy, Sablonnières, Hondevilliers, Nogent-l Artantss Château-Thierry (cette route à l’armée britannique).
Le général commandant en chef, J. JOFFRE.
Le général en chef se rend parfaitement compte de ce qui se passe et ses ordres sont exactement ce qu’il est à désirer qu'ils soient. À
Les renseignements recueillis dans la journée du 7 lui ont permis de se faire une idée juste de la bataille : « Il semble, dit-il, que lennemi se replie vers le nord-est. » Il s’agit du repli des trois corps de von Kluck. Le succès constaté dans la mesure qui convient pour ne pas donner de fausses espérances, les ordres sont établis pour la « poursuite » de l'ennemi ; mais, en même temps, les dispositions sont prises PoRr engager la bataille s’il s'arrête, « sans lui laisser le. temps de s’organiser solidement ». Voilà un genre de précautions . qui n’a pas été pris dans l’ordre allemand du 5 où l’on comptait. sur la fuite de l’ennemi, non sur sa résistance. Le général en chef. français n’est pas grisé par son premier succès. 14
Une fois ces prescriptions données pour la poursuite, Joffre n’en persévère pas moins dans sa manœuvre initiale : c’est pourquoi | les mouvements sont toujours confiés à la gauche, c’est-à-dire à l’armée Maunoury et à l’armée britannique. Mais on tient compte de la manœuvre allemande, maintenant qu’elle s’est dévoilée. Par » conséquent l’ordre donné à la 9 armée est simplement de tenir, en « attendant l’intervention des « forces réservées de la 4° armée ». Le commandement comprend la terrible charge qui pèse, en ce moment, sur les épaules de Foch; car, outre cet appui qu’il lui . promet à droite, 1l donne l’ordre à la 5€ armée d'employer ses forces de droite à soutenir la 9 armée à gauche, c’est-à-dire par le massif agir sur la plaine : c’est poser le premier jalon de ce qui sera la décision. Nous verrons les conséquences de cet ordre intelligemment appliqué par Franchet d’Esperey.
Ceci dit, Joffre compte encore sur l'effet de sa manœuvre pour dégager son centre. Je dis encore, car le ton même des ordres … indique que le général en chef éprouve quelque désillusion de ce » côté : c’est ce qui est marqué par la phrase : «de manière à conserver
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HUE toujours la pobnIlR ts d’enveloppement de l’aile droite allemande. » Le général presse la marche de l’armée britannique ; il lui demande d’être, le plus tôt possible, au nord de la Marne ; il la cale, autant qu’il le peut, à droite et à gauche, en ordonnant à sa 6° armée et à sa 5° armée de se serrer contre elle. Si cette manœuvre s'exécute, peut-être est-il temps encore d'obtenir un succès complet, en enveï loppant l’aile droite allemande, c’est-à-dire en saisissant von Kluck - par ses communications.
En tout cas, le sens favorable de la bataille se dessine déjà : - l'ennemi est arrêté dans son offensive ; il recule ; pour généraliser la victoire, il n’y a plus qu’à le forcer à la retraite sur tout le iront en se tenant vigoureusement sur ses talons. —… (C'est bien là le rôle des armées alliées de gauche. Par elles, la — grande offensive allemande est en échec et le massif de Seine-et- … Marne, qui commande Paris, commence à se dégager. … Cet ordre général, qui appuie la main puissante du commande- “ ment sur le large clavier où la partie est engagée, s’achève par . quelques touches particulières, sur les points où l’attention du chef est particulièrement attirée. Leur résonance spéciale dans l’en- — semble indique une vigilance significative : | La 6€ armée (Maunoury) reçoit l’ordre d'appuyer la gauche bri- tannique et de rester en liaison avec le maréchal French. Nous voyons ainsi se préciser le rôle de la & division, que nous avons signalé déjà, — dans la journée du 6. L'armée anis reçoit une instruction - datée du 6 à 21 h. 40 : « La continuation de l'attaque anglaise, le 7, favorisera grandement l'action de la 5 armée. » Cela veut dire qu’il faut continuer l’attaque dans le flanc ennemi : car c’est toute la … manœuvre de Joffre et elle n’a pas encore rendu ses effets de ce … Côté. « 21 y aurait intérêt, ajoute l’Instruction, à orienter l'action … britannique plus au nord en l'appuyant à la gauche de la G® armée. » Dans le même sens, cette phrase vise plutôt le mouvement de l’armée britannique vers la gauche : combinée avec les prescriptions de l’ordre général n° 7, elle veut dire que l’armée britannique n’a plus une minute à perdre pour déterminer, par son intervention, le recul définitif de l'ennemi au nord de la Marne... Et c’est ce qui arrivera, en effet.
La 5e armée (Franchet d’Esperey) reçoit, pour le 7 septembre, l’ordre particulier de marcher en liaison avec la droite de l’armée britannique qui se dirige vers la Ferté- Gaucher. Cela veut dire que
Franchet d’'Esperey peut serrer, maintenant, sur sa droite et venir en aide à Foch, puisque l’armée britannique doit avancer de façon à dégager fortement la gauche de la 5€ armée,
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