‹ La bataille de la Marne (volume 2)Chapitre 69 sur 90 · DES DA · texte numérisé non relu

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Il est de toute évidence qu’à la 9 armée on n’a pu deviner t ce qui se passe dans le camp allemand. On a bien eu le sent ime. que l'ennemi menait une offensive des plus fortes sur le front € marais de Saint-Gond. On a bien remarqué que cette offensive | portait sur les deux routes qui passent aux deux extrémités dl marais, route n° 51 et route n° 77, et qu’elle essaye même traverser les marais par la route de Bannes. Mais, on ne sait rie de plus. |

Dès la soirée du 6, on avait repris, comme on dit, « du poil del bête », puisque, après de très rudes combats, on avait ressaisi Soi au-Bois et Charleville. Quant au mal que ces combats ont fa à l'ennemi, jusqu’à forcer Bülow à lâcher pied sur sa droite et implorer, pour sa gauche, le secours de von Hausen, on n’en ser averti qu’un peu plus tard. La journée du 7 va être employé surtout à consolider ces succès encore incertains. 4

En somme, on tient partout, sauf à Vassimont et à Haussimor que le 11€ corps a perdus un instant, mais qui ont été repris le sc du 6, sur les ordres exprès du général Foch. Le poste de command ment du général Foch est toujours à Pleurs. 4

Nous avons vu, dans l’ordre général n° 7, qui ne parviendra qu la fin de l’après- nr du 7, que le bel Joffre se rend compt très nettement de la situation difficile faite à la 9 armée. I prescrit simplement de «tenir sur le front qu’elle occupe, jusqu a moment où les forces réservées de la 4° armée arriveront surs droite et lui permettront de participer au mouvement en avai des autres armées ». On sentait que l’effort suprême des Alleman serait en ce point. Le général Foch avait une trop grande connais sance des choses de la guerre pour ne pas conclure, de cet ordre que la manœuvre générale de son chef réussissait et que, déjè l'ennemi battait en retraite sur d’autres points du vaste cham de bataille, puisqu'on annonçait bientôt une reprise générale de marche en avant. De ce sentiment, il ne tirait qu’une résolutio plus farouche de tenir, selon l'expression même de l’ordre qua recevait. |

Pour le moment, Foch se rend compte que, pour la journée qi commence, la liaison de sa droite avec la 4° armée présente in importance vitale : il place sa 9% division de cavalerie (général d l’'Espée) vers Sommesous avec ordre de maintenir, à tout prix cette liaison ; or, les éléments de la 4° armée ne se trouvent qu la hauteur de Meix-Tiercelin. Aussi, la 18 division (général Le febvre) est-elle mise à Œuvy, en appui de la cavalerie. Les gros di

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a 9e armée, avec la 42e division, ont ordre de profiter des succès

| appréciables obtenus le 6 dans la nuit pour poursuivre l'offensive. - La 42€ division, en liaison, d’autre part, avec le 10 corps de l’armée | à anchet Phrer. agira au nord de Villeneuve-Charleville, tandis que le 9% et le 11€ corps essaieront de déboucher, s’il est ; » ossible, au nord des marais de Saint-Gond, en direction de Vert- F -Gravelle-Pierre-Morains.

L'heure est-elle venue de prendre une telle offensive? Nous avons dit comment l’ennemi, par la jonction des forces de von Bülow et d’une partie de celles de von Hausen, a résolu d’attaquer et de passer, coûte que coûte, sur le corps de la 9 armée. - De bonne heure, la lutte s’engage sur tout le front et, en parti- -culier, autour de Lenharrée. Une série de combats d’un achar- “nement indicible irradient d’un bout à l’autre des marais de Saint- Gond, par les trois routes où l’ennemi entend se livrer passage.

% A la 42% division, la solidité du « bouchon » étant assurée, on pensait qu’on n'avait qu'à exploiter le succès : un régiment de Fa division (1512 d'infanterie, colonel Deville) devait seconder - l'action de La 20° division (Rogerie) vers le nord en se portant sur — Ja Pommerose. On tournait ainsi les Grandes-Garennes et la route n° 51 eût été dégagée. Mais les Allemands avaient commencé leur — propre offensive et on trouve la Pommerose occupée. Il fallut . combattre en union avec le 10€ corps jusqu’à midi pour nettoyer la — forêt de Gault. De ce côté, l’affaire paraît alors en bonne voie. … Bülow, comme nous l’avons vu, pensait lui-même, dès le 7 au È matin, qu'il ne pouvait plus tenir sur sa droite. 4 Mais l'offensive française sur la route de Saint-Prix ne pouvait — avoir de chance de se développer que si elle était appuyée à sa ® droite par la division marocaine. Or, de ce côté, la situation des - Allemands était meilleure. Des forces considérables (X® corps) des- È cendaient par le signal du Poirier et le bois de Saint-Gond, vers la coulée de Montgivroux que tenait la division marocaine (gé- - néral Humbert). Un combat d’artillerie d’une violence extrême - éprouvait très sérieusement nos troupes engagées dans l’étroit - couloir de Saint-Prix (1). Les pertes étaient lourdes et le ronflement À - puissant des « marmites » donnait au soldat une idée, d’ailleurs fausse, de la supériorité de l’artillerie allemande. Grossetti attend “A l'aide de la division marocaine, qui flanque sa droite, pour sortir … définitivement du trou de Chapton.

(1) Læ Gorric, p. 91.

La matinée au 9° corps : Oyes-Monigivroux-Mondement,

Le général Dubois est obligé d’agir des deux côtés à la fois. Vers

Saint-Prix pour ne pas laisser perdre la route n° 51 ; et vers Coï-

zard, où il sent que les forces ennemies (la Garde) s’accumulent.

Il s'oriente non plus vers Soizy-aux-Bois, mais vers le nord-est, sur Vert-la-Gravelle. À 5 heures, l'ennemi attaque. C’est Bülow qui prend confiance, ayant reçu les premiers renforts de von Hauparsen. Il s’eme du bois de Saint-Gond sur la division marocaine et en débouche, malgré les efforts des régiments Cros et Fellert, qui tiennent la croupe au sud d’Oyes. Maintenant, la crête de Mondement est en cause et cela veut dire le débouché de la route n° 54. Si l'ennemi réussit à gagner, par la plaine, le bois d’Allemant, le goulot est tourné, la route de Sézanne est ouverte.

Tandis que le 108 corps et la 42e division en sont encore à cher-. cher leur débouché vers le nord à l’ouest de la route, le trou.

va-t-il se creuser ici, c’est-à-dire à l’est de la route? La bataille

serait perdue au point exact où le massif tombe sur la plaine. .

Humbert, excellent soldat, a, de cette situation, une vue véri-. tablement géniale. Il prend le parti, à 8 heures, de déplacer son. centre de gravité vers sa gauche et il prescrit au général Blondlat

de tenir Mesnil-Broussy et Broussy-le-Petit avec le minimum de forces et de pousser toutes ses disponibilités sur la croupe de Mondement-Ovyes, pour agir contre les troupes venant de Saint-Prix. L’artillerie du corps, installée au sud de Reuves, est renforcée

par un groupe prélevé à la cote 185. Les bataillons Lachèze et.

Sautel arrivent et organisent le front Montgivroux-Mondement.

C’est le barrage à droite de la route n° 51. Ainsi, le 9% corps fait,

pour ainsi dire, un toit appuyé sur le 108 corps à sa gauche et la pente tournée vers von Hausen qui attaque venant de l’est. Tout est paré. Mais il n’est que temps.

Grossetti fait savoir qu’il est arrêté par des forces allemandes . ayant débouché en grand nombre par Saint-Prix, appuyées par . une artillerie considérable en position sur les hauteurs de Baye et

de Villevenard. Le 151€ essaye en vain de progresser vers la Ville-

neuve-Charleville ; le 1629 ne peut pas davantage déboucher de Soizy-aux-Bois. Le bois de Botrait et la partie nord du bois de.

Saint-Gond sont fortement occupés par l’ennemi. Des forces im-

portantes, venant de Saint-Prix, sont signalées comme descen-

dant de la crête du Poirier. Observons bien ce point : c’est la

jonction d’où tout dépend. Dans le quadrilatère Soizy-aux-Bois-

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