‹ La bataille de la Marne (volume 2)Chapitre 70 sur 90 · PAS LA DÉTAIL DES MARAIS DE SAINT-GOND · texte numérisé non relu

PAS LA DÉTAIL DES MARAIS DE SAINT-GOND

Ye D qu la fortune de la France est assiégée. À ce moment (8 heures du matin), le général Humbert rend compte que les Allemands semblent vouloir tenter un gros effort ur les hauteurs de Montgivroux prétendant, sans doute, couper a 42 division de la 9 armée et prendre pied sur la falaise de Champagne. Le général Dubois répond au général Humbert qu’il compte sur lui pour tenir coûte que coûte, et, en outre, pour “enlever absolument Saint-Prix. Et, comme la 17e ects se 1 maintient sur la ligne Bannes-cote 154-champ de bataille, le | gé néral Dubois ordonne au 77e (colonel Lestoquoi) de se porter la crête d’Allemant, tandis que le 7 hussards l’appuiera par Saint-Loup, le 1352 restant en réserve à la ferme Nozet.

. Un échange de vues rapide se produit alors entre le général Foch et le général Dubois. Celui-ci rend compte de la situation et des dis spositions prises. Foch approuve : il rappelle que la mission du 9% corps reste la même : arrêter le débouché de l'ennemi par Saint- Prix, surveiller les passages sur la ligne Lachy-Broyes-Allemant t appliquer le maximum des forces à défendre l’un ou l’autre de ces débouchés, selon qu’il est le plus menacé. C’est, comme on le voit, ce travail des lignes intérieures, toujours cher au général Foch.

I est 10 heures. L’ennemi tire toujours beaucoup, mais il semble S’arrêter du côté de Mondement. Comme nous l'avons dit, la troupe a emande mourait de fatigue et de faim ; elle profite de son avance e la matinée pour s nes et faire borbbanee : «Comme il y avait atre jours que nous n’avions mangé, a raconté un déserteur,

l'ordre avait été donné de piller les châteaux et fermes. » Ainsi fut fait à Congy, chez M. Patenôtre ; à Baye, chez le baron de Baye, 4 où sévit la rapine de l’état-major du duc de Brunswick, gendre à Guillaume II, — et dans tous les villages de ce riche coin de France. Il y eut, sur toute la région, une terrible razzia de bouteilles. Le nom de « champagne » doublait la soif. « Le gosier à allemand, écrit M. Le Goffc, se sentait capable d’absorber toute

M anpagne. Ce n’était pas seulement à table que les bouchons

‘sautaient. Au dire des témoins, les officiers allemands se faisaient

Rire par des brouettes, des vôitures d’enfants, pleines de bou- “teilles de champagne qu'ils vidaient le long de la route. »

—. Peut-être aussi l'artillerie demanda-t-elle quelque temps pour

tre mise en place. Quoi qu’il en soit, les premiers obus ne tom-

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tions étaient prises et on était bien résolu à ne plus reculer d’une semelle et à garder Mondement.

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270 LA BATAILLE DE LA MARNE +: > 2200 } Ve

D'ailleurs, de bonnes nouvelles arrivaient, qui permettaient d de lever les voiles et de pénétrer le véritable sens de la batai obseur jusque-là. A 10 h. 50, en effet, le quartier général FR. al 9% armée faisait connaître que la II armée allemande était en retraite, à gauche, devant notre 59 armée ; que notre 5° armée avait, pris la poursuite et marchait sans obstacle vers le nord, que ses. têtes de colonnes étaient déjà sur le Grand Morin, et que son mouvement se faisait en pivotant autour de la droite (10 corps … d'armée), laquelle était en liaison avec la 42€ division. Done JL victoire était là, toute proche. Il n’y avait qu’à tendre la main. Le temps d'arrêt dans l'offensive allemande trouvait ainsi son explication.

Pourtant, les forces ennemies, ici, s’obstinaient. On consta-. tait partout leur présence et leurs masses. Il restait un orage dans l'air. De quel côté allait-il éclater? Il y eut, à ce moment précis, » c’est-à-dire au milieu de la journée du 7, une sorte de temps d’arrêt dans la bataille où les alternatives les plus dramatiques se heurtèrent. La victoire s’approchait d’un côté, mais elle paraissait échapper de l’autre. En face de la côte d’Allemant, la situation était stationnaire.

A midi 45, des nouvelles de l’est jetèrent un voile de tristesse sur l’heureux effet des nouvelles venues de l’ouest : un officier de liaison, envoyé du 11€ corps, faisait connaître que ce corps, attaqué très violemment de Morains-le-Petit et d’Écury-le-Repos, résistait difficilement. Le danger était donc à l’est. Rien ne pouvait être plus pénible pour le général Dubois. Grossetti et Humbert s’étant accrochés, par un effort inouï, aux dernières pentes des Grandes-. Garennes et assurant ainsi la liaison entre le massif et la plaine, il. espérait pouvoir remonter un peu maintenant, à la faveur de la” marche en avant de la 5 armée ; et voilà que, tout à coup, son = flanc droit est en péril : l’armée von Hausen, qui débouche, consohide Bülow au moment où celui-ci paraissait devoir abandonner la partie.

Que s’était-1l donc passé au 11e corps dans la matinée du 7?

Recul du 11° corps autour de Morains-le-Petit.

Nous avons vu que, dans la soirée du 6, le 11€ corps (général - Eydoux), qui devait d’abord tenir la Somme Jeque Sommesous, avait appuyé vers l’ouest de façon à empêcher qu’un trou se creusât entre lui et le 9% corps. l

Il avait donc passé la nuit dans la région de Morains-le- Petit- |

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| ne | LA BATAILLE DES MARAIS DE SAINT-GOND 271

N ormée. La situation était doublement périlleuse, parce que, l’une part, le corps était exposé, précisément, à la concentration des forces de Bülow et de von Hausen, et que, d’autre part, il bordait la fissure existant entre la 9 armée et la 4° armée. Si la “bataille glissait vers l’est, le 11€ corps avait la plus lourde tâche. C'était lui qui était particulièrement visé par l’ordre du grand quartier général allemand de foncer vers le sud.

Rien qu’à jeter les yeux sur la carte, on s’aperçoit que trois “corps allemands s’efforçaient, difficilement d’ailleurs, d’unir leurs efforts contre le 112 corps et la 9% division de cavalerie. Celle-ci pouvait s’appuyer, il est vrai, sur la 60€ division de réserve, qui “avait envoyé deux de ses meilleurs bataillons en réserve générale à Fère-Champenoise ; en plus, on lui avait fait espérer l'appui de la 18e division du ®% corps.

. Le 11€ corps, qui avait perdu Vassimont et Haussimont à la fin de la journée du 6, ce qui était un grand danger pour sa droite, “avait repris ces deux villages sur l’ordre exprès du général Foch, dans la nuit du 6 au 7.

“ Mais une formidable canonnade avait pris à partie Écury-le- Repos, et, à 8 heures du matin, le combat s’engageait avec une violence extraordinaire sur tout le front et, notamment, sur ormée-Lenharrée, front occupé par la 22e division (général Pambet). Des formations précédées de mitrailleuses se jettent “sur Aulnay-aux-Planches où nous n'avions qu’une compagnie “du 77€ et sur Morains-le-Petit, occupé par le 32e. Ces deux points sont abandonnés, de même Écury-le-Repos. C’est un moment de grande inquiétude au 11° corps. Cependant, les troupes s’arrêtent “et font face sur les croupes au sud de ces deux villages. Une lutte “d'artillerie intense, qui éprouve grandement les Allemands (nous le savons par leurs propres récits), s’engage autour de Morains, que le général Radiguet, commandant la 21e division, fait arroser copieusement. La 21€ division consolide ce front.

- La situation n’en est pas moins des plus critiques. Car les forces emandes débouchent de partout à la fois : la Garde venant de Colligny-Pierre-Morains, la 328 division et la 23 division de réserve “de von Hausen venant de Vatry-Villeseneux-Germinon. D’autre part, la route de Bannes à Fère-Champenoise subit une préparation d'artillerie intense et l’ennemi paraît décidé à enlever Fèreampenoise à tout prix.

Heureusement, les troupes françaises de renfort étaient arrivées à la minute précise sur le terrain. La 18e division du 9 corps, amenée de Nancy par voie ferrée et concentrée à Œuvy, entre en

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ligne à son tour. Dès le milieu de la journée, les affaires prennent une meilleure tournure ; l'offensive ennemie est arrêtée et le général: Eydoux peut songer à remonter vers le nord. Le général Moussy, présent partout, monte même, pour l'après-midi, un projet d’attaque sur Aulnizeux et Aulnay-aux-Planches, au nord des marais.

Cependant, le recul de la matinée avait influé sur tout le front de la 9 armée. La 60€ division de réserve (général Joppé) avait été éprouvée par la canonnade jusque dans Ja région de Sommesous et, très ébranlée, elle était mal en point pour soutenir un. effort de l’ennemi, si, comme il était à craindre, il se portait sur: la grand’route de Mailly (route n° 77).

Quant à la 9% division de cavalerie (de l’Espée), que les ordres du général Foch ont maintenue à Sommesous pour garder la liaison avec la 4e armée, elle est obligée de tenir compte de la position. du 17 corps (de la 4° armée) qui est à Meix-Tiercelin. Elle n’a donc laissé que ses cyclistes à Sommesous ; la brigade de cui-! rassiers (5e et 8e) est en réserve sur la route n° 77 un peu au sud. A 13 heures, le mouvement de l’ennemi se dessine : une forte. attaque se déclenche sur Sommesous venant de Vatry. Le village est intenable sous les obus ; les cyclistes l’évacuent. Le général de. l’Espée intervient ; il reporte ses cyclistes et lance la brigade de. dragons de Seréville à l’est du village sur la route de Vitry. Il demande, en même temps, du secours à la 60€ division. |

On sent combien la situation devient préoccupante de ce côté pour le général Foch. Tandis que de bonnes nouvelles arrivent de l’armée britannique et de la 5€ armée et que, de partout, on annonce que l'ennemi décampe, le voilà qui tombe, plus fort que. jamais, sur son propre front. La 42e division s’est vue arrêtée. dans son offensive, la division marocaine a été refoulée au sud des. marais de Saint-Gond et on est inquiet pour la route n° 51 ; à tra-. vers les marais de Saint-Gond, la Garde s’est avancée par Bannes ;. le 11€ corps, pressé sur sa droite, découvre Sommesous et la route. n° 77. |

Tout en étant persuadé que rien n’est sérieusement compromis, puisque les nouvelles, par ailleurs, restent bonnes, Foch n'entend. pas que la journée s’achève pour lui sur un recul. Il donne l’ordre. au 9 et au 11€ corps de monter une nouvelle offensive pour l’après-. midi. C’est alors, sans doute, que se précise, dans son esprit, la. formule devenue légendaire : « L’ennemi nous presse, tant mieux |: C’est que les choses vont mal pour lui ailleurs. Attaquons ! »

; L a situation de von Bülow et de von Hausen dans la journée du 7 septembre,

__ Disons un mot de la situation des Allemands. Nous savons déjà qu’elle n’était pas si brillante. Le général Foch devinait juste; … son sang-froid lui assurait la véritable maîtrise du chef.

. Nous avons un renseignement très intéressant, c’est le compte - rendu de l’état de la bataille fait au général von Hausen par son … escadrille d’aviateurs, le 7 à midi. Trois appareils ont survolé la —…. région occupée par les armées françaises, entre Fère-Champe- - noise et Vitry-le-François, sur une profondeur de 20 à 25 kilomètres. Ils ont observé un groupement en marche de Fère-Champenoise sur Lenharrée, des parcs de voitures Œuvy à et au sud. De l’autre - côté de la Seine, de Romilly à Troyes, le terrain est libre. Des ren- - forts par chemin de fer ne sont pas en vue, mais les gares sont … encombrées de matériel roulant. En outre, les aéroplanes ont - reconnu, dans la région de Mailly, une division de cavalerie avec une forte artillerie et quelque infanterie, et, derrière Vitry-le- François, de nombreuses troupes, en partie au repos, en partie

1 L fer sur Brienne par Vendeuvre et Troyes, les trains très rap- - prochés, les gares remplies de matériel roulant, des trains vides se rendant vers l’ouest.

- D’après cet ensemble de renseignements, et en les rapprochant — des faits qui s'étaient produits dans la matinée, le général von “ Hausen se dit, toujours si nous en croyons notre document ({) : - 1° que sa droite (329 division, 28 division de la Garde, 238 di- . vision de réserve) se trouve en situation d’arrêter l'offensive — ennemie (donc, on n’en était plus à chercher à rompre le front - français, mais seulement à arrêter son offensive) ; 2° qu’une tentade tive de percée dirigée vers le centre de la IIIe armée n’était plus à craindre (donc, on en avait eu l’appréhension, et cela surtout … en raison de la fissure qui s’était produite, le 6, entre le XII corps et le XII corps de réserve) ; 3° que le XIXE corps, en union avec le VIII corps (de l’armée du duc de Wurtemberg), pouvait se — voir contraint de se battre en restant sur la défensive (par consé- €.

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quent, on commençait à craindre une attaque de Langle de Cary : LA sans doute, on se méfiait de ces trains arrivant en lignes si denses

dans ses gares. Il y avait de quoi; nous savons, en effet, qu'ils ë amenaient notre 21° corps).

$ (1) Général BAUMGARTEN-CRUSIUS, la Bataille de la Marne. | T. I, {8

| plus compter que sur sa 242 division de réserve très en retard e qui partait d’Avenay-sur-Marne, à ce moment même. Quelq

c’est-à-dire prendre des décisions. Von Kluck ayant disparu à s

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En somme, le combat Le RAT à Pia Fr re cite mée allemande comme « confus et compliqué ». Visible

des réserves arrivaient aux Français et von Hausen ne pot 1va es

avantages locaux obtenus sur le 112 corps dans la matinée es ne compensaient nullement la dislocation de la plupart des corps allemands. Von Hausen voyait avec appréhension son armée « dispersée sur un espace de plus de 50 kilomètres », le XII corps, tiré à droite par Bülow ; le XIXE corps, tiré à Lnche par le duc de Wur temberg, et, au DE le XII corps de réserve réduit à une Ps. sion déjà extrêmement affaiblie, incertaine, tiraillée elle-même … à droite et à gauche, tout le monde DIGEanE du secours. v.

Telles les choses apparaissent au chef qui devait mener l'offensive suprême. Était-il beaucoup plus rassuré s’il considérait les deux armées qui devaient lui prêter main-forte à droite et à gauche? A sa droite, combattait l’armée Bülow. Attaqué par Franchet d’Esperey, Bülow se trouvait en grand péril sur sa droite. Il n’avait cessé de se plaindre et de réclamer du renfort. Mais les « plaintes n’arrangent pas les affaires. Avant tout, il fallait Et

droite, il ne restait, pour se couvrir de ce côté, que les deux corps J de HENA laissés en « rideau » au sud de la Marne. A 10 h. 10, à 11 h. 20, von Kluck demande à Bülow où se trouvent les III et IX® corps et le corps de cavalerie Marwitz, et ajoute : « Le maiïn-" tien de la coupure du Petit Morin, entre la Ferté-sous-Jouarre et Boitron, est de nécessité urgente. » Et Bülow répond tristement à. 11 h. 25 : « La IIe armée est engagée dans un dur combat entre Montmirail et Fère-Champenoise. Vos IIIe et IX® corps sont en. marche vers le nord. » Bülow, dont nous avons dit «la gravité des 2 préoccupations », pour employer sa propre expression, Bülow, complètement lâché par von Kluck qui « s’obstine » à l’ouest de l’Ourcq, sent la menace grandissante sur sa droite. Or, à l'instant où il se croit un peu plus rassuré par la constitution de son crochet défensif du Dolloir, de Fontenelle à Montmirail, von Kluck lui enlève à 5-h. 40 di soir l'élément principal de ce crochet en formation, le IX£ corps. Br.

A l’est, pour seconder la poussée de von Hausen vers le sud, Bülow doit attaquer en direction de Sézanne et de la Seine, PAnS la route n° 51 et par les marais de Saint-Gond. Que lui restait-1l.… donc, pour accomplir un tel effort? — Son Xe corps de réserve, « son X€ corps et le corps de la Garde. C’est done à cela qu'est

F Se À BATAILLE DES MARAIS DE SAINT-GOND 245: :

uite cette puissante armée ie ie | Et Bülow désespéré téléii à à Moltke : « Mon armée ne dispose plus que de trois corps. » PL a manœuvre de von Kluck, rappelant cinq corps au nord de & Marne et sur l’Ourcq, a sauvé celui-ci du désastre dont le enaçait l’armée Maunoury ; mais elle a exposé à un désastre … analogue l’armée von Bülow : c’est celui-ci qui est, maintenant, pris de flanc. Comme nous l’avons dit déjà, « la bataille de l'Oureq» eo « bataille de la Marne »; c’est sur la Marne et non plus ar l’Ourcq que le coup décisif sera FRE Ÿ Et ce coup atteindra des troupes ennemies exténuées. Tous les pes nets de route sont concordants. Les longues marches et les Cp ertes dans les combats ont mis les unités dans un état d’épuise- -ment extrême. D’un officier prisonnier, cet aveu :

Fo È Mon régiment est parti avec 60 officiers : il n’en compte plus que 5. Plus de 2000 soldats sont hors de combat. Le Xe corps et la Garde ont été particulièrement éprouvés. L’artillerie française était si bien défilée que nous ne pouvions reconnaître ses emplacements. Mon régiment n ’est plus qu’un débris. Nous traversons des épreuves terribles.

… Nous pourrions suivre également dans l’armée von Hausen cette dépression matérielle et morale qui se propage sur la troupe u fur et à mesure que la bataille se prolonge, et constater, dans la bouche des témoins et des victimes, l’effet terrifiant produit par l'artillerie française, notamment dans les bois de sapins, derrière Lenharrée.

De ce côté, l'attaque de la 32e division, en union avec la Garde, | n’a pas fait de progrès; toutes les réserves sont engagées. Au pere. la 23e division de réserve a bien repoussé l’offensive frane à l’ouest de Sommesous ; mais plus loin, à l’est, la 23e division 4 forcée, principalement par Péxcellent tir 4 l'artillerie française, 5 se contenter de la ligne qu’elle avait conquise au sud de Som- puis. De violentes contre- -attaques françaises étaient repoussées partout, mais toujours au prix de sacrifices sanglants.

- De cet examen général, von Hausen concluait que sa situation était difficile ; qu’en raison de la supériorité du feu de l'artillerie française, il ne pouvait plus être question de progresser vers le

sud ; majÿs qu’il fallait, à tout prix, fermer la « grande brèche »

“qui s’était ouverte au centre de sa propre armée, entre Sommesous

et Sompuis. Pour cela, il était indispensable de tenir : seulement, la 24° division de réserve ne pouvait arriver, au plus tôt, qu’à “la fin de la journée du 7 à Avenay-sur-Marne et avait encore, de là, 30 kilomètres à faire pour rejoindre le front de combat.

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L'après-midi du 7 à Aulnizeux et Sommesous.

En somme, si la 9 armée française souffrait, les deux armées allemandes qui lui étaient opposées souffraient bien davantage. . Le haut commandement allemand s’accrochait cependant en désespéré à cette funeste bataille des marais de Saint-Gond, alors que l'échec se dessinait déjà et que, finalement, il décidait de demander à ses troupes l'effort désespéré du 8 qui allait devenir le quitte ou double de la bataille de la Marne, c’est-à-dire de la guerre ellemême. Mais comment un grand état-major si fier, si orgueilleux, si sûr de Jui, pouvait-il s’arracher de l’âme les ordres inverses de ceux auxquels il avait confié, avec tant d’assurance, le sort de son armée et qui avaient même été la raison de cette guerre? Toutes ses responsabilités se lèvent devant lui. L’erreur ne peut se virer subitement en sagesse ; l’homme renonce plus facilement à la vie qu’à l’espoir ; son ivresse ne se dissipe que quand il tombe.

Foch voit clair dans son jeu et dans celui de ses adversaires. Avec un sens parfait de la mesure, il avait dit à ses soldats dans sa proclamation du 7 au matin : « Le général compte que toutes les troupes : de la 9 armée développeront la plus grande énergie et la plus grande activité pour élargir et maintenir, d’une manière indiscu- … table, les résultats obtenus sur un adversaire profondément éprouvé | et audacieux. » Ces derniers mots comportent une si juste apprécia- … tion de l’état de l’ennemi, qu’on peut les dire divinatoires.

Midi passé, ils s'appliquent plus que jamais : l'ennemi est tou-. jours audacieux, mais il est de plus en plus éprouvé.

Cependant, il montre une telle rage d’offensive, il a un tel besoail de vaincre que quelque chose se passe certainement. L'heure eri-. tique, l’heure de « l’événement » s’approche. Foch le sent, et, en chef clairvoyant et résolu, ayant appelé Langle de Cary à la rescousse, il donne l’ordre suprême : attaquer !

L'ordre est donné. Or, au moment où il entre en voie d’exécu-. tion, 13 h. 30, un télégramme officiel annonce que le 10€ corps (de l’armée Franchet d’Esperey) n’a plus d’ennemi devant lui, que. les Allemands sont en retraite sur Montmirail et que le 108 corps va pouvoir coopérer à l'attaque de la 9 armée en appuyant la 42% division. Cette nouvelle est communiquée aux troupes et, répand partout la confiance.

La 42e division, aidée du 10€ corps, a repris, vers 13 heures, Villeve. Charleville : mais sous les rafales de l'artillerie allemande,

elle a dû abandonner encore Soizy-aux-Bois et se replier sur la côte ee

biens et-É forme Chspton, Elle demande l’aide de la d division marocaine, qui l’appuie avec deux batteries en position P ès du bois d’Allemant.

Le général Humbert reçoit l’ordre de lier une nouvelle attaque | | ace que l’infatigable Grossetti va renouveler sur Soizy et Saint- - Prix. La division marocaine prendra pour objectif Saint-Prix par Jest du bois de Saint-Gond et de Botrait et le 77 participera à l'offensive. L'’ennemi s’est retranché sur une position extrêmement forte, au point précis où les marais s’achèvent et où le massif commence : talus de Saint-Prix-signal du Poirier-nord du bois de Saint-Gond- Oyes. Un ouvrage disposé pour mitrailleuses flanque ses lignes. - Son artillerie canonne sans arrêt le front Mondement-Montgivroux- … Reuves où se rassemble Ja division marocaine. Les trois villages . sont en flammes. | A 17 heures, l’attaque est exécutée par le régiment Cros, en

liaison avec la 42e division. Elle se déclenche parfaitement de - Montgivroux, grimpe la côte et progresse vers Soizy-bois de - l'Homme-Libre-ouest du bois de Saint-Gond, c’est-à-dire aux approches de la route n° 51. Mais on se heurte à de puissants bar- + rages d'artillerie et de mitrailleuses, qui prouvent que l’ennemi est . réduit à la défensive. À 18 heures, le régiment Lestoquoi arrive à … Montgivroux, et Humbert, sentant que l’ennemi fléchit, monte … immédiatement une attaque avec ce renfort et ses deux régiments - Fellert et Cros, pourtant si éprouvés.

… Mais la nuit arrive. Un orage violent vient d’éclater. Il est plus - sage de donner du repos aux troupes et de remettre l'attaque au Jendemain.

À droite, l’autre division du % corps, la 17e (général Moussy), a projeté de dégager la situation par une attaque contre la Garde, qui essaye de progresser par la route de Bannes. En la prenant k “vers Aulnizeux et Aulnay-aux-Planches, on la ramènera au nord Ë des marais de Saint-Gond et la crise dé 11e corps sera en partie conjurée. L’offensive est préparée par un groupe d’artillerie et exécutée par le 90e. Elle est lancée à 16 h. 30. L’ennemi, pris de lance, est culbuté; il évacue Aulnizeux qui est immédiat éient < cupé. Ce beau fait d'armes (commandant Jette) dégage la “gauche du 11° corps (21 division) et arrête net l'offensive alle- mande de ce côté. L’ennemi, comme à la route n° 51, enterre son nn infanterie et déclenche une violente canonnade sur tout le front

- de la 17 division qui se maintient fermement. - La journée, qui avait été d’une chaleur torride, s’achevait par

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un violent orage. Des nuages noirs obscurcissaient. le ciel. ] la foudre accompagne le grondement du canon; les écle rs mêlent aux éclatements. La boue crayeuse de Charipagse se € ke

lait aux pieds du soldat et entravait les mouvements. On M: rrêta. La 17e division avait gagné le front Broussy-le-Grand-Bannes: la Petite-Ferme, en liaison à gauche, à Broussy-le-Petit, avec Je division marocaine et à droite à la Petite-Ferme avec le 11€ corps qui tient les bois de Morains-le-Petit. Une canonnade violente répondait à la canonnade allemande et souvent la dominait, es troupes bivouaquent sur le terrain repris, avec ordre de poursuivre l'ennemi s’il fait mine de se dérober. Mais celui-ci, comme nous le savons par les carnets de route allemands, est affalé dans ses tranchées. " he Cet échec était particulièrement sensible (comme nous allons 1 le voir) à Bülow et à von Hausen. La Garde avait perdu Bannes et. Aulnizeux ; elle était refoulée au nord des marais de Saint-Gond:… Donc, la manœuvre allemande commençait à se disloquer, même

vers l’est, c’est-à-dire du côté où s’accrochait son suprême espoir.

Le point noir, pour Foch, restait toujours du côté du 14e COrps, vers la trouée de Mailly. Il lui avait donné comme appui la 18€ divi= sion : celle-ci, débouchant d’Euvy, devait se porter sur le moulin de Connantray pour faire face à toute attaque descendant d’Écury le-Repos. En même temps, on devait attaquer en liaison avec le % corps sur la route Fère-Champenoise-Bannes. Mais le terrain est sous le feu de l'artillerie lourde allemande et l’on renonce à ce te offensive. C’est l'ennemi, au contraire, qui attaque et, ici, 1l s’agit des troupes de von Hausen se déployant vers Sommesous, assez mollement d’ailleurs. En fin de journée, le 11€ corps a légèrement avancé. On a repris, encore une fois, Vassimont, qui, abandonné par la 60€ division de réserve, avait été réoccupé par l'ennemi. 60€ division a prêté à la division de cavalerie deux bataillons et, demi qui aident le général de l’Espée à se maintenir sur la route de Vitry. “à

La 52e division de réserve est restée à l’ouest de la voie fe ée Connantre-Fère-Champenoise. Quant à la 9% division de cavalerie; elle a continué à rendre de précieux services. Tandis que von» Hausen attaquait sur Sommesous, une contre-attaque du gén éral de l’Espée, menée par les cyclistes, les deux bataillons de la. 60€ division de réserve, la brigade Séreville et l'artillerie, le surprend sur son flanc. Cette heureuse offensive reprend une partie du vil. lage de Sommesous. L’orage et la nuit arrêtent le mouvement

4 x LA “BATAILLE DES MARAIS DE SAINT-GOND

] ais es deux bataillons et les oies restent dans Sommesous. - Des tranchées sont hâtivement creusées à la sortie du village. Au . moment où l’ennemi attachait une telle importance à sa marche par la route 77, le verrou tiré sur Sommesous en avant du camp Fr Era Mailly n’était pas chose sans importance. En somme, Foch avait lieu d’être satisfait. Les échecs de la” à matinée étaient en partie réparés. L’ennemi n’avait plus progressé | nulle part ; 1l avait fléchi au nord de Bannes. Le 11€ corps paraissait toujours dans une position critique; mais, même à la route 77, F défendue par une simple division de FRS l'ennemi n’avait pas … dépassé Sommesous. On pouvait compter maintenant, comme 4 venait de l’annoncer le général Joffre dans son ordre général de 15 h. 45, sur la prochaine intervention des renforts et sur les heu- … reux événements qui se préparalent à la 5€ armée. Le général Foch eût été bien plus satisfait encore, s’il eût su … comment on appréciait les résultats de cette journée dans le camp allemand.

Conclusions sur la bataille du 7 dans le camp allemand. On décide l’assaut à fond pour le 8.

Dans le camp allemand, on n’était pas satisfait de la journee … du 7 mais on n’avait pas encore perdu sinon lespoir, du moins la …— volonté de vaincre. Sur l’Ourcq, von Kluck avait paré à la menace “. d’enveloppement ; peut-être pourrait-il dégager tout à fait ce que E. nous avons appelé la tête de l’animal. La poitrine, il est vrai, était dangereusement exposée aux coups de French et de Franchiet d’Esperey; : de ce côté, l’animal perdait le souffle et n’était pas loin … de perdre pied. Mais, dans la mesure du possible, Bülow s’était fait une muraille vivante couvrant son flanc de Montmirail à Chézy- R à sur-Marne, vers lequel progressaient avec une sorte d’hésitation et 44 de lenteur la 5° armée et surtout l’armée britannique. Bülow avait devant lui un jour, peut-être deux, pour tirer parti des avantages de la marche à mort vers le sud et pour rompre le front de Joffre ” avant que le front allemand ne fût rompu. C'était un temps à saisir et peut-être un de ces risques à exploiter que la fortune des armes F 1 po presque toujours, aux chefs persistants et valeureux. Mais - Je X€ corps et la Garde, à eux seuls et dans l’état où ils étaient, ne * pouvaient plus enlever la victoire : tout dépendait, par consé- quent, du parti que prendrait von Hausen.

14 Les yeux sont tournés vers von Hausen. Avec ses deux corps et

… demi, déjà si éprouvés, il tient en ses mains l'issue de la bataille

ss

lès

Juniville

Warmeriville

[e) NS Machault

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CAT Va rennes= SNA

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