‹ La bataille de la Marne (volume 2)Chapitre 71 sur 90 · E \E> EN · texte numérisé non relu

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és et, peut-être, le sort de l'Allemagne. Ce Saxon est le « maître de l'heure ». On le rendra, par la suite, assez responsable, pour que l’on ne puisse exagérer ses responsabilités.

Or, nous savons ce qu’il pense, le 7 au soir. À ses yeux, la bataille s’équilibrait. C'était donc l'heure de produire l'événement.

D’après cela, — et il faut citer ici le document même émanant de l'état-major de von Hausen, — d’après cela, il parut au Oberkommando de la IIIe armée qu’une attaque énergique venant du front allemand était le seul moyen d’éclaircir les obscurités de la situation, de s’éclairer sur les intentions de l’ennemi, de percer sa situation là où elle semblait faible et de parer de cette manière à l’attaque puissante des Français contre l’aile droite des armées allemandes. Mais il n’y avait pas une minute à perdre : ceci résultait non seulement de la situation périlleuse où se trouvaient la Ire et la ITe armée, mais aussi du fait que la IIIe armée était à proximité de l’ennemi, et, pour ainsi dire, enlacée avec lui. Le général baron von Hausen résolut donc de prendre cette initiative.

Mais l’expérience des deux journées du 6 et du 7 l’avait éclairé : ce qu'il y avait de plus dangereux, c'était l’effet de l’artillerie ennemie ; il s’agissait de trouver un moyen, en marchant à l’attaque, de soustraire, autant que possible, l'infanterie aux effets de l’artillerie française. Dans ces conditions, n’était-il pas logique de commencer l’offensive sur l’ennemi si rapproché, dès la pointe du jour, par l’attaque à la baïonnette avant qu’un coup de canon ait été tiré et de courir sus aux batteries ennemies ?

Résolution farouche et, comme nous allons le voir, presque désespérée. On supposait l’ennemi sans vigilance et les troupes allemandes en état de produire une course à mort de plusieurs kilomètres. |

Von Hausen demanda donc à Bülow la coopération de la 28 division de la Garde, au duc de Wurtemberg la coopération de son VIII corps ; et le 7 septembre, à 6 heures du soir, il publia l’ordre d’armée pour le 8 septembre. « Celui-ci ordonnait la continuation de l’attaque sur tout le front de l’armée. Pour obvier, autant que possible, à l'effet de l'artillerie ennemie, on attaquerait au point du jour et à la baïonnette jusqu’à ce que l’on atteignit l'artillerie ennemie. »

La 2e division de la Garde et la 32e division furent placées sous le commandement du général d'artillerie von Kirchbach, commandant le XIIe corps de réserve. « La Somme devait être franchie à 4 h. 30 du matin par le groupe de droite ainsi constitué ; et la ligne de chemin de fer entre Sompuis et Vitry-le-François devait être franchie à 5 heures du matin par le groupe de gauche commandé par le général d’infanterie von Elsa. » Von Hausen,

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