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338 LA BATAILLE DE LA MARNE Ro.
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Descendons plus au sud encore. Il est assez curieux d’obse ve que, devant Lisle-en-Barrois, il existait un trou entre le XIIIe Cor allemand et le VIe corps ; entre la ferme des Merchines et Villotte la forêt n'offre pas de débouché vers l’est. L’ennemi attaque Vau: bécourt et Villotte, mais il ne débouche pas de la forêt sur Lisle: en-Barrois ; Sarrail a craint cependant une surprise et c’est vers ce point qu’il a prescrit à la 7€ division de cavalerie (général d’Urball de se diriger. #4
L’aile nord du VI corps allemand (général von Pritzelwitz) opère à la trouée de Laheycourt-Villotte ; ce corps, ayant tra: versé Sainte-Menehould le 4 septembre au soir, avait pris ensuite comme axe de marche la route de Saint-Mard-sur-le-Mont ; {1€ division (général von Webern) s’était trouvée engagée Sommeilles, tandis que la 128 division (général Chales de Beaulieu marchait sur Laheycourt-Villotte.
Hier, écrit le 5 un combattant de la 11° division, nous arriva de nouveau une nouvelle des plus réjouissantes : les Français offrent w armistice et sont disposés à payer 17 milliards d’indemnité de gue L’armistice, pour le moment, est refusé. Aujourd’hui 5 septembre nous avons marché jusqu’au soir avec une halte, sans dîner. à
Dimanche 6 septembre. — Alarme sans sonnerie à 3 heures et départ au clair de lune pour Sommeilles. Peu de temps après, s’éleva un immense nuage de fumée : le village brûlait. La canonnade devint plus vio: lente et, quand nous arrivâmes à 300 mètres devant Sommeilles, àä l'entrée d’un bois, la bataille battait son plein. Il paraît que. XVIIIe corps d’armée arrive aujourd’hui sur notre droite. Les pauvre gens de Sommeilles ont été arrachés de terrible façon à leur somme (en français). 3
Ainsi allèrent les choses pendant toute la journée ; canonnade cor tinuelle. Depuis ce matin 3 heures (un quart de café) jusqu’à 4 heuré du soir, nous n’avons rien mangé. Quand, à midi, nous arrivâmes pr de l’artillerie, nous mendiâmes un peu de pain; de là nous nous r@ dîmes dans un verger planté de pruniers et tout le monde se rua si les arbres ; là je vis, chose étrange, le porte-drapeau de notre bataille abattre irrévérencieusement des prunes avec le drapeau sacré pot calmer sa faim. À Brabant-le-Roi, l’ennemi s’est de nouveau solidi ment établi et, pendant que les canons travaillent, nous dînons da un fossé poussiéreux au bord de la route... Les Français jettent s0 vent le pain sur leur route et les troupes allemandes, qui ont faim, ramassent. F
Lundi 7 septembre. — Pendant toute la nuit, notre artillerie a ti Réveil à 5 heures. Départ à 7 heures vers Bar-le-Duc. Nous arrivàän près d’un champ où le 23e régiment (de la 12e division) avait pous une pointe. Ici nos soldats avaient trouvé de la résistance, car sem çà et là, ils gisaient morts. Les maisons de paysans sont petites, tass! sur elles-mêmes avec un seul étage couvert en tuiles. Elles ont misérable et cependant il n’en est pas de même à l’intérieur ; elles:
ien | aménagée on y er des pendules ne des lits massifs et larges, de grandes armoires. Ce soir, ordre de réquisitionner dans le
ville F4 d’Anzecourt. Mais nous dûmes retourner sans provisions de ‘ bo che, car il était aux trois quarts incendié et détruit et le reste avait jé pillé par l'artillerie (1).
- Enfin, à la jonction mal définie de la 4 armée de Langle avec a 3e armée Sarrail, le XVIII corps de réserve tentait d’ouvrir la brêche entre le 2e corps et le 5 corps par la vallée de la Saulx. eureusement, l’arrivée du 15€ corps dissipait le nuage qui s'était brusquement amoncelé à la trouée de Bar-le-Duc. Cet événe- - ment nous ramène à l’objectif du kronprinz et, du même coup, “au plan adopté par Moltke dans l’est, plan dont l’échec “décisif allait permettre, jusqu’à la victoire de 1918, la sécurité des opérations entreprises sur tout le front par le haut commandement français.
F CR attachement de la bataïlle de la Marne à la bataïlle de l’Est.-
Lorsque le général Joffre, le 8 août, prétendait rechercher la bataille, toutes forces réunies, sa droite au Rhin, il avait indiqué, :#oi là même, que son ol souci serait une poussée Com- “mune et, par conséquent, une liaison étroite entre ses armées. Cependant, bien que la répartition des forces fût sensiblement Ée (85 divisions d’infanterie et 10 de cavalerie du côté allemand , 83 divisions d'infanterie et 12 de cavalerie du côté allié, dont de tiers entre le Rhin et la ligne Verdun-Metz incluse et deux ïiers entre cette ligne et la mer), la bataille des Frontières n’avait L. réussi. Mais Joffre n’avait pas rompu avec son Te et s avait maintenu la liaison qui ne faisait de son armée qu’un seul corps. En un mot, pas de manœuvre isolée, pas de détant.
È La grande Instruction du 25 août avait mis en jeu, dans le même esprit, tous les éléments de la manœuvre de la Marne contre un ennemi qui poursuivait orgueilleusement sa marche s modifier son ordre de bataille et se croyait assuré de la vicire par l’excellence d’un plan rigide et longuement médité. Joffre ncevait une seconde offensive commune et avait regroupé ses forces en arrière. Ces liaisons, ordonnées et opérées au cours de retraite, ont assuré la victoire. Mais, pour qu’elles fussent
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(1 h Carnet d’un soldat du 38° fusiliers (11° division du VIe corps).
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exécutables, il était nécessaire qu’une sécurité nous fût garantie. : Cette sécurité, ce fut notre « force de l’est ». Elle brisa la tentative « d’encerclement en grand » conçue dans l’est par Moltke, et elle constitua ainsi le pivot de la manœuvre de la Marne et de toutes les manœuvres successives de Picardie et de Champagne jusqu’en 1918, « La bataille des Frontières a échoué. Mais la 28 et Ja 17e armée françaises, par l'initiative du début, ont sauvé Nancy et couvert notre droite sur les Vosges. » Ainsi s'exprime fortement le maré: chal Joffre dans le mémoire lu par lui devant la Commission d’en: quête de Briey.
La ligne fortifiée de Verdun-Toul-Épinal-Belfort restait dé fendue, après la dissolution, le 26 août, des deux détachement; d’armée de Lorraine (Maunoury) et d'Alsace (Pau), par trois ar mées de campagne, la 17€ armée (Dubail), la 26 armée (Castelnau et la 3€ armée (Sarrail). Dans ces trois armées, Joffre allait puise comme dans un réservoir, pour opposer à l'initiative allemand de l’ouest, non seulement des forces égales, mais une contre-me nœuvre d’enveloppement, que le glissement métnodique et cor tinu des renforts venus de l’est vers l’ouest va lui permettre d réaliser.
Ce n’avait pas été sans une douloureuse émotion que le hau commandement français s'était vu obligé de prélever des divisior et corps entiers sur les armées de l’est. Il avait fallu les arrache souvent en pleine victoire : l’armée de Maunoury, en Woëvr fut relevée le soir même du succès d'Étain ; l’armée du génér Pau fut retirée d'Alsace après le succès de Dorcanh et la repri de Mulhouse ; les armées de Castelnau et de Dubail furent déga nies après les victoires de la Trouée de Charmes et de la Mortagn l’armée de Sarrail se trouva elle-même diminuée après les succ de la Meuse. Partout, notre « force de l’est » après avoir reje et battu l'ennemi, servait à renforcer l’ouest.
C’est qu’une fois la frontière de l’est en sécurité, le succ de la bataille générale importait seul et Joffre s’y consacra to entier. Depuis 1916, je n’ai cessé de mettre en lumière toute l’r portance de ce rôle joué par les armées de l’est. Les révélatic produites en Allemagne ont, chaque jour, confirmé la justesse ce point de vue, et le maréchal Joffre a consacré lui-même,
quelques paroles sobres et éloquentes, la grandeur de la tâ accomplie par les armées de l’est, « Si j'avais seulement ] trois ou quatre corps d’armée qui étaient devant Toul pinal, on s’en serait peut-être repenti et le mal aurait
plus grave. En effet, si les Allemands avaient pu enfoncer m
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ite, ils marchaient sur Paris et nous n’avions rien pour les F e: >»
> haut commandement s’était donc appuyé sur les armées de st pour retraiter stratégiquement avec les armées de l’ouest. Et, fur et à mesure que la retraite de l’ouest s’accomplissait, ls mées de Castelnau et Dubail étaient confirmées dans leur mison, alors même que la victoire de la Trouée de Charmes avait déjà rillamment rétabli leur situation. Le grand quartier général téléraphiait, le 28 août au soir : « Il s’agit, pour les 1re et 2e armées, e durer, tout en fixant les forces ennemies qui leur sont opposées en restant liées entre elles. » Le lendemain, il avisait le groupeent Mazel, autour de Belfort, qu’il ne devait « à aucun prix se aisser enfermer dans la place ».
‘Ainsi, ces armées devaient se consolider sur le terrain, le tenir bûte que coûte en s’aidant mutuellement ; mais elles devaient ussi céder une partie de leurs effectifs pour la bataille de l’ouest. âce aux efforts de vos troupes et aux succès que vous avez resque journellement obtenus, écrivait Joffre à Dubail dans la quit du 1% au 2 septembre, la situation est devenue bonne devant otre armée. Il me semble que les forces actives de l’ennemi font > plus en plus place à des formations de réserve et de landwehr. “est donc possible de recouvrer un corps au moins de votre mée pour être transporté sur un autre point du théâtre des pérations. Je vous prie de désigner à cet effet un corps d'armée insi que le reste du % corps. Vous remédierez à la diminution vos forces par une organisation plus solde des positions. » « haque jour, depuis le 25 août, les armées de l’est voyaient ndre ainsi leurs effectifs ; successivement s'étaient portés vers juest : le 7 corps et la 63 division de réserve (de l’armée Alsace); les 8, 10€ divisions et une partie de la 29 division de cavalerie ; une partie du % corps; enfin, le 15° corps et le corps.
‘Cependant, la place de Metz qui, ainsi que Verdun le faisait jourd’hui, avait joué un rôle efficace lors de la bataille des Fron- E en prêtant son appui pour une sortie en rase campagne, place de Metz n’allait-elle pas, elle aussi, entrer dans la bataille ? à pouvait-elle pas dissimuler des troupes mobiles prêtes à produ vide énorme étendu dans la Woëvre, depuis Etain jusà Pont-à-Mousson ?
Bien que sachant l’armée Sarrail adossée à la forêt de Souilly, la place de Verdun, à la Meuse et aux Hauts-de-Meuse, c’est-à- € à une quadruple protection, Joffre ne perdait pas de vue,
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dans la ligne immense de la bataille, la position de cette armée, et il restait attentif à l’inquiétant silence du formidable camp retranché de Metz. Le 2 septembre au soir, il avait prescrit le. repli immédiat du matériel des Hauts-de-Meuse sur Verdun et sur Toul. |
Tandis que devant la partie nord, le Ve corps de réserve allemand (général von Gündell) s’établissait depuis Consenvoye jusqu’à la forêt de Spincourt et la région d’Étain, où circulaient des patrouilles des deux partis (une reconnaissance française pénétra jusqu’à Foameix), il régnait dans la partie méridionale, depuis Étain jusqu'au promontoire d’Hattonchâtel et Saint-Mihiel, ur calme impressionnant. Au point même du champ de bataille européen où l’on avait cru que la plupart des masses françaises et allemandes viendraient s’étreindre, aucune troupe n’apparaissait descendant de l’horizon, fermé au loin par les collines boisées de la Moselle. 4
Le canon, vers le 4 septembre, écrit le lieutenant Louis Madelin, qui occupait alors le fort de Douaumont, s’éloignait d’une façon alar= mante ; où allait-on? La France était-elle à ce point envahie? Le 3 sep tembre au matin, nous en étions à croire qu’on était encore en Bel gique et ce jour-là, — unique nouvelle de l’arrière depuis des jours, nous reçûmes la proclamation par laquelle le gouvernement de la Rép blique apprenait à la France son départ pour Bordeaux. La soirée fut terriblement triste, sinistre. Mais, ayant lu à haute voix dans une des chambres le document, je n’entendis pas une réflexion désobligeante. On était à cette belle époque où on se serait cru un mauvais Françai si l’on eût critiqué un seul geste, une seule parole d’un de nos grandks chefs, civils ou militaires. Si le gouvernement partait, c’est qu'il fallait qu'il partit : voilà tout. Le lendemain 4 nous parvint l’ordre 48 : c'était celui par lequel Joffre expliquait le repli... Alors commença le grand silence. Notre canon seul le coupait. Le 30 août — jour solennel Verdun avait tiré son premier coup de canon : il partit de la batterie de 120 long établie près du fort de Tavannes ; le premier obus lance de la place vint tomber sur la route d’Étain, à la hauteur d’Abauco où une compagnie ennemie faisait vraiment un peu trop la fière. 5 septembre le fort de Douaumont pour la première fois, à son tou œacha — oui, le 5, à 8 h. 10 — sur les Jumelles-d’Ornes (1).
Le général Coutanceau surveillait donc sur la Woëvre. Bien qu rien ne parût bouger dans la vaste plaine humide, la place f cependant bombarder le 4 septembre du côté d’Haudiomont. Æ gouverneur ayant envoyé une reconnaissance sur la route d’H&
1) Louis MApeuN « Devant Verdun » dans la Revue hebdomadaire. octobre 1917.
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le, | apprit, É 5 au matin, que l'ennemi, loin de la place, a au sudglissait cependant de l’est vers l’ouest.
> général Sarrail, raconte le général Coutanceau, avait déjà paré | mouvement du sud-est en envoyant de ce côté les divisions Pol E Du re nd ; et, avant son départ, le général Pol Durand m'avait envoyé officier pour me demander comment faire sauter au besoin les ponts le la Meuse. Je lui ai adressé le chef du génie de Verdun, le commanë put Benoit, aujourd’hui général, qui avait tous ses dispositifs de mine ; dès l’ordre donné, les ponts ont sauté en amont de Verdun. 0 4 | j'étais couvert du côté de la Meuse en amont et contre le mouven 5m du côté d’'Harville. Il était enfin tout naturel d’agir du côté de mon chei, le général Sarrail, et non du côté opposé ; de faire des mouxements convergents et non divergents. J’attendis donc, le 5 dans la journée, les ordres du général Sarrail (1).
- La bataille se livre à l’ouest ; c’est là que se joue la partie déci- -sive. Le général Joffre ne manque pas de le répéter à ses lieute- L nants. Mais, en même temps, il observe tous les mouvements de lennemi, où qu’ils se produisent. Afin de dissimuler lui-même ses P pres mouvements à l’abri du camp retranché de Toul, il rescrit, le 4 septembre, d'orienter la marche du 152 corps, non plus sur Vaucouleurs, mais un peu plus au sud, sur Gondrecourt
FE une attention de plus en plus minutieuse, il veille aux liaisons entre ses armées. Le 5 au soir, le général de Castelnau, aux prises avec l’armée de Rupprecht de Bavière, sur le Grade: Couronné, est prévenu que « la force la plus voisine à l’ouest de là 2° armée, indépendamment de la place de Toul et du 15e corps, L: la 652 division de réserve, qui forme la droite de la 32 armée et à trouve le 5 dans la région de Saint-Mihiel ». En effet, conforméent aux ordres du général Joffre, le général Sarrail s’était couface au nord-est en portant le 3° groupe de divisions de réserve du général Pol Durand (67e, 75e, 65e divisions) entre Courouvre et Saint-Mihiel.
… Enfin, la mission des armées de l’est, pendant que se livre la bataille de la Marne, est de nouveau définie à Castelnau, le 6 septembre après-midi, à l'heure où il peut craindre d’être obligé d'abandonner le Couronné : « La masse principale de nos forces, ui D feraphie le général Joffre, est engagée dans une bataille géérale à laquelle la 2° armée, trop éloignée du théâtre de cette
À ) Procès-verbaux de la commission d’enquête sur le rôle et a situation D la métallurgie en France (> partie). Chambre des députés, n° 6026 (annexe),
HR C2 7 ts 9e FINE (7 [RPC a ‘1 "S EATTET 4 2.2” “à * LOT fe 4 p 1 * ‘ à L'ART A TIRE) \ ‘ + AL dd /# » à La
action, ne peut pas participer. J’estime préférable que vous vous mainteniez sur vos positions actuelles jusqu’à l'issue de la bataille. Je pourrai alors vous donner des instructions d’ensemble. » ;
La bataille de l’Argonne s’engage et absorbe les trois divisions de réserve du groupe Pol Durand et la 7 division de cavalerie . (général d’Urbal), que nous avons vues faire face à l’ouest, les premières vers la Cousances et l’Aire, la cavalerie sur Lisle-en- Barrois, dans les journées des 6 et 7 septembre. Ainsi, seules désor- . mais, les troupes occupant les forts de Verdun, de Saint-Mihiel | et de Toul montent la garde de la Woëvre, c’est-à-dire d’une vaste cuvette, dont le pourtour, des Jumelles-d’Ornes à Vigneulles et Domèvre-en-Haye, ne mesure pas moins de 80 kilomètres, et que . menace toujours une sortie du camp retranché de Metz.
On ne peut plus laisser la charge d’une telle surveillance aux troupes de la défense fixe. Dans l’après-midi du 7 septembre, le général Joffre, en vue de donner toute sécurité à Sarrail sur ses « derrières, prescrit à Castelnau de jeter la 28 division de cavalerie, | dès le 8 au matin, dans la plaine de Woëvre en direction de Beau- * mont. Sa mission consistera à poursuivre les coureurs et petits « détachements ennemis qui voudraient tenter de franchir la Meuse * en amont de Verdun et à signaler les colonnes qui se dirigeraient de « Metz sur Saint-Mihiel ou Toul. 4
Or, dans cette même journée du 7, Sarrail a pu, de son côté, réunir de nombreux renseignements révélant une vive activité de l'ennemi en Woëvre : des patrouilles de cavalerie, des régiments « d'infanterie et d’artillerie se sont glissés par la vallée du Rupt-. de-Mad et, approchant des Hauts-de-Meuse, semblent vouloir les tourner par le sud du promontoire d’Hattonchâtel, à la trouée de Spada : ils se glisseraient ainsi entre les forts de Troyon et du. camp des Romains, et seraient en mesure de les bombarder.
En fait, l’activité de l’ennemi dans la Woëvre était une des manifestations de son effort sur le Couronné. La 33e division de réserve (général Bausch), sortie de Metz et appuyée d'unités de landwehr et d’ersatz, avait attaqué la colline de Sainte-Geneviève, : par les deux rives de la Moselle, dans la journée du 6; elle s’efforçait, entre Pont-à-Mousson et Toul, de prendre à revers l'armée ! de Castelnau installée sur le croissant du Grand-Couronné (1). Mais Castelnau, prévenu par Joffre de l'urgence d’établir la liaison entre la 2e et la 3€ armée, avait, malgré les difficultés de sa défense,
| (4) Voir l'Histoire illustrée de la guerre, t. VII, p. 85.
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LA BATAILLE DE L’ARGONNE A ds
immédiatement la 145€ brigade (de la 73e division de réserve) ; a disposition du gouverneur de Toul.
7 [ous avons donné la clef de ces offensives convergentes, et, en pparence, dispersées. Ce sont, « sur l’ordre de Sa Majesté », les [ns structions générales de Moltke du 5 septembre. « Les IVe et Ve armées, par une progression tnrébranlable, doivent ouvrir aux V. e et VIIe armées le chemin de la Haute- Mool Il n’est pas bon possible d’envisager si une action conjuguée des IVe et > armées avec les VIe et VIIe armées sur la Moselle entre Toul + Épinal permettra de repousser sur la frontière suisse des forces nnemies importantes. Le rôle immédiat des VIe et VIIe armées Le toujours de retenir les forces ennemies se trouvant devant leur Ê front. L'attaque sur la Moselle, entre Toul et Épinal, en masquant ces deux places, est à exécuter aussitôt que possible. »
4 C’est pour la réalisation immédiate de ce plan que la bataille à repris sur le front de Dubail et de Castelnau, le 5 septembre au bord de la Mortagne, le 6 à la colline de Sainte-Geneviève domine nt la Moselle, le 7 au mont d’Amance, en présence de l’empereur Guillaume. L'attaque en direction de la Haute-Moselle est destinée échouer nous le savons maintenant ; mais nous la voyons devenir ésespérée le 8 à la forêt de Champénoux, comme, le même jour, bataille du kronprinz à la Vaux-Marie. En outre, l’activité constatée la veille dans la Woëvre se développe et, grimpant sur les Hauts-de-Meuse, l'artillerie du VE corps allemand (général von Strantz) commence le bombardement du fort de Troyon. Sans inticiper sur cette journée du 8, constatons que le 7 au soir, e mystère de la Woëvre commence à se dévoiler et que les ordres sont immédiatement donnés pour reconnaître les mouvements nnemis qui menacent, non seulement la liaison des deux armées jarrail et Castelnau, mais la sécurité de leurs arrières, puisque ès troupes de ces deux armées se trouvent engagées, dos à dos, ss unes face à l’ouest, sur le plateau de la Vaux-Marie, les autres ice au nord-est, autour du mont d’Amance.
Moltke et le grand état-major allemand ont conçu, le 4 sepmbre au soir, après l’échec des deux premières étapes de leur lar stratégique, une troisième étape, comportant deux batailles : une, menée avec deux armées seulement, entre Paris et Fèrehampenoise et secondée par une troisième sur Mailly, avec un bjectif de rupture frontale ; l’autre, ayant un caractère de « proression inébranlable », entre Vitry-le-François et Épinal, celle-ci née par quatre armées et visant à l’encerclement de toute otre frontière fortifiée de l’est.
A Et Au 346 LA BATAILLE DE LA MARNE ee UEPURSE OC EE PN Se à SORT ETRRE Nous sommes arrivés à cette journée décisive du 8, journée qui va faire pencher la balance. Comment, du 8 au 12 septembre, se développent les diverses phases des manœuvres des combats
qui aboutissent à l'échec du plan allemand et la victoire des armées françaises, depuis lOurcq jusqu’à l’Argonne, et mêm à jusqu'aux Vosges, tel sera l’objet de notre second volume. : 2
Les
Pages.
Marche en avant des corps des armées von Kluck, von Bülow, von À es 30 août au 5 septembre 1914 (croquis)............ 24-25 Le: transports des troupes françaises. — Formation des 6e et 9% armées. 25 août-4 septembre 1914 (croquis).............. 49 à Bataille de lOurcq. 5 septembre 1914, 12 heures (croquis)...... 91 EL a manœuvre de von Kluck. Première retraite de Coulommiers q CAue RS). une due e Da ve 139
à bataille de rupture à la Trouée de Mailly. Nuit du 7 au 8 sep-
£ Région de la route 51. — Marais de Saint-Gond (carte)...... 200-201 … Région de Le Gault-Montmirail (carte)...................... . 259 a bataïlle entre la Marne et l'Est. 8 septembre 1914 matin (cro-
Te cp mdivaras eee 280-281 “Région de Vitry-le-François (carte).......................... . 287 EF Région mn rc-Blesmes (carte). :...........1..7.070 Tes | R égion de Revigny-Louppy-le-Château (carte).......,.,.... 312-313
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