‹ La bataille de la Marne (volume 2)Chapitre 82 sur 90 · PA · texte numérisé non relu

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ce fa ait, une > situation qui, éveillant l'attention et l'inquiétude des 0 ser la journée du 7 septembre.

D Le grand quartier général, depuis plusieurs jours, s’était efforcé e déterminer l’importance et la direction d’attaque des forces allemandes : il avait renforcé ses pivots de manœuvre. Nous avons vi qu'il avait, notamment, rendu la valeur de deux divisions au général ulancean, gouverneur de Verdun, afin de lui permettre, “en cas d'investissement, de tenir jusqu’au moment où la bataille ‘en rase campagne l’eût dégagé.

… Maintenant que la bataille avait englobé la place de Verdun, c'est aux liaisons menacées vers Revigny que se portait toute la -sollicitude du haut commandement. Dès le 2 septembre, pour parer à la manœuvre qu’il prévoyait sur Bar-le-Duc, le général Joffre avait décidé d'envoyer le 152 corps à Sarrail. Ainsi se manifestait - l’action vigilante, précise et juste du haut commandement, au point exact où elle était nécessaire au salut de la France. Le 6 sep- “tembre, alors que Revigny venait de tomber et que Langle de Cary réclamait, à 8 heures du soir, l’aide de Sarrail, dans cette . même nuit, sur les plateaux qui dominent Bar-le-Duc, le 15° corps - débarquait üne division entre Ligny-en-Barrois et Longeville. On - ne pouvait pas être plus exact.

» Le matin du 7 septembre, à 8. h 45, quand le 152 corps commen- . çait à descendre les collines de la trouée, Joffre télégraphiait à - Sarrail : « Avec les forces dont vous disposez, vous êtes en mesure » de tenir tête et même d’infliger un échec à l'ennemi. Vous appor- » terez ainsi une aide précieuse à la 4€ armée, qui a devant elle des forces importantes et doit constituer à sa gauche de fortes réserves » pour contre-attaquer les forces qui assaillent la 9% armée. »

” Mais Sarrail, de son quartier général de Ligny-en-Barrois, s’in- -quiétait surtout de Verdun. Comme le gros de ses forces en était éloigné, il craignait, à chaque instant, une attaque à fond qui l’eût “ coupé de la place. Le haut commandement se rendait compte, avec . plus de clairvoyance, que l'objectif de l'ennemi était au sud et que les opérations des deux armées du kronprinz de Prusse et du kron- prinz de Bavière étaient liées et devaient aboutir à l’encerelement ÿ de la 3e armée et de la place de Verdun par Commercy. Aussi s’ef- … forçait-il de fermer de lui-même les accès que les armées de Moltke ‘avaient reçu mission d'atteindre immédiatement : à l’est, Nancy ; - à l’ouest, Bar-le-Duc. Du côté de Nancy, l’empereur Guillaume, … entouré de son état-major, arrivait, le 7 septembre ; sur les hau- . teurs d’'Éply, au bord de la Seille, il attendait les effets de la

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bataille du mont d'Amance qui, dans sa RUE at lui | pet mettre une entrée solennelle dans Nancy (1). Et, ce même j ous le 7 septembre, le kronprinz impérial comptait hic sa Cav lerie sur la Haute-Moselle et défiler lui-même dans Bar-le-Duc, à la tête du XVI corps, le corps de Metz!

L'armée Sarrail le 7 septembre. D La Vaux-Marie et la trouée de Bar-le-Duc.

C'est à briser cette manœuvre que le haut commandement français consacrait toutes les ressources dont il pouvait disposer : rarement, tâche plus exactement déterminée ne fut accomplie avec plus de clairvoyance et de fermeté. à

Nous sommes au 7 septembre matin. Le grand quartier génére k qui félicite et encourage le général Coutanceau pour son action contre les arrières de l’ennemi, attire l'attention du général Sarrai sur le danger qui menace sa liaison avec la 4 armée : une colonne allemande a été signalée descendant de Nettancourt vers le sud, pour atteindre l’Ornain vers Sermaize. Il s’agit, sans doute, d’une division du XVIIIe corps de réserve. « De même, écrit le” général Joffre, que la 4° armée doit appuyer la droite de la 9e armée, de même il vous appartient de faire sentir votre action à droite de la 4 armée, tout en vous couvrant contre les entreprises S de l’ennemi sur votre flanc droit. »

Le général Sarrail, dans ses ordres pour la journée du 7 septembre, avait maintenu à la bataille le même caractère que pour la journée du 6, c’est-à-dire la défensive au sud, l'offensive au centre et au nord. En attendant l’arrivée d’une première division du 15€ corps portée en hâte sur les hauteurs de Véel, le 5 corps. (général Micheler) devait se défendre face à l’ouest sur Vassin: court-Neuville-Louppy-Villotte. Le 6° corps (général Verraux) € le groupe des divisions de réserve (général Pol Durand) devaient 1 attaquer en direction du nord-ouest. “à

Le 5€ corps, ayant prêté une brigade au 6€ corps (la 17), ne dis= posait que de la 10€ division (général Gossart) et de la 18€ brigade (de la 9 division, général Martin) ; ses avant-postes, dans la nuït,. tenaient Neuville-sur-Orne, la lisière ouest du bois Bugné, Louppyle-Château et Villotte-devant-Louppy. Sa mission était de con server son front. v4

De bonne heure, l'artillerie allemande bombarda furieusement

(1) Voir Histoire luustrée de la guerre, t. VII, p. 90. 1

front t de l'armée. Louppy et Villotte durent être évacués par la bri gade ; peu après, ces villages furent repris, Mais, vers s du soir, la brigade dut les évacuer F4 Le CR et port ter ses avant-postes sur les crêtes situées à 4 500 mètres à Pest. La situation, sans être grave et sans présenter le même caracère que la veille, n’était pas meilleure au sud, où opérait la 10€ divion. Un trou d’une dizaine de kilomètres séparait maintenant la > a rmée de la 4° armée : le 2€ corps (général Gérard) venait, en , de se replier de Sermaize sur Cheminon et les troupes ci an Le du XVIII corps de réserve (armée du duc de Wurtemberg) t du VIe corps (armée du kronprinz), en étroite liaison suivant les rdres reçus, cherchaient à déborder, par la vallée de la Saulx et la rêt des Trois-Fontaines, les és à l’ouest de Bar-le-Duc. La brèche commençait de s’agrandir : Vassincourt, tenu par le 16€ régiment (de la 10€ division), dut être évacué et Partie du 2 corps se reporta sur les crêtes au sud de Mussey. Comme la eill, mais moins sensiblement toutefois, le 59 corps avait plié. \fin de maintenir un point d'appui dans Le trouée, ordre fut donné au colonel Malleterre, commandant la 19 brigade, de reprendre Vassincourt ; D obution fut tentée dans la soirée, mais ne réussit pas. Au cours de ces alternatives diverses, le déairel Sarrail gardait oute sa fermeté et toute sa confiance, parce qu’il était maintenant issuré non seulement de la proximité a 15€ corps, mais de la participation de ce corps à la bataille. En effet, comme le danger pressait, le général Espinasse, qui le commandait, avait reçu Pordre de hâter son mouvement. Depuis le 2, il était en route, lyant quitté la région de Lunéville; il avait marché en trois tapes sur Vaucouleurs le 3 septembre, s’était reposé le 4, remis n n marche le 5 et le 6 en direction de Gondrecourt. Mais le ca non l’appelait : dès le 6, la 29% division s’embarqua à Mauvages , Houdelaincourt, la 30e division à Gondrecourt; et, dans la oi ée de cette même journée, de nouveaux ordres “prescrivieel L la 29 division (général Carbillet) de se trouver le 7 septembre, à heures du matin, sur les hauteurs de Véel, à l’ouest de Bar-le- Due, pour y former, pendant la matinée, un flanc défensif couvrant la gauche de l’armée Sarrail et barrant la trouée. La division installa donc, le 7 septembre, comme il était prescrit, sur le ont Fains-Véel-Combles, tandis que la 30€ division (général Zolle e) prenait position en arrière sur Longeville-ferme le Chêne. ous avons dit l'effort fourni dans la journée par l’ennemi entre ser maize, Vassincourt et Laimont pour ouvrir et élargir la brèche ins la trouée de l’Ornain. Sarrail, à ce moment précis, se con-

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forme aux prescriptions instantes du général Joffre, de veiller & liaisons avec la 4e armée de Langle. A cet effet, il donne, à 411 l'ordre verbal au 15e corps d'envoyer à gauche, où la liaison fai défaut entre les deux armées, un détachement composé de deu: bataillons de chasseurs, un groupe d’artillerie et deux escadron du 6€ hussards pour couvrir le flanc gauche du 5€ corps qui tien encore à ce moment Vassincourt. Tandis que le canon tonne dar la trouée, ce détachement s'établit à Couvonges, et, dans l’après midi, il est renforcé par la 57 brigade. Le général Carbillet, quie prend le commandement, se tient prêt à toute éventualité, sw veillant l’action du 2 corps sur sa gauche et celle du 5€ corps st sa droite. À 17 h. 30, il apprend que Vassincourt vient d’ê enlevé par l'ennemi ; aussitôt il se prépare à la contre-attaque pou reprendre le village ; le détachement se met en mouvement ver 19 heures, d'accord avec la 19 brigade du 5€ corps (colonel Malle terre). Mais Vassincourt, nous l’avons dit, ne put être repris dans I nuit et l’attaque se trouva reportée au lendemain 8 septembi avant l’aube.

Au centre de la 3€ armée, le général Verraux, commandant | 6e corps, avait, de son côté, reçu l’ordre de réfrciiteé l'offensiv commencée la se et arrêtée.

La 107€ brigade (général Estève), détachée de la 542 division dé réserve (la 108 brigade était sous Verdun), devait s'établir prè de la voie ferrée qui court sur le plateau de la ferme de la Vaux Marie, au nord, sur le front cotes 285, 293, 302. La 12e divisic (général Souchier), formée en rassemblement articulé au signal d Fayel, devait se porter au ravin nord-est de Rembercourt-au Pots, pendant que la 17€ brigade, détachée de la 9e division d c o corps, protégerait le flanc du 6€ corps. La 65€ division de rése (général Bigot), du groupe Pol Durand, reprendrait l'offensivéil : s’efforçant d'atteindre les passages de l’Aiïre à Beauzée et Bulai ville. Enfin, trois bataillons de chasseurs (266, 27e et 29e) étaie mis à la disposition du général Verraux qui les plaça en réserve 8 la cote 318.

Ainsi l’aile droite du corps d’armée devait tourner par le nor sur l’Aire, les forces allemandes des XVIe et XIIIe corps établie sur les pentes de la cuvette de Triaucourt et parvenues press } sommet, près de la voie ferrée et de la ferme de la Vaux- Marie qu le gros du 6€ corps allait attaquer de front.

La canonnade fut très violente toute la journée. L'enneñ dépensa sans compter ses munitions mais ne causa dans les lign

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lerie françaises que des pertes insignifiantes. Il n’y eut pas tion d'infanterie sur le front de la 12€ division (général Souer) ni sur celui de la 40€ division (général Leconte) placée en wrière. Mais, vers 14 h. 30, après un violent bombardement, la he. brigade (général Estève) fut fortement attaquée et perdit les trois cinquièmes de son effectif : le 302€ régiment, qui avait relevé le matin le 106€ et le 301€, fut pris d’enfilade et tourné sur sa gauche. Il se replia dans la soirée sur Érize. Le général Estève avait été grièvement blessé (1).

L’artillerie du 6€ corps, dont la situation était d’ailleurs remarquable sur les contre-pentes en arrière de la crête de Rembercourt-ferme de la Vaux-Marie, avait battu, pendant la journée, J'immense terrain qui dévale en pente douce dans la cuvette de Triaucourt au fond de laquelle se dresse, à 15 kilomètres, le large “et haut écran boisé de la forêt d’Argonne.

7 septembre 4914. — La 107e brigade reçoit mission de tenir sur une position qui doit être organisée en arrière de la ligne du chemin de fer; a 40° division conserve sa mission de la veille ; la 12e division fait face à Rembercourt-aux-Pots. L’artillerie de corps at l'artillerie lourde ont pour mission principale d'appuyer la 107€ brigade.

- A4 heures, le général Herr est à la cote 309, pour donner ses instruc- “tions. Il donne pour objectif à l’artillerie lourde les batteries lourdes “ennemies qui, tant d’après l’étude de la carte que d’après les tirs de la veille, doivent être établies dans les ravins est et nord-est de Pretzen-Argonne. L’artillerie de corps est disposée sur la croupe du signal d’'Érize-la-Petite, face à la ligne de chemin de fer, Un avion mis à la di position du général Herr confirme l’existence d’artillerie lourde à “Pretz-en-Argonne et en signale d’autres à Sommaisne. Il indique également des emplacements de colonnes de voitures. Des objectifs sont répartis entre l’artillerie de corps et l’artilierie lourde. L’aviateur constate les effets du tir sur les colonnes de voitures signalées ci-dessus (avant-trains et colonnes de munitions). Le général Herr fait monter dans un second avion un observateur d’artillerie qui précise les emplacements des batteries et fait la distinction entre les batteries d’artillerie lourde et celles d’artillerie légère.

. À ce moment, l'artillerie lourde #4 est installée : deux batteries à tracteurs au nord d’Érize-la-Petite, deux batteries à chevaux au signal du Fayel, deux batteries à chevaux à Marats-la-Petite. Les deux autres batteries à tracteurs envoyées pour réparation à Bar-le-Duc sont rappelées d'urgence. Les quatre groupes de l’artillerie de corps sont placés sur la croupe 309, le groupe du 31e à droite, deux groupes du 46° au centre, le groupe du 44° à gauche. L’artillerie de corps est, de nouveau, fortement éprouvée : ses deux lieutenants-colonels sont blessés, un capitaine est tué.

“ (1) Capitaine De Mazenon, Dans les champs de Meuse, p. 139.

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À 16 heures, le général Herr voit sur la gauche l'infanterie françai revenir sur la croupe de Rembercourt, Au même moment, le colon commandant l'artillerie de corps lui rend compte qu’il n’a plus d'ir fanterie devant lui. Le général fait constituer un barrage par les deu groupes du 46°, pour arrêter la marche en avant de l’ennemi et ret compte de la situation au général Verraux, commandant le 6° corp Il réclame du 67e d'infanterie un soutien de deux compagnies. Ce sou tien est jeté en avant des batteries, dans la direction de la ferme de I Vaux-Marie. Grâce à ces fusils et au barrage, la 12e division a le temp de se porter en avant et parvient à reprendre, à 18 heures, sous protection de l’artillerie de corps, les positions précédemment occupée par la 107e brigade. Une des batteries d’artillerie lourde 4 à tracteur rejoint et est placée au sud-ouest de la cote 309. Les troupes reçoiven l’ordre de bivouaquer sur leurs positions pour reprendre l’attaqué | lendemain, les bataillons de chasseurs remplaçant aux avant-postes 107 brigade.

Centre de ravitaillement en munitions : sortie est de Marats ë Grande (12° division) et cote 309, à 500 mètres d’Érize-la-Petite (107 bri gade).

Pour suivre de plus près encore l'opération intellectuelle qu aboutit à cette manœuvre d'artillerie qui sauva le 6€ corps, voic l'extrait d’un précieux carnet de campagne : 1

7 septembre. — Réveil à 2 heures. Ordres donnés. Les avions arriven Bons observateurs. Tir excellent sur l'artillerie allemande. J’ai be espoir ; notre attaque progresse. On monte un coup de main sur batteries ennemies non gardées.

45 heures. La fusillade s’éloigne.

46 heures. Notre infanterie fléchit. Deux batteries se portent € avant pour lui donner du cœur au ventre. Elles ne peuvent se metti en batterie, prises à partie par l’infanterie ennemie et les gros noir Baumann prend le commandement d’un groupe pour créer, avec l’aic des avions, un barrage destiné à arrêter l'offensive ennemie. LB batteries sont maintenues sur leurs positions bien qu’il n’y ait ph devant elles aucun fantassin français. Le tir avec la grosse arti er contre les avions nous a débarrassés en partie de leur acharneme habituel. Ë

16 h. 20. La 107e brigade d’infanterie, qui combattait devant nou retraite. Elle aurait perdu tous ses cadres. Nous attendons impatiet ment un bataillon de chasseurs qui doit la renforcer et couvrir.

16 h. 45. L’infanterie nous lâche. Pas de renforts. Le colonel de Guillonière et le lieutenant-colonel Monnier sont blessés. Flichy } exposer la situation au général Verraux.

18 heures. Le colonel Bard met deux compagnies à notre dispositi comme soutien. Elles sont lancées sur la ferme de la Vaux-Marie po nous couvrir. Nos deux échelons sont vides de munitions de 75. général fait dire par Flichy qu’il envoie le 12e chasseurs avec F9 ott et qu’il va être suivi de la 12° division. Cela n’est plus néce grâce au feu extrêmement violent de nos batteries qui ont fait off L

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ge devant notre artillerie, l’offensive allemande sur la ferme de la aux-Marie est arrêtée. Les nouveaux renforts poussent jusqu’à la anchée du chemin de fer. Deux groupes réoccupent la première sition qu’ils avaient abandonnée. La nuit vient. Un officier d’état- 1 aj or vient, de la part du général Verraux, donner carte blanche pour épartir et employer l'artillerie. L’A. C. bivouaque près de l’Ezrules ;

A. L. sur ses positions, ses chevaux ayant bu dans la soirée.

- Je rentre à Rosnes avec l’état-major. Le général Verraux est installé u château. On nous fait fête. Sans l'artillerie qui a tenu pendant plus ine heure, sans fantassins devant elle, notre front était percé. C’est Lelle qu’on doit la reprise de l’offensive qui nous a permis de reconquérir la ligne du matin. Ce succès, nous le devons à son moral énerique, à son instruction, enfin, au bon emploi des avions. Les travaux de campagne qui ont été rendus réglementaires dans la brigade et qu’a effectués le 46° ont diminué ses pertes dans de notables proportions. À C. et A. L., nous n’avons perdu ni un canon, ni un caisson.

La journée s’achevait sans que les lignes fussent sensiblement modifiées. Le soir, sur la rive gauche de l’Aire, les troupes stationnèrent dans cet ordre : en première ligne, les trois bataillons de chasseurs de la 402 division, sous les ordres du général comnandant la 12e division sur le front ferme Saint-Laurent, ferme e la Vaux-Marie, la droite appuyée à la route de Beauzée; en euxième ligne, la 12€ division sur le front signal du Fayel, cote 309 ; la 107% brigade devait se reformer autour de Marats-la-Grande. Au nord, sur la rive droite de l’Aire, la 40€ division (général Leonte) bivouaqua sur place, au sud du ruisseau de Seraucourt, la 65€ division de réserve (général Bigot) bivouaqua au nord du même ruisseau.

- Cependant, au cours de la journée, les divisions de réserve Wavaient pas poussé leur action sur la droite avec assez d'énergie èt n'avaient pas ainsi répondu à l’attente du général Sarrail, qui, le ce côté, espérait aboutir à un résultat sérieux. Il avait monté, dans la région Osches-Jubécourt, une attaque à laquelle devaient Jarticiper la 67€ et la 75€ division, et dont le but était de tenter in enveloppement de la gauche ennemie par la Cousances. Mais e manque de cohésion des unités et une certaine indécision dans exécution firent échouer le mouvement. La 65€ division de rée ve (général Bigot) qui devait atteindre les passages de lPAire, -Beauzée et à Bulainville, parvint aux abords de Beauzée et sur es hauteurs de Deuxnouds ; mais canonnée par l'artillerie du XVIe corps allemand installée autour des croupes de Saint-André, lle dut se replier le soir vers Issoncourt, près de la route de Verdunsouilly-Bar-le-Duc. Au centre, la 752 division de réserve (général Vimard) déboucha de Souilly, cherchant, à travers les bois et le

pliée sur Blercourt.

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long de la Cousances, à approcher des villages de Saint- Ant d’Ipécourt tenus par des éléments du XVIe corps allemand e du VIe corps de réserve. Soumise à un feu violent d'artillerie, alle ne put y parvenir jusqu’au début de après-midi. Toutefois, l’action de cette division liée à celle de la 67 division (général Mara bail) allait aboutir à un résultat. La 67e division, partie le matin de la route de Souilly, s’était emparée d’Osches et avait poursuivi son avance, Débouchant du plateau d’Osches et donnant la maï aux éléments de droite de la 75e division, elle se porta sur la Cou: sances : Ippécourt fut évacué par ES dans la soirée. De son côté, la 72e division de réserve (général Heymann) avait cherché à progresser vers Ville-sur-Cousances, mais elle s'était heurtée au tir de mitrailleuses des unités du VIe corps de réserve retranchées sur la rive opposée de la rivière. Le général Heymann: renouvela son attaque vers 5 heures du soir, mais il ne put réussir à progresser. À sa droite, la 108€ brigade (de la 542 division de réserve) s’était avancée vers Brocourt, mais s "était ensuite re

Enfin, la place de Verdun elle-même, outre cette manœuvre permanente de sa force mobile contre les communications alle“ mandes de la Cousances, ne restait pas inactive. « De mon côté, écrit le général Coutanceau, je tenais les hauteurs de Sivry-la Perche. Je n’ai, en effet, jamais abandonné ces hauteurs, pas plus que celles de Samogneux et d’'Haudiomont, sur chacune desquelles j'avais laissé deux bataillons. Les deux bataillons du 3668, tenant Sivry au nord-ouest, ont pu, sous les ordres du général de Morlaincourt, intervenir avec deux batteries de 120 long et une batterie de 95 du côté de Récicourt. »

Ex fait, la place de Verdun observait, de ses positions domi: nantes, les mouvements de l'ennemi autour du camp retranché, mouvements que nous allons indiquer maintenant d’après l’en= nemi lui-même. 4

L'armée du kronprinz les 6 et 7 septembre.

« La Ve armée, écrit le général Baumgarten-Crusius, inclina alors vers l’est pour l’attaque contre la 3° armée française, l’aile droite vers Villers-aux-Vents, l’aile gauche à Saint-André. Après une âpre bataille (le 6), continuée jusqu’à l'obscurité, le front français fut sensiblement repoussé vers l’est, malgré l’heureuse avancée d’une division de réserve venue de Verdun vers la liaisor de la Ve armée sur Ippécourt. D’après le compte rendu du soir de

LA BATAILLE DE L’ARGONNE V: > armée allemande, l'attaque devait être continuée le lendeair Le avec Bar-le-Duc comme objectif. Le XVIII corps de réve de la IVe armée était, à cet effet, arrivé pour renforcer aile droite de la Ve armée en vue de l’offensive sur Leimont-Charpgne. » Ainsi, comme on l'avait vu du camp français, l'objectif ur le 7 était toujours Bar-le-Duc, alors que la bataille se livre ace à l’est, c’est-à-dire face au plateau de la Vaux-Marie-Remercourt.

- Rien n’est plus intéressant que l’examen des carnets de route é l'ennemi, lorsque la connaissance des mouvements généraux le l’armée et des corps en particulier peut en éclairer la lecture ; jutre le pittoresque de la vie du soldat, on y suit, sur le terrain, Pexécution des ordres donnés et, dans l'esprit du combattant, le sentiment que les directions données par les chefs ont provoqué. Nous avons dit que le VE corps de réserve (général von Gündell) était en observation au nord de Verdun : la 10e division de réserve on Wartenberg occupait les environs de Romagne-sous-les-Côtes.

3 septembre. — J’ai eu l’occasion, aujourd’hui, écrit un sous-officier du 46° de réserve, d'approcher assez près de l’empereur et de l’observer. 1 se carrait dans Pauto et gesticulait vivement de la main droite en parlant. Mais son visage paraissait fatigué, les traits tirés et les yeux sans expression. Le soir, notre lieutenant Keil nous dit que l’empereur aurait apporté de très bonnes nouvelles du théâtre de la guerre. Aïnsi, plus de 80 000 Russes auraient été faits prisonniers et l’un de nos corps d'armée se trouverait déjà sous Paris ; le gros des forces françaises serait naintenant dans le sud de la France (voilà donc les bruits qui couraient dans tous les rangs, le 3 1).

« 5 septembre. — Les hommes sont maltraités. Pour la moindre infracion, le soldat doit rester debout, attaché à un arbre pendant des heures. ’usage de la langue polonaise est interdit; je ne puis imaginer de mesure plus maladroite. Où tout cela nous mènera-t-11?

. 6 septembre. — A midi, nous retournons dans les tranchées ; mais, + la nuit, la situation change. Le régiment tout entier abandonne a position près de Romagne et marche toute la nuit, presque sans rrêt, avec armes et bagages, en décrivant une courbe de l’est à l’ouest tour de Verdun. On passe la Meuse et l’on ne prend position que vers 41 heures du matin le 7, au nord-ouest de Verdun.

- Ainsi, de l’est à l’ouest du camp retranché de Verdun, les forces allemandes (Ve corps de réserve, 2 groupe de landwebr, VIe corps de réserve), tout en observant la place et les mouvements de Ja garnison, opèrent un glissement vers l’Argonne, où gronde la ataille en rase campagne. L’offensive du général Coutanceau, qui se déclenche de bonne heure, le 6 septembre, pour inquiéter

es communications de l’armée, produit visiblement son effet,

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et le général Baumgarten-Crusius le constate. DesiAé pa ur jusqu’à la Cousances, à Rarécourt, à Jubécourt et à Julvécour! rt. le VIe corps de réserve (général von Gossler) se sent en mauva posture ; il appelle les troupes voisines à son aide. Telle est | puissance de Pinitiative (1). |

Au sud, opèrent les corps actifs et, d’abord, le XVIe corps (général von Mudra). Les régiments re la 33e de (général Reitzenstein) sont à Saint-André, à Ippécourt et Julvécourt ; ceux de la 34€ division (général von Heinemann) à Nubécourt et Bulainville et à Fleury-sur-Aire. La mission du XVIe corps, d’après l’ordre du kronprinz du 5 septembre, était la prise de Bar-le-Duc.“ On était loin de compte : le corps d’armée reste accroché sur la rive nord de l’Aire, à 30 kilomètres de Bar-le-Duc!

Au sud-ouest, le XIIIe pas (général von Fabeck) n’est sal mieux partagé. "ee lieu de s'emparer des ponts de l’Ornain entre … Revigny et Bar-le-Duc, comme le prescrivait l’ordre du come mandement allemand, il s’avance péniblement, les carnets de route nous le révèlent, sur le plateau de Pretz- -Sommaisne, ets im mobilise sur un terrain terriblement battu par l’artillerie française. du 6e corps. Le général von Fabeck est arrêté net et subit des pertes considérables à 20 kilomètres des ponts de l’Ornain ! A la 26€ division (duc d’Urach), voici le 1252 régiment : |

Le 6 septembre commença le combat d'Évres qui dura de 7 heures! du matin jusqu’à 8 heures du soir. La route Evres-Pretz-en-Argonne

n’était plus guère praticable, les arbres la barraient, courbés ou cassés. par la grêle des obus. Déjà l’on rassemblait les bataillons — le combat s’était déroulé sur une grande plaine de champs et de bois — quand l’ennemi reprit position et nous dispersa par un terrible feu de shrapnells et d’obus. Nous étions au beau milieu de cette mitraille, attendant. à chaque instant d’être déchirés.

Le 7 septembre, à 5 heures du matin, nous recevons soudain, sur 1 hauteur de Sommaisne où nous avions passé la nuit, une violente canonnade. Notre artillerie lourde n’est pas en place. A droite et à gauche nous attendons un corps de renfort annoncé ; ils n’arriveront. que le lendemain soir. Toutes nos réserves sont employées, mais elles doivent en partie être reprises à cause de la violence du feu. Je suis dans un repli de terrain avec l’état-major du régiment et le groupe. des téléphonistes ; à droite et à gauche, devant nous et derrière nous, les terribles obus. Nous sommes dans une situation désespérée. Après quelques coups, l’ennemi a découvert les deux batteries. Un craquement et une fumée noire... le canon est là, orphelin. Le soir approche. Nous sommes horriblement fatigués et, tandis que le canon tonne

(1) Voir Conrad von GOSsSLER, Erinnerungen an d. grossen Krieg d. vi. Reserve-korps sewidmet (Breslau, 1919).

A la 27 division (général comte von Pfeil und Klein-Ellguth), le 13e régiment d’artillerie s’est porté vers Foucaucourt, dépassé par des troupes du VIE corps de réserve :

- C'était le dimanche 6 septembre. On prit position derrière une hauteur, au sud d’un petit bois entre Foucaucourt et Êvres. Nous fûmes très violemment bombardés. Le village d’Èvres paraissait en flammes. Notre artillerie qui venait d’arriver commença de faire feu. Bientôt nous changeâmes de position pour nous porter derrière une hauteur ‘au sud d'Évres. À peine étions-nous là de dix minutes — il était environ 8 heures de l’après-midi — que nous fûmes assaillis par une grêle de projectiles qui éclataient tout près de nous et creusaient dans la terre de profonds entonnoirs. L’ennemi tirait comme un insensé et nous ne nous étions jamais encore trouvés dans une bataille aussi violente. A notre gauche, le crépitement de nos propres mitrailleuses — notre arme qui s'était montrée si brillante — et plus loin celui des mitrailleuses françaises, bien plus lent ; on les écoutait comme le tac-tac d’un moulin. À environ 50 mètres devant nous, de l’autre côté de la hauteur, on voyait étendus de braves fantassins morts. Nous nous portâmes plus loin encore vers le sud-est, vers une crête un peu au nord de Pretz. Le soir tomba. Dans l’obscurité, nous vimes longtemps encore à l’horizon la flamme du tir des positions ennemies en longue ligne. Il était 8 heures et demie quand ma batterie reçut son complément de munitions. Derrière nous, on voyait la lueur rouge d'Évres. Après que les cuisines ulantes nous eurent ravitaillés, nous nous sommes enveloppés dans os manteaux ou dans la toile des tentes et on s’étendit ainsi sur le ol pour se reposer jusqu’au matin.

Le lundi 7 septembre, ma batterie bombardait déjà avec succès, 7 heures du matin, l'infanterie ennemie qui avançait sur une crête une distance de 4 à 5 kilomètres. A peine étions-nous en position errière une hauteur au sud-ouest de Pretz, que quelques obus s’enonçaient dans le sol tout près de nous. C'était le salut matinal des rançais. Il était environ 8 heüres. Notre poste d’observation fut placé ur la lisière d’un petit bois, cote 260. Nous y étions depuis peu que ennemi dirigea son feu d'artillerie sur nous... Midi arriva. Le bomardement des Français continuait terriblement sur notre coin de bois. 4 heures de l’après-midi, on nous dit que les positions d’artillerie nnemie avaient été exactement repérées par un aviateur. Bientôt après, feu ennemi ayant justement quelque peu diminué, toutes nos propres ositions d’artillerie commencèrent ensemble une canonnade. Avant e nous endormir, nous avons eu une bonne nouvelle : la prise de aubeuge avec 40 000 prisonniers (2).

(1) Récit d’un combattant du 125 régiment, Rodolphe Theile, publié dans le eues Stut'garter Tagb!au, (2) Otto RoTHERMUNDT Mi den Wurtembergern in Feindesland.

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