T.: II
à # SM TRS :
- D: és Ant Lin) ? *ACTIAEES < , : À TES | x 7 "AUTRE 226 LA BATAILLE DE LA MARNE. 7 recommandait aux éléments de gauche de surveiller rigoureuse-
ment les liaisons avec le 5e corps du côté de Lisle-en-Barrois. On se préparait ainsi à la bataille décisive qui ne pouvait pas manquer de se produire le lendemain. Cependant, l'artillerie du corps, maintenant assurée de sa supériorité, ne chômait pas; elle donnait à l'ennemi un avant-goût de l'accueil qu’il devait recevoir s’il ten-
tait un nouvel effort. 4
La journée du 9 se passa sans encombre, observe le général Verraux ; mais, le soir, je sentais que la pression ennemie existait toujours. Je commençais à avoir de grosses inquiétudes sur ma droite. On envoya rapidement un régiment de cavalerie à Saint-Mihiel, pour empêcher . l'ennemi de progresser : si bien que je n’avais plus de cavalerie pour m'éclairer. Le 9 au soir, nous rentrons au village de Rosnes ; je me demandais si je ne serais pas obligé de quitter cette région. J'avais « toute une ligne de repli qui passait par Behain, Seigneulles, etc.
L’artillerie française sous les ordres du général Herr profite de . l’accalmie relative pour repérer exactement, par ses avions, les emplacements des batteries allemandes : c’est autant de fait pour le Jendemain.
Pendant que ces événements se poursuivent autour de Verdun, le camp retranché agit à la fois par sa garnison mobile et par son artillerie. Les divisions de réserve se sont installées dans les tranchées sur le plateau entre Érize-la-Grande et les Maratz, jusqu’à Sérancourt et Deuxnouds, et conjuguent ainsi leur action, tas | face à l’ouest que face à l’est, avec celle du 6® corps.
Quant à la place elle-même, elle luttait, mais dans une sorte d'angoisse et d’ignorance de ce qui se passait au dehors : À
Sauf le bruit que nous faisions, écrit Louis Madelin, nous n’en entendions plus aucun. La place était dans un parfait isolement. Elle n’était plus reliée à la France que par le mince cordon que constituait le chemin. de fer de Verdun à Lérouville passant par Saint-Mihiel... Le général Coutanceau put se croire un jour complètement investi : l’état-major de Sarrail était à Ligny, fort loin de nous, et s’apprêtait à défendre Ia“ ligne de l’Ornain. J'étais persuadé que les Allemands étaient à Bar-le= Duc. Si Saint-Mihiel était soudain forcé par eux, c'était fini, nous étions coupés. Soudain, le 9, une canonnade très violente éclata à notre droite. Évidemment, une attaque très sérieuse se produisait au sud de. la place. Quelques heures après, — car dans l’intérieur du camp les nouvelles circulaient vite, — on apprenait que les Allemands bom bardaient les forts de Troyon et de Génicourt en face de Saint-Mihiel et que, pénétrant dans la trouée de Spada, ils manifestaient nettement l'intention de percer à Saint-Mihiel, de passer la Meuse sur les derrières,
se devait battre furieusement dans la vallée de la Marne. Mais la canon- L nade plus gx nous tenait plus en éveil. Trois Less nous l’enten-
… Troyon tenait toujours. Génicourt encaissait mais ne cédait pas. - Pourtant les Allemands paraissaient disposés à faire un grand - effort contre la place : la 108 division du VE corps se tenait au . nord-est de Deuxnouds et au nord-est de Creue, prête à l’attaque ; un autre détachement mixte se tenait au nord de Mouilly. La percée devait être obtenue à la Croix-sur-Meuse. En même temps,
- réclamait impérieusement du secours. De partout, les renforts
limitées ; après l’arrivée du 152 corps, après le déplacement de la - cavalerie envoyée à la trouée de Spada, il ne restait plus que la … 73 division de réserve, détachée de Toul, qui essayait d’agir … sur les communications des troupes venues de Metz. Mais, réduite … à ses propres forces, elle ne le faisait que de loin et par son artillerie. - L'heure critique approchait.
… La nuit du 9 au 10 : la Vaux-Marie.
s - Elle n’attendit pas que se levât l’aube du 10; en pleine nuit Ÿ du 9 au 10, le kronprinz, talonné par les nouvelles qui lui parve- … naient, animé par les objurgations et peut-être les reproches incri- … minant ses lenteurs et son inefficacité, alors qu’il disposait des plus … belles troupes de l'empire, le kronprinz, entraîné enfin par le … grand projet de contre-offensive du duc de Wurtemberg, et après ù “entente avec von Moltke qui hésite, se décide à attaquer … désespérément sur tout le front.
Pendant ces journées critiques de la tournée d'inspection de Hentsch, “écrit-il dans ses Mémoires, ma Ve armée attaqua, sans succès, dans le | pt Vavincourt-Rembercourt-Beauzée-Saint-André et prépara pour 10 septembre une attaque de nuit dont le but était de nous procurer ou peu plus de liberté de mouvement en nous sortant de notre position — gênante entre Verdun, d’un côté, et l’Argonne très mal partagée en , sait de routes praticables, de l’autre. Ce projet d'attaque comportant participation du XIIIe corps y compris la 12 division de réserve,
Le
(1) Louis MADELIN, « Devant Verdun », Revue hebdomadaire, 13 octobre 1917
- français étaient envoyés, mais les ressources maintenant étaient
ainsi que du XVIe corps, fut d’abord désapprouvé par le grand quar- … tier général devenu inquiet par les rapports de Hentsch sur la situa- | tion ; plus tard, il fut approuvé quand même, à la suite des insistances réitérées de l’état-major de mon armée (1).
L'effort principal est contre le 6€ corps français. C’est là qu’il faut rompre le croissant de l’armée Sarrail. Là, en face de Pierrefitte et à l'issue de la trouée de Spada, un coup habilement placé doit, ou séparer l’armée de la place, ou rejeter Sarrail dans Verdun, ou le bousculer vers l’est ; alors, on foncera sur Bar-le-Duc et la grande armée de Joffre sera tournée par sa droite, tandis que les armées de l’est seront rejetées sur la frontière suisse. C’est à ce résultat que doit aboutir, en dernière analyse, la manœuvre de Moltke : on obtiendrait le succès avec quelque retard, mais on l’aurait tout de même. La moitié de la France conquise, Joffre réduit à se battre soit dans le Morvan, soit sur la Loire, cela vaut bien le sang de quelques milliers d'hommes. |
Le kronprinz a donc l’éperon au flanc; il attaquera furieusement dans la nuit du 9 au 10; Moltke en a avisé les commandants d’armée ; avec l’appui de Wurtemberg, il va rétablir ce qui « chancelle sur tout le reste du front. |
Vers 3 heures du matin, écrit le général Verraux, la fusillade devient « partout d’une intensité formidable. Soit pour dissimuler sa retraite, « soit plutôt par une tentative désespérée de percer notre front, le kronprinz déploya, dès l’aube du jour, l’attaque la plus formidable que j’aie. vue durant toute la guerre. 1
Les deux points principaux de ces attaques étaient sur la rive gauche de l’Aire, à la ferme de la Vaux-Marie et les hauteurs de Courcelles où. se trouvait la 40e division. Il y eut des pertes assez sensibles et le général de Féraudy, notamment, fut tué ce jour-là. |
J’avais à droite la 40€ division, à gauche trois bataillons de chasseurs (26°, 29% et 25e), plus une brigade de la 12° division (avec le 1322 et le 106€). Ma brigade de réserve n’était pas engagée. Nous eûmes, à gauche, des pertes assez sensibles. Les troupes de première ligne se replièrent d’elles-mêmes, mais très légèrement. Sarrail disait toujours : « Tenez, tenez, à un kilomètre près, mais tenez (2)! » 4
La brigade de la 12° division, qui n’avait pas été engagée, put tenir sur la crête entre Rembercourt et Chaumont. La division Lecomte « fut obligée de se rabattre et vint s’établir entre Chaumont et Cou-« rouvre. Une des brigades de la 12 division resta au bois du Fayet sous la protection des 542 et 6% divisions qui se déployèrent. Les trois bataillons de chasseurs se replièrent et se reformèrent au signal de Beauraing.
(1) Mémoires du kronprinz, p. 181.
« Souvenirs d'état-major », dans la Reoue de Paris du 1° avril 1922.
re LP UNE