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La nuit s *approchait. Les Atede avaient hâte d'en finir. Nous savons, par leurs documents, que le canon du fort et celui € es troupes de campagne, qui commençaient à converger vers € leur faisaient beaucoup de mal. A la chute du jour, on vit s’approcher du fort des cavaliers allemands avec un immense drapeau blanc. Le capitaine se rendit sur le talus tandis que les parlementaires — deux officiers accompagnés d’un trompette se tenaient à trente mètres au delà du réseau. Par trois fois, l'officier français fut sommé de rendre le fort. A la première sommation, il répondit : « Jamais ! » À la deuxième : « La France m’a donné la garde du. fort; je me ferai sauter plutôt que de me rendre. » A la troiième : « F...-moi le camp! Je vous ai assez vus. A bientôt, à Metz (1)!»
Aussitôt après le départ des parlementaires, un bombardement plus intense, avec obus de 280 et 305, recommença. Une tentative d’assaut eut lieu pendant la nuit. Mais l'artillerie et les mitrailleuses du fort accueillirent les troupes à peine sur le talus. Elles furent décimées. La panique se jeta dans leurs rangs ; elles s’enfuirent, laissant leurs morts et les blessés. Le capitaine commandan 2 le fort avait été, pendant la nuit, blessé grièvement d’un éclat d’obus. Le bombardement continua plus intense. Mais le fort, qui s’effondrait peu à peu, tint bon et ne se rendit pas. L'action com= binée de la garnison et de l’armée Sarrail allaient bientôt le dégager. |
Le fort de Troyon avait ainsi rempli le but que s’étaient proposé ses constructeurs. Il avait gardé intacte la ceinture du camp retranché ; il avait barré la route à une manœuvre ennemie ; ik permettait aux troupes opérant en rase campagne de poursuix re leur propre manœuvre à l’abri de sa résistance héroïque et il con: tribuait ainsi à la victoire. L
Car tel est le rôle des places fortes. Leurs garnisons étant réduites au minimum, elles servent à la lettre de points d'appui et, placées, elles-mêmes, sous la garde des armées qui combattent à leurs approches mais qui restent libres, elles constituent la défensive: offensive idéale, parce qu’elles talent la résistance par la posi-! tion et donnent l’élasticité non seulement à la défense, mais à l'attaque.
Le siège de Troyon n’était, d’ailleurs, qu’un incident émouvant; dans l’ensemble de la bataille : la décision était dans la plaine.
(1) Zllustration, numéro du 15 janvier 1915. 4
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Ce n’était pas sans motif que Troyon était pris à partie : la nouvelle manœuvre allemande se révélait; c'était la « surprise » 4 ménagée de longue main par le grand état onier allemand.
Dans les derniers jours d’août, écrit von Tappen, comme un trans- % En de forces considérables vers l’aile droite n’était pas encore possible par suite du manque de communications par chemin de fer, on -
avait songé à faire une percée à travers la ligne des forts d’arrêt au sud * de Verdun et à envoyer là, pour réaliser la pensée de l'encerclement, des parties de la VIe et de la VII armée. Mais on abandonna ce projet - en raison des difficultés considérables s’y opposant.
. Dans ce nouveau projet, Metz entrait toujours dans la bataille ; mais, au lieu de porter sa puissance contre Nancy et l’armée de Castelnau, c’était maintenant contre Verdun et l’armée Sar- … rail. Les négociateurs de 1871 avaient donc bien pris leurs . mesures en gardant Metz et en projetant de se servir de la Mo- . selle comme d’un couloir pour prendre à revers soit Nancy, soit Verdun.
- Les patrouilles de ublans étaient apparues, comme le constate le - commandant du fort, le 8, dès la pointe du jour, à Seuzey, à trois - kilomètres de Troyon. À 8 heures, il y avait de l'artillerie lourde … entre Seuzey et la Croix-sur-Meuse, et d’autre entre Chaillon et - Heudicourt; la tranchée était ouverte jusque sur le signal de . Troyon : c'était le Ve corps (von Strantz) qui, étant sorti de … Metz, s’avançait en direction de Saint-Mihiel. Il surgissait dans le . dos de Sarrail tandis que celui-ci avait toutes ses troupes engagées … face à l’ouest ; le coup pouvait être mortel. Verdun isolé, la grande armée de Joffre tournée par sa droite et coupée de celles de Dubail … et de Castelnau, Sarrail était coincé. Il est surprenant que le grand état-major allemand, ayant conçu ce projet, ne lui ait réservé que des forces insuffisantes pour l’exécution. Toujours les mêmes . erreurs d'appréciation : entreprise trop vaste pour les moyens, mésestime de l’adversaire.
Voici donc Sarrail pris dans cette tenaille entre le XIIIe corps “Nes le XVIe corps allemands qui l’attaquent en direction nord- 2 ouest-sud-ouest et le VE corps qui attaque en direction nord-est- sud-est. C’est son 62 corps qui supporte d’abord le poids de la double manœuvre.
5 4 Mais Joffre et Sarrail ne sont pas pris au dépourvu. Du haut des forts de Verdun, on a éventé la « surprise » et on a l’œil sur la . Woëvre. Dans la nuit du 7 au 8, Joffre a donné l’ordre, comme . nous l'avons dit, à une division de réserve de la garnison de Toul
LUN DE L’ARGONNE Be ee
et à un régiment d'artillerie de se porter à marches forcées, en. direction de la Meuse et de la trouée de Spada, pour couvrir Saint- Mihiel. Sarrail a porté toute sa cavalerie disponible (7 division de cavalerie) dans la direction de Pierrefitte-Courouvre, sur la rive gauche de la Meuse ; elle est arrivée au prix d’une marche de 70 kilomètres ; et enfin le fort de Troyon est là pour barrer la route. D'ailleurs Sarrail était autorisé, en cas de besoin, à se replier vers le sud, à abandonner momentanément Verdun et à faire front avec toutes ses forces ramassées en un seul bloc devant Bar-le-Duc.
Mais il ne l’entendait pas ainsi. Les observations aériennes lui apprenaient que l’ennemi, dans les deux directions, se présentait mal et sans énergie ; il savait que Troyon tiendrait quarante-huit heures au moins ; il sentait que son artillerie prenait le dessus, et surtout, en très perspicace tacticien, il comprenait qu'il avait affaire, en somme, à trois offensives dispersées : celle du duc de Wurtemberg à gauche, celle du kronprinz handicapée par sa mauvaise position dans le couloir d’entre Argonne et Aisne au centre; : et enfin, à droite, celle de von Strantz, trop faible et tout intimidée de se heurter au camp retranché de Verdun.
Dans la nuit, Troyon contenait la première poussée de l’ennemi venant de la Woëvre, la plus dangereuse en ce moment. Ce résultat obtenu, pour ce qui allait se passer dans la journée du 9, on voyait plus clair.
La journée du 9 au 2° corps et à l’armée Sarrail.
On voyait plus clair. Mais il fallait se battre encore. Or, le soldat n’en pouvait plus.
Pas de sommeil, écrit Maurice Genevoix (6€ corps). J’ai toujours dans les oreilles la stridence des éclats d’obus coupant l’air et, dans les narines, l’odeur âcre et suffocante des explosifs. Il n’est pas minuit que je reçois l’ordre de départ. La nuit est si noire que je butte dans les sillons et les mottes de terre... Marche à travers champs, marche de somnambule, machinale, jambes en coton et tête lourde. Ça dure longtemps, des heures il me semble. Nous tournons toujours à gauche. Mais … les ténèbres peu à peu deviennent moins denses et voici que je reconnais la route de la Vaux-Marie, les caissons défoncés, les chevaux morts. Tiens |! les canons allemands tirent de bonne heure, ce matin. : Devant nous des shrapnells éclatent cinglants et rageurs ; la ligne des flocons barre la plaine. J’ai compris que nous allions prendre les avantpostes. Au bout de deux heures, nous avons une tranchée étroite et profonde. Derrière nous à gauche, Rembercourt ; sur la droite, un peu en avant, la gare minuscule de la Vaux-Marie…
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FIN DE LA BATAILLE DE L’ARGONNE 221 “à
d Chélour énervante. Nuages épais et lourds ; le champ de bataille bout ; et partout, un relent de mort :
| Par instants, des souffles passent sur nous, effluves tièdes qui char- Éient une puanteur fade, pénétrante, intolérable. Je m'aperçois que hé respirons dans un charnier (1).
Voici donc le centre de l’armée Sarrail pris dans l’étau de Spada-
… Pierrefitte, le 9 au matin. Si Troyon tient, les choses peuvent - s'arranger. Mais si Troyon ne tient pas? Et voici que l’on entend, — dans le lointain, d’autres rafales : c’est encore de l'artillerie lourde ; elle tire sur le fort de Génicourt. Verdun est attaqué de partout. — La place ne peut être dégagée que si la bataille est gagnée dans la Lee Voyons donc ce qui se passe, le 9, sur le front de Sarrail, en
… distinguant les trois offensives allemandes : 1° celle du duc de Wur-
È . temberg ; 2° celle du kronprinz ; 3° celle de von Strantz.
…. Nous avons dit le rôle du 2 corps (général Gérard) de l’armée de - Langle de Cary qui a pour mission de combattre avec l’armée Sarà rail, tout en maintenant, à tout prix, la liaison entre la 4° armée Ê- (Langle de Cary) et la 3€ armée (Sarrail). Il s’est accroché à l’éperon de Maurupt-le-Montoy et, de là, il voile la trouée de Bar-le-Duc … en attendant que le 15° corps la bouche tout à fait. Le 9 au matin, « Je 2° corps garde toujours, à proximité de la voie ferrée, la ligne Farémont-Favresse, Blesme-Maurupt-Cheminon. Maurupt tient : - mais la troupe est très éprouvée. Le canonnade a repris dès le matin : il se confirme que l’ennemi, occupant Mognéville, cherche pe tourner Maurupt en s’infiltrant vers le sud dans la forêt des "à Trois- Fontaines. Il est urgent que le 15€ corps barre cette progres- sion entre Beurey et la Colotte (maison forestière au milieu des PE bois).
ë. Voici cependant que, dans l’après-midi, quelque chose de nou- … veau se produit de ce côté. On dirait que l’ennemi perd de son entrain. Vers le milieu de la journée, on a le sentiment que l’infand terie du XVIII corps (von Schenck), qui attaque Cheminon et : Maurupt, n’est plus si mordante. On respire. À ce moment arrive un ordre de l’armée à la 4e division : 1° tenir à tout prix; … 2 essayer, si possible, de sauter à la gorge de l'ennemi qui hésite … et, pendant la nuit, tâcher de s'emparer de ses canons. Mais Langle de Cary est pris à partie d’autre part : à l’ouest, 1l
(1) Maurice GENEVOIX, Sous Verdun, p. 56.
a besoin de toutes ses forces pour résister à l’assaut suprême du duc de Wurtemberg. Ne pas oublier que, si le recul de la III armée allemande est ordonné à partir de 4 heures et demie, la gauche de cette IIIe armée (d’Elsa) a encore le sentiment qu’elle peut prolonger la bataille autour de Vitry. Le duc de Wurtemberg est de cet avis. Langle de Cary sent monter l'orage contre lui.
Il compte sur son 2 corps (général Gérard) pour faire front et tenter un mouvement tournant sur l'aile droite du duc de Wurtemberg. Le 2 corps reçoit donc, dans l’après-midi du 9, l’ordre de constituer immédiatement un détachement d’une brigade qui se portera, par une marche de nuit accomplie par Larzicourt et Saint-Remi-en-Bourzemont, sur la région au nord d’Arzillière où il se mettra à la disposition du 128 corps. Le détachement se met en route à 19 h. 20 et marche toute la nuit. A l’aube du 10, il attaquera et la décision sera cherchée sur la rive gauche de la Marne, à l'ouest de Vitry. Nous verrons comment cette manœuvre, combinée avec la marche en avant de l’armée Foch, déterminera en effet l'abandon par l’ennemi du pivot de Vitry.
En attendant, que peut faire le 2e corps, réduit de la valeur de ce détachement? Tenir à Maurupt-le-Montoy et maintenir la liaison avec le 152 corps et l’armée Sarrail, rien de plus. Sarrail est bien décidé à tenir à la trouée, grâce au renfort fourni par l’arrivée du 152 corps ; mais si le 28 corps l’abandonne?.. Il insiste pour que Gérard soit maintenu à tout prix au nord de Cheminon. Finalement, on se met d’accord sur un plan d’ensemble : tandis que de
Langle de Cary attaquera le 10 au matin en queue et à l’ouest
l’armée du duc de Wurtemberg dans la région de Vitry, Sarrail l’attaquera en tête et à l’est sur Revigny : Sermaize tombera sans doute de ce fait, mais à condition que Cheminon ne soit pas abandonné et que, même, Sermaize soit menacé, au même moment, par une attaque venant du sud. C’est convenu. Le 28 corps, quoique affaibli dans ses éléments, tiendra et participera à la manœuvre ; pour le 10 au matin, il sera bien en droit de compter sur le 15€ corps. :
Voyons donc quel est le rôle du 158 corps dans la journée du 9.
Le 152 corps (général Espinasse) est entièrement en ligne pour cette rude journée. Sa 29% division a passé la nuit dans les bois Jacquot et Soulains au sud de la voie ferrée et à l’ouest de Bar-le- Duc ; sa 30€ division entre Couvonges et Trémont. Si elles restent sur ces positions, Bar-le-Duc est découvert ; mais si elles contreattaquent sur Breuzey-Couvonges-Mognéville, le mouvement tour-
ant pr C rojeté pèr Pen est arrêté et même, par Vassincourt, il & lui-même tourné.
1 es ordres pour la journée du 9 sont les suivants : la 29 divion attaquera vers Vassincourt et la crête à l’ouest sur la route le Mognévil à Revigny; la 30€ division passera la Saulx et yera de se rapprocher de la voie ferrée par le bois de Faux- Miroir. Ce serait la meilleure façon de seconder l'effort du 2e corps à nr et de prendre à sa naissance le mouvemer it ennemi. Quelle surprise, pour celui-ci, de trouver sur son min un corps tout entier, alors qu’il compte n’avoir qu’à | De. pour se saisir de Bar-le-Duc ! L'examen de la carte suffit po ur démontrer que le promontoire de Faux-Miroir, aux approches le ill va devenir le nœud de la bataille. Maurupt- le-Montoy eaucoup plus au sud, passerait au second plan. Les deux rives de à Seulx sont le uote par lequel progresserait l’offensive du ® COTPS.
LI est ordonné que ces mouvements articulés pour la marche dès laube ne se produiront qu’après une forte préparation d’artillerie. A 8 heures et demie, à la suite d’un violent bombardement de V Vase incourt et de toute la crête, l'offensive se déclenche. Le combat t très dur pendant le cours de la matinée dans le bois de Trois- F 'ontaines : il fait grand honneur à la 57e brigade; l'offensive ennemie est arrêtée. À partir de 11 heures, trois colonnes nettoient Je bois de Trois-Fontaines en le remontant du sud au nord : c’est la colonne Copain, la colonne Valdent et la colonne Rey. La briae Marillier se bat pour la possession de Couvonges, pris et repris sieurs fois. Magnifique marche de front des trois colonnes et de rade Marillier à travers le bois Fe à la Maison-Blanche et, sur la droite, pr à 8 enr dont s’empare la brigade. Mais a 29 division n’a pu s'emparer de Vassincourt. Ainsi le Faux- Miroir et la crête de Vassincourt restent encore aux mains de 7 nemi. Le coup qu’il a reçu n’en est pas moins si bien asséné
. succès paraît mûr pour le 10 au matin.
| LB tout cas, Bar-le-Duc n’est plus en cause ; il s’agit, maintenant, de aise et de Revigny.
d Le 58 corps (général Micheler) est toujours dans la situation an xieuse où nous l'avons vu les jours précédents. Il subit, en somme, la pression à la fois de la pointe du duc de Wurtombost ‘4 VILLE de réserve) et de la pointe du kronprinz (VIe corps) qui,
> Revigny à Triaucourt, font front pour forcer jusqu’à Bar-le- Duc. Sarrail, aidé par Gérard et par le 152 corps, a pu, dans la
224 LA BATAILLE DE LA MARNE Re D:
journée du 9, régler à peu près le sort de l’offensive de Wurtemberg ; mais il n’en est pas de même pour l'offensive massive du kronprinz. 4 Dès la nuit du 9 au 10, l'ennemi, escomptant son succès de Laimont, a attaqué sur Mussey. Il a été arrêté et le 5e corps avec les troupes qui lui sont rattachées (582 brigade et deux groupes du 37e d'artillerie) se battent sur la ligne : 108 division : cote 184, bois ” Bugné, ferme Sainte-Hoïilde ; 18e et 58 brigades : crête est Louppyle-Château, cote 231, bois du Père-Bœuf en avant de Génicourt. … C’est assez dire que le front est immense : de Mussey à Génicourt, « quel tournant ! C’est le fond du sac. Le 5€ corps est en liaison assez . médiocre, à sa gauche, avec le 152 corps vers Vassincourt-Mussey, « vers la voie ferrée, et à sa droite avec le 6€ corps par Génicourt. L’ennemi se prépare par une canonnade intermittente sur le … front de la 10€ division (ferme Sainte-Hoiïlde) ; évidemment il veut crever le fond de la poche et forcer le passage entre Vassincourt et Fains. Il appuie cette manœuvre de pénétration par une offensive de côté sur les deux brigades qui sont autour de Louppy. Celles-ci « perdent un peu de terrain. Mais, renforcées par deux batteries de 155 et bientôt par deux groupes d’artillerie lourde et sept bat- ” teries du 152 corps qui entrent en ligne et écrasent de leurs feux les « bois de Champ-Midi et le Charpentier, elles sentent peu à peu l'ennemi céder devant elles. 4 En fin de journée, non seulement le 58 corps a tenu, mais il com- … mence à prendre un peu d’air. Si, par sa gauche, il est toujours aux environs de Mussey, son centre et sa droite sont au bois d'Hardau-« mont et au delà du bois du Père-Bœuf. Le fond de la poche paraît « soulagé : mais l'ennemi n’a pas renoncé. La journée du 10 sera chaude. À
Le fort de la bataille est toujours au 6€ corps (général Verraux). L’offensive du duc de Wurtemberg étant refoulée à Mognéville, Revigny: celle de la gauche du kronprinz contenue à Sainte-Hoïlde, « Louppy, il reste l'offensive conjuguée de la droite du kronprinz et des forces de von Strantz venues de Metz et cherchant à ss réunir vers Pierrefitte en face de la trouée de Spada et de Saint- « Mihiel. Ici, on a affaire, en somme, à deux corps allemands : les XII et XVIe attaquant de l’ouest, et à un corps, le Ve, attaquant de l’est. Mais, bien entendu, notre 6e corps est appuyé par le camp « retranché de Verdun (forts de Troyon et de Génicourt) et, en « deuxième ligne, par les forces mobiles du camp retranché, les divi-. sions de réserve du général Pol Durand. En plus, la 7 division de «
cavalerie a, comme nous l'avons dit, fait le verrou mobile et a pris 1 a gauche du 6 corps dans la région Dompcevrin-Woimbey, tandis . que sur la rive droite de la Meuse, la 73€ division de réserve, sortie . de Toul, et accompagnée de cavalerie et d’un régiment d'artillerie, “ accourait dans la nuit du 8 au 9 pour seconder la défense du fort de Troyon.
… Est-ce l'accumulation de ces forces annoncée par les avions qui | intimide l'ennemi? Est-ce la vigueur de la résistance française qui … a profité admirablement, dès la veille, de ses positions dominantes Ù | et de la supériorité de son artillerie? Est-ce une raison stratégique et le kronprinz attend-il que les forces venues de Metz soient Dés en ligne et lui aient apporté le concours d’une manœuvre qui, d’ailleurs, est déjà éventée? Quoi qu'il en soit, la journée du 9 paraît relativement calme au 6€ corps.
. Cette accalmie, ou plutôt ce temps d’arrêt fut, à n’en pas douter, à faute capitale du kronprinz, lune de celles dént ses prétendues facultés guerrières auront à rendre compte devant l’histoire mili- D e de son pays.
— Si, à cette date, l’armée allemande eût pu sauver quelque chose de la bataille, perdue partout ailleurs, c'était précisément ici - même, devant le 6 corps. Le sort final de l’immense engagem ment dépendant en ce moment, comme nous l’avons démontré, du “sort de la bataille de l’Argonne, la jonction sur le terrain des forces hu de Metz et des forces coulant le long de Verdun devenait la péripétie suprême.
- C'était là que devait se produire l'événement. Le grand quartier ‘ énéral y avait compté. Il avait tout sacrifié à l’espoir de ce succès. Or, le kronprinz laisse passer l’occasion. Il perd une journée entière 0 id les minutes comptent double. Peut-être aussi était-il d’ores € à déjà, lui et son armée, incapable de vaincre un adversaire inféà ieur en nombre, il est vrai, mais solidement établi, bien en main et résolu à ne pas céder. Sarrail, en gardant si énergiquement es liaisons avec Verdun, l'avait, sans doute, désarçonné. D Quoi qu'il en soit, « la journée — cette journée du 9 qui eût dû être décisive — parut relativement calme pour le corps d’armée ». Ainsi s'exprime le général Verraux lui-même. Il tint ; et on ne lui en demandait pas davantage. Mais, l'ennemi n'ayant pas attaqué, es lignes restèrent intactes ; aucun changement ne se produisit fa ar le front des 40€ et 65e FRA À la fin de la journée, toutes les ka oupes sur la rive gauche de l’Aire passèrent sous les ordres de à 42e division. On réparait l’échec de la brigade de réserve héroiÿe Dont décimée la veille, sur la crête d’Érize-la-Grande ; on