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liter le débouché du 2 corps et les opérations ultérieures de la 3€ armée. — La 4 armée prendra la poursuite en direction de Vouziers...
Nous avons dit la lenteur relative de la 3€ armée après la " taille de la Vaux-Marie qui a repoussé l’offensive du kronprinz dans la matinée du 10. Ce retard a été l’objet de l’attention su grand quartier général, qui, le 12 septembre seulement, trace, dans les termes suivants, le rôle de cette armée combinant son effort avec celui de la 4° armée :
La 3° armée, lorsque l’ennemi sera en retraite devant elle, agira en direction du nord entre Argonne et Meuse.
Cette disposition légèrement retardataire de l’armée de droite ne sera pas sans avoir ses suites sur le reste de la campagne. Cetten région d’entre Argonne et Meuse restera un des points douloureux du front français : c’est là que les choses traîneront jusqu’à rede-* venir bientôt des plus pénibles ; la bataille de la Marne se prolongera en quelque sorte de ce côté ; l'ennemi s’accrochera là, enfin,« et sa résistance, consolidée par la préparation du terrain, rendra nécessaire, à bref délai, de nouveaux efforts offensifs. Verdun est« libéré, mais la région de Verdun n’est pas, tant s’en faut, dégagée. |
Pour achever cette rapide revue du front français au moment” où commence la poursuite, il reste à déterminer le rôle des deux armées de l’est, de celles qui consolident effectivement le pivot, l’armée Castelnau et l’armée Dubail. Il faut dire comment leurs succès se jettent, en quelque sorte, dans la bataille de la Marnen comme des rivières dans un fleuve.
Les 7 et 8 septembre, au moment où le prince Rupprecht de Bavière faisait un effort suprême au Grand-Couronné, le général de Castelnau était avisé par le général Joffre que de fortes co“ lonnes ennemies, partant de Metz, progressaient vers Rozières" en-Haye, dans la direction de Toul. C'était l'opération de vor Strantz sur la trouée de Spada et vers Saint-Mihiel qui comme çait. L’ennemi tentait de prendre à revers l’armée de Sarrail combattant pour Bar-le-Duc. Immédiatement Joffre décide dé prendre lui-même à revers les troupes chargées de l'opération, eb il prescrit au général de Castelnau de jeter la 2e division de cava* lerie (général Varin) dans la plame de Woëvre, vers Beaumont tandis qu’une division de réserve, la 73€ (général Châtelain), sort de Toul et coopère à ce mouvement. C’est ainsi que, dès le 8 sep* tembre, les batailles de l’est sont mises en corrélation directe avet la bataille de la Marne: L
ne LA RETRAITE ALLEMANDE 259
“for orme du front français et l’ordonnance même de la aus, ataille. Celle-ci va se prolonger, en quelque sorte, jusqu’à la ontière dela Lorraine annexée pour toute la durée de la guerre, indis que le râteau s'efforce de balayer l’ennemi du reste du sol ional.
Castelnau s’est «retourné » dès le 8. Il ne regarde plus seulement e à l’est, mais aussi face à l’ouest. Le voici qui cherche sa dison par Toul avec l’armée Sarrail. La plaine de Woëvre seriré ra de trait d’union. L’offensive de von Strantz qui provoque ce 10 uvement est, comme on le sait, arrêtée au fort de Troyon. On ut craindre cependant que Pénfén ayant manqué Belfort,
* pousser la branche de gauche de la tenaille raccourcie au sud Verdun. Et c’est ce qu'il fera, en effet, à bref délai. Cependant, le succès s’affirme pour les armées françaises de juest à partir du 9 septembre. On est averti que l'ennemi, dans grand péril, commence à manœuvrer et à déplacer lui-même Y orces de gauche à droite. Le général von Heeringen a reçu , le 5 septembre, de se transporter avec le XVE corps et la division de cavalerie, par la Belgique, à l’aile droite allemande. a entre les mains l’ordre du haut état-major allemand prescrint que « la VIe et la VITS armées auraient à se retirer, le Septembre, sur la ligne 344-nord de Bathelémont-Croismarene de la Vezouze pour y attendre des renforts ».
En plus, un autre renseignement saisi Sur un prisonnier annonce lun mouvement important partant de Metz se développe vers sud-ouest et que les Ve, XIVe et IIIe corps bavaroiïs se disser à marcher sur Commercy. »
linsi renseigné, le général Joffre, appliquant sa méthode, désoris classique, qui consiste à puiser ses réserves dans ses unités nbattantes, ordonne que le 209 corps (général Balfourier) soit isporté, le 11 septembre à partir de 10 heures, dans la région Sai 6 (rive gauche de la Moselle) pour protéger la plaine Woëvre. Et cette précaution ne le satisfait pas encore. Il se ide à apporter des changements profonds dans la constitution Mes objectifs de ses deux armées de l’est. Cette volonté se traut. par de nouvelles mesures qui complètent la série des ordres | 3e pour la poursuite sur l’ensemble du front français. Le tembre, ordre est donné au 13 corps (général Alix) de quitter ront de Lorraine ; il se rend sur l'Oise, dans la région de Cam- \gn >, èt nous l'y verrons amorcer lo premiers engagements
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jinal et Nancy, ne renouvelle sa tentative de ce côté et n’essaye
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de la « Course à la ter ». Le 11 septembre, l'armée Dubail est < nouvéau mise à contribution par l’ordre suivant :
11 se peut que l’ennemi récupère dés forces devant la 17 armée pour les amener devant Nancy ou dans la Woëvre. Étudiez les moyens d récupérer des forces, de préférence un corps d’armée cofstitué qu pourrait être amené en arrière de votre gauche comme réserve générale des 1re et 2 armées à la hauteur de Bayon. S’il en était besoin, toutes ces forces pourraient être portées en Woëvre (1).
Enfin, le 13 septembre, le général Joffre envoie deux instrut tions particulières, l’une au général Dubail (1e armée), l'a@ au général dé Castelnau (28 armée).
1e armée (2) : En raison de la situation nouvelle à notre droite, 4 paraît nécessaire de modifier la mission, la composition et les zone d’action des 1" et 2e armées.
La 17° armée prendrait à sa charge toutes les opérations à l’est de Moselle. Elle s’établirait sur la ligne la plus courte et la plus favorab entre Nancy et les environs, ayant en arrière du front une forte réser et gardant par ses corps spéciaux les crêtes des Vosges.
2% armée : 4 La retraite de l’ennemi sur tout le front, ainsi que marche offensive de nos armées imposent une nouvelle tâche aux armé qui opéraient entre Nancy et les Vosges. Tandis que la 17 armée pou suivra seule les opérations à l’est de la Moselle, la 2 armée, reconstitu sur de nouvelles bases, participera de façon plus directe aux opératiot du groupe principal dé nos forces. 4
2 De concert avec la 3€ armée et utilisant la place dé Verdun et position organisée des Hauts-de-Meuse, elle aura pour mission d' surer complètement le flanc droit de notre dispositif contre les tem tives ennemies débouchant de la Meuse. A cet effet, tandis que la 8° arr se portera entre Argonne et Meuse, au nord de Verdun, la 2e armé portera dans la région au nord de Toul, pour dégager la Woëvre de t LC les partis ennemis qui se trouvent actuellement entre Meuse et Mosé Ultérieurement, la 2° armée participera au mouvement offensif gér entraînant à sa suite les divisions de réserve des Hauts-de-Meuse,.
L'ensemble de ces mesures est exécuté du 13 au 18 septemb date à laquelle le général de Castelnau sera appelé avec son été major et le 20€ corps dans la région de Compiègne pour les P miers combats de la « Course à la mer ». |
Nous pouvons considérer, maintenant, d’un seul coup d’œil Pe semble des mesures prises par le haut commandement fran
(1) Voir, sur tous ces points, l'ouvrage capital du général DuBarz, Qu Années de commandement. Journal de campagne, 1® armée, t. I, p. 108. (2) « Dans la soirée, écrit le général Dubail, je reçois une inétréttion du quartier général modifiant la composition et la mission des 1" et ® armées. Jen m'entendre à ce sujet avec le général de Castelnau. J'envoie donc mon sous le lieutenant-colonel Debeney, à Neuves-Maisons » (p. 1138). 3
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p pur buver la bataille de la Marne. Rien que par les premiers ef Tets de la victoire française, un coup de massue formidable a été asséné sur les forces ennemies : ils ’agit, d’ores et déjà, d’un front nouveau singulièrement remonté vers le nord et s’établisant « de la mer aux Vosges ».
. L'armée d’Amade agit dans le nord, formant la pointe supérieure du vaste croissant et visant les communications de l’ennemi ; l'armée Maunoury se porte sur l'Oise pour continuer l’enserrement e l’armée von Kluck que l’on espère pouvoir rejeter sur Compiègne et Do: elle y serait coincée à l’ouest du massif de Saint-Gofa 41 appartient à à l’armée anglaise d'exécuter cette opération ce Bitais : si elle se développe à temps entre Marne et Aisne, lle coupe von Kluck de von Bülow et obtient le résultat qui lui | Ft sur la Marne. Franchet d’Esperey entre aussi dans la ssure ; mais son objectif est autre : c’est en sens contraire eb ace à l’est qu'il entreprend la poursuite de l’armée von Bülow ; il la rejette sur l’est et la surprend à Reims, la grande armée lemande est coupée en deux et son centre est écrasé entre Franhet d'Esperey et Foch prolongé par de Langle de Cary. De Langle le Cary et Sarrail ont pour mission de dégager Verdun et de bousiler le kronprinz au nord du camp retranché, Peut-être même, ëcondés activement par les deux armées de l’est et débarrassés lé leurs principaux adversaires, parviendront-ils à couper von trantz hasardé dans la Woëvre; en tout cas, ils protégeront dun en étroite liaison avec les A Castelnau et Dubaul,
é Telle est la conception stratégique de la poursuite française. ais pour passer à l’exécution, il faut compter avec les obstacles ni hérissent la route de la victoire : nous avons rappelé déjà la assitude des troupes, la pénurie des munitions, certaines lenteurs u appréhensions dans les états-majors ; il faut ajouter les diffités du terrain, surtout aux abords de l’Aisne, de ce terrible massif | D cer qui va devenir la borne redoutable de l'expansion aise vers le nord.
Cest là, en effet, que va se produire la parade opposée par les hets D onde : car ceux-C1, dégrisés par le brusque contact avec réalité, apercevant les conséquences effroyables pour l’empire une défaite à fond au bout de deux mois de guerre, se sont éveillés ; ils mettent toute leur science, toute leur application, oute leur énergie à se dégager de la situation où leur propre veuglement les a précipités. Certains d’entre eux sont à la haueur des circonstances ; ceux qui ont fléchi sont écartés. Tous avent qu'ils peuvent demander beaucoup encore au soldat alle-
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