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Cotterets-Ambleny. — Groupe du général Sixt von Arnim avec So! aile droite sur la route Antilly, Vauciennes, Taillefontaine, Attichy — Groupe du général von Quast à l’ouest du groupe précédent. Ile corps de cavalerie et brigade Kræwel couvriront la retraite su le flanc gauche. — La 4e division de cavalerie a reçu des ordres pou occuper en passant les ponts depuis Compiègne jusqu’à Soissons. — L: brigade de réserve von Lepel (troupe fraîche qui vient d’arriver de Bruxelles) et les brigades mêlées de la 112 brigade de landwehr von der Schulenburg marcheront sur Compiègne et Vic avec la même mission, L’adversaire devra être arrêté par la destruction des routes el des passages de l’Ourcq supérieur seulement par des arrière-gardes. Le 182 pionniers devra être envoyé au préalable en avant sur l’Aisne autant que possible avec des voitures. | Pour reconstituer les unités (donc, elles étaient en désordre), les ordres seront envoyés demain. Quartier général de l’armée, aujour
d’hui la Ferté-Milon.
Signé : Vox KLucx.
Ces ordres donnés, la retraite se fit avec un avantage incontes: table et que reconnaît von Kluck lui-même à travers la zon boisée de Villers-Cotterets. La cavalerie de von der Marwitz, ren forcée par la brigade Kræwel et par la 5e division d’infanterie couvrait le flanc gauche de l’armée, le plus exposé, et les deux bri gades de réserve le flanc droit autour de Compiègne, la 4€ division de cavalerie gardant les ponts de l’Aisne.
Von Kluck transporta son grand quartier général au châtea de Cœuvres-Valsery. Tous les chefs furent mandés pour régler le mouvements, reformer les unités, envoyer les convois au nord d l’Aisne et commencer à construire des lignes de tranchées. Nou avons dit à quel point le soldat était épuisé, découragé, effondré Il se traînait plutôt qu'il ne marchait. L'approche de la cavaler française le forçait à hâter le pas. Mais, souvent, il succombait su les chemins. Nous dirons bientôt la fin et les conséquences de Hk retraite à l’armée von Kluck. |
Il faut voir d’abord quels sont les ordres donnés dans les autre armées. 1
Quand le lieutenant-colonel Hentsch était arrivé tout d’aboni à la IIe armée, il y avait trouvé des dispositions résignées. Bülow n'avait pas à se louer de von Kluck : à l’heure de la mise € place des armées, celui-ci avait marché de avant pour lui ramir le succès ; il avait attaqué sans le prévenir et il l’avait découve& à double reprise sur leur liaison commune, uniquement pour ren forcer avec une exagération dangereuse sa propre droite et pare n'importe à quel prix à la surprise de l’Ourcq. Von Bülow ava
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0: des raisons d’ê être mécontent : mais il envisageait la situation “3 avec sang-froid et voyait très nettement que si lui-même et von 48 Kluck s’attardaient sur le terrain, le péril allait grandir à vue 2
ne restait chez moi aucun doute, écrit von Bülow, que la retraite e la Jre armée était rendue inévitable par la situation tactique et strag ique et que, de son côté, la IIe armée se trouvait dans l’obligation de TE replier pour éviter d’être complètement tournée par son flanc droit. D’: ecord avec le représentant du grand quartier général (lieutenantjolonel Hentsch), j'étais dans la conviction que, maintenant, le de- Oir primordial de la IIe armée était d'appuyer la Ir armée au nord de la Marne et de lui offrir là de nouveau la possibilité de faire sa jonction avec l'aile droite de la II° armée en direction de Fismes. Cette décision, si pénible qu’il fût de la prendre pour le commandant d’une | Le armée jusqu'alors partout victorieuse, permettrait seule de déjouer ncore à temps le plan évident du commandement français, savoir er Dore de l’aile droite de l’armée allemande après séparation anéantissement de la Ie armée et de procurer la possibilité de reconsil tuer, en peu de jours, sur l’Aisne, avec l’aide de la VII armée qui approhart, un nouveau front d’armée continu,
De Cou citation Pen permet d’affirmer que c’est Bülow qui vu clair et que, en agissant rapidement, il a sauvé l’armée allenande d’un désastre. On trouve, dans ces lignes, le schéma de la rande retraite : à savoir le recul derrière l’Aisne, le raccourcisseent du front, la protection mutuelle des deux armées de l’ouest ar le fait seul de leur repli, enfin la consolidation par l’arrivée jrochaine de la VIIe armée, von Heeringen. Ces mesures s’opporent opportunément à la manœuvre de rupture tentée par Joffre tre la Ie et la Ile armée allemande.
Nous avons dit comment s’opéra le décrochement de la IIe armée partir du 9 après-midi, comment il fut arrêté un instant pour appuyer une reprise d’offensive le 9 au soir et le 10 au matin par les | rmées du centre, et comment il suivit son cours, selon la pensée ectrice dictée par von Bülow à défaut d’ordre de grand quartier én inéral, Voici le récit officiel et les ordres de la II armée à ce sujet :
- Dans le rapport du 10 septembre sur les opérations du 9, on signaait encore une fois au grand quartier général : D’accord avec Hentsch, a situation est jugée comme suit : « Retraite de la 1 armée derrière Aisne, commandée par situation stratégique et tactique. II. armée doit appuyer 1e armée au nord de la Marne, faute de quoi aile droite des armées sera enfoncée et enveloppée. II£ armée atteindra aujourd’hui la igne à Dormans-Avize avec de fortes arrière- gardes au sud de la Marne. Près s d’Avize, jonction avec la IIIe armée. »
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Le grand quartier général ne donnait toujours pas signe de vi Nous savons, par le rapport de von Tappen, chef du bureau de opérations, quelque chose de ce qui s’y passait : |
La nouvelle que l’aile droite de la ITe armée était ramenée en arriè et que l’ennemi avait pris la poursuite, parvint le 9 septembre au grand quartier général. Mais on n’avait pas encore une vue nette et complète de la situation. A tout hasard, des ordres furent libellés immédiate ment pour un mouvement éventuel de recul de l’aile droite, de façor à ne pas perdre une minute si l’envoi de ces ordres devenait nécessaire: Mais des nouvelles contradictoires arrivaient et l’on ne crut pas, le 9 septembre, qu’il y avait lieu de battre en retraite ; La question ne se posait pas encore (le 9 au soir |). Au contraire, on décida une offensive par la IVeet la Ve armée et, si possible, par la IIIe armée pour le 10 a matin (offensive que nous avons racontée ci-dessus). La situation se trouvant tendue à l’extrême des deux côtés, on pensait encore que celui qui persévererait emporterait le succès.
A 6 heures du matin, le 10, Bülow rend compte à Moltke que le Jre armée veut être le jour même derrière l’Aisne. À 9 heures et demie, il interroge le quartier général de Luxembourg : « Dois-j@ appuyer la Ire armée au nord de la Marne? J’attends des instruc tions. » S
En présence d’une telle question, Moltke, von Stein, von Tap: pen sont indécis. À 9 heures, ils viennent de télégraphier von Kluck de prendre l'offensive pour assurer le flanc droit de Bülow et, à midi, on lui a demandé d’urgence quelle était sa a à: tion exacte et celle de l’ennemi.
Mais le retour du lieutenant-colonel Hentsch, le 10 à midi, et Ja défaite du kronprinz et du duc de Wurtemberg dans la matinée du 10, arrachèrent le grand quartier général à ses irrésolutions « La cause de toute la retraite, ajoute von Tappen, d’après Hentsch; c'est que la [re armée, en retirant le IX® corps, avait ouvert uné brèche entre la Ireet la II armée. » (C’est ce que nous avons expliqué surabondamment, d’après la lecture de la carte et l’exposé des faits.)
A la suite de cette constatation, la thèse de von Bülow triomphæ au grand quartier général et, le 10 septembre à 1 h. 15, on expédia l’ordre suivant à Bülow et à von Kluck :
La Ir armée sera subordonnée jusqu’à nouvel ordre au comman dant en chef de la IIe armée.
C'était un dessous terrible pour von Kluck. Von Bülow lui fit" sentir immédiatement son autorité par un radio expédié 14 heures : « La Ire armée m’est subordonnée. Où se trouve-t-elle
10? Situation et forces de l’ennemi qui se trouvent en face d’elle ? Quand la Ire armée sera-t-elle en état de reprendre offensive? - Réponse immédiate. » Comme von Kluck tarde à répondre et que la droite de la ITe armée est de plus en plus en danger, Bülow informe von Hausen, à 19 heures, qu’il replie ses arrière-gardes derrière “la Vesle ; et il ajoute, comme pour prendre la direction générale de “la retraite des [re, Ie et IIIe armées : « Il est désirable que la “JIIe armée se conforme à ce mouvement. » Fureur de von Kluck “et de von Hausen ! Von Kluck enfin répond :
+ La Ire armée s’est retirée aujourd’hui jusqu’au nord des forêts de “Villers-Cotterets. Aucun renseignement sur l’ennemi à l’ouest de l’Ourcq inférieur. Jusqu'à présent, l’ennemi débouche de Château- Thierry. Mon armée est fortement épuisée et mise en désordre par ces
cinq jours de combats ininterrompus et par la retraite qui m'a été “imposée. Elle ne sera prête à reprendre l’offensive que le 12 au plus tôt.
: Voici donc von Bülow chef général des deux armées de l’ouest. Cette décision prise, le grand quartier général respire quand, tout “à coup, à 14 heures, il apprend, de Cologne, que le XVe corps de l’armée von Heeringen, sur qui l’on compte pour sauver l’aile l droite allemande, est retardé dans sa traversée de la Belgique par un accident de chemin de fer à Mons et une offensive de l'armée belge d'Anvers, dirigée, à la demande de Joffre, sur uxelles-Louvain. À 17 k. 45, ayant perdu tout espoir de résistance ou de reprise eee sur la Marne, il s’incline devant ; irrémédiable et télégraphie l’ordre général de retraite :
10 SEPTEMBRE, 17 h. 45. — Sa Majesté ordonne : II° armée se retirera la Vesle, aile gauche à Thuizy. I° armée recevra instructions de à ITe armée.
— III° armée, en liaison avec la II° armée, tiendra ligne Mourmelon-le- “Petit-Francheville- sur-Moivre.
— IVe armée, en liaison avec IIIe armée, au nord du canal de la Marne au Rhin jusqu'aux environs de Revigny.
… Ve armée restera sur positions conquises.
% Ve corps d'armée et réserve générale de Metz sont affectés à l'attaque des forts Troyon, les Paroches, camp des Romains. :) LES POSITIONS ATTEINTES PAR LES ARMÉES DEVRONT ÊTRE FORTI- , FIfes ET DÉFENDUES.
à Les positions atteintes par les armées devront être fortifiées et défenues.
Les premières fractions de la VIIe armée (XVe corps et VII® corps de réserve) atteindront, vers le 12 septembre, à midi, la région de Saint- Quentin-Sissy.
On crut, à Luxembourg, que la présence personnelle du commandant en chef mettrait dès lors un peu d’ordre et de méthode
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dans une situation si tendue. Moltke se traînait. On le poussa dans une automobile et il dut partir, la 11 septembre au matin. Von Tappen l’accompagnait. Ce fut la tournée du désespoir. Elle commence par la Ve armée, à Varennes, où le kronprinz, n’étant pas encore talonné par l’armée Sarrail, affirme qu'il tiendra. À Cour-tisols, l'état-major de la IVe armée (duc de Wurtemberg) déclare aussi qu'il peut lutter encore. À Suippes, von Hausen et son étatmajor sont, ou malades, ou abattus par la défaite : la veille au soir, la 24€ division de réserve ayant été écrasée à Clamanges, von Kirchbach s’est replié en désordre avec les débris de son XIIe corps « de réserve ; la IIIe armée ne peut plus tenir le vaste front qu’elle occupe. À ce moment, un radio de Bülow, provoqué par les reconnaissances d’avions, prévient Moltke que la IIIe armée va être enfoncée. « C’eût été, écrit von Tappen, l’anéantissement des IVe et Ve armées, pressées contre Verdun sur un terrain dificile, et la perte de toute la guerre. » |
Von Moltke connaissait la situation à la Ire armée, qui allait. atteindre l'Aisne le soir, et à la IIe armée, qui allait atteindre la“ Vesle à la nuit : il prit donc tout de suite son parti.
Eu égard à la situation de la Ire et de la ITe armée, écrit von Tappen, il fallut bien, le cœur gros, prendre la décision de ramener en arrière les IIIe, IVe et Ve armées sur une position commune, de façon que le liaison fût maintenue solidement avec la II armée. C’est à Suippes, au quartier général de la IIIe armée, que les ordres furent rédigés. Puis. le chef d’état-major général se rendit à Reims auprès de von Bülow et, à la suite de l’entretien de ces deux chefs, les mesures prises furent” pleinement confirmées. Dans la nuit du 11 au 12, le colonel-général von Moltke rentra au grand quartier général à Luxembourg. Il était gravement malade. Les efforts physiques et moraux de cette journée du 44 avaient mis le comble à ses maux et il succomba à la tâche que sa santé ne pouvait plus supporter.
Coïncidence étrange de la défaillance physique et de l’anéantis= sement moral ! 4
Ainsi, malgré l’échec du kronprinz et du duc de Wurtemberg, le 10 au matin, on avait cru pouvoir tenir encore dans la région de la Vaux-Marie et continuer le siège de l’enceinte de Verdun par le sud ; on avait attendu avec confiance l’arrivée de von HeeringenM pour consolider la ligne de la Vesle, et non pas celle de l’Aisne ; om avait, enfin, formé le projet d’enterrer les armées puisqu'il s’agit désormais de positions, qui devront être fortifiées et défendues: Mais le 11, on apprend par les avions que les armées Franchet d’Esperey et Foch cherchent à percer en face de la IIIe armée
s que M oltke libelle, avec von Bülow, à Reims, dans l’après- L su m septembre, l’ordre de retraite suivant :