‹ La bataille de la MarneChapitre 64 sur 102 · ALE · texte numérisé non relu

ALE

ic re |

Lun ne AA | V 2 ni 1 2 :

* + La. E

ga

, Ai Ye ; . "N :

hauts titres ne s’impose pas, elle nuit. Le même Ludendorff, après avoir porté un jugement général très sévère sur ces deux dauphins, | fait patte de velours en dessinant en pied les portraits du kronprinz commandant de la Ve armée et du kronprinz de Bavière commandant de la VIe armée. Mais quelle hautaine ironie, au … fond ! Voici ce qu’il dit du premier : « J’aime particulièrement à : me rappeler les relations que j'ai eues avec le quartier général du kronprinz. Le kronprinz avait un grand sens du métier militaire ; il posait des questions intelligentes (!) et qui témoignaient de ses. connaissances. Il aimait le soldat et était plein de sollicitude pour: la troupe. Il n’était pas pour la guerre, mais pour la paix. Le kron- 1 prinz a toujours regretté de n’être pas suffisamment préparé à sa. future profession d’empereur (voilà le dur revers de main !). Il s’est donné, pour cela, toute la peine possible. 11 me disait que sa tâche était plus difficile que celle d’un spécialiste. (En effet !) C’est ce qu'il a exposé dans un mémoire qu'il a adressé à l’empereur son père, et au chancelier. (Un mémoire !!!) Ses manières extérieures Jui ont nui ; il valait mieux que l’apparence qu’elles lui donnaient. (c’est l'injure enrobée de flagornerie) » 2 Et voici ce que le même Ludendorff dit de l’autre kronprinz : M « Rupprecht de Bavière était soldat par devoir. Ses penchants n'avaient rien de militaire. (Voilà pour le chef maintenu quand même à la tête des armées.) Il remplissait ses hautes fonctions et … ses devoirs avec un grand sérieux et appuyé sur ses excellents chefs d’états-major, au début de la guerre le général bavaroiïs » Krafft von Dellmensingen, et à la fin, le général von Kuhl (en un mot, comme dans les autres armées, son état-major faisait tout) ;. 11 il sut répondre aux graves obligations auxquelles doit faire face | un commandant en chef... » Et c’est tout ! Ludendorff n’ajoute pas — parce que tout le monde le sait autour de lui — que le” prince de Bavière a une double responsabilité, celle des défaites. dans l’est au début de la guerre et celle des défaites dans le nord à la fin. Si on va au fond des choses, on voit que la constitution allemande, qui forçait à ménager les princes, était une cause de. faiblesse des plus graves, en cas de guerre, pour le commande ment des armées.

Les ordres et l’exécution de la retraite dans le camp allemand.

Tels étaient les hommes qui, par suite de l’écroulement de von Moltke, étaient appelés à prendre les décisions les plus graves au. moment où la fortune tournait sur la Marne et où l’armée alles…

: + ' Re 7 ER LE pee PER Le. sal GE SE SE TES

LA

“} Es

E , Vainçue, n avait plus qu’à battre en retraite et à se dégager. L'histoire est maintenant très abondamment renseignée sur les aits s et sur les ordres concernant la retraite des armées allemandes, : raison des nombreuses publications émanant précisément de es chefs responsables. Von Kluck, von Bülow, von Hausen, von 3aumgarten-Crusius, von Kuhl, von Tappen, von François, se D. à qui mieux mieux, ont mis les moindres détails sur le apis. Chacun plaide pour son saint : mais, en tenant compte d’une i abondante documentation, on peut die une interprétation suffis amment claire et un jugement impartial. Ces publications réce. ntes ne changent rien, en effet, aux grandes lignes que la cärte 2 l'étude des documents nous avaient permis de tracer. Evous avons déjà signalé la polémique qui s’est produite entre ron Kluck et von Hausen d’une part, von Bülow d’autre part, r le point de départ de la retraite. Il a été facile d’établir par l'étude des faits, que von Kluck, et von Hausen après lui, alté-

+ Cf 4

étraite se dessina dans la nuit du 8 au 9 et, au plus tard, dans la 1a inée du 9 à l’armée von Kluck ; c’est à la suite de ce mouve- € ent que le reste du front fléchit Sr Oecnranant d’ouest en est. ette donnée est confirmée par les affirmations positives du chef 4 bureau des opérations, von Tappen. Celui-ci déclare formelle- 1er nt que la Fe armée battit en retraite d’abord, et il nie avec non ns d’énergie que le lieutenant-colonel Hdi: envoyé en mis- , à l'heure critique, auprès des différentes armées, ait jamais Qu, ni transmis, ni donné un ordre quelconque Lion à la # te soit ile soit générale.

Chacun des chefs agit donc selon ses vues ou ses nécessités parculières. Von Kluck notamment, selon sa manière habituelle, n’en ; x’à sa tête, et sans souci du voisin. Pour sauver ses communicas, il exposa la grande armée allemande à un danger de rupture front qui ne fut conjuré que par d’autres mesures décidées en s de lui. Venons-en donc aux faits eux-mêmes.

Dès le 8 septembre, on eut, dans toute l’armée allemande et ême au grand quartier général, le sentiment que les choses preent dans leur ensemble une mauvaise tournure. On était déjà is une mauvaise impression produite par ce qui se passait sur le ont de Lorraine et sur le front russe. La stratégie du grand étatajor était mise à une rude épreuve : on avait escompté une rapide ersée de la Belgique et presque sans coup férir. Or, Liége avait tenu six jours ; l’armée belge, après de beaux combats, s'était

+ se, . L “ d d RER Le, ER RETRAITE ALLEMANDE Ca er).

aient consciemment la vérité et que le premier mouvement de

dans la guerre. On avait envisagé comme une certitude la se

œ re Re DOUÉ a us 15 BATAILLE DE TA!

Angie dkns Anvers, d’où elle diétageit le ténor mouve: m ot tournant de l’aile droite allemande ; l'Angleterre entrait à fon.

absolue de l’armée française dès la première bataille, ce qui pe mettrait de se retourner à temps contre le front russe, Or, bataille des Frontières n’avait été rien moins que décisive ; l’armé, française ne fuvait pas, elle manœuvrait et, dès le 5, elle contre attaquait dans la région de Paris ; dès le 8, elle avait pris le dessus, Cependant, les nouvelles de la Prusse orientale étant devenue angoissantes, on avait eu l’imprudence de désigner jusqu’à si corps d'armée pour être retirés du front occidental; finalement: deux corps partirent et manquèrent grandement à l'aile droit pour la terrible lutte d’ores et déjà engagée. Enfin, on avait cru # la supériorité du commandement et du soldat allemands. Maïn tenant, le soldat était épuisé, et les chefs désorientés se dispu taient en pleine bataille ; l'union, la cohérence, sinon la volont: de vainére, manquaient partout. On ne pouvait croire encore # une défaite possible ; et, pourtant, il fallait bien admettre qu’o perdait du terrain et qu’une sorte de panique intime commençait se répandre d’un bout à l’autre du front. Attendrait-on que ] débandade se produisit et qu’elle entraînât un désastre définitif Dès le 8 septembre, von Moltke avait donc envoyé un des of ciers les plus intelligents de son état-major, le lieutenant-colont Hentsch, avec mission de parcourir rapidement les quartie généraux de toutes les armées de l’ouest. En vue d'établir certaine cohésion dans le mouvement de retraite, s’il venait à4 produire, on lui avait indiqué Soissons comme direction er C'était déjà comme un aveu latent de la défaite. Mais, en mê temps, on prescrivait au lieutenant-colonel Hentsch de so] poser à toute idée de recul. Ainsi, il y avait, dans ces pre criptions, une contradiction fondamentale. C’est cette imprécis voulue qui permit, par la suite, aux défenseurs du grand que général d’affirmer : « 1° Qu’aucun pouvoir positif n'avait 4 donné au lieutenant-colonel Hentsch; 2° que celui-ci n’ave reçu ni donné aucun ordre écrit; 3 qu’un ordre quelconque retraite n’avait jamais été donné par le grand quartier général ({} Tout cela est exact : mais ce sont de ces réticences puremi formelles qui ne trompent que ceux qui veulent être trompés Hentsch constate que la retraite de la Ire armée est déjà €0! mencée ; il aborde le général von Kubhl, chef d’état-major de

(1) Vox TAPPEN, loc. cit., p. 24.

Wie ji

k Kluck, et sans même se mettre à la recherche de von Kluck, tant es états-majors se sentaient tout-puissants, 1l fait connaître ses instructions. Von Kubhl fait quelques objections. Mais il est trop heureux d'interpréter les observations de Hentsch comme un

ru

“ordre. Nous savons, qu’en fait, le recul était déjà commencé. Von

seigner auprès du grand quartier général. Confiant dans la force “qu'il avait amassée sur sa droite, il avait entrepris d’établir son

demie, que nous avons cité.

… D’une manière générale, la retraite de la [re armée est ordonnée direction de Compiègne, Soissons, Chauny, c’est-à-dire un peu à

ee u ? ? P

“encore sa droite. En fait, il s'expose grandement si l’armée anglaise emboîte le pas et le rejette sur l'Oise, la Somme et Amiens.

| On ne pouvait plus douter de la nécessité de la retraite commandée après les instructions de la direction suprême. (Nous avons dit ce qu’il

améliorait par sa retraite vers le nord. En admettant que les succès ontre Maunoury s’affirmassent les jours suivants, la déformation du ront, le nouveau groupement des corps, la difficulté des approvisionnements en munitions et en vivres, la position des convois, les liaisons b toutes les autres mesures à prendre permettaient à l’armée anglaise t à la gauche de Franchet d’Esperey de tomber sur le flanc et dans le los de la Ie armée parvenue à la limite de ce qu’elle pouvait donner. Alors celle-ci, à moins de faute grossière de la part de l’ennemi, serait assée sur Dieppe ou, dans l'hypothèse la plus favorable, sur Amiens (1)... 5 choses eussent été bien différentes si les deux ou trois corps d’armée attendus de Lorraine et d'Alsace (armée von Heeringen) étaient arrivés temps pour renforcer la grande offensive du front ouest et remplir les vides. Ainsi soutenue, la [re armée aurait fait une retraite tranquille

* (1) C'est nous qui soulignons.

LS Er À 18

PA

lueur eus eV SET Le

Ar | Pr"!

et RAR AE Li Eee 17463 PROS SAC NOIRE OU RTE x ni } + « d > \- F. : a: à à

en assurant sa liaison avec les autres armées par Soissons. Il n’en fut pas ainsi et le commandant en chef de la Ire armée, conscient de cette situation bouleversée de fond en comble, donna Pordre de la retraite en direction de Compiègne, Soissons.

Von Kluck insère ici ses deux ordres généraux pour la retraite datés de Mareuil, l’un à 2 heures de l’après-midi, le 9, et l’autre à. 8 h. 15 du soir, le même jour. On remarquera que ces ordres sont postérieurs à l’ordre de Bülow de 11 heures du matin : mais ils. affectent de ne pas tenir compte du radio envoyé à 11 heures et” des mouvements-accomplis dès avant midi : le premier de ces. ordres a déjà été cité ci-dessus : il affirme que c’est par ordre du G. Q. G. que la Ir armée doit se reporter sur Soissons, la situation de la IIe armée exigeant cette reprise en arrière.

Les mouvements de la I® armée, ajoute cet ordre, commence ront aujourd’hui même (ils sont commencés déjà). En général, l’aile gauche sous le général von Linsingen (II corps), y compris les groupes du général von Lochow (IIIe corps), reculera d’abord derrière la ligne Montigny-l’Allier-Brumetz. Le groupe du général Sixt von Armin (IVe corps) participera à ce mouvement suivant la situation du combat, jusque derrière le secteur Antilly-Mareuil. Le mouvement d’attaque du général von Quast ne sera pas poursuivi plus qu’il ne lui sera néces saire pour se dégager de l’ennemi, de manière à assurer la coopération: avec le mouvement des autres armées.

Signé : VON KLUCE.

L'ordre du même jour à 8 h. 15 du soir donnait les directions pour le lendemain 10 :

L’aile droite de l’armée avance victorieusement (en vue du plaidoyer) en direction de Nanteuil-le-Haudouin. A l’aile gaucheé, la 5° divi sion d'infanterie attaque, avec le Ile corps de cavalerie, l’ennemi s’avançant sur Nanteuil-sur-Marne, Nogent-l’Artaud (on est en pleine retraite et on donne au mouvement l’apparence d’une offensive ; tou“ jours en vue du dossier). Sur l’ordre du commandement suprêm ,, la Ire armée est reportée en direction de Soissons et à l’ouest, derrière l'Aisne, pour couvrir le flanc de l’armée, la Ile armée étant ramenée en arrière à droite et à gauche d’Épernay.

Je félicite les troupes de la Ie armée pour le dévouement et les ré isations extraordinaires de l’offensive en cours (et on est en 6 tri ] depuis deux jours l). |

L'armée continuera le mouvement ordonné, partant des lignes actuelles aujourd’hui même : — le gros jusqu’à la ligne Gondreville e au nord, sud-est de Crépy-en-Valois, la Ferté-Milon et en amont de la ligne de l’Ourcq. — Aile gauche de l’armée, sous les ordres du généra von Linsingen, y compris le groupe von Lochow, à l’est de l’Ourcs en aval de la Ferté-Milon, de concert avec l'aile droite sur la route la Ferté-Milon-Villers-Cotterets — 7 kilomètres nord-est de Villers

Blérancourt.

Brancourt ©

Nam Crécy. au Mont?

. RCE Q icourt Leuit]

TL TTL

AU e|

Vauxai

pc Mad 'Audi

NZ

racy. le Mont

\9 Hp

D , “ “ ATOUT ITR "D x P D —— ET IN à =

ESS n

Page 1