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É tournée des quartiers généraux par Varennes.
52 Moltke était un homme brisé. S’imaginant que l’armée allemamt “2% était battue et fuyait en complet désordre, il faisait des efforts s
> mains pour retenir ses larmes. Il nous disait ne savoir comment arrê “a cette reculade. Il fut très étonné de nous voir juger la situation a “a calme et confiance, mais il ne se laissa néanmoins pas convertir à « D: meilleure opinion et exigea de moi, tout comme Hentsch l'avait. [a 4 la veille, que je batte en retraite de suite avec toute mon armée. ta >; donné qu’alors il n’y avait pas plus que la veille de motifs pour just ÿ pareille action précipitée, il s’ensuivit une vive altercation, à lan > de laquelle je me résumai ainsi : aussi longtemps que je serai le co à mandant en chef de mon armée, et que, partant, j’en aurai la respons
bilité, je ne permettrai pas qu’elle batte en retraite avant que # + blessés soient enlevés jusqu’au dernier homme et évacués soigneu 7 ment à l’arrière. Le général von Moltke était très ému en prenant to Æà de nous. J’avais, humainement parlant, la plus profonde pitié pour FA
4 homme complètement brisé, mais comme soldat et comme chef, je pouvais comprendre un effondrement aussi lamentable (1).
} | # La décision ayant été prise dans la journée par Moltke à Reïn x d'accord avec Bülow, le colonel von Dommes, du grand
À | major, apporta à Varennes, dans l’après-midi, l’ordre de retra x à l’est de Sainte-Menehould. Un débat assez imprévu s’engag k alors entre le colonel von Dommes et l’état-major de la Ve arn S à la tête duquel était le général Schmidt von Knobelsdorf, anti 5 professeur du kronprinz, jouissant d’une autorité absolue sur ‘4 ancien élève et, en fait, dirigeant l’armée. Le colonel von Domm
x (1) Mémoires du kronprinz, p. 182. !::!4
A ne pas TS la lisière méridionale de l’Argonne. ns et son état-major se récrièrent et proposèrent une ligne beaucoup plus septentrionale, la ligne des hauteurs dessinée par Apremont-Baulny-Montfaucon ; ils faisaient valoir que cette ligne était très forte et qu’on pourrait y tenir solidement. Elle présentait, en outre, l'avantage de maintenir les communications avec Je Ve corps de réserve pour l’investissement de la place de Verdun. Le kronprinz ajoutait que la VIe et la VII armées allemandes étant rejetées sur la frontière, la VE armée devenait à la fois la fla D et le pivot de toute la grande armée allemande à l’est, et qu’il fallait donc la consolider sérieusement. Ces arguments furent développés avec force. Mais d’autres, non moins graves, + sur lesquels on insistait moins, déterminaient le kronprinz à cette retraite qui ressemblait, en vérité, à une fuite. Nous les empruntons textuellement au général Baumgarten-Crusius :
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ë Avec les quatre corps qui restent à la Ve armée, disait-on, il est impose à celle-ci de tenir soit la lisière sud des forêts de l’Argonne, soit ù ne, avec son aide méridionale, la ligne Sainte-Menehould-Clermont, est-à-dire un front de 65 kilomètres placé, pour la plus grande partie, à les canons de la forteresse de Verdun, sans parler des difficultés 10 >uies que l’on trouverait pour le ravitaillement et les communications ans une région si exposée.
Et ce qui est pis encore, la situation de l’armée elle-même ne permet Jus un tel effort. Les corps ne comptent guère plus que 10 000 hommes Ainfanterie (le XVIIIe corps, 16 000 hommes) ; et, en outre, le manque # nitions se fait déjà sentir. Dans ces conditions et avec la responsabilité qui lui incombe, la VE armée est forcée de s’en tenir au parti le us prudent. C’est pourquoi elle n’est pas d’avis de garder la ligne oureuilles-Vauquois, parce que cette région, située à l’ouest de la orêt de Hesse que l'adversaire de Verdun connaît à fond, est flanquée l ouest par la forêt d’Argonne.
arguments furent développés sans doute par le sblouel von »mmes, et ce fut la grande retraite qu fut décidée. Il fut I M qu'elle se ferait peu à peu et qu’on tiendrait tête jus- | D 25 septembre.
à colonel von Dommes passa de là, le 12, aux queries généraux a IVe et de la IIIe armée. Il fit pntiré qu’en raison de la auvaise qualité du terrain dans la forêt d’Argonne, la Ve armée étai obligée de reculer plus au nord qu’il n’avait été décidé. La mséquence de ce mouvement était que l’aile droite de la IVe armée e pourrait pas rester à Suippes, mais qu’elle devrait s’appuyer m Souain. Par conséquent, la ITIS armée recevrait en partage ecteur Prosnes-Souain,
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GS ‘ ‘à Lu & Fe | % hu L K nr 292 LA BATAILLE DE LA MARNE 1 4 : 1 # Le commandement de la IIIe armée, qui passait, ce même jour, | aux mains du général von Einem, ex-commandant du VII corps, d ne cacha pas au colonel von Dommes quel nouveau souci c'était <.. pour lui de contremander encore les ordres déjà donnés et quelle
impression défavorable causerait aux troupes ce deuxième abandon de positions déjà préparées. Le colonel von Dommes se rendit. à ces raisons. Il repartit pour le quartier général de la IIe armée. et les exposa à von Bülow. Mais celui-ci tint ferme et, à 11 heures du soir, le 12, le colonel revint avec l’ordre formel de reculer sans. une minute de retard, et de gagner, pour le 13, la ligne Prosnes- Souain. L'ordre fut donc donné, le 13 à minuit et demi, aux. trois corps d'armée. |
Baumgarten-Crusius fait suivre ces détails de ces fort justes observations :
Peut-être bien que le changement des dispositions prises précédem-. ment était inévitable dans ces dures journées. Cependant le grand commandement aurait bien dû savoir ce qu’il voulait et mettre plus d'unité dans ses vues avant de dicter ses ordres. Il en eût été ainsi assurément si le grand quartier général s’était trouvé dans le voisinage des armées, ou qu’il eût confié la direction de la retraite à un chef unique :” mais tout le monde commandait. 4
La retraite fut donc accomplie, dans la journée du 13 septembre: avec des peines infinies à la IIIe et à la IVe armée sur les lignes prescrites. La situation s’aggrava encore, dans les trois armées, du fait que, comme il avait été décidé par le haut commandemen chacune d’elles dut céder un de ses corps pour être envoyé par les voies les plus rapides à la fissure existant entre la [re et la IIe armée: Malgré tout et malgré les affres de la retraite, le front allemand commença à se fortifier partout, à partir du 14 septembre. guerre de positions s’établissait.
La poursuite par l’armée Maunoury sur les communications.
Nous avons dit quels étaient les ordres pour la poursuite, donnés par le général Joffre ; nous avons dit les mesures prises par le grand quartier général allemand et chacun des généraux d’armée en particulier, notamment par von Bülow, pour échapper au désastre qu’eût été la coupure en plusieurs morceaux de la grande armée allemande. Maintenant, il nous reste à exposer la marché en avant des armées alliées pour faire comprendre comment les armées allemandes s’échappèrent, mais au prix de l’enlisemen
général dans les tranchées. Par ce fait, la guerre de conquête et d’invasion était perdue et la guerre d’usure — qui devait finir fatalement par l’usure de l’Allemagne — commençait.
Donc, nulle péripétie plus grave et de plus lointaine conséquence. Elle est incluse dans la stratégie qui avait décidé la victoire de la Marne. Un désastre complet, un Ulm ou un Sedan eût dû être la suite de la manœuvre de Joffre. Une telle solution immédiate eût été infiniment plus heureuse pour le monde et sans doute même pour l'Allemagne. Combien de malheurs affreux et de souffrances humaines et surhumaines eussent été évités ! L’impérialisme agresseur eût été immédiatement liquidé ; et les conséquences funestes d’une guerre de quatre années eussent été épargnées.
Le destin en décida autrement.
L'armée Maunoury prend la poursuite sur le flanc allemand dès que l’armée von Kluck commence sa retraite. D’après les ordres du.
. général Joffre, elle est flanquée à gauche par l’armée d'Amade et à droite par l’armée anglaise. Cette poursuite, comme nous l’avons | indiqué déjà, ne va pas toute seule ; elle se complique d’événements imprévus qui proviennent soit de la difficulté de la manœuvre elle-même, soit de la fatigue des troupes, soit des initiatives prises par l’ennemi.
Reprenons à la fin de la bataille de l’Ourcq. Le général Vauthier (7% corps) s’était aperçu, le 9 vers midi, que “ les forces ennemies placées devant lui ne semblaient plus tenir. « Vers 14 heures, a rapporté le colonel de Mac-Mahon, du 35e d’in- Dot, un de mes commandants de compagnie, le lieutenant À . Janssen, m'envoie le mot suivant : J’assiste à un spectacle inoubliable, l’armée allemande bat en retraite. »
À 15 heures, le puissant groupement de batteries installé sur le - plateau de Trocy ne tirait plus.
Les reconunaissances d’avions, d’abord, puis les reconnaissances … d'infanterie signalent que les Pen oi A allemandes en avant de sioux ont été évacuées. Le général Maunoury est aussitôt — informé. Le même renseignement parvient du groupe des divisions æ “de réserve à peu près au même moment. Étrépilly et T rocy sont “occupés par une reconnaissance de la 56€ division. L’ennemi cédait. Mais était-ce pour tout de bon ou s’agissait-il d’une feinte? On v. pouvait hésiter encore quand, dans la nuit, arrive l’ordre du grand quartier général prescrivant l’offensive et la poursuite selon le plan général qui tend à l’enveloppement de l’armée von Kluck:e Les 5e
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à la fois par la pince que forment d’un côté l’armée Maunoury prolongée par la cavalerie Bridoux et, de l’autre côté, par l’armée
à l’ouest précipitaient leur retraite, n’ayant pu refouler notre lig 1e
204 LA BATAILLE DE LA MARNE | 4 et 6e armées et les forces anglaises se mettront en mesure d’attaquer les positions ennemies. Les forces anglaises s’efforceront d’atteindre les hauteurs rive sud de Clignon. » (On pouvait penser encore que von Kluck s’attarderait sur le « crochet défensif » qu’il . avait préparé sur cette petite rivière...) « La 6e armée continuera, en appuyant sa droite à l’Ourcq, à gagner du terrain vers le nord pour chercher l’enveloppement. » Le corps de cavalerie, commandé maintenant par le général Bridoux, accouru d’Argenteuil où il s’était refait pendant quelques jours, a ordre « de prolonger l’action de la 6° armée en recherchant les flancs et les der-. rières de l’ennemi ».
Si ces ordres sont exécutés, von Kluck est menacé des deux côtés
anglaise, qui doit chercher la gauche de von Kluck en direction de Clignon et au delà. | Nous avons déjà indiqué à quel point la manœuvre d’enveloppement était difficile pour l’armée Maunoury, le 9. C’est le jour où von Kluck, soit par une dernière et folle 1llusion sur une victoire possible, soit plutôt pour protéger la retraite de son armée ordonnée dés la matinée du 9, attaque à fond sur Nanteuil-le-Haudouin. Mais tout va se trouver facilité pour la journée du 10. Le général Maunoury met son armée en marche au début de laprès-midr du 10. Elle ne rencontre pas de résistance. | On lit dans les Mémoires du général Gallieni : « L’après-midi, à 2 heures, je montai en automobile pour me rendre à Saint-Soup plets, au poste de commandement du général Maunoury. Il me donna les meilleurs renseignements sur la situation. La retraite allemande s’accentuait. Dans la nuit, le mouvement de recul cons= taté sur le front est de l’armée de Paris s’était étendu progressi vement jusqu’au nord. Les corps allemands qui combattaient face
et voulant échapper au croisement du feu des deux armées alliées Dès ce moment, notre offensive se tranformait en poursuite...
Le sentiment de la victoire est tel que le général Maunoury, si prudent, si réservé, croit devoir l’exprimer publiquement et le faire partager à ses troupes : il leur adresse la proclamation fameuse qui met le sceau à la victoire de l’Ourcq : 4